Juste pour avertissement, cette fic va comporter beaucoup de torture mentale et un peu physique, alors âmes sensibles passaient votre chemin.


Chapitre 1.

Peter s'étira lentement, tant pour profiter du moment de répit que lui offrait le sommeil de Valack que parce que l'aconit qui coulait dans ses veines le rendait groggy. Une assiette de gruau immonde l'attendait près de la vitre et, même s'il avait envie d'ignorer la bouillie beige, son estomac se tordait à l'idée de rater encore un repas. Soupirant de résignation, il alla ramasser le plateau.

Un mouvement dans la cellule d'en face attira son attention. Son premier réflexe fut de sentir l'air mais la dose de tue loup qu'il avait reçu quelques heures plus tôt rendait son nez aussi efficace que celui d'un humain. Grognant de frustration, il se releva pour voir qui était étendu de l'autre côté. Ses yeux s'écarquillèrent en reconnaissant les taupes brunes qui recouvraient une étendue de peau pâle. Stiles Stilinski, humain hyperactif qui parle trop et qui a un don pour se fourrer dans les ennuis, se retrouvait enfermé dans la cellule en face de la sienne. Et bien, c'était un développement intéressant. Mais pourquoi aurait-il était incarcéré ici ? Son stupide True Alpha n'était pas assez bête pour le laisser là ? Si ?

- Quel joli spécimen que voilà.

Frissonnant de dégout, Peter eu le réflexe de fermer les yeux avant que le docteur ne puisse de nouveau pénétrer dans sa tête. Même aveugle, il pouvait sentir son sourire amusé.

- Ne soit pas si tendu, Peter, je ne vais pas te faire de mal… Enfin, pas trop. De toute façon, nous n'avons pas fini notre discussion.

- J'aurais plutôt dit un monologue.

- Oh! Mon loup a retrouvé sa langue. Est-ce que c'est ce petit humain qui t'as donné toute cette énergie ?

Pour toute réponse Peter grogna et s'assit par terre, la tête contre la vitre froide. Il avait trop chaud, beaucoup trop chaud. Les infirmiers avaient dû augmenter sa dose d'aconit pour avoir planté ses griffes dans cette femme médecin. Quel ennui. Mais au moins ils n'avaient pas surdosé au point de lui faire vomir du sang noir. Ils avaient dû apprécier autant que lui le nettoyage de la cellule après son petit épisode de régurgitation.

- Tu brûles, Peter.

Valack lui souffla son haleine puante en plein visage – odora de loup-garou ou non, il pouvait le sentir- rigolant de sa propre blague. Il avait l'air en forme aujourd'hui, ça ne sentait pas bon pour lui. Tiens, lui aussi se mettait à faire des jeux de mots pourris. Se pourrait-il que l'aconit air définitivement endommagée son cerveau ?

- Ah oui, le feu ! C'était là qu'on s'était arrêté la dernière fois. Toi et ton désir d'avoir du pouvoir pour te protéger et ne jamais avoir à revivre ce jour. Oui, c'est ça ! Je me souviens maintenant, on parlait de ta solitude.

Valack poussa un gémissement de contentement en voyant le loup-garou grimacer. Ravi, il s'installa à côté de lui, les bras derrière la tête et les jambes allongées dans une pose détendu.

- Parce que soyons honnête, on est entre nous après tout et le petit de l'autre côté à l'air sacrément dans les vapes, personne ne te protégerait. Pas ton neveu. Il t'a tranché la gorge. Ta nièce, Cora ? Elle est partie sans un regard pour l'oncle qui a pris soin d'elle. Ton béta qui est devenu un alpha, hum ? Peu de chance, puisque s'est lui qui t'a enfermé ici. Et ne parlons pas du reste de la meute. Ils se sacrifieraient les uns pour les autres mais pour toi, jamais.

Le docteur accentua dramatiquement ses derniers mots avant de partir dans un grand fou rire. Peter ne voulait pas l'écouter mais ses mots arrivaient à pénétrer ses défenses et à trancher profondément.

- Peu importe ta valeur, Peter, ta force ou tes connaissances. Ils ne t'aiment pas car ils ne voient en toi que le monstre que tu étais quand ton esprit était encore en train de brûler. Terrible n'est-ce pas ? Surtout quand on sait que ton joli petit humain là-bas (il désigna Stiles :) tout lui a été pardonné après sa petite virée meurtrière qui a tuée plus de monde que la tienne. Mais c'est vrai qu'il a été possédé, alors ils l'ont dorloté, ils l'ont appelé un héros pour avoir survécu. Et ils répétaient encore et encore que ce n'était pas de sa faute.

Valack se releva, s'étirant tranquillement avant de marcher un peu pour se dégourdir les jambes.

- Dis-moi, Peter, est-ce que tu t'es déjà demandé pourquoi personne ne t'a jamais dit la même chose ? Parce que, soyons réaliste, tu n'es pas responsable du feu qui a brulé ta famille. Par contre ton neveu…mais personne n'a semblé le blâmer.

Est-ce que tu sens encore l'odeur de la chair qui fond ? Est-ce que tu entends toujours leurs cris et leurs pleurs ? Ont-ils supplié pour que tu abrèges leurs souffrances ? Étais-tu tout seul à la fin ?

Peter tremblait. Son colocataire n'avait pas besoin d'utiliser son troisième œil pour faire remonter ses souvenirs. Ils étaient encore tout frais : les six ans de coma ne les ayant pas atténués mais conservés jusqu'à ce qu'il soit de nouveau conscient, un peu comme une de ces capsules temporelles que l'on enterrait pour redécouvrir des années plus tard.

- Ce n'est pas de ta faute si Laura t'a abandonné. Te laissant seul, plus mort que vif à hurler pour une meute, pour une famille…

Valack laissa tomber ses mots comme un murmure de pitié alors que ses lèvres se relevaient, réjouit en voyant son loup planter ses griffes dans ses paumes. Il reprit sur un ton enjoué :

- Mais elle n'est pas restée. Dis-moi Peter, pourquoi ? Pourquoi personne ne reste pour toi ?

Il souffla ses mots venimeux directement dans son oreille. Le loup essaya de le frapper mais l'aconit rendait ses gestes mous et lents. Le docteur n'en fut pas perturbé, c'est à peine s'il avait remarqué.

- On peut donc en conclure que ce n'est pas de ta faute si tu as perdu la tête. Après tout, tout le monde sait que les omégas deviennent rapidement instables. Surtout un oméga bloqué dans sa tête, revivant encore et encore le jour le plus horrible de sa vie.

Arrêtant ses allers-retours, il s'accroupit juste devant Peter pour profiter de l'effet que ses mots avaient sur lui.

- Et dire que quand tu t'es enfin échappé de ton esprit, c'était pour ouvrir les yeux sur un corps à l'agonie. Une douleur si horrible et pourtant tu étais incapable d'hurler. Mais le plus douloureux n'était-ce pas de sentir que personne ne venait pour toi ? Que les membres restant de ta famille, de ta meute, t'avais abandonné. Laissé pour compte alors que des chasseurs auraient pu venir finir le travail. Ce n'est pas surprenant non plus. Après tout, personne ne t'aime Peter.

Satisfait des expressions de souffrance qu'affichait son loup, il se releva et claqua dans ses mains.

- Donc, tu n'avais aucune chance de garder ta santé mentale. Mais pourtant tout le monde dit que c'est de ta faute.

Désignant Stiles dans la cellule d'en face, il continua :

- Mais lui, ils l'ont appelé « héros » alors qu'il a quoi ? Résisté quelques jours avant de lâcher prise. Alors que toi, mon pauvre Peter, tu as tenu combien d'années ? Combien d'années à espérer que ta meute revienne te chercher ? A espérer que tout irait bien ? Qu'ils prendraient soin de toi, t'aideraient, t'aimeraient ? Je peux voir tes souvenirs, je peux les sentir. Le goût de ton espoir est devenu amer, Peter. Ça a dû être lent et douloureux avant que ton espérance ne se transforme en cendres. Tu as combattu si longtemps, mais pourquoi ? Tu n'as plus personne pour qui te battre. Peter, tous ceux que tu aimes sont morts.

Le loup enfonça plus profondément ses griffes dans sa chair. Il voulait tellement déchirer la gorge de ce docteur de pacotille pour ne plus jamais l'entendre. Mais il n'était même pas capable de tenir sur ses deux jambes sans aide. Supprimant le grognement qui montait dans sa gorge – et qui ne ferait que donner satisfaction au taré- il tenta de faire abstraction de ses paroles et des sentiments qu'elles faisaient remonter. S'il voulait résister à ça, il ne devait plus rien ressentir.

- Cette force, si magnifique, si puissante, elle est perdue. Pourrissant dans une cage, soupira tristement Valack, tout ça parce que personne ne t'aime.

Peter gémit, pressant ses mains contre ses oreilles. Mais le mal était fait, car rien ne coupe plus durement que la vérité et cette vérité déchirait ce qu'il restait de son cœur.


Pour la petite histoire, ce truc est né vraiment par hasard. J'avais une juste une vague idée de scénario en tête mais je travaillais sur d'autres projets et je n'y pensais plus vraiment. Mais un soir, alors que je désespérais devant mes cours de droit fiscal, ce truc est né. J'ai écris deux chapitres d'un coup et comme je me suis mise à continuer cette histoire depuis la rentrée, j'ai décidé de la publié. Moralité de l'histoire : c'est toujours quand je veux apprendre mes cours que je me retrouve à écrire des trucs très angst, surement un rapport avec la fongibilité asymétrique des crédits du titre 2... le droit, s'est très anxiogène.

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