Titre : Essaye-moi (WIP- Chap 2)

Auteur : Zia Black

Pairing : Mckay/Sheppard

Rating : T (pour ce chapitre)

Spoilers : Saison 2 avant 2x05

Avertissement : (Pré)Slash (rien de très compromettant pour ce chapitre)


CHAP 2

Les murs étaient vêtus d'une tissu rouge écarlate ressemblant à de la soie précieuse, le sol était fait d'un parquet en bois foncé du meilleur effet, et surtout à l'immense satisfaction de Rodney, la grande table en verre siégeant au centre de la pièce rectangulaire, était presque entièrement recouverte de mets tous plus appétissants les uns que les autres.

« J'espère que la nourriture sera à votre convenance », dit le Régent Alomé en s'asseyant gracieusement.

« Oh, ne vous en faîtes pas, j'ai tellement faim que je pourrais manger n'importe quoi », répondit Mckay avec sa délicatesse usuelle.

« Cela a l'air excellent », remarqua John, ne sachant pas par quel plat commencer.

Rodney n'avait pas ce genre de dilemme puisqu'il avait rempli son assiette (heureusement d'une taille adéquatement gigantesque) d'une généreuse portion de chaque plat à portée de sa main.

Voyant Rodney fixer d'un oeil misérable la gargantuesque pile d'aliments entassés devant lui, Sheppard comprit de quoi il retournait.

« Il n'y a pas de citron, Rodney. Je les ai déjà informés de votre manque d'affinité avec cet aliment. »

Mckay adressa un rapide petit sourire à Sheppard avant de plonger dans son assiette avec avidité.

« C'est … pas mauvais », fit Rodney, la bouche pleine.

John l'observait, d'un air amusé, entrain d'engloutir plus de nourriture qu'il ne croyait humainement possible quand le 1er Suppléant fit son entrée dans la salle.

Rodney leva le nez de son assiette juste assez de temps pour constater qu'il n'y avait rien qui requérait son immédiate attention (même déficit capillaire, même longue tunique, même peau quasi translucide et même sourire ennuyeux, soit RAS sur tous les fronts) et il retourna à une activité plus captivante, se resservant de cette chose ressemblant à du thon mais ayant le goût de lapin.

« Excusez-moi de ne pas vous avoir rejoint plus tôt, déclara le 1er Suppléant, mais il est des devoirs auxquels on ne peut se dérober.»

Il fit le tour de la table, un petit sourire s'attardant sur ses lèvres fines et s'arrêta devant le Régent qui s'était levé à son entrée dans la salle. Ce dernier prit la main du 1er Suppléant dans la sienne, l'amena délicatement à ses lèvres et y déposa un baiser sur sa paume. Après une courte pause pendant laquelle ils se regardèrent sans rien dire, le 1er Suppléant s'avança, et de sa bouche effleura le cou du Régent qui avait incliné sa tête sur le côté lui laissant plein accès à sa gorge.

Tout en continuant à inhaler sa nourriture avec enthousiasme, Mckay leva un œil à la fois curieux et peut-être également envieux vers le couple, aussi embarrassé que fasciné par ce qu'une partie de lui jugeait être un manque de pudeur pathologique tandis qu'une autre partie, celle qui n'avait que rarement droit au chapitre, se demandait ce que cela lui ferait d'avoir quelqu'un qui le regarderait comme ça, comme s'il était tout et plus encore.

Sentant que Sheppard l'observait, Rodney baissa les yeux un peu trop vite et immédiatement le rouge lui vint aux joues, lui faisant haïr plus que jamais son éternel teint de suédoise effarouchée. L'appétit soudain coupé, Mckay posa ses couverts et adressa un œil noir à Sheppard qui picorait négligemment sa nourriture.

Rodney soupira avec soulagement en constatant que « le rituel d'accouplement » de leur hôte était terminé. Peut-être allait-il enfin pouvoir aborder les choses sérieuses, ou en tout cas celles qui l'intéressaient, ce qui dans son esprit revenait au même.

« J'ai cru comprendre que vous n'aviez pas encore pu formaliser votre complémentarité », dit le 1er Suppléant qui avait pris place à la droite du Régent.

« Autant pour les choses sérieuses ! », rumina Rodney dans son verre de vin qui avait un curieux arrière goût de pain d'épice.

Sheppard expliqua à nouveau leur situation, ou plus précisément le joli mensonge qu'ils avaient concocté pour l'occasion, démontrant une patience dont il savait souvent faire preuve quand il était adéquatement motivé.

Rodney trouvait que pour quelqu'un si prompt à critiquer son idée quelques heures plus tôt, Sheppard faisait montre d'un zèle pour le moins inattendu dans la description de leur soi-disant tragique mais passionnée histoire d'amour, pimentant son récit de détails aussi inutiles que grotesques.

Le 1er Suppléant écoutait John attentivement, buvant chacune de ses paroles et paraissant sincèrement attristé que la politique de son pays l'empêche de déclarer son amour pour Mckay aux yeux du monde.

« Je sais que c'est beaucoup de sacrifices, mais il suffit que je le regarde et je sais que cela en vaut la peine ! » Sheppard finit son histoire d'une voix émue, regardant Rodney comme son jumper préféré.

Mckay ne put s'empêcher de rouler des yeux et d'émettre un petit ricanement narquois.

« Oh, oui, nous sommes les Roméo et Juliette de cette galaxie, Colonel ! », commenta-t-il.

Pas repentant pour un sou, Sheppard lui sourit de toutes ses dents en levant son verre de vin dans sa direction, puis en buvant le breuvage d'un trait.

Rodney pensa que s'il pouvait s'étouffer avec, sa journée finirait peut-être mieux qu'elle n'avait commencé.

Mais apparemment ni ses envies de meurtre à l'encontre de sa tendre moitié ni leurs chamailleries perpétuelles n'altéraient l'adoration béate que semblait avoir le Régent et son complément pour le couple qu'ils prétendaient former, et Mckay ne savait trop s'il devait en être soulagé ou inquiet.

« Si vous le permettez, nous pouvons maintenant nous rendre dans la salle bleue qui, selon nos pratiques, sied mieux aux échanges qui vont suivre », proposa le Régent Alomé en se levant de table.

Sans se faire prier, Rodney emboîta le pas du Régent, commençant déjà à le bombarder d'innombrables questions ayant trait à leur technologie.

« Ne vous inquiétez pas Docteur, fit le 1er Suppléant, nous répondrons à toutes vos questions le temps venu.»

Alors que Mckay allait ouvrir la bouche pour protester, il sentit la main de Sheppard sur son bras, il tourna la tête et croisa le regard du Colonel, un regard lui signifiant clairement qu'il devait se taire et que ce n'était point là une suggestion. Rodney soupira et baissa la tête en silence.

Le temps qu'il leur fallut pour parcourir le couloir menant à la salle bleue parut durer une éternité à Rodney qui avait de plus en plus de mal à garder son calme. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il y a avait quelque chose sur cette planète qui le rendait nerveux - très nerveux - et bien que cela fût déjà en soi une raison de grande nervosité, la perspective de mettre la main sur un, voir plusieurs Z2PMs n'en était pas l'unique raison. Non, cela avait plutôt à voir avec les Séphalens eux même, cependant Rodney ne pouvait en définir la cause exacte.

« Si vous voulez bien prendre place », fit le Régent en lui désignant un fauteuil en toile blanche dans la salle qui n'avait de bleu que les voiles habillant chaque fenêtre.

Mckay s'assit sagement, Sheppard prit place à côté de lui, tandis que le Régent et le 1er Suppléant s'installèrent en face d'eux.

« Nous ne pouvons pas vous donner ce que vous appelez des ZPMs », annonça le Régent sans préambule.

« Vous vous moquez de nous ? », lança Rodney, pointant son doigt furieusement vers le Régent. «Vous nous aviez dit que cela ne vous poserait aucun problème de nous en fournir ! »

« Rodney, calmez-vous, je sui sûr que nos hôtes ne veulent pas dire ce que nous croyons qu'ils veulent dire», intervint Sheppard avec un sourire forcé.

« Nous ne pouvons pas vous donner de ZPM », répéta le Régent, nullement affecté par la colère de Mckay.

« Oh, ça, c'est vraiment magnifique ! s'exclama Rodney en s'agitant sur son fauteuil.

« J'ai déjà vu de la publicité mensongère, mais à ce point là, j'avoue que c'est un record ! »

« Il faut que vous compreniez que pour nous, venir en aide à ceux qui en ont besoin est non seulement un devoir, mais aussi une grande source de bonheur », expliqua le 1er Suppléant d'une voix douce, les mains sagement posées sur ses genoux et le dos parfaitement droit. « Et si nous nous contentions juste de donner aux personnes ce qu'elles nous demandent, nous faillirions à notre tâche. En agissant de la sorte, nous leur apporterions un bien qui serait immédiat mais aussi éphémère. Nous préférons, quand cela est possible, leur enseigner un savoir qui leur permettra d'acquérir par eux même ce dont ils ont besoin. »

Se parlant à voix haute, Sheppard murmura : « Apprendre aux gens à pêcher plutôt que de leur donner des poissons … ». L'ironie n'échappait pas au Colonel, ils se voyaient renvoyer à la figure un concept que bien des pays riches appliquaient dans l'aide qu'ils apportaient aux pays du tiers-monde. A croire que pour le coup, c'était Atlantis, le pays en voie de développement.

« Qu'est-ce que tout ce charabia pseudo baba cool signifie ? » Mckay demanda sans cacher sa frustration.

« Cela signifie qu'ils ne veulent pas nous donner de ZPM, mais qu'ils veulent bien nous apprendre à en fabriquer un nous-même. » John se fendit d'un grand sourire, le genre à donner des crampes, si performé trop longtemps.

Le cerveau, pourtant énorme de Mckay, mit un temps inhabituellement long pour traiter l'information et Sheppard regarda le visage du canadien passé lentement d'une expression de confusion à celle d'une excitation difficilement maîtrisée.

« Oh ! », fit Rodney, les yeux écarquillés et le cœur prêt à bondir hors de sa poitrine.

« Oui, oh … », acquiesça John.

S'en suivirent de longues négociations sur l'étendu et les termes de leur collaboration, car non seulement les Séphalens étaient prêts à partager avec eux leurs connaissances relatives au ZPM et à leur plus haute technologie, mais ils étaient également disposés à envoyer leurs experts sur Atlantis pour les aider à découvrir les secrets encore cachés de la cité.

Comme la tradition Séphalenne l'exigeait, leur entretien se termina par un échange de présents. En s'inclinant respectueusement, le Colonel Sheppard tendit au Régent Alomé une petit boîte en bois contenant un artefact qu'ils avaient trouvé sur P3X- 312. D'apparence, c'était une simple sphère bleutée, mais au contact de la chaleur générée par une personne, elle produisait toute sorte de sons et de lumières qui variaient selon l'humeur de l'individu qui la touchait. Le Régent et le 1er Suppléant parurent fort satisfaits par leur cadeau, passant plusieurs minutes à l'activer, s'extasiant devant les farandoles de lumières et les diverses mélodies enchanteresses émanant de l'objet.

Rodney baissa les yeux pour observer le simple bracelet tressé en fil de coton que le 1er Suppléant avait noué autour de son poignet et il lui fallait tout son self control (dont, en dépit des insistantes rumeurs, il n'était pas complètement dénué) pour ne pas crier à l'arnaque et exiger qu'on lui rende sa sphère.

Sentant sans doute les ondes négatives émanant de Mckay, John s'approcha du canadien et posa une main légère sur son dos, découvrant ainsi son poignet qui portait un bracelet identique à celui de Rodney.

Curieusement Mckay se détendit légèrement et ravala ses récriminations, se contentant de baisser la manche de sa veste pour ne plus voir l'objet de son courroux.