Bonsoir ! ( enfin bonjour vu l'heure à laquelle je poste )
Petites infos avant de vous laisser lire ( rapide promis) :
- Je compte poster une fois par semaine le week end
- Les chapitres devraient être a peu près de la longueur du chapitre qui va suivre
- L'histoire commence juste après le tome 6
Enfin, merci aux reviews qui m'ont fait très très plaisir !
Voilà je me tais c'est bon : bonne lecture !
Chapitre 1
Au 12 Square Grimmaud, en cette chaude nuit de juillet, Minerva McGonagall observait les étoiles à travers la fenêtre de sa chambre. Le ciel était noir, sans qu'aucun nuage ne vienne troubler l'immensité des cieux. Immuable. Et heureusement à vrai dire. Lorsque la vie s'effritait sous vos doigts, se dire que certaines choses étaient bel et bien éternelles, se révélait être presque … réconfortant.
Côté moldu, la vie battait son plein. Bien que le quartier soit considérer comme calme, de nombreuses « voitures » circulaient, certains habitants profitaient des douces températures pour une dernière ballade alors que dans les maisons, d'autres vaquaient à leurs occupations habituelles. Chacun avait ses préoccupations, ses buts, ses rêves, ses envies, ses espoirs. Chacun vivait dans son propre monde en quelques sortes.
Ici, au manoir, tout était calme, aucun bruit ne dérangeait le lourd silence régnant en ces hauts lieux. Après avoir dîné, grignoté plus qu'autre chose en réalité, les plats préparées avec soin par Mrs Weasley, chacun avait rapidement réintégré ses appartements sans dire un mot.
La mort d'Albus Dumbledore touchait chacun d'une façon différente mais profondément brutale. Aucun rire, aucun cri, peu de sourire. Le « Square » était horriblement tranquille, alors que quelques mois auparavant à peine, de nouveau habité, on s'y sentait presque bien. Comme si quelques jeunes, pleins de vie, étaient parvenu à annihiler les dernières effluves de décadence du manoir. A présent, toute joie s'était éteinte, chacun vivant seul avec sa peine.
Minerva, elle, était abattue. Et ce, même si plusieurs jours déjà les séparaient de Sa disparition. Il avait été son ami, son confident, l'homme sur laquelle elle avait pu se reposer pendant des années et des années. Le meilleur directeur que Poudlard ait jamais connu. Et il l'avait laissé, abandonné. A présent, elle se retrouvait seule, portant sur ses épaules le poids d'une apocalypse, d'une noire promesse, d'un lourd combat à mener, avec pour toute ressources une mystérieuse prophétie et une poignés d'adolescents aussi téméraires qu'inconscients.
Pourtant elle n'était qu'un vieille femme. Une vieille femme qui commençait depuis quelques années à ressentir profondément les effets du temps sur sa pauvre personne. Sa réactivité, sa force, sa résistance, toutes ces qualités qui avaient fait d'elle une sorcière puissante et respectée de ses pairs, étaient en train de diminuer à vue d'œil. Elle se savait dépassée par les évènements, et il n'y avait rien a faire pour y remédier.
Et c'était maintenant à elle de se débrouiller. Albus avait était là quand elle avait eu besoin de lui. Aujourd'hui c'était son tour : elle devait donc être là quand le monde aurait besoin d'elle… Machinalement elle se posa sur son bureau ( en réalité une simple table en bois plaquée contre le seul mur libre de la pièce ) et entreprit de trier les papiers qui y siégeaient. C'était inutile, profondément absurde, en fait il n'y avait rien à ranger. Seuls quelques parchemins vierges traînaient ça et là. Mais ça la rassurait d'inculquer un ordre. Car même si cela se révélait infime au milieu du chaos des évènements, c'était déjà cela de gagné.
Lorsque soudain un claquement sec contre le carreau la fit sursauter. Un hibou magnifique, au plumage d'un noir d'encre se tenait sur le rebord de sa fenêtre. Il recommença à taper avec férocité alors que ses yeux couleur topaze lançaient des éclairs, insistant silencieusement sur l'importance de sa requête. Or, elle ne connaissait pas cet animal. Et par les temps qui courraient il ne valait mieux pas faire d'imprudence. Mais ce soir, ce soir elle sentait que le vent était en train de tourner. Et que cette nuit allait différer des précédentes.
Alors, prise d'une intuition inexplicable, elle se précipita à travers la pièce pour recueillir la bête qui lui tendit immédiatement la patte. Elle décrocha rapidement la lourde missive avant que le hibou ne s'envole pour se poser sur son bureau. Et cela signifiait clairement qu'il ne repartirait pas son réponse. Intéressant, très intéressant, se dit le professeur avant de décacheter l'enveloppe. De la cire rouge. Classique, rien ne permettait de deviner l'expéditeur de la lettre. Quelle ne fut pas sa surprise à sa lecture…
Professeur McGonagall,
Aux vues des récents évènements, je doute que ma missive vous paraisse totalement impromptue. Néanmoins j'aimerais vous préciser que vous ne savez en réalité rien de la réalité. L'histoire qu'on vous a raconté sur l'assassinat du directeur n'est pas totalement véridique, et profondément incomplète.
Néanmoins, je ne veux et ne peux pas vraiment vous expliquez tout ce dont j'ai à vous parler dans cette lettre, au risque qu'elle ne soit interceptée. Sachez simplement que je suis en partie responsable de la mort du professeur Dumbledore et de l'intrusion des mangemorts au sein de Poudlard il y a quelques semaines. Je reconnais entièrement mes torts, là n'est pas la question.
Cependant, ceci n'est pas une idiote lettre d'excuses dans laquelle j'implorerai votre pardon. Je souhaite simplement vous rencontrez dans le lieu et à la date de votre choix car je possède de nombreuses informations qui pourraient avantager votre camp. Ne voyez pas cela comme un piège, je viendrais seul et vous pourrez venir accompagnée si vous ne me faîtes pas confiance. J'attends vos indications, professeur.
J'espère sincèrement que cette rencontre se fera, même si vous ne croyez sûrement pas à la véracité de mes propos.
Avec mon respect.
Drago Malefoy
Minerva McGonagall en resta bouche bée plusieurs minutes alors qu'une multitude de pensées, toutes plus contradictoires les unes que les autres, tournaient en rond dans son cerveau. Tout d'abord, pourquoi, diable, le jeune Malefoy l'avait-il contacté ? Bien évidemment il ne savait pas qu'Harry Potter se trouvait là lors de l'assassinat du directeur, caché sous sa cape d'invisibilité.
Ainsi, l'Ordre était au courant du refus de Drago à commettre l'irréparable. Harry leur avait tout raconté dans les moindres détails. Alors bien sûr, ils savaient que ce n'était pas lui qui avait tué Dumbledore, mais bien Rogue. Severus Rogue, un homme en qui ils avaient tous une confiance aveugle… Cependant reconnaitre son geste n' en pardonnait pas les conséquences. C'était tout comme s'il l'avait tué lui-même.
Il avait mit en danger tout le château. Poudlard, qu'il aurait dû considérer comme son propre foyer. Faire rentrer des mangemorts dans l'école… C'était le summum de l'horreur. La population sorcière s'était toujours enorgueillie à considérer l'enceinte de Poudlard comme inviolable, protégeant ses élèves mieux qu'ils n'auraient pu l'être chez leurs propres parents. Et ce garçon avait lamentablement mit à mal cette confiance qui était due château. Jusque là…
Mais alors, pourquoi cette lettre ? Il paraissait totalement inconcevable que le jeune Drago ait décidé de se rendre au Magenmagot pour venir répondre de ses actes ! Et puis même si cette option était envisageable, ce n'était pas vers elle qu'il se serait tourné. Alors que voulait-il ? Son pardon ? Sa protection ? Le Seigneur des Ténèbres devait être déjà assez fier pour deux de son nouveau sbire. Ce n'était pas de son ressort.
Qu'attendait-il donc d'elle… Il fallait qu'elle réunisse l'Ordre. Immédiatement. Les membres les plus importants vivaient ici, ce qui permettait la mise en place de réunions à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Comme s'ils étaient en mesure de supporter de se réveiller au beau milieu et d'être opérationnels, seulement quelques minutes après…
Les autres seraient prévenus par hiboux, quitte à n'arriver qu'au milieu des négociations de la réunion. De toutes façons, cela risquait de rester relativement rapide : ce serait un non ou un oui. Et dans le cas d'un oui, ils devraient réfléchir aux protections à mettre en place pour que cette rencontre se passe dans les meilleurs conditions possibles.
Minerva jeta un coup d'œil à la montre à gousset qu'elle portait autour de son cou. Deux heures du matin. Ce n'était vraiment pas un travail pour une vieille femme comme elle… Néanmoins, elle enfila son immuable robe de chambre, aux fières couleurs de son Ecosse natale, d'un vert sapin dont les coutures élimées témoignaient de toutes ces longues nuits où elle avait du joué les rabat-joie en envoyant les élèves insomniaques de Poudlard se coucher avec une retenue.
Lançant un dernier regard à l'oiseau encore percher sur son bureau, elle réalisa qu'elle l'enviait un peu. Pas de soucis, pas de questionnements qui le réveillait au milieu de la nuit, une simple mission : celle d'aller et venir à travers tout le pays, suivant simplement les indications qu'un autre mettait au point. Tout serait tellement facile. Mais là n'était pas la question. Elle resserra son chignon sévère, rehaussa ses lunettes à monture épaisse et quitta sa chambre. Décidément, cette nuit allait en effet différer des précédentes…
- DRAAY ! Un plat du jour pour la table 7 ! Et un soda pour la 3 !
- C'es noté !
Dans un bar-brasserie de la banlieue londonienne, Drago Malefoy valsait d'une table à l'autre, sans se préoccuper un seul instant de l'imposante tâche de café qui maculait son gilet de serveur. Une pile d'assiettes dans chaque main, il se déplaçait rapidement avec l'élégance que donne l'habitude. Car depuis près de deux semaines, c'était ici qu'il passait ses journées.
- Mais combien de fois devrais-je te le dire ? Doucement ! Je ne veux pas me retrouver pleine de ketchup !
- Désolée Sophia, répliqua- t'il en souriant à l'autre serveuse. J'ai juste hâte de finir ça pour prendre ma pause.
Après avoir rapidement laissé la vaisselle sale au cuisine, il attrapa les derniers plats en commande que le cuisinier lui lança à moitié, avant de retourner en salle servir ses clients. Toutes ses journées étaient remplies de multiples allers-retours entre arrière-salle et restaurant, les bras chargés de nourriture. Et c'était donc complètement extenué qu'il rejoignait chaque soir le petit appartement qu'il habitait à l'étage au-dessus.
- Bonjour, je m'appelle Dray. Puis-je prendre votre commande ?
Le travail avait été une toute nouvelle chose pour lui. Au début cela avait été presque amusant. Noter les commandes, servir les clients, débarrasser les tables, encaisser et recommencer. Puis ensuite cela s'était révélé terriblement lassant. Surtout en sachant pertinemment que tout aurait pu être réglé en trois coups de baguette magique. Sans mauvais jeu de mot.
- Et deux bières pour la 12 !
En effet, de peur de se faire repérer par le ministère, Drago n'avait pas utilisé la magie depuis son départ de Poudlard. C'était dire à quel point il apparaissait miraculeux qu'il ait réussi à se débrouiller tout seul jusque là. Ou pas, pensa-t'il en observant la marque sombre de café qui tâchait de façon plutôt ostentatoire son ridicule uniforme de garçon de café.
En temps normal il aurait réglé ça avec un simple sortilège, quelques secondes à peine. Là, il allait devoir passer toute la nuit à frotter son malheureux vêtement, combat perdu d'avance il va sans dire. Car même après plusieurs semaines embourbé chez les moldus, il était hors de question qu'il ne retourne, ne serait-ce qu'une fois, à la laverie ! Ah ça non ! Mais mieux valait passer sous silence les détails de ses périples. Il ne lui restait plus que des bribes de dignité ici-bas : autant tenter d'en conserver le maximum.
- Tom je prends ma pause maintenant, ça ira ?
- Oui tu peux y aller c'est calme
Récupérant ses affaires dans les casiers prévus à cet effet, Drago rejoignit l'extérieur par la porte du personnel, débouchant dans une petit ruelle ombragée derrière l'établissement. Il faisait déjà une chaleur moite en ce début d'après-midi mais heureusement les immeubles alentour le protégeaient quelque peu de l'aridité du temps.
De sa sacoche, il sorti une cigarette française et la porta à ses lèvres, avant de l'allumer avec un briquet en argent. Ce briquet était la seule chose qu'il avait emmené avec lui avant de quitter le manoir Malefoy. Il lui rappelait douloureusement le véritable prix de la vie. Car en effet depuis ce jour, le regard qu'il portait sur le monde avait complètement basculé.
Il tira lentement plusieurs bouffés, s'amusant à observer la braise rougeoyer puis diminuer, au rythme de ses inspirations. Fumer était une des choses qui rendait son père fou de rage. Alors même s'il n'était pas là pour le voir à l'œuvre, cela ne l'empêchait pas d'y prendre encore, à l'heure d'aujourd'hui, un certain plaisir non-dissimulé.
Il appréciait réellement ces rares moments de calme où rien ne venait briser la quiétude ambiante. Néanmoins, à trop se laisser réfléchir, il risquait de craquer et d'agir à tort de quelques façons que ce soit. Agir, il avait besoin d'agir. Mais ce n'était pas encore le moment. Cela viendrait plus tard. Ainsi, il limitait ces instants, tentant de remplir son inutile existence par le travail qu'il occupait, réalisant bien plus d'heures que nécessaire, rendant service à ses collègues à n'importe quelle heure du jour et de la nuit etc…
Distraitement, il passa ses doigts sur les douces ciselures d'argent du briquet. Il avait dû lâcher plus d'une dizaines de gallions pour s'offrir ce petit bijou. Mais ça en avait valu la peine vu le temps depuis lequel il le possédait. Sa mère aussi paraissait agacée lorsque le matin elle apercevait un cendrier plein près de sa fenêtre. C'était d'ailleurs aussi le cas quand elle apercevait une femme quitter la maison en catimini, ou lorsqu'une bouteille de whisky pur feu vide traînait près de son lit. Néanmoins elle avait toujours eu la bonne initiative de ne jamais lui faire de remarques désobligeantes.
Elle avait préféré ne pas trop intervenir dans ses choix, le conseillant simplement lorsque l'occasion se présentait. La seule chose pour laquelle elle avait insisté lourdement pendant son enfance, avait été de l'envoyer à Poudlard plutôt qu'à Durmstrang. D'ailleurs en y pensant, Poudlard lui manquait terriblement. Pourtant il savait pertinemment que rien ne laissait présager qu'il y remette un jour les pieds. Il soupira de frustration.
- Dray on a besoin de toi en salle !
Sa collègue le fit brusquement sursauter. Mais il n'en montra rien, préférant ne pas passer pour plus étrange qu'on ne le considérait déjà. Il lui répondit d'un bref hochement de tête alors qu'il écrasait sa cigarette et qu'elle retournait à l'intérieur. Il n'avait jamais eu l'habitude de fréquenter le monde moldu. Aussi, il avait dû apprendre par lui-même, réalisant quotidiennement un bon paquet d'erreurs, laissant les autres penser qu'il était complètement fou.
Mais au fond peu lui importait. Car étrangement il ne se sentait pas si mal que ça dans ce milieu totalement inconnu. Bien sûr ce n'était qu'une couverture car beaucoup de monde devait être en train de retourner tout l'empire britannique pour lui mettre la main dessus. Il avait donc été obligé de s'exiler pour se protéger. Auquel cas il ne serait sûrement plus vivant l'heure qu'il est.
Seulement aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres. Car aujourd'hui allait se décider si oui ou non il pourrait obtenir le soutien qu'il recherchait. Il n'était pas vraiment optimiste à ce sujet, mais aimait à penser qu'il possédait suffisamment d'informations pour faire pencher la balance de son côté. Il devait rencontrer le professeur McGonagall, ainsi que toute une délégation de l'autre camp sûrement, afin de mettre les choses au clair.
A sa grande surprise, elle avait accepté de le rencontrer. A vrai dire, lors de l'envoi de sa lettre, il ne misait pas vraiment là-dessus, cherchant déjà comment provoquer une entrevue sans lui demander son avis. Mais sa réponse avait été favorable. Cependant il était grandement possible qu'il se fasse éliminer par une horde d'aurors avant même d'avoir eu le temps de dire « Quidditch ». Mais il n'y croyait pas réellement. Ce n'était pas leur genre. Les gentils ne fonctionnaient pas comme ça n'est-ce pas ?
Râlant à moitié dans la courte barbe qu'il s'était laissé pousser, il rejoignit le restaurant à contrecœur. Et reprit son service sans joie, sans cesser de regarder l'heure. Il avait rendez-vous dans un parc à quelques minutes à peine d'ici, ce soir a 19h. Ca ne lui laisserait que peu de temps après la fin de sa journée de travail, mais suffisamment pour se balader dans le quartier, histoire de jauger la prudence avec laquelle il le considérait. Tout ceci était un pari risqué. Mais il était inconcevable de ne pas en passer par là. Car leur aide lui serait primordial s'il souhaitait mener ses projets à bien…
Voilà j'espère sincèrement que ca vous a plu ! j'attends commentaires, impressions, suppositions sur la suite et que sais-je encore, avec impatience !
Je vous souhaite une bonne nuit et à la semaine prochaine !
( Allez reviews ! reviews ! oui certes je supplie mais j'assume mdr )
