Re-ohayo,
puisque je poste à la suite v(^-^)v Merci pour les reviews que vous avez laissez sur le chapitre précédent ! Je n'attend pas pour vous mettre la suite tout juste corrigée, je ferais cependant très certainement une update ! Je ne sais vraiment pas ce que je fais de ma vie avec cette histoire (≧▽≦) C'est vraiment le nawak le plus total ! J'espère cependant qu'elle vous plaît !
(Correction faite !)
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et un bon grignotage~ (^ε^)
La pièce principale de la cabane était relativement vide, contenant le lit, une baignoire, et une ou deux chaises encore en assez bonne état pour servir de table de chevet. L'endroit était un peu poussiéreux malgré le nettoyage qui avait été fait il y a quelques jours. Dans la couche, sa proximité avec l'âtre partageant la chaleur du feu, contenait deux hommes se tournant le dos, endormit. Aucun d'eux n'avaient de vêtements, le draps passant sur leur bassin et s'emmêlant un peu dans leurs jambes. Des suçons marquaient leurs peaux, à différents endroits plus ou moins intime, trahissant l'érotisme de leurs activités. Des griffures cicatrisants encore barraient le dos de Théo, démontrant que Balthazar était moins hargneux quand il découchait.
Cela faisait bien une semaine qu'ils étaient enfermés ensemble, passant leur temps entre le sexe et le sommeil. Les premiers jours avaient été difficiles, le mage profitant que l'autre soit endormit pour essayer de gratter les symboles anti-magie sur les murs. L'inquisiteur le rattrapait pour le stopper et l'emportait dans le lit pour le distraire, le touchant, le goûtant, lui donnant autant d'orgasmes qu'il fallait pour qu'il dorme. Sa démarche fonctionna, peu à peu le demi-diable avait reprit sa santé, sa faiblesse dû au manque disparaissant doucement. Il ne quémandait plus de dose de Lumière et reprenait même tranquillement ses lectures qu'il avait laissé de côté depuis le début de son addiction.
Le guerrier sortit lentement de ses songes, gardant les yeux fermés en voulant savourer encore un peu ce repos durement gagné. Son voisin bougea en soupirant dans sa torpeur, du moins c'est ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'il le sente retracer les griffures du bout des doigts. Il le laissa faire, appréciant le contact doux qui le détendait, avant que des lèvres ne viennent remplacer la main. La tentative indéniablement séductrice le fit frissonner et il se retourna pour échanger un baiser lent avec son amant, tous deux encore endormis. L'érudit quitta ses lèvres en se retournant, lui montrant son dos qu'il colla à son torse, appréciant la main qui caressa sa hanche. Son soupire exprima son envie et son bien-être, ses fesses se frottant contre le bassin derrière lui afin d'ériger une réaction millénaire. Le soldat ne perdit pas de temps et se positionna, entrant en lui facilement en leur tirant un son emplit de délice.
Ils se mouvèrent ensemble, paresseusement avec l'ambiance reposante du matin. Leurs caresses se perdirent dans leur nuque, leurs avant-bras, parfois même sur une épaule. Théo embrassa le cou de son partenaire, puis insista sur un point juste sous l'oreille en allant taquiner un téton entre son pouce et son indexe. Il apprécia de sentir l'autre geindre de plaisir et se cambrer en roulant des hanches contre lui. Les amants savourèrent l'union, ne prenant pas la peine de faire taire leur voix qui raisonnaient dans la chaumière. La tension monta dans leur bassin, les bouleversants de sueurs froides et de vagues de chaleurs, mais ils ne la retinrent pas, la laissant exploser en se resserrant l'un contre l'autre. Ils gémirent encore un peu, leurs corps secoués par le bonheur lubrique de la jouissance, avant de soupirer profondément d'aise, cherchant à reprendre leur souffle. Le mage rit alors doucement, amusé, et désormais bien réveillé.
- Tu ne m'as même pas préparé..., souffla-t-il avec un sourire, loin d'être rancunier.
- Pas besoin, on se repose pas assez entre deux parties de cul pour que tu te resserres..., répliqua Théo en embrassant sa nuque dévoilée par ses cheveux, descendant entre les omoplates.
Balthazar secoua un peu les épaules en soupirant avec amusement, le regardant se lever avant de se mettre sur le dos pour s'étirer. Le sexe matinal était vraiment leur préféré, un peu comme si ils avaient toute leur journée devant eux pour le déguster.
- Ah merde !
L'exclamation dramatique du guerrier fit redresser la tête du mage qui le dévisagea avec intrigue. Il eut un petit sourire rieur de le voir courir au pied du lit à poil en fouillant précipitamment son ballot.
- Quoi ? demanda le demi-diable en se redressant sur les coudes.
- Je dois envoyer un message à mon ordre toutes les deux semaines, et je ne l'ai pas fait ni à celle dernière, ni à celle là ! Et bien sûr y'a pas de table !
- Approche.
Encrier et petit papier à lettre de qualité en main, le militaire s'assit à côté de lui en le fixant curieusement. Le demi-diable roula sur le ventre au milieux du lit et fit comprendre son idée d'un battement de cil, sourire enjôleur en prime. Ses lèvres s'étirant en réponse, Théo posa la feuille sur les reins de son compagnon et s'allongea à côté de lui. Il ouvrit son récipient tenu de sa main maintenant le bord de la feuille, trempa sa plume, et commença à écrire.
- N'annote pas que tu es posé sur le cul de l'enfer, pouffa le pyromencien en jouant avec une mèche ondulée de ses cheveux.
- J'ai parlé de ces tranchées, surtout, répondit l'autre d'une voix grivoise avec un sourire en coin.
Balthazar explosa de rire, s'arrêtant sous la demande râlante de l'envoyer de la Lumière car il n'arrivait plus à écrire. Il ferma les yeux et se détendit en sentant la plume glisser contre le papier qui la séparait de sa peau. Son imagination pouvait retracer les lettres et suivre la surprenante rhétorique étonnement respectueuse. Une chaleur naquit dans sa poitrine en pensant que son ami lui faisait grandement confiance pour le laisser lire le courrier qu'il envoyait à ses supérieurs. Après les quelques minutes nécessaires pour finir la lettre et la relire histoire de ne rien oublier, le paladin referma l'encrier pour le ranger avec sa plume dans son sac. Soucieux du détail, il plia sa missive et la cacheta. Il sortit ensuite un parchemin et alla vers une fenêtre pour en ouvrir le volet. Dès qu'il déroula le papier, une colombe magnifique apparu dans une gerbe de lumière, il lui donna sa lettre et l'oiseau s'envola de suite.
Théo referma le volet et la fenêtre, se tournant vers son compagnon qui le regardait simplement faire, jouant distraitement avec une mèche au dessus de sa tête appuyée sur son biceps. Ils se fixèrent ainsi un petit instant, appréciant la tranquillité qui les berçait en ce jour particulièrement calme en ce qui concerne le comportement du mage.
- Ça va ? demanda le guerrier, adossé au mur en enroulant son parchemin réutilisable après recharge magique.
- De quoi ? fit son amant, perdu.
- La lumière, je viens de l'invoquer. Comment tu te sens ?
- Normal..., réalisa-t-il, lui même surpris du progrès après autant de souffrance.
Ils s'observèrent profondément, la minute de silence qui les bercèrent semblant prendre une éternité dans l'intensité du moment. Le paladin se décolla du mur, coupant l'instant visuel, et alla ranger son parchemin avant de rejoindre la baignoire devant l'âtre. Avec beaucoup de patiente, il l'avait remplit en faisant des allées et retour au puits derrière le taudis, profitant d'un sommeil du demi-diable pour s'absenter. Ce dernier se leva et plongea ses mains dans l'eau froide avant de réalisé, regardant le symbole au plafond avant de fixer son ami. Le comprenant, Théo prit son épée et gratta la peinture de la pointe, brisant le cercle, répétant son action pour celui sur le mur du lit.
Balthazar put sentir sa magie revenir, ainsi que la présence de la lumière à l'intérieur de son partenaire. Contrairement à avant, il ne ressentait plus l'envie irrésistible d'aller en quérir quelques gouttes. Fière de l'heureux résultat de leur dur labeur, il chauffa l'eau du bain et s'installa à côté, prenant un peu de liquide dans un bol et un savon. Rasoir en main et glace poser sur la chaise, il redonna forme à sa barbe qui avait poussée depuis cette semaine. Théo l'avait seulement raccourcie, n'ayant pas l'habitude de tailler finement puisqu'il se rasait de près par habitude. Lorsqu'il eut fini, l'érudit se tourna vers son ami qui se prélassait dans la baignoire fumante et tapota ses joues avec enthousiasme. C'est sûr qu'il ressemblait plus à lui même désormais ; il revenait de loin.
Il se fit ensuite un brin de toilette pour essuyer l'ébat précédent, sentant les prunelles bleu dans son dos suivre les gouttelettes glissant sur sa peau. Un doigt passa entre ses omoplates, suivant la colonne jusqu'à sa nuque, le faisant frissonner en fermant les yeux. L'invitation plus qu'évidente le charma et il monta dans la baignoire pour se mettre face à son compagnon. Il passa ses jambes au dessus des siennes en sous-entendu graveleux, son sourire lubrique en coin assurant à l'autre qu'il avait bien comprit son message. Théo ne réagit pas, collant ses genoux contre les parois de bois pour écarter plus les cuisses de son partenaire. Ils se jugèrent en silence, bras étendus sur le rebord du bain.
Ils n'avaient plus besoin de se parler, surtout pour la luxure, les mots étaient devenus futiles, et ils se devinaient parfaitement même sans échanger le moindre regard. Ironiquement, ils étaient aussi semblables qu'hétéroclite. Peut-être était-ce pour cela qu'ils formaient un duo aussi harmonieux et équilibré : la force et l'intelligence, opérant de concerts pour mener à bien les objectifs donnés. Qu'importe ce que pouvait penser les ordres, les dieux, et les démons, ils étaient fait pour s'entendre.
Le tandem eurent un petit sourire de connivence, fermant ensuite les yeux pour savourer la chaleur de l'eau qui détendait leurs muscles. Après une heure à se reposer, taquineries sensuelles en prime, ils sortirent et se séchèrent près de l'âtre afin de pouvoir enfiler au moins un caleçon et un pantalon. Le mage se mit à faire cuir un ragoût, regrettant un peu la cuisine de Grunlek avec une moue désireuse. Son ami alla plutôt s'occuper de Lumière, s'assurant que l'animal était toujours bien protégé dans l'abri collé à la maison, et que la paille n'avait pas d'insectes. Il ne revint que lorsque le repas fut servit, prenant place au sol à côté de son colocataire du moment pour accepter sa portion. Ils mangèrent tranquillement, plongé dans leurs pensées avant que Balthazar ne prenne la vaisselle pour aller la laver.
Normalement, c'était Théo qui faisait tout, laissant l'érudit dormir alors qu'il combattait le manque, mais maintenant qu'il était sobre, il accepta de laisser partir. Pour la première fois depuis une semaine, le mage put voir l'extérieur, frissonnant sous le vent frais parcourant son torse. Il se dépêcha de contourner la maison, appréciant sous ses pieds nus l'herbe encore humide de la pluie fine qui s'était abattue plus tôt. Une fois au puits, il nettoya les bols et les couverts, avant de rentrer en trottinant, le froid rongeant sa peau. Il s'était habitué à la chaleur douillette du foyer, lové dans les draps, le corps de son partenaire à proximité.
Lorsque le demi-diable passa la porte, la refermant vite derrière lui en se secouant à cause de la fraîcheur, il fut assaillit par une forte odeur de sexe. Il leva les yeux, un frisson parcourant sa peau déjà hérissée, la chaleur de la pièce l'entourant. Le parfum enivrant enveloppa ses sens et créa une pression dans son bassin. Il était claire que son alter ego avait sa dose de luxure avec le guerrier, acceptant la coupure de lumière.
Les prunelles brillantes du mage parlèrent à nouveau pour lui, accrochant le regard de son ami qui tisonnait le feu, mais qui lâcha sa tâche pour l'inviter à approcher en se relevant. Loin de refuser, l'autre accepta et vint vers lui, lâchant sa vaisselle en bois et en fer pour entourer son cou de ses bras et échanger un baiser fougueux. Le paladin se pencha légèrement, attrapant ses cuisses pour le porter souplement, le brun entourant son bassin de ses jambes. Théo fit quelques pas pour arriver au lit, montant dessus à genoux en faisant basculer son amant sur le matelas.
L'acte était bon, le mage se détendit, soulagé que son addiction se soit envolée. Il se sentait à nouveau libre de lui même, et non prisonnier de ses envies magiques. Prit dans le moment, il se laissa retourner brusquement par son amant, plantant ses genoux sur le lit en laissant ses fesses en l'air, serrant le draps dans ses mains au dessus de sa tête. Râles et gémissements valsèrent ensemble sous la stimulation interne de son corps vibrant de délice. Porté par les émotions, Balthazar baissa sa garde, ne ressentant que le plaisir offert et partagé. Le soldat tint ses hanches pour les claquer impétueusement contre les siennes, se rapprochant de la fin. Il vit son ami tourner la tête pour être de profil face à lui, ses yeux cachés par ses mèches ondulés, affichant un large sourire ravageur. Son souffle était profond et rauque, ses geignements métamorphosés en quelque chose de plus sombre.
- Anh, oui, paladin...
La voix gutturale et ronronnante doublant celle du mage et reconnaissable entre mile refroidit directement le guerrier, même l'hôte du diable sursauta de panique. Théo se sépara précipitamment de lui, la respiration tout aussi erratique que l'autre, le dévisageant avec stupeur et dégoût. L'érudit n'en mena pas large, son bassin basculant pour qu'il soit allongé sur le côté, tenant sa tête en empoignant ses cheveux et serrant les dents. Il était visiblement furieux, même si la luxure précédente faisait encore vibrer sa voix.
- Je t'avais dit de ne jamais faire ça avec lui !... Non ! On était d'accord !... Eh, merde... Putain, Théo, je suis désolé..., finit-il par geindre pitoyablement, n'osant pas le regarder.
Surpris de l'échange auquel il avait assisté, le militaire l'observa curieusement, ressentant l'embarras de son ami. Ses émotions retombant, il parvint à réfléchir plus clairement, réalisant que la lumière empêchait au diable de remonter. Il essuya son visage de sa main, finissant de se reprendre, avant de se glisser vers le pied du lit où était son sac. Il chercha assez longtemps à l'intérieur pour attirer l'attention de l'hérésie curieuse qui se morfondait encore. Théo revint vers son collègue, poing fermé, et prit son bras pour l'encourager à s'asseoir. Le pyromencien obéit sagement, autant intrigué par ce qu'il avait en tête que dans sa main.
Les paumes du soldat passèrent dans sa nuque, sous ses cheveux, et attachèrent quelque chose, le surprenant. Lorsqu'elles s'écartèrent en revenant devant lui, il baissa les yeux sur le médaillon pendant d'une chaînette. Le bijou et son lien étaient en or blanc, représentant le symbole de l'église de la lumière, une émeraude ronde en son centre tenue par un cercle d'or. Surpris du présent, l'érudit n'osa pas le toucher, laissant sa main en suspend, avant de plonger ses prunelles dans celles bleu électrique du guerrier.
- Ton diable est encore là ?
- Euh... Non... Mais qu'est-ce que...
- C'est un médaillon forgé dans les églises inquisitoriales, et donné aux membres parcourant le Cratère pour nous protéger des enfers.
- T'as pourtant été possédé par la mort..., rappela Balthazar avec scepticisme.
- Parce que je ne le portais pas. Avec ça, tu devrais être tranquille.
Le mal aise qui s'était installé ne leur permirent pas de continuer, alors le soldat se leva pour aller prendre sa gourde et se désaltérer. Le mage s'allongea pour se tourner face au mur, prenant le collier finement ouvragé pour le détailler. Il n'avait jamais rien porté qui ait autant de valeur, l'ordre de la lumière se faisait vraiment plaisir. Derrière le médaillon, le côté plat épousant son torse, une rune était gravée alors il l'analysa. C'était effectivement un symbole de protection, repoussant les entités démoniaques. Très certainement qu'il permettait également de passer inaperçu dans le radar des diables, ce qui devait être particulièrement pratique.
Il porta l'objet à son nez, ressentant le parfum de la lumière. Loin de là l'idée de l'aspirer, il trouvait l'odeur sucrée particulièrement agréable, le détendant. Tout au fond de lui, son double psychique était comme enfermé, fou de rage, et ça le fit sourire. Avec ça il ne risquait plus de perdre le contrôle dans ces instants d'intimités, ce sera moins gênant. Il ouvrit alors les yeux avec crainte, se demandant s'il y aurait seulement une prochaine fois. Son amant s'assit sur le bord du lit, lui tournant le dos, alors il le regarda un peu avant de se redresser pour caresser ses épaules. Encouragé de ne pas se faire repousser, il vint embrasser un trapèze, remontant jusqu'à la nuque. Il laissa découler ses excuses silencieusement, embarrassé de l'événement précédent.
Théo ne fit rien, prouvant qu'il ne lui en voulait pas même si pour le moment, il était complètement refroidit. Le comprenant parfaitement et n'ayant pas non plus envie de réitérer, Balthazar attrapa son livre sur la chaise servant de table de chevet, et s'adossa au mur pour lire. Son compagnon se leva, enfila son pantalon et s'occupa de son équipement. Il fit également l'inventaire de leur stock de nourriture et dû constater qu'il n'y avait plus grand chose à manger. La ville la plus proche était à deux jours de marche, et leurs bourses ne leur permettraient pas de faire quelques emplettes. Il revêtit donc son armure, et sortit sans adresser le moindre regard, ni le moindre mot à son partenaire.
Sa chasse le détendit et une biche se fit embrocher par son épée après quelques heures de traque. Lorsqu'il vit un faon s'approcher, il jugea que le petit était déjà sevré et assez grand, alors il le laissa vivre. Il était peut-être froid mais pas sans cœur, si le bébé aurait été incapable de survivre seul, il l'aurait tué aussi. Il dépeça l'animal là où il était, préférant le vider sur place plutôt que d'attirer des charognards à la masure qu'il occupait. Carcasse laissée sur place, il mit en sac de toile toute la viande et les abats pour les rapporter. À son retour, l'érudit était toujours penché sur son livre, nu. Il ne s'en préoccupa point et rangea dans le bac de réserve les fruits de son escapade. Ensuite il s'occupa de son épée, la polissant rapidement, avant de retirer son armure pour passer un coup de chiffon dessus. Assit sur le lit, à côté de son amant, il lui jeta un coup d'œil, son regard attiré par l'ouvrage épais.
- Qu'est-ce que c'est que ce pavé ? Tu ne le lâches pas depuis hier.
- Ça relate des guerres saintes entre les ordres. Habituellement, c'est toujours les mêmes explications ennuyeuses mais ce livre là aborde un point de vue différent et plus objectif, c'est intéressant.
- Ah, fit laconiquement le militaire, cachant son intérêt qui se lisait malgré lui dans ses yeux.
- Par exemple, la province de Zeltan contrôlée par l'église de l'eau, à la base elle appartenait à des ecclésiastiques de la terre, d'où le nom portant leurs origines. L'ordre de l'eau a fait un coup d'état avec celui du métal, ainsi ils ont eu un arrangement commercial sur le minerai qui a perduré jusqu'à nos jours. Il y a beaucoup d'acheminements comme ça, et ça explique une myriade de choses.
- Ce bouquin dénonce les églises ? souffla Théo, ne comprenant pas l'existence d'un tel ouvrage.
- Je l'ai trouvé dans un débarra, il doit être assez unique en son genre. Peut-être qu'une ou deux éditions copiées traînent mais je ne penses pas qu'il a été commercialisé.
L'attention de Balthazar se porta à nouveau sur les pages, totalement absorbé par les lignes écrites visiblement à la main. Sentant l'ennui l'envahir, le guerrier balaya la pièce maigrement meublée du regard, cherchant quelque chose à faire. Il vit alors que la réserve de bois était presque vide, alors il se leva pour ramener des bûches reposant sur le côté de la maison. La faim le tirant, il fit réchauffer le repas du matin pour se prendre un bol, en déposant un sur la chaise à côté du mage par habitude. Ce dernier accepta la nourriture et but tranquillement le bouillon dans un premier temps, ne lâchant pas l'œuvre littéraire des yeux.
La frustration piqua à nouveau Théo, agacé d'être délaissé pour un bouquin. Il prit néanmoins sur lui et alla faire la vaisselle une fois qu'ils eurent mangé. Pour son retour, il fut accueillit par l'ignorance perpétuelle du demi-diable penché sur sa lecture, et le parfum des ébats qu'ils avaient eut durant la semaine. Le voir ainsi nu, ne portant que le médaillon de son ordre, et un livre sur le bassin était une torture. Refusant de paraître pour quelqu'un d'égocentrique, il s'assit à côté du lit, sur le sol et laissa sa tête reposer contre le matelas. Lentement, il se détendit et ses paupières se fermèrent pour le laisser à un repos réparateur.
À son réveille, le guerrier jugea que c'était le crépuscule, les lueurs orangé passant un peu au travers des volets. Il frotta ses yeux, se rendant compte qu'il s'était un peu affaissé dans son sommeil. Le demi-diable était absent, sûrement aux latrines naturelles, et son regard tomba sur le livre épais posé sur le lit. Il jeta un coup d'œil à la porte avant d'ouvrir la première page. Il passa les paragraphes ennuyeux de la préface et alla de suite au premier chapitre. Un profond soupire passa ses lèvres quand il commença sa lecture, mais au fur et à mesure qu'il continua de suivre les mots, il se redressa avec intérêt. Une page tourna, puis une seconde, le lecteur se posant plus confortablement pour dévorer les phrases de ses yeux.
La porte d'entrée s'ouvrit, faisant sursauter Théo qui referma précipitamment le livre, se remettant dans sa position précédente en époussetant sa chemise blanche. Il éclaircit sa voix, espérant que son ami n'ait rien vu de ce qu'il était en train de faire ; sa fierté en prendrait un sacré coup. Balthazar retira ses bottes à l'entrée, ne voulant pas mettre de la boue partout, et alla vers sa besace au pied du lit pour prendre sa gourde. Le soupir de soulagement qu'il entendu le coupa alors qu'il buvait, regardant son compagnon qui fixait le plafond.
- J'étais pas loin, t'inquiète. Enfin, si un peu, histoire que ça sente pas, rit-il.
En réponse, Théo lui lança le seul oreiller qu'ils avaient en souriant, gonflant son hilarité. Il savait ce qu'il avait fait, et il apprécia la préparation pour leurs activités futures. Ce n'était qu'un sursis d'une journée mais au moins ça évitait les accidents embarrassant. Ils étaient habitués mais préféraient tout de même de ne pas avoir à faire une toilette de dernier secours.
Voulant profiter des attentions minutieuses du mage ayant fini de boire, le guerrier se leva et l'attrapa par la taille pour le jeter sur le lit. Le rire claquant de l'érudit fut coupé d'un baiser langoureux, l'étreinte qui suivit laissant raisonner la symphonie érotique que les amants jouaient. Ils s'apaisèrent d'avoir été seuls, le diable restant dans les tréfonds de l'esprit de son hôte. Ce dernier s'endormit rapidement, couché sur le ventre, tête vers le mur. Le paladin profita donc de son sommeil pour rouvrir le livre posé sur la chaise, tournant le dos à son voisin en s'appuyant sur un coude. Il reprit donc discrètement sa lecture.
