Voilà la suite ! Pas d'inquiétude, si la romance domine ce chapitre, l'action viendra dans le prochain ! Il me fallait un peu de temps pour expliquer les relations entre les personnages !
Sur ce, je rappelle que le personnage de Lara Croft ne m'appartient pas mais appartient à Eidos (ou Crystal Dynamic, je sais que ça a changé mais bon…c'est flou ! ). Bonne lecture et un grand merci à tous ceux (ou plutôt toutes celles ! ) qui m'ont laissé des reviews ! C'est surtout pour vous que j'écris ! Bisous !
ps: je rappelle que Lara est anglaise! (pour ne pas que ça paraisse bizarre ensuite...)
CHAPITRE 2 : Une sortie pas très scolaire
- Une sortie à Paris ?
Assise derrière le comptoir, le dos appuyé contre le pied de la table, Lara hocha la tête.
- J'ai pas envie d'y aller…grogna-t-elle.
Stéphane eût un petit sourire. Plus il la connaissait, moins il comprenait pourquoi elle n'avait pas d'amis. Et pourtant c'était un fait. Lara était toujours seule. Environ un mois s'était écoulé depuis leur rencontre et depuis, la jeune fille revenait tous les jours à la bibliothèque, dès qu'elle avait du temps de libre. Elle avait même pris l'habitude de se réfugier derrière le comptoir, assise à même le sol aux côtés du jeune homme. En général, elle lisait en silence. Et bien qu'il lui ait déjà proposé une chaise, elle avait toujours refusé. Stéphane se doutait bien qu'elle voulait ainsi échapper à tous ses prétendants d'un côté et ses détracteurs de l'autre. Il n'avait rien à dire là-dessus. Garry, quant à lui, ne cessait de loucher sur la jeune fille, ouvrant grand ses oreilles à chaque fois qu'ils se mettaient à parler. Mais pas une fois, il n'avait osé lui parler.
- Ne dis pas ça, fit Stéphane alors qu'elle levait ses yeux noisettes vers lui. Paris est une belle ville…Ca va être sympa.
- Tu parles, grinça-t-elle. Je vais avec toute ma classe voir une exposition dont mon père est le principal bienfaiteur…
Elle plongea son visage dans ses mains, visiblement désespérée :
- Je n'ose même pas penser à la tête des autres lorsqu'il va faire son discours…
Elle se raidit soudain :
- Si ça se trouve, il va me demander de monter avec lui sur l'estrade ! fit-elle, l'air soudain paniquée. Pas ça !
Stéphane éclata de rire alors qu'elle tournait vers lui des yeux de chien battu.
- Arrête de te faire du mouron ! dit-il enfin en tendant la main pour attraper une carte qu'une jeune fille lui tendait. Bonjour, c'est pour emprunter ?
Alors qu'il discutait avec les élèves en face de lui, il sentit le regard brun sur lui. Il ne savait pas s'il aimait cela ou non. Bah, il n'allait pas s'en plaindre en tout cas.
- Allez, l'encouragea-t-il avec un sourire une fois qu'ils furent de nouveau tranquilles. Tu vas dans une des plus belle ville du monde ! Veinarde ! J'aimerais bien être à ta place.
- Ca ne me gênerait pas de te laisser ma place, souffla-t-elle. Me retrouver avec tous ces abrutis…Le mieux ce serait encore que tu puisses venir…
Elle s'interrompit. Le jeune homme haussa un sourcil. Qu'est-ce qu'elle allait encore imaginer ?
- Dis…commença-t-elle. Si tu pouvais y aller…Tu irais toi ?
- Et comment ! lâcha-t-il. Si tu savais la collection d'objets d'art qu'ils ont au Louvre ! C'est génial ! J'espère bien pouvoir les voir en vrai un jour !
Un large sourire se dessina sur les lèvres de la jeune fille. Elle se releva, époussetant ses vêtements et lui fit un petit signe de la main pour lui dire au revoir, avant de s'éloigner. Stéphane eût un petit sourire. Elle, elle avait une idée derrière la tête…
Ses soupçons furent confirmés quelques minutes plus tard lorsque le téléphone sonna et que Garry lui tendit le combiné, les yeux ronds comme des billes.
- Allô ? fit le jeune homme blond d'une voix rassurée.
- Monsieur Becker ?
Ouhlà ! La voix du Directeur.
- Lui-même. Que puis-je faire pour vous, Monsieur ?
- Monsieur Becker, on m'a dit que vous faisiez des études en archéologie.
- Euh…Oui c'est exact…
- Parfait, vous n'ignorez certainement pas que la semaine prochaine, une de nos plus importantes font une sortie à Paris pour voir une exposition organisée par Lord Henshingly Croft. Mademoiselle Croft a demandé à ce que vous soyez du voyage pour que vous puissiez partager votre savoir avec les élèves et son père a accepté. Cela me paraît très intéressant. Il va sans dire que je vous conseille vivement d'accepter. Vous acceptez ?
- Je…euh…bien sûr, balbutia Stéphane, complètement perdu.
- Parfait. Passez à mon Secrétariat pour remplir le formulaire d'accompagnateur. Je vous attends dans les dix minutes à venir.
Le vent glacial les enveloppa dès la sortie de l'aéroport. Rapidement, les lycéens grimpèrent dans le car prévu uniquement pour eux. A l'entrée du véhicule, Stéphane les comptait alors que les professeurs discutaient avec le chauffeur. Lara monta et lui fit un petit sourire. Il le lui rendit avec un petit hochement de tête. Il avait eu du mal à croire qu'elle ait fait ça. Lorsqu'ils s'étaient revus juste après, elle lui avait expliqué que le voyage serait bien plus marrant s'il était là. Et elle lui avait certifié que cela ne lui avait posé aucun problème. Son père se pliait toujours à ses quatre volontés. Alors, pour une fois, elle s'était servie de cette influence.
Les professeurs s'installèrent sur les sièges restants et Stéphane préféra descendre à côté du chauffeur. Celui-ci ne cessait de pester contre les automobilistes qui conduisaient de manière chaotique. Cela paraissait d'autant plus chaotique au jeune homme, qu'ils conduisaient à droite ! Ah ces Français !
- C'est la première fois que vous venez à Paris ?
- Oui, répondit Stéphane un peu surpris d'entendre l'homme s'exprimer dans sa langue. C'est même la première fois que je viens en France.
- Ah je vois ! fit le chauffeur en riant. Faites attention en traversant les rues !
Il jura dans sa langue natale et enfonça son klaxon alors qu'une voiture lui faisait une queue de poisson.
- Quel imbécile !
- Vous parlez bien anglais, si vous me permettez cette remarque, dit le jeune homme. Vous n'avez presque pas d'accent.
- C'est parce notre compagnie est spécialisée dans le transport de touristes anglophones, répondit l'homme d'une trentaine d'années en souriant. Et vous, au fait, d'où venez vous ?
- Timmonshire, Surrey. Nous sommes du Lycée de Brendigton.
- C'est un lycée privé ça non ?
- Oui et même un des meilleurs, ajouta Stéphane en souriant.
- Alors ce sont tous des futurs patrons de grandes entreprises ? glissa le chauffeur avec un sourire.
Stéphane d'abord étonné se mit à rire.
- Je pense, concéda-t-il en hochant la tête. Ils sont tous issus de hautes familles en tout cas.
- Et vous ?
- Pardon ?
- Je dis « et vous ? » répéta l'homme en le regardant de côté. Pardonnez moi si je me trompe mais vous m'avez tout l'air d'un bon gars d'une famille moyenne. Pas comme tous ces autres cols montés !
- Je suis bibliothécaire dans le lycée, avoua le jeune homme alors qu'un sourire de victoire se dessinait sur les lèvres du chauffeur. Je ne suis qu'un accompagnateur dans ce voyage.
- Donc ils vous relèguent à fond de cale avec le petit peuple ! finit l'autre en éclatant de rire.
Stéphane se contenta de sourire. Cet homme n'avait pas tort. Il ne se sentait pas à place avec les autres professeurs en manteau de fourrure ou costumes trois pièces. Il était bien mieux sur un fauteuil inconfortable aux côtés d'un chauffeur un peu rustre mais terriblement loquace. Ils finirent le voyage en parlant de tout et de rien. Et lorsque que tous furent sortis du bus, le chauffeur interpella Stéphane :
- C'est moi qui vous emmènerai vous balader dans Paris demain. Tenez, ma carte, si vous voulez me joindre ou s'il y a un changement de programme. Je m'appelle Léo Bosson.
- Merci.
- Ca m'a fait plaisir de papoter avec vous. C'est la première fois que je vois un Anglais sans balai dans le…Enfin, vous m'avez compris.
- Et moi c'est la première fois que je vois un Français…Et vous êtes totalement comme je l'imaginais : terriblement râleur.
- Eh ouais ! fit l'autre en éclatant de rire. Ma femme me dit que j'ai un caractère de cochon ! C'est peut être vrai ! Allez, à plus !
Les portes se refermaient et Stéphane fit un petit signe de la main au chauffeur qui conduisit son bus sur la voie publique à grand renfort de coups de klaxon.
- A peine arrivé et déjà un nouvel ami…Tu es un monstre de sociabilité.
Stéphane se retourna pour voir une Lara frissonnante dans son manteau de fourrure à côté de lui. Il lui sourit :
- On s'entend bien avec les gens de son milieu Miss Croft, fit-il avec un petit sourire.
Un voile de douleur passa sur le visage de la jeune fille.
- Ne m'appelle pas comme ça…souffla-t-elle en détournant le regard.
Au ton de sa voix, il se rendit compte qu'il avait fait une erreur. Il décida de continuer dans son jeu. Quitte à être idiot, autant l'être jusqu'au bout.
- Mais pourquoi donc ? déclara-t-il en ouvrant de grands yeux candides. Cela vous va à ravir ! Mon dieu, miss, mais vous allez salir vos si jolies chaussures ! Laissez moi vous porter !
- Qu…
Avant qu'elle puisse réagir, il la souleva du sol, remarquant pour lui même combien elle était légère. Son action eût l'effet escompté : la jeune fille éclata de rire.
- Arrête idiot ! lâcha-t-elle. Pose moi !
- A vos ordres princesse ! répliqua-t-il aussitôt en la reposant. Laissez moi cependant porter votre glorieux sac !
- Ca je veux bien, fit-elle avec un sourire malicieux.
Il ne comprit que lorsqu'il souleva le sac de terre.
- Purée ! grogna-t-il en attrapant les anses à deux mains. Qu'est-ce que tu as mis là dedans ! Ca pèse trois tonnes !
- C'est bien pour ça que j'accepte que tu le portes ! fit-elle en riant. Allez plus vite porteur !
- Oui Mamzelle ! clama-t-il en la suivant d'un pas dandinant, le sac battant entre ses jambes alors que la jeune fille riait aux éclats.
Ni l'un ni l'autre ne sentirent alors sur eux le regard des professeurs.
Paris était vraiment une belle ville. Si on oubliait les voitures et la pollution. Enfin, les jardins de Versailles et le Louvre étaient si grands qu'ils y passèrent des journées entières. Stéphane jouait véritablement le rôle d'accompagnateur. Contrairement à ce que lui avait dit le Directeur, personne ne lui demandait jamais rien sur les œuvres d'art ou les objets issus de fouilles. En réalité, personne ne se préoccupait de lui mis à part Lara. Quand ils avaient quartier libre, la jeune fille l'accompagnait de nouveau à l'intérieur du musée où il passait pratiquement l'intégralité de ses pauses déjeuners. Et là, elle l'écoutait parler des objets, des techniques de fouilles, des anciens dieux et démons. Elle l'aidait parfois à prendre des photos ou des notes.
- Ca ne t'ennuie pas tout ça ? lui demanda-t-il au bout du quatrième jour alors qu'ils étaient en ville pour s'acheter un sandwich.
- Tout ça quoi ? fit-elle en mordant à belle dents dans un jambon beurre.
- Je ne sais pas, il me semble que les boutiques parisiennes doivent être plus attrayantes pour une jeune fille de dix sept ans qu'un musée où on ne voit que des momies et des vieux bouts de tissus.
- Mais les momies et les vieux bouts de tissus peuvent devenir très attrayants si on raconte leur histoire, Monsieur Becker, dit-elle avec un sourire. Beaucoup plus que ceux vendus dans les boutiques parisiennes.
- Nan ? fit-il d'un air faussement horrifié. Ils vendent des momies dans les boutiques en France !
- Idiot ! s'exclama-t-elle en lui donnant un petit coup de poing et en éclatant de rire. Je te parle des bouts de tissus.
Ils s'assirent sur un banc dans un parc. Il y avait pas mal de monde, des chiens et des enfants aussi.
- Enfin, je trouve cela plutôt flatteur pour moi, remarqua Stéphane.
- Tu peux, acquiesça-t-elle. Tu racontes magnifiquement bien.
Touché, il posa ses yeux clairs sur elle alors qu'elle se battait avec un bout de cornichon. Ces derniers temps, elle souriait beaucoup plus…Et elle était si différente en dehors de l'école…Plus féminine, plus…accessible.
- Quoi ? fit-elle, légèrement gênée par ce regard fixe.
- Hein ? Oh rien, dit-il en reprenant ses esprits. Je me disais que c'était bien la première fois qu'on me trouvait intéressant.
- Il ne faut pas écouter tout ce que les gens disent sur toi, déclara-t-elle en froissant le papier de son sandwich. Tu vaux plus que la plupart des gars de ma classe.
- Heureusement ! remarqua-t-il en riant. J'ai quand même quatre ans de plus que vous !
- L'âge n'a rien à voir là dedans, dit-elle en lançant sa boulette dans une poubelle située à trois mètres de là. Yes ! Panier !
Elle se retourna vers lui et posa son index sur le front du jeune homme qui se pétrifia, étonné :
- C'est là que c'est bien mieux ! dit-elle avec un sourire.
Puis elle se leva en époussetant son vêtement des miettes qui y étaient tombées. Puis elle se tourna vers lui toujours assis sur le banc la regardant avec des yeux écarquillés.
- Eh bien Monsieur Becker ! fit-elle avec un sourire. Vous avez l'intention de prendre racines ? Je vous rappelle qu'une vieille dame de plus de deux mille ans vous attend.
- Bah elle pourra attendre quelques minutes de plus, répondit-il en reprenant ses esprits.
- Elle oui, mais moi non, lâcha-t-elle en soufflant dans ses mains. Je vais geler sur place.
Stéphane ne se rendit même pas tout à fait compte de son geste. Soulevant un pas de son manteau, il le passa autour de la jeune fille qui se pétrifia un faible instant. Et lorsqu'elle leva les yeux vers lui, il ressentit de nouveau cette sensation d'être un ver de terre face à un splendide papillon. Il allait s'excuser et se retirer, dévoré par la honte, quand il sentit qu'elle passait son bras autour de sa taille pour se rapprocher de lui et pour qu'il puisse refermer un peu plus son manteau.
- Merci, souffla-t-elle avec un petit sourire, les joues légèrement rosées. C'est mieux comme ça, j'ai plus chaud...
- Tant mieux, réussit-il à articuler.
Ils firent quelques pas en silence avant d'apercevoir deux chiots se courir après d'un air pataud et faire des roulés boulés dans l'herbe. Et ils éclatèrent de rire, se serrant un peu plus l'un contre l'autre, pour échapper au vent glacial.
- Celle-là ?
Lara tourna sur elle-même, les volants de sa robe noire tourbillonnant dans un crissement soyeux. Stéphane n'arrivait pas à en croire ses yeux. Il était dans une des plus grandes boutiques parisiennes à regarder une jeune fille superbe essayer des tenues toutes plus belles (et plus chères) les unes que les autres. Il sentait sur eux les regards des autres clientes (et clients !) et il se sentait assez fier, sans trop savoir pourquoi.
- Alors ? répéta la jeune fille en relevant d'un geste innocent ses cheveux lâchés sur sa nuque. Comment elle est ?
Bon sang ! Comment faisait-elle pour ne pas se rendre compte combien elle était attirante ! Stéphane essaya de ne pas trop la dévorer des yeux. Il n'avait pas tellement envie qu'elle le prenne pour un pervers. Cette robe noire était terriblement moulante et décolletée. Parfaite. Mais…Il n'avait pas tellement envie que tout le monde la voit comme ça.
- Tu ne veux pas mettre un peu de couleur ? proposa-t-il en lui montrant une robe rouge plus sage.
Lara prit une moue boudeuse.
- Pourquoi pas une doudoune tant que tu y es ?
- Votre petit ami veut vous cacher, intervint la vendeuse avec un grand sourire et un léger accent. Allons allons ! Votre fiancée est magnifique, reprit-elle en tapotant le bras de Stéphane. Il faut la montrer aux autres !
Lara avait viré au cramoisi alors que Stéphane souriait légèrement :
- Nous ne sommes pas ensemble, fit-il simplement. Je l'accompagne juste.
- Oh ! Pardonnez ma méprise, s'excusa la vendeuse.
- Ce…Ce n'est rien, souffla Lara toujours d'un joli rose. Vous…Vous pensez que c'est un peu trop osé pour une soirée mondaine ?
- Pas si vous souhaitez attirer les regards, lui dit la vendeuse avec un petit clin d'oeil entendu.
La jeune fille brune jeta un coup d'oeil à Stéphane qui resta de marbre. Lara se retourna vers la vendeuse, avec un sourire :
- Je crois que je vais en prendre une autre. Je n'ai pas besoin de capter d'autres attentions.
Assis sur les marches du Louvre, Stéphane laissait son regard se perdre dans l'obscurité du parc. Derrière lui, la voix puissante de Lord Henshingly Croft résonnait dans la grande salle de réception suivie de celle plus suave de la traductrice. Mais les rires et les applaudissements paraissaient lointains au jeune homme. D'un mouvement quelque peu irrité, il s'arracha des marches, remettant un peu d'ordre dans ses vêtements et s'éloigna dans l'obscurité des jardins. Il ne voulait pas les entendre. Il en avait assez de ces nobles, ces puissants du monde. Ils avaient le don de faire couler n'importe qui, comme ils le voulaient…Juste par quelques mots.
Une heure auparavant, le père de Lara l'avait fait appelé. Il lui avait rappelé sa condition de minable petit accompagnateur et lui avait interdit d'approcher plus sa fille que nécessaire. Il avait appris que Lara et le jeune homme passaient beaucoup de temps ensemble. Et autant dire que cela ne lui plaisait pas outre mesure…
Stéphane flanqua un coup de pied rageur dans l'herbe. Plus les jours passaient, plus il s'attachait à Lara, il s'en rendait bien compte. Il savait également qu'elle était plus jeune que lui et qu'elle n'était pas de son monde. Il s'était lui-même mis en garde. Mais elle…
Un bruit de pas le tira hors de ses pensées. Lara le cherchait visiblement du regard, s'avançant doucement dans le noir. Il resta un instant immobile, la regardant avancer vers lui, sans qu'elle ne le sache. Il aimait ça…Le fait qu'elle vienne à lui…Mais il se doutait bien que ça ne durerait pas. Et il fallait qu'il y mette fin rapidement.
- Que fais-tu là ? demanda-t-il en la rejoignant.
Elle sursauta, braquant ses yeux bruns sur lui et il vit un sourire se dessiner sur ses lèvres.
- Tu m'as fais peur idiot ! fit-elle en lui donnant un petit coup de poing.
- Tu devrais être avec les autres.
Lara le regarda, d'abord un peu étonnée, puis ses sourcils se froncèrent.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, répliqua-t-il peut-être un peu sèchement. Je vais te raccompagner.
- Non, attend ! s'exclama-t-elle en le retenant par le bras.
Ils restèrent un long moment dans le silence, la jeune fille ne cessant de le dévisager.
- Tu as parlé à mon père hein ? souffla-t-elle enfin. J'en étais sure, ajouta-t-elle après le silence de Stéphane. Et je suppose qu'il t'a dit de rester loin de moi ?
- Entre autres, grogna le jeune homme en serrant les mâchoires.
- Et tu vas lui obéir ?
La voix de Lara tremblait et quand il tourna ses yeux clairs, il vit les siens briller. Obéir ? On pouvait voir ça comme ça…Il avait envie de lui dire que non, qu'il faisait comme il voulait…Mais on ne voyait ça que dans les films. Ce type était son patron en quelques sortes. Et Stéphane ne manquait pas encore assez de discernement au point de se tirer lui-même une balle dans le pied.
- Regarde moi Lara, fit-il en la détachant doucement de lui et en montrant sa tenue. Je n'ai même pas une tenue de soirée correcte, juste une chemise blanche et un pantalon noir. Toi, tu es si belle dans cette robe. Je ressemble plus à ton majordome qu'à autre chose.
- Mais je m'en fiche ! s'exclama-t-elle en faisant un pas vers lui.
- Tu n'as pas le droit de dire ça, l'interrompit-il en reculant d'un pas malgré la douleur dans sa poitrine. Tu as une chance inouïe. Je ne veux pas la gâcher.
Lara s'immobilisa, ses yeux noisette toujours braqués sur lui, puis elle secoua la tête, baissant le regard :
- Tu es comme tous les autres, ricana-t-elle en portant la main à son front. Tu te fiches pas mal de ce que je peux ressentir.
Stéphane accusa difficilement le coup. Lui ? S'en ficher ? Non. Loin de là. Mais ce n'était pas raisonnable.
- Si ça peut t'aider à te sentir mieux, réussit-il à articuler.
- Comment veux-tu que je me sente mieux, crétin ! s'écria-t-elle soudain, le faisant sursauter. Je souffre et personne ne s'en rend compte ! Ni mon père, bien trop occupé à ses affaires, ni ma mère, trop prises par ses devoirs ! Le seul avec qui je suis bien c'est toi ! Et tu me renvoies ! Comment veux-tu que je me sente bien ? Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que tu t'intéresses un peu à moi !
Elle s'arrêta, haletante, un peu rosée aussi par ce qu'elle venait de dire. Stéphane, quant à lui, essayait d'intégrer toutes les informations qu'il venait de recevoir d'un coup. Lara avait cessé de le regarder et lui tournait le dos et il devinait qu'elle attendait fébrilement un geste de sa part. Mais alors qu'il allait tendre la main pour la toucher, des cris retentirent derrière eux suivis comme par des bruits de pétards mais plus claquant et plus puissants. Avant même qu'il ait pu se retourner, Lara lui avait appuyé avec une force hors du commun sur les épaules et ils s'étaient retrouvés tous les deux allongés sur le sol de gravier. Il tourna le regard vers elle, étonné. Le visage de la jeune fille paraissait tendu, ses yeux luisant d'un nouveau feu qu'il n'avait encore jamais vu. Une ombre se découpa dans la lumière de la salle un peu plus loin et le sang de Stéphane se glaça. Il s'agissait d'un homme et dans ses mains, il tenait une arme. Une prise d'otages ! Evidemment ! Avec toutes les personnalités britanniques qu'il y avait à cette réception cela faisait un sacré coup d'éclat ! L'homme rentra dans la salle après avoir précautionneusement fermé les portes fenêtres.
Il sentit Lara lui tapoter l'épaule et la suivit en rampant sur le sol. Lorsqu'ils furent caché par les haies, ils s'éloignèrent rapidement en courant, courbés jusqu'à un petit bosquet d'arbres. Là, Stéphane se laissa tomber au sol, pris d'une terrible nausée. Son cœur battait à cent à l'heure et son cerveau n'arrivait pas à fonctionner correctement. Bon sang, mais comment allaient-ils s'en sortir !
Un bruit de froufrou lui fit lever la tête et il se redressa d'un bond, faisant un demi tour sur lui-même, parfaitement gêné.
- Lara, fit-il d'une voix blanche. Qu'est-ce que tu fiches ?
- Je me change, répliqua-t-elle, quelque peu froidement.
- Ca je l'avais compris, merci. Mais tu crois que c'est le moment de...
Un déclic se fit entendre et il se retourna brusquement. Lara revêtait une tenue noire et souple, de la même matière que celle des gymnastes. Dans son dos, un sac et dans des étuis accrochés à ses cuisses deux pistolets luisants. Une large ceinture ceignait sa taille. Elle portait ce qui ressemblait à des grenades. La jeune fille venait d'armer un de ses pistolets qu'elle rangea dans son étui, jetant un regard au jeune homme, bouche bée.
- Je…je peux savoir ce que tu fais avec ça ?
- Je vais les aider, répondit-elle en tressant en deux nattes ses cheveux alors lâchés.
- Mais d'où tu sors tout ça ?
- Léo les avait laissé ici au cas où. Il semblerait que son flair d'ancien agent secret soit encore aiguisé.
- Léo ! s'étrangla Stéphane. Léo, le chauffeur du bus !
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Lara :
- Tu ne croyais tout de même pas que j'allais me jeter là dedans sans équipements ? Je suis peut-être naïve, mais pas idiote.
Elle tira un coup sec sur ses gants de cuir noirs et braqua ses yeux bruns sur la figure du Louvre qui se distinguait à peine dans l'obscurité.
- Je suis de mauvais poil. Ils vont morfler.
A suivre...
La suite dans pas longtemps je pense! J'ai déjà toute la trame, plus qu'à écrire! Ca fera 4 chapitres avec un épilogue (woua! quelle précision! ). J'en ferai d'autres sur Tomb Raider surement parce que j'aime beaucoup ce perso! Vous pouvez aussi lire mes autres fics qui sont un peu de la même veine ( en plus déjanté ou sadique parfois! gniark!) A bientôt!
