Titre : Directeur de Poudlard, honneur suprême ou prise de tête ?
Auteur : Bron-Yr-Aur, alias NottySnake (de retour parmi les vivants)
Genre : Humour, ou du moins une tentative d'humour. Peut-être un peu de romance, genre série américaine.
Disclaimer : Les personnages et l'univers d'Harry Potter sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. Le reste est à moi.
Note : Toute ressemblance avec une fic déjà existante est parfaitement involontaire. Le plagiat me rebute et m'énerve, je n'ai aucunement l'intention de voler l'œuvre d'un autre auteur, que ce soit sur ce site ou sur un autre. Si vous jugez qu'il y a trop de points communs avec une autre fic, dites-le moi, que je puisse trouver un moyen d'y remédier sans trop de dégâts.
Chapitre 2 : Cormac McLaggen, ou le culte de la personnalité
Jouant distraitement avec sa fourchette, Cormac McLaggen regardait défiler les nouveaux élèves sous le Choixpeau Magique. Les pauvres gosses, minuscules pour la plupart, avaient l'air à la fois effrayés et excités par ce qui les attendait, et certains étaient submergés par leurs émotions au point de ne pas pouvoir marcher jusqu'au tabouret au centre de la Grande Salle sans trébucher au moins trois fois ou hoqueter sans interruption. Lors de sa propre répartition, Cormac, lui, avait marché la tête haute et sans claquer des dents, quoique Katie Bell préférait raconter qu'il avait avancé d'une façon tellement raide et maladroite que tout le monde avait cru qu'il avait mouillé son pantalon. Une sensation de rancœur traversa Cormac. Cette histoire –totalement inventée, cela va sans dire- l'avait poursuivi pendant toutes ses études, et lui avait donné une réputation peu enviable, même en dehors de l'école. Mais tout ça c'était du passé, à présent Cormac était professeur à Poudlard, tandis que Katie devait se contenter d'un poste de médicomage dans un petit village de cambrousse. Bien fait, ne put s'empêcher de penser Cormac.
Il regarda autour de lui. A sa gauche était assis un homme sans doute légèrement plus âgé que lui, roux. Il fallut quelques secondes à Cormac pour se rappeler qu'il l'avait côtoyé lors de sa première année à Poudlard. C'était bien lui, le légendaire attrapeur vif comme l'éclair, capable d'attraper le vif d'or à peine quelques dizaines de secondes après le coup de sifflet ! Charlie Weasley, le jeune prodige qui avait bousillé une magnifique carrière de joueur de haut niveau en partant à la chasse aux dragons ! Cormac sentit son cœur s'emballer. Il était assis à côté de son idole. Il allait être assis à ses côtés pendant toute une année, voire bien plus !
Cormac se remit tant bien que mal de ses émotions et détacha son regard de Charlie pour jeter un coup d'œil à la personne qui se trouvait placée à sa droite. C'était une jeune femme aux longs cheveux châtains noués en une interminable tresse. Tout dans sa posture et son regard indiquait qu'elle ne souhaitait engager la conversation avec personne. Elle fixait avec nostalgie les nouveaux courir pour rejoindre la table de leur nouvelle Maison, trop heureux de céder leur place à un de leurs semblables, et esquissait un petit sourire triste lorsque l'un d'eux s'asseyait à la table de Poufsouffle. Cormac se rappelait l'avoir croisée quelquefois, quand il traquait Potter pour lui donner des conseils –parce qu'avouons-le, les stratégies de ce petit prétentieux laissaient franchement à désirer- ou à la bibliothèque, au hasard des étagères bien rangées.
Etant encore assez intimidé par Charlie, et voyant que la jeune femme inconnue ne lui répondrait sans doute pas amicalement, il continua à faire tourner sa fourchette entre ses doigts, blasé. Du coin de l'œil, il vit un jeune homme noir faire la même chose avec son couteau à l'autre bout de la table. Se sentant observé, le dit jeune homme tourna la tête vers Cormac et leurs regards se croisèrent. Puis l'ancien Serpentard –pour avoir un visage aussi dépourvu d'expression, il devait à coup sûr venir de Serpentard- adressa un signe de tête à l'ancien Gryffondor et retourna à ses couverts, tout en restant impassible. Déconcerté, Cormac continua à l'observer encore un moment, avant d'hausser les épaules. Ces collègues étaient décidemment peu banals. Mais lui aussi avait quelque chose d'unique, il le savait. Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait exceptionnel. Pourquoi les autres ne le voyaient-ils pas ? Il était bien plus beau et intelligent que ce boulet de Potter ! Et même si cet aimant à catastrophes avait sauvé le monde, il n'y serait jamais arrivé sans tous ceux qui lui avaient prêté main forte, sans songer un instant à ce qui risquait de leur arriver. Cormac admirait tous ces gens, toutes ces personnes formidables qui avaient su oublié de penser à eux et se dévouer corps et âme à leur Sauveur. A cette pensée, Cormac réprima une grimace. Potter, un dieu vivant ? N'importe quoi ! Cet abruti congénital n'était même pas capable d'établir une stratégie potable ! Si Cormac avait été là pendant toute la saison, l'équipe n'aurait pas eu à dépasser ses limites sans arrêt pour rattraper les bourdes de ce… Ronald. Cormac ricana –intérieurement, bien sûr. Ron était incapable de bloquer un seul but dès que quelque chose le dérangeait. C'était d'ailleurs l'unique raison pour laquelle Cormac avait gâché son temps à draguer Hermione. Juste pour voir la tête que ferait Ron lorsqu'il verrait sa bien-aimée au bras de son nouvel ennemi. C'était peut être puéril, mais Cormac n'en avait strictement rien à faire. De toute façon, la jeune fille ne s'était pas laissée séduire, et Cormac s'en fichait pas mal. Même complètement.
Il était en train de tempêter sur tous les gens dont il se rappelait lorsqu'il entendit prononcer son nom. Il leva les yeux de son assiette désespérément vide et croisa le regard perçant de Charlie Weasley. Se demandant ce que pouvait bien lui vouloir le chasseur de dragons, il ouvrit la bouche pour formuler sa pensée lorsque Charlie le devança.
« C'est toi, McLaggen ? »
Cormac acquiesça en silence, surpris par le fait que son modèle connaisse son nom. Charlie le détailla un instant, faisant rougir légèrement Cormac. Qu'est ce qui lui arrivait ? D'habitude c'était lui qui faisait rougir les gens, pas le contraire ! Charlie continua à parler, sans paraître s'apercevoir et encore moins se soucier du trouble de son interlocuteur.
« Je m'appelle Charlie Weasley, et je suis le nouveau professeur de soins aux créatures magiques. Mon frère Ronald m'a parlé de toi. Et pas en bien, je pense que tu t'en doutes. D'après lui, tu es une espèce de crétin pot de colle pourvu d'une araignée au plafond et d'un sacré complexe de supériorité. Et deux autres de mes frères –Fred et Georges, je pense que tu les connais, tout le monde les connait- ont rajouté que tu as autant de courage qu'un Boursouflet et autant de clairvoyance qu'un Véracrasse. »
A ce moment précis, et pour une fois, Cormac resta sans voix. C'était probablement la façon de faire connaissance la plus étrange qu'il ait jamais expérimenté, et il eut beau cherché dans tous les recoins de son inestimable cerveau, il ne trouva rien à y répondre. Charlie parut s'en rendre compte, puisqu'il rattrapa le coup avec un sourire qui ne fit que rendre son cadet encore plus confus.
« Fais pas cette tête-là, on a toujours eu la sale manie d'exagérer dans notre famille. Je ne te jugerai pas sur les dires de quelqu'un d'autre, même si ce sont mes frères et que je ne pense pas qu'ils m'aient menti. »
Et Charlie, comme si de rien n'était, planta là Cormac et reporta son regard sur le directeur, qui venait de commencer son discours. Cormac ouvrit la bouche, la referma, pensa qu'il devait avoir l'air particulièrement stupide et fixa à son tour son regard sur Kingsley, encore abasourdi par les paroles de Charlie. Alors comme ça, il pensait qu'il était un parfait débile imbu de sa personne, mais il lui donnait une chance de lui prouver le contraire ? La décision de Cormac était déjà prise. Il allait prouver à son idole qu'il était parfaitement capable d'être un collègue plein de ressources et agréable à vivre. Et Charlie serait impressionné par son intelligence et son sens de l'humour et il lui ferait à nouveau ce sourire qui donnait à Cormac l'impression qu'il était l'homme le plus heureux du monde.
Sur ces belles pensées, Cormac profita du fait que le festin venait d'apparaître et entama joyeusement et à pleines dents une cuisse de canard confite –qui était encore trop chaude et lui brûla la langue. Il toussa aussi discrètement qu'il put –c'est-à-dire aussi discrètement qu'un troupeau d'Hippogriffes au milieu d'un supermarché moldu. Quand il releva la tête, il vit le jeune noir qui l'avait salué un peu plus tôt le regarder d'un air amusé. Cormac lui lança un regard furieux –rendu beaucoup moins effrayant par la sauce qui lui coulait sur le menton. L'air amusé du Serpentard se mua en un sourire en coin, clairement moqueur. Cormac avala, et lui tira la langue. Le jeune homme éclata de rire, fit un pied de nez au Gryffondor, puis se désintéressa de lui et se servit une part raisonnable de hachis Parmentier.
Cormac allait l'interpeler lorsqu'un rire se fit entendre à sa droite. Il se retourna et vit que la jeune femme aux cheveux nattés tentait vainement de dissimuler ses gloussements en mettant ses mains devant sa bouche. Elle regarda un instant Cormac, et se mit à rire plus franchement. Le jeune Gryffondor haussa un sourcil, perplexe. Il attendit qu'elle se calme et lui demanda le pourquoi de ce fou rire soudain, elle qui avait l'air si démoralisée au début de la soirée.
« C'est juste que vous aviez l'air si bêtes, tous les deux, répondit-elle, le sourire aux lèvres. À vous chamailler comme deux gamins, sans même vous rendre compte que tout le monde vous regardait ! Et dire que nous sommes sensés donner l'exemple aux élèves ! »
Vexé, Cormac croisa les bras, et renifla d'un air dédaigneux. Cela fit une fois de plus rire la jeune femme, qui lui dit qu'on aurait dit qu'il boudait, comme un gosse qu'on aurait disputé pour une broutille. Puis elle crut bon de se présenter.
« Je suis Susan Bones, professeur d'histoire de la magie. J'étais à Poufsouffle à Poudlard. Tu étais dans la classe au dessus, non ? »
« Oui, à Gryffondor, répondit Cormac. Je m'appelle Cormac McLaggen, on s'est croisés plusieurs fois. Je suis le professeur de sortilèges. »
« Gryffondor, hein ? dit Susan avec un sourire. Bizarre… Je n'aurais jamais pensé qu'un jour le parfait petit Serpentard qu'est Blaise Zabini puisse agir comme un gamin, et encore moins avec un Gryffondor. »
Alors comme ça il s'appelait Blaise Zabini, et il était bien à Serpentard… Cormac connaissait les noms de trois de ses nouveaux collègues à présent. Il en restait donc onze dont il ne connaissait pratiquement rien. Il balaya la table du regard, et reconnut sans mal les multiples dreadlocks et le visage rond et jovial de Lee Jordan, les cheveux blonds cendrés et le rire particulièrement bruyant de Seamus Finnigan, le sourire jusqu'aux oreilles et les dents blanches de Dean Thomas, et enfin la coupe en brosse et les lunettes en fausse peau de serpent de Percy Weasley. C'était facile de se rappeler d'eux, ils étaient tous avec lui à Gryffondor et n'avaient pas changé d'un poil. Cormac se souvenait avoir croisé les autres au détour d'un couloir, à l'exception d'une jeune femme blonde.
Elle était très belle. Ses traits étaient fins, ses lèvres pulpeuses sans être grosses, ses yeux d'un bleu très clair et ses cheveux tellement longs qu'ils devaient effleurer ses mollets quand elle marchait. Elle avait une sorte de charme surnaturel tellement puissant qu'il était presque impossible de détacher son regard d'elle. Un tel charme ne devait pas être humain, ne pouvait pas être humain. La seule personne, non, la seule créature qui avait possédé ce genre de pouvoir et que Cormac avait rencontrée était Fleur Delacour, et ça s'était passé dix ans plus tôt.
« Elle est belle, pas vrai ? »
Cormac sursauta, et tourna la tête vers Charlie.
« Pardon ? »
« Allez avoue, elle est superbe ! Tu as dû t'en rendre compte, vu que ça fait cinq bonnes minutes que tu la mates sans même se soucier d'être discret! »
Cormac était quelque peu désarçonné. Pourquoi Charlie s'emportait-il comme ça ? Il n'avait fait que regarder la jeune femme !
Charlie soupira, et prit une part de gâteau au chocolat, se penchant par-dessus Cormac pour pouvoir atteindre le plat. Le jeune homme sentit ses joues virer au rouge lorsque la main de Charlie frôla son épaule. Il essayait de contenir ses émotions quand Charlie finit de dévorer son dessert et le regarda furtivement. Il prit sans doute la gêne de Cormac pour de la confusion puisqu'il s'excusa.
« Je suis désolé, laissons tomber cette histoire, d'accord ? »
Cormac acquiesça, mais quelque chose le dérangeait.
« Tu connais cette fille ? demanda-t-il à Charlie. »
« Oui. C'est la petite sœur de ma belle sœur. Elle s'appelle Gabrielle Delacour. Et, pour être franc, elle m'énerve. A chaque fois qu'elle va quelque part, on ne regarde qu'elle, c'est rageant ! »
Cormac était sur le cul. Le grand Charlie Weasley, le chasseur de dragons, le joueur de génie, était… Jaloux ? Il était tellement surpris qu'il ne put s'empêcher de penser à voix haute.
« T'es jaloux ? »
Charlie sembla hésiter, puis soupira à nouveau. Il prit un morceau de tarte aux poires, et lorsqu'il l'eut fini, il se tourna à nouveau vers son cadet.
« Oui, je suis jaloux. Toute ma vie, j'ai donné le meilleur de moi-même. Toute ma vie, je n'ai rien demandé à personne, je me suis toujours débrouillé seul. Je pense que j'ai quand même un peu de mérite. Et elle, elle arrive comme ça, paf, et tout d'un coup tout le monde ne jure que par elle. »
Cormac sourit, et posa sa main sur celle de Charlie. Il ne le comprenait que trop bien, lui qui avait toujours été dans l'ombre de Potter ou l'autre roi des loosers. Il le dit à Charlie, et celui-ci soupira une troisième fois.
« On a l'air cons tous les deux, hein ? dit-il avec un sourire désabusé. Deux rebus de la société, condamnés à toujours passer après les grandes stars… Et ben tu sais quoi ? On va leur montrer, à ces rois du monde, qu'on peut être parfaitement heureux sans eux ! »
C'était la chose la plus bizarre qu'on lui ai jamais dite, mais Cormac trouvait que c'était également la plus belle. Il serra un peu plus la main de Charlie dans la sienne et lui offrit un grand sourire, un vrai, celui qu'il n'avait fait que pendant son enfance. En guise de réponse, Charlie lui fit un clin d'œil, et le reste de la soirée passa bien plus vite qu'il ne l'aurait dû.
La dernière pensée de Cormac avant de s'endormir ce soir-là fut que Charlie semblait le prendre un peu moins pour un crétin et un peu plus pour un ami. Et, dans son demi sommeil, Cormac sourit.
À suivre dans le chapitre 3 : Luna Lovegood, ou le mystère du Ronflak
