-Dépêchez-vous, on va arriver en retard, cria une femme, puis elle ajouta pour elle-même « comme si on avait besoin de ça .
-Allez chérie, c'est pas la fin du monde si on arrive avec cinq minutes de retard, tenta de la rassurer son mari.
-James, il est hors de question de donner ce plaisir à Pétunia, elle serait ravie de nous le faire remarquer et pour le peu de fois où l'on va chez mes parents, on pourrait être à l'heure.
-Harry, Merlin dépêchez-vous on a pas que ça à faire, reprit-elle.
Malheureusement, si la jeune femme avait pris soin de faire ses valises, avec les affaires de son mari, il était loin d'en être de même pour les deux adolescents…
-Mel, tu n'aurais pas vu mon miroir à double sens ?
-Non. Et si tu rangeais mieux tes affaires, tu serais où il est ! A propos, tu sais pas où se trouve mon livre de potions, j'aurais parié l'avoir laissé ici hier…
Bref, comme on l'aura deviné les bagages étaient loin d'être prêt et ce n'est qu'une heure plus tard, qu'ils quittèrent le manoir de Godric's Hollow sous la direction d'une Lily Potter excédée et d'un James maussade et oui les vacances chez la belle-famille ce n'est pas ce qu'il y a de plus agréable !
-Tu as réservé les places du magicobus ?
-Oui c'est la deuxième fois que tu me le demandes Lily, enfin je ne suis pas sénile, je sais ce que je dis.
-Désolé James, c'est juste que… s'excusa t-elle.
-Je sais, ne t'en fait pas, tout se passera bien
Quelques instants plus tard, le bang caractéristique du magicobus se fit entendre et presque aussitôt, un jeune homme aux oreilles en choux-fleurs et à l'air dégingandé fit son apparition.
-Bienvenue dans le magicobus, je suis votre contrôleur Stan Rocade et je m'occuperai de vous pendant toute la durée de votre voyage…
-On sait, on sait, le coupa la maîtresse de maison. Nous avons réservé, au nom de Potter.
Le dénommé Stan vérifia sur sa liste :
-Ah oui, à destination de Northfolk pour 15 heures.
-C'est ça, alors il faudrait peut être se dépêcher !
-Euh oui, oui bien sur !
Sur ces entre faits, ils purent enfin accéder aux banquettes miteuses du double impériale.
-Vous avez pensé à prendre vos affaires de classe, les enfants ? questionna Lily.
-Maman, tu connais notre sérieux, lui répondit l'aîné.
-Justement Harry, je te connais trop bien et ne viens pas me parler de sérieux. J'ai déjà reçu 3 hiboux de Mc Gonagall et l'on est qu'au premier trimestre, alors si j'étais toi je me ferai oublier, lui répondit-elle sèchement. Et James, arrête de sourire, moi ça ne me fait pas rire !
Aimant son frère malgré toutes les bêtises qu'il pouvait faire, Mel intervient :
-Allons maman tu dois bien reconnaître qu'il est un des plus brillants élèves de l'école.
Sentant les regards étonnés posés sur elle, elle adressa un clin d'œil à son frère et lui glissa à l'oreille « A charge de revanche »
- Nous arrivons, leur apprit James qui s'entretenait avec Stan depuis qu'il sentait que la conversation avec Lily allait finir en dispute et qu'il allait en prendre plein la figure, car quand elle était dans un tel état, elle était vraiment redoutable !
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-Vous voila, nous vous attendions les accueillit Mathilda Evans, petite femme replète à la figure avenante. Entrez entrez, je vois que vous êtes chargés, ah il ne fallait pas, dit-elle quand James lui offrit les fleurs qu'il avait conjurés en sortant du bus.
Un coup de baguette plus tard, ils étaient débarrassés de leurs valises qui reposaient désormais bien tranquillement dans leurs chambres.
Lorsqu'ils entrèrent dans le salon, les salutations entre les deux sœurs et leur famille fut plus que glacées et c'est dans une ambiance tendue que Mr. William Evans essayant de détendre l'atmosphère fit la remarque que ses petits-enfants avaient bien grandis. Harry répliqua entre ses dents que certains avaient plutôt « élargis ». Toutefois pas assez discretement pour empêcher sa remarque de parvenir à son père qui eu du mal à cacher son amusement sous l'œil réprobateur de sa femme.
Devant l'insuccès de sa tentative Mr Evans poursuivit :
-Alors l'école ça marche ?
-Ouais très bien, sauf en potion, le prof est une sorte de nazis en puissance, répondit joyeusement Harry.
-Harry ! le prévient sa mère.
-C'est vrai maman, il favorise toujours Serpentard et n'arrête pas de nous enlever injustement des points, la défendit sa sœur.
-Venant de Servilus, on ne pouvait s'attendre à autre chose, conclut James.
-James, c'est comme ça que tu montres l'exemple à tes enfants, explosa Lily oubliant pour un moment où elle se trouvait.
-Hum, hum….
Lily prit brusquement conscience qu'elle n'était pas chez elle et lança un regard d'excuse à la maîtresse de maison. Pour dissiper la gêne qui s'était installée Mrs Evans demanda :
-Et toi Dudley, comment ça va à Smelting ?
-Les professeurs s'acharnent sur mon pauvre dudlenouchet, répondit sa mère.
Lily lança un regard dissuasif à sa famille pour les empêcher de dire quoique ce soit, même si, elle-même était sensible à ce propos ridicule.
-Mais ce n'est pas grave, enchaîna Vernon Dursley, la grunming lui reviendra et ces imbéciles n'y pourrons rien. Tu seras riche Dudley, le chiffre d'affaires est en augmentation constante.
Saisissant l'opportunité d'interrompre son gendre William questionna :
-Et vous James, beaucoup d'arrestations ?
James Potter officiait en tant qu'auror, et était très réputé pour sa ténacité. Il formait avec Sirius Black, le célèbre duo, surnommé dans le monde souterrain, les hommes de fers.
-Toujours autant d'arrestations, dès qu'on arrive à détruire une filière, une autre se créée presque instantanément que ce soit du trafic de fausses amulettes à la vente d'objet volé en passant par escroquerie, ces idiots jouent sur tous les tableaux.
-Oui c'est une tendance qui se confirme même chez nous, renchérit Mr Evans ravit d'avoir un sujet de conversation sur le monde magique où il pouvait émettre un avis.
S'ennuyant à mourir, Harry profita que sa mère soit partie en cuisine, aider sa mère, accompagnée de sa sœur qui ne voulait pas être en reste, pour laisser discrètement tomber un paquet de dragée sous le nez de son énorme cousin. Il eut le plaisir de le voir le ramasser quelques secondes plus tard, et de l'engloutir presque instantanément croyant passer inaperçu.
Les effets ne se firent pas attendre, et d'un seul coup on entendit Dudley déclarait, avec le plus grand sérieux que un chien rose se promenait dans le salon. Le silence qui suivit ces paroles ne fut interrompu que par les gloussements du farceur et les cris affolés de Vernon Dursley qui ne comprenait pas ce qui se passait. Alertée par les beuglements de son mari, Pétunia entra en trombe, sa sœur et sa mère sur les talons. Comprenant en un regard la scène et rendue méfiante par l'hilarité manifeste de son fils, Lily ne manqua pas de découvrir le papier qui enveloppait les friandises, et c'est furieuse qu'elle se tourna vers son fils :
-Qu'est-ce que tu lui as donné ? cria t-elle.
-Moi ! Mais rien !
-Ne me mens pas Harry, j'ai trouvé ça par terre, répliqua t-elle en lui tendant le papier.
Tout le monde voulut examiner le papier et c'est donc dans un accord parfait que cinq paires d'yeux regardèrent l'emballage incriminé. Dudley, lui, continuait ses élucubrations.
-Ca ne peut être que toi, reprit-elle, c'est du parchemin et Mel ne se serait jamais amusée à faire ça, alors je répète : que lui as-tu donné ?
-Je ne lui ai rien donné, répliqua t-il malicieusement, c'est lui qui l'a ramassé.
-QUOI ? QU'AS-TU DONNE A MON FILS ? explosa Pétunia Dursley.
-Tu as entendu ? Réponds ! Moi aussi j'aimerai savoir, compléta James dans un froncement de sourcil.
Harry comprit que sa situation n'était pas enviable, même son père ne le soutenait pas alors que d'habitude, il ne se gêne pas pour rigoler franchement.
-C'étaient des dragées, que Sam, Kiria et moi, on a fabriqué, lâcha t-il à contrecœur.
-Et qu'est-ce qu'elles font ?
-Normalement, elles ne font que faire dire des bêtises, mais ce goinfre les a toutes avalées…
-Combien de temps durent les effets ? demanda froidement son père.
-Je ne sais pas, ce n'est qu'un prototype.
-Comment ? Mais tu te rends compte, tu es complètement irresponsable ! tempêta Lily.
-Et que contiennent-elles ? continua son père en s'approchant de son énorme cousin.
-De l'extrait de burlap, de la poudre de doxys et un peu de sève de mandragore.
-Je vois…
Quelques coups de baguettes plus tard, les dégâts étaient réparés mais la fureur de Lily était loin d'être passée. Cependant, le pire pour Harry était sans doute la déception qu'il voyait dans les yeux de son père, aussi ne fut-il pas mécontent quand sa mère lui intima d'aller se coucher, mais il s'assombrit quand son père lui ordonna de lui ramener son miroir à double sens.
Privé de tout moyens de communication avec ses amis, Harry se désolait, décidément il n'aurait jamais du céder à la tentation. Vers 21 h 00, il entendit quelqu'un toquer à sa porte et quelques minutes plus tard, sa sœur était entrée dans sa chambre.
-J'ai dit que j'allais me coucher, l'ambiance n'était pas très chaleureuse, se justifia Mel.
Le jeune homme baissa la tête d'un air coupable :
-Je suis désolé.
-Oh ! Tu sais, ça aurait pu être drôle, si tu l'avais fait à l'école. Je crois que c'est que tu t'en sois prit à un moldu qui les a énervés le plus.
-Sans doute. Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête mais les voir comme ça, nous regardant avec mépris, je ne les supporte pas, je sais pas comment a fait maman pour vivre avec une sœur pareille… Tu sais ce que les parents ont prévus ? reprit-il.
-Nan, je pense que tu le découvriras demain, dit-elle dans un bâillement. Bon je vais me coucher.
Sur ce, elle laissa son frère à ses pensées maussades.
---ooOoo---
Le lendemain matin, quand il se leva pour prendre son petit-déjeuner, il ne fut pas surpris de voir ses parents qui l'attendaient, la mine sévère.
-Nous avons laissé passer beaucoup de choses, commença sa mère, mais là tu as dépassé les limites.
-C'est pourquoi, continua son père, tu nous remettras ton éclair de feu quand nous serons rentrés.
-QUOI ? Vous ne pouvez pas me confisquez mon balai, comment je vais faire pour les matchs ?
-Tu n'auras qu'à emprunter un balai de l'école.
-Mais tu n'es pas sérieux papa ! Ils sont totalement dépassés, je n'ai aucune chance d'attraper le vif d'or avec ça !
-Nous te le rendrons pour le match si d'ici-là tu te tiens à carreaux, répondit sa mère.
-Et tu présenteras tes excuses à ton cousin, renchérit son père.
Le Gryffondor ouvrit la bouche mais aucun son en sorti, ne trouvant pas les mots pour traduire sa stupéfaction et ce n'est donc qu'à contrecoeur qu'il alla trouver son cousin, sous l'œil amusé de son père.
-Dudley, je m'excuse pour hier, dit-il très rapidement avant de partir précipitamment se promener dans le jardin, sous l'œil narquois de son cousin que James regarda avec dégoût, car même s'il était pour que son fils s'excuse, ce n'est pas pour autant qu'il appréciait les airs supérieurs de cet espèce de cachalot.
Le reste de la semaine se passa dans une atmosphère tendue, les Dursley n'ayant pas oublié la « plaisanterie » faite à l'un des leurs et les Potter ne supportant pas leurs airs supérieurs. D'ailleurs, si aucune des deux familles n'avaient écourté leur séjour, ce n'était du qu'à la profonde affection que les deux sœurs ressentaient pour leurs parents. Toutefois, on imagine sans peine, l'enthousiasme que prirent les convives à se séparer sous l'œil désolé de Mr et Mrs Evans.
