Chapitre Deux : Le pouvoir.
Il est un autre vice de l'aristocratie. Le pouvoir est toujours présent dans nos esprits. L'argent, nous l'avons déjà et il nous offre presque tout. Mais le pouvoir, c'est un merveilleux aphrodisiaque pour aristocrate. on le cherche, quitte à balancer sa vie en l'air, on veut le pouvoir, commander des nations, des hommes, des armées, les flux de l'économie. Ça nous donne l'impression d'être important.
Moi-même je n'y échappe pas. Bien sûr que je cherche un peu de pouvoir du haut de ma tour d'ivoire. Je voulais faire des études de politique. Interpeller les foules, les convaincre, leur montrer ma vision du monde. Le parti royaliste me tendait les bras. Mais je suis une fille. Et une fille n'acquiert le pouvoir que par le mariage. Etre puissante avant était hors de question. Mes parents m'ont opposé un 'non' très sérieux dès que j'ai commencé à leur demander l'école que je voulais faire.
Alors j'ai contourné le problème. Je ne pouvais pas être puissante en politique. Alors j'ai fais comme ces femmes de pouvoir : je suis passée par l'Eglise Protestante. Depuis que je suis assez vieille pour chanter, j'ai intégré (un peu contre mon gré à l'époque) la chorale de l'église du domaine familial. Beaucoup m'ont complimentée sur ma voix. Alors j'ai saisis la corde qu'on me tendait : j'ai commencé des études de théologie et de musique. Les deux en même temps. J'exerce ma voix de contre-soprano et j'apprend les psaumes par coeur. L'année prochaine, je suivrais une formation d'exorciste en plus de mes cours habituels. Mes parents sont très fiers de moi. Ils sont fiers que je leur désobéisse en un sens.
Mais passons.
Après m'être rafraîchie dans la petite salle de bain jouxtant ma chambre, j'ai remis mon chapeau et je suis sortie à nouveau. Les membres de la Table Ronde m'ont à nouveau saluée. Je n'ai pas put fermer l'oeil une seule seconde.
J'ai retrouvé sans trop de mal mes parents. Ma mère était très inquiète et avait encore changé de tenue. Mon père, lui, essayait de défroisser son costume.
Tout le château se vida pour se rendre dans les jardins, où se trouvait le cimetière familial. Le cercueil était sorti et roulait devant nous en corbillard. Je retrouvais la famille Island et le fils qui me sourit à nouveau. Je détournais les yeux.
Le ciel d'automne était encore chargé de nuages se teintant de rose et de rouge. Je resserrais mes bras autour de moi pour ne pas trembler de froid.
C'était un enterrement comme les autres pour une femme qui ne l'était pas. Un pasteur vint réciter l'oraison funèbre et réciter un discours sur les bienfaits de Sir Integra pour l'Eglise Protestante. Je n'ai jamais vraiment su ce qu'Integra faisait mais apparemment, elle aussi avait acquis le pouvoir par la religion. Puis, ce fut au tour du majordome de la dernière fois de venir au cercueil de Sir Integra. Je sentais déjà ma gorge se serrer. Mes mains agrippèrent mon mouchoir prêt à servir. Il commença son discours :
- Je ne vais pas m'adresser à la défunte puisque mes prières lui ont déjà dit tout ce qu'elle devait savoir. Je vais m'adresser à tous ceux qui tiennent à elle.
Il n'avait pas dit : tous ceux qui sont présents. Il me chercha du regard. Je n'évitais pas ses yeux gris.
- Sir Integra était une femme très critiquée toute sa vie durant et les critiques sur sa vie ne sont pas prêtes de s'arrêter. Elle avait de lourds devoirs, plus lourds que ceux qu'on pouvait s'imaginer. Elle a fait beaucoup pour l'humanité toute entière. Mais peu s'en souviendront. Elle est morte humblement après une vie de secret perpétuel. Elle est morte sereinement après une vie de soucis. Sans son travail et sa persévérance, il serait arrivé des catastrophes sans nom. Si le mystère qui entoura sa vie est aujourd'hui encore complet, Sir Integra mérite, pour tout le travail accompli tout le respect que l'humanité est capable de fournir et tous les pleurs que des yeux innocents pourront pleurer pour l'accompagner au paradis, sa place durement méritée.
Les larmes me montaient aux yeux. Je pris mon mouchoir et essuyais mes yeux et mon maquillage. Je n'osais plus relever la tête pour affronter les autres regards. Pourtant, mon cerveau me posait mille questions ? Quel était donc ce mystère qui entourait sa vie ? Qu'avait-elle fait ? Quel bien avait-elle fait à l'humanité ?
Ma mère me tapota l'épaule, gênée par mes larmes alors que très peu d'autres personnes pleuraient. Elle me tendit une rose blanche que je saisis. Les premiers invités s'avancèrent. Alors, je vis la Reine. la Reine d'Angleterre elle-même venait de lance rune rose blanche sur la tombe de Sir Integra. Voilà une femme qui avait pour elle tout ce que l'aristocratie courait pour avoir. Mais à quel prix ?
Les invités se signaient au-dessus de sa tombe avant d'y lancer leur rose. Notre tour fut assez long à venir, mais quand je passais près du majordome pour lancer ma rose sur la tombe déjà bien couverte de Sir Integra me retint. Il me retira la rose blanche et la remplaça par une rose rouge. Tout le monde me regarda, surtout les membres de la Table Ronde. Je regardais le rose et, après l'avoir serrée contre moi, je la laissais aller. Elle tomba parmi les roses blanches et je me détournais.
C'était drôle. Après l'enterrement, plus personne ne croit devoir de respect au mort. Les discussions reprirent, d'abord murmurées, puis parlées haut et fort. Mon père me prit par les épaules et m'attira à nouveau vers la famille Island. Tout le monde parlait du sort du manoir. A qui reviendrait-il ? Integra n'était pas mariée et n'avait pas d'enfants.
Légèrement irritée par la conversation si peu noble, je tournais la tête vers la tombe. Les derniers invités lançaient leurs roses et les fossoyeurs attendaient, pelles à la main. Le majordome regardait avec tendresse la fille de tout à l'heure (celle qui pleurait dans le jardin) lancer sa rose blanche. Pourquoi avais-je été la saule à avoir une rose rouge ?
Mais je m'aperçois bientôt que j'ai pensé trop vite : le fameux amant de Sir Integra arriva en dernier et, le visage fermé, lança une rose rouge par-dessus le lourd tapis de roses blanches.
Se sentant sans doute regardé, il releva la tête et me regarda directement, droit dans les yeux. Je me surpris à rougir et à détourner tout de suite la tête.
Adieu, Sir Integra. Puisse Dieu être toujours à vos côtés comme vous l'avez toujours été vous-même.
L'annonce de l'ouverture du testament fut acclamé par la foule d'invités. Le salon qui avait servi de salle de veille était transformé en un grand bureau où un notaire tenait une grande enveloppe.
Encore une fois, les garçons durent mettre un peu d'ordre dans la foule. Les familles des membres de la Table Ronde étaient assis devant, ainsi que ma propre famille. Les autres devaient se tenir debout derrière nous. Je me sentais un peu gênée d'avoir un tel privilège mais, comme tous les invités me regardaient avec envie, je décidais que j'avais la chance d'être assise.
Surtout que le testament faisait une bonne dizaine de pages.
Mon attention se fixa sur l'amant de Sir Integra qui était debout derrière le notaire. Il était entièrement en noir également et tenait les épaules de la jeune fille à ses côtés. Celle-ci essuyait de temps à autre les larmes qui lui venaient aux yeux. Ses yeux regardaient tous les invités avec une curiosité cruelle et ironique. Je n'aimais pas ce regard. Cet homme ressemblait aux vrais aristocrates, ceux qu'on croise dès fois lors des réceptions de la plus grande importance, celles où j'allais rarement. ce sont souvent des personnes cruelles mais très intelligentes.
Se sentant à nouveau observé (comment le faisait-il ?), il se tourna vers moi. Il sembla même s'intéresser et me regarda longuement, penchant légèrement la tête de côté pour mieux me regarder. Je baissai la tête et jouait avec mes gants jusqu'à ce que ma mère me serre la main à me la briser. Notre nom allait bientôt venir. Quelle surprise nous réservait Sir Integra ?
Au nom de mes parents, il y avait une somme de vingt millions de livres. Une très forte somme. Mais rien de personnel. Je sentis ma mère gonfler de rage. Bien sûr, elle ne se souvenait pas de nous. Notre correspondance avait été si courte. Pourquoi d'ailleurs avais-je attendu plus ? Mes parents tentèrent de sourire. Je n'essayais même pas. L'amant d'Integra se désintéressa de nous.
Le reste de l'annonce du testament prit encore une demi-heure. Une heure à rester assise ici à écouter Integra tout céder. Mais visiblement, les hommes à mes côtés, les membres de la Table Ronde s'impatientaient. Ils attendaient quelque chose. Quelque chose de gros et d'important. Quelque chose qui semblait leur revenir de droit. Mais qui n'arrivait pas. Leur nervosité me rendait moi-même nerveuse.
Voici la dernière volonté de Sir Hellsing, annonça enfin le notaire. Les famille derrière moi s'impatientaient. «Mon manoir ainsi que mon poste de directrice de la fondation Hellsing reviennent à une seule personne. Cette personne devra se dévouer à cette tâche comme je l'ai fait moi-même et en sera digne. Je demande à tous les invités et surtout à tous les membre de la Table Ronde de ne pas tenter de prendre sa place et d'être des maîtres indulgents car elle est encore très jeune, mais j'ai moi-même hérité des mêmes choses encore plus jeune.
Le manoir et la fondation Hellsing reviennent à mademoiselle Adélaïde Ingrid Shorefair Hellsing, puisse-t-elle en être digne comme tous les Hellsing.»
Le choc me cloua sur place. Avant même de m'en rendre compte, je venais de me lever de mon siège. J'entendis tout le monde murmurer, discuter, s'exclamer derrière moi. Les membres de la Table Ronde criaient leur indignation. Ma mère et mon père me regardaient comme si je venais d'une autre planète. Le notaire me chercha du regard avant de se rendre compte que j'étais l'héritière de Sir Integra. L'amant de Sir Integra me regarda également, sans doute aussi étonné que moi. Seul le majordome me fit un petit sourire.
- Mesdames, messieurs, appela le notaire. Tout le monde se calma. C'est le testament de Sir Integra, signé de sa main devant témoins, il est formel et irréfutable. Vous devez vous y tenir.
Je me sentais atrocement gênée à cause de tous les regards portés sur moi. Je ne savais même pas ce qu'était la fondation Hellsing ! Comment pourrais-je prendre la place d'une femme aussi imposante que Sir Integra ? J'étais perdue. Un regard vers mes parents qui discutaient vivement avec Sir Island m'appris que je ne pouvais pas espérer de secours d'eux.
Heureusement, le majordome ne tarda pas à venir à ma rencontre et, prenant mon bras me fit sortir de la pièce. Il y eut quelques protestations, mais il les coupa court. Une fois que nous fûmes dehors, il me sourit :
- Faisons quelques pas, me proposa-t-il.
Le jour gris et froid se levait à nouveau. La boue séchait peu à peu, mais les nuages promettaient de la pluie pour bientôt. Nous marchâmes un peu dans le jardin avant de nous engager dans une allée d'arbres. Là, l'amant de Sir Integra et la jeune fille nous attendaient. C'était comme une réunion de travail. Je n'y comprenais rien. Que m'arrivait-il ? Pourquoi moi ?
L'amant eut un sourire ironique à ma vue. Le majordome me lâcha et s'inclina légèrement :
- Je suis Walter C. Dornez, se présenta-t-il. Je suis le majordome de la famille Hellsing depuis bien longtemps et je serais désormais votre majordome mais également votre guide dans le nouveau monde dans lequel vous allez devoir entrer.
Je le saluais d'un signe de tête et me tournais presque immédiatement vers les deux autres, dans l'attente d'être présentée. Walter m'obligea :
- Voici les deux agents les plus capables de la Fondation Hellsing. Vous allez être amenée à travailler avec eux. Voici Seras Victoria, fit-il en me désignant la jeune femme qui me fit un petit salut timide de la main. Je lui souris. Elle n'était pas noble et ne connaissait pas les usages. Et voici Alucard. Walter eut une hésitation. C'est l'agent le plus prestigieux de notre Fondation.
Il s'inclina profondément. Un véritable noble, pensais-je. Supérieur même quand il s'incline. Il eut un sourire en coin.
- Marchons un instant, mademoiselle, proposa Walter. Nous allons devoir vous mettre au courant d'informations de base pour pouvoir continuer.
Il me proposa son bras et continua à marcher, suivis par Alucard et Seras.
- Pour être franc et direct, mademoiselle, je vous dirais la vérité sans détours. La Fondation Hellsing est chargée d'exterminer les créatures de la nuit de la planète. Par créature de la nuit, nous pensons les vampires les loup-garous, les goules et tout ce qui ne devrait pas fouler la terre sainte.
Je m'arrêtais sur place. Un sourcil haussé pour montrer mon incrédulité :
- Des vampires ? Allons, s'il vous plaît, soyons sérieux, je ne peux pas y croire...
Je fus interrompue par le rire presque démentiel d'Alucard. Celui-là, je l'aimais de moins en moins. Il serait sans doute licencié dès que possible. Il se reprit et me regarda. Un grand sourire étira ses lèvres et me montra ce que je devais voir : deux grandes canines sur sa lèvre inférieure. Je levais les yeux. Deux yeux d'un rouge sang. Je restais interdite :
- Vous voulez dire que... Que nous avons des vampires pour en tuer d'autres ? demandais-je incrédule.
Alucard s'approcha alors encore un peu plus de moi. Je devais lever la tête pour le regarder dans les yeux, même sur mes bottines. Il me sourit doucement tandis que nos corps n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Cette proximité me gênait mais je me sentais incapable de faire un pas en arrière :
- Avez-vous besoin de preuves, mademoiselle ? me chuchota-t-il à l'oreille.
Walter le repoussa vivement. Je revins tout de suite sur terre. Seras vint tout de suite à mon secours et me sourit. Elle aussi avait des crocs.
Génial. Je suis entourée de vampires et vouée à les chasser. Je cherchais secours auprès de Walter qui me sourit sympathiquement :
- Pour devenir véritablement maître d'Hellsing il vous faudra un premier petit sacrifice, m'annonça-t-il.
- De quoi s'agit-il ? lui demandais-je, imaginant le pire.
- Vous allez devoir renouveler le pacte qui lie la famille Hellsing à Alucard, le vampire de la famille.
- Où dois-je signer ? fis-je naturellement.
Alucard repartit de son rire fou. Je ne sais pas ce qu'il y avait de très drôle. Je n'étais pas sûre de vouloir renouveler le moindre contrat avec lui. Il me déplaisait fortement.
- Je ne sais pas ce qu'Integra avait dans la tête quand elle a choisi sa nièce, mais elle devait avoir abusé sur la boisson ou les cigares. Comment une jeune fille aussi naïve et ridicule peut-elle lui succéder ? Pour sûr, nous courrons à...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Avant que l'un de nous deux puisse comprendre vraiment, je m'étais approchée et, me tenant sur la pointe des pieds, je venais de lui mettre la gifle la plus forte que je n'avais jamais mise. Et, comme si ça ne suffisait pas pour le calmer, il devait aussi recevoir le savon le plus vert que je n'avais jamais donné :
- Comment osez-vous ? m'exclamais-je, surprise moi-même par la hauteur de ma voix. Comment osez-vous insulter votre précédent maître, Sir Integra ? C'était une femme très courageuse et sans doute bien plus intelligente que vous ! De plus, il ne me semble pas vous avoir demandé ce que vous pensiez de moi ! Apparemment, vous êtes très utile pour la fondation, alors je vous demande de faire votre travail et de vous tenir à carreaux sans vous mêler de mes affaires. Sir Integra m'a choisie et si vous n'êtes pas content, plaignez-vous en silence car vous allez devoir me supporter !
Je me tus, un peu surprise parce que je venais de dire. Je ne suis pas ce genre de femme autoritaire d'habitude. En général je baisse la tête et j'écoute, je suis la gentille fille qui essaye d'accéder à plus de pouvoir. Mais c'était différent. Tout était différent. Je venais d'obtenir ce pouvoir.
Seras et Walter me souriaient un peu. Ça me rassura. J'avais eu peur d'avoir réagis trop violemment.
Alucard se releva, une main sur sa joue, même s'il n'avait pas de marques. Il me sourit encore une fois, l'air tout à fait intéressé :
- Vous ressemblez trait pour trait à Abraham, me fit-il, comme s'il n'était pas du tout vexé par tout ce que je venais de lui dire. Je parie que, maintenant, votre sang bout dans vos veines. Il doit être délicieux. Dîtes-moi... êtes-vous vierge ?
Déconcertée par ce discours, je fronçais les sourcils mais ne lâchais pas ses yeux des miens.
- Je ne suis pas volontairement au service de la famille Hellsing, m'apprit-il. Abraham, votre arrière-grand-oncle m'y a forcé. Pour que je sois à votre service et non pas votre ennemi, il va falloir me donner un peu de votre sang bleu.
Il prit mon poignet et je ne lui opposais pas de résistance.
- Alors, mademoiselle, êtes-vous vierge ?
- Ce n'est pas vos affaires ! protestais-je en rougissant.
- Alors vous l'êtes, en déduit-il justement.
Il approcha ma main de sa bouche, presque sans me lâcher du regard. Je me refusais à baisser les yeux. Pas devant lui.
- Doucement Alucard, lui rappela Walter.
Il sourit à nouveau et détourna le regard pour observer ma main. Il la tourna dans tous les sens avant de me forcer, avec son autre main à ouvrir la paume où mes veines bleues étaient plus visibles. Il baissa la tête et ses cheveux noirs chatouillèrent mon bras tandis que ses lèvres se posaient doucement sur ma paume. Ses dents frottèrent contre ma peau et mordirent dedans peu après.
La douleur me raidit et je dus me mordre les lèvres pour ne pas crier de douleur. Puis, peu à peu, la douleur me quitta tandis qu'il continuait à boire. Je me sentais plus légère comme si j'étais malade ou sujette à un évanouissement. Je me battais pour garder les yeux ouverts. Ou alors... C'était un peu comme cette fois... Cette fois où nous avions bu un peu trop de whisky entre jeunes gens dans notre chambre réservée. On se sentait légers et il y en avait un. Je ne sais plus qui. C'était un baron. J'étais en chemise de nuit, allongée sur le lit avec une bouteille à la main en train d'essayer de trouver ma raison parmi les brumes de l'alcool. Il s'était penché sur moi, un bras autour de ma taille et il avait essayé de m'embrasser. Nous étions si proches ses lèvres presque contre les miennes, sa chaleur corporelle mélangée à la mienne.
Il avait fait l'amour à une autre fille plus tard dans la soirée. Celle qui nous avait séparés. Mais je ne devrais pas penser à cela.
- Alucard ! fit une voix au loin. Alcuard ! Stop ! Ça suffit, tu es en train de la vider de son sang ! Elle n'en peut plus !
Je sentis à peine ses dents sortir de ma peau. Instinctivement, je regardais ma main à nouveau libre : les blessures s'étaient refermées. Un bras passa atour de ma taille et me retint. J'avais du mal à me tenir sur mes jambes. Les voix autour de moi me semblaient lointaines :
- Alucard ! Qu'avais-tu dans la tête ? La pauvre demoiselle ! C'est ton maître maintenant et tu ne dois pas profiter de sa faiblesse et de son innocence pour faire de telles choses.
- Son sang a le même goût que celui d'Abraham... Mais en plus sucré.
Walter me donna de petite tapes sur les joues et je finis par sortir de ma transe post-morsure. Aussitôt, je regardais Alucard. Il était là, un peu plus loin, me fixant avec un sourire en coin digne du démon. Pointant le bout de sa langue rougeâtre, il se lécha les lèvres. je détournais le regard.
- Maintenant, vous avez le pouvoir. Le pouvoir sur moi et sur Hellsing, mademoiselle, me fit-il. Ou plutôt devrais-je dire, maître.
