Disclaimer : tous les personnes et l'univers d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Chapitre II - Au ministère

Deux jours après la bataille finale, Harry se présenta au Ministère de la Magie. Il demanda à rencontrer le nouveau Ministre en place, Kingsley Shacklebolt. Bien sûr, il était le Survivant, le Sauveur, et donc, même sans rendez-vous, ledit Ministre se fit un devoir de le recevoir immédiatement.

- Bonjour Harry ! Je suis tellement content de te voir. Comment la communauté sorcière pourra-telle un jour te remercier pour nous avoir débarrassés de Voldemort … commença le Ministre avec empressement.

- Je ne suis pas là pour ça Kingsley, coupa Harry. Je suis venu pour parler des futurs procès des Mangemorts. Quand devront-ils avoir lieu ?

- Tu parles « des » procès, Harry, mais à ce jour, il n'y en a qu'un de prévu …

- Comment ça ?

- Et bien, tous les mangemorts se sont enfuis après la chute de Voldemort sauf les Malefoy qui, de manière surprenante je dois dire, sont restés à Poudlard. Le seul procès fixé est donc le leur et il aura lieu dans 3 jours.

- Dans 3 jours ! Mais c'est impossible ! Je n'aurai jamais le temps de me préparer, de rassembler des preuves ! dit Harry en se passant nerveusement la main dans les cheveux.

- Ne t'inquiètes pas Harry répondit calmement le Ministre. Nous avons suffisamment de preuves. Jamais je ne te demanderais de revivre ces horribles événements en témoignant contre eux à leur procès !

- Kingsley vous ne comprenez pas ! s'énerva Harry. Je ne veux pas témoigner contre eux mais POUR EUX … Enfin pour Narcissa et son fils. Pas pour Lucius Malefoy.

- Tu veux témoigner en faveur de Narcissa et Draco Malfoy, répéta Kingsley abasourdi. Mais pourquoi ? Pourquoi Harry ? Ce sont des mangemorts, ils hébergeaient Voldemort dans leur manoir. Toi-même tu y as été enfermé, ainsi que tes amis … Je ne te comprends pas, Harry …

- Je … c'est compliqué. En fait, non, c'est très simple : Narcissa et Draco Malefoy m'ont sauvé la vie. Je ne peux pas accepter qu'ils soient jugés sommairement sur le simple fait qu'ils portent la Marque des Ténèbres.

- Ils t'ont sauvé la vie ?

- Oui mais ma seule parole ne suffira pas à convaincre un jury. J'ai besoin de rassembler des preuves et pour cela j'ai besoin de plus de temps Kingsley !

- Harry, te rends-tu compte de ce que tu t'apprêtes à faire ? Tu vas risquer ta réputation pour deux mangemorts qui n'ont rien fait que te mépriser et qui …

- Je me moque de ma réputation ! coupa Harry. C'est ma conscience qui compte et je sais que je ne pourrai plus jamais me regarder en face si je laisse deux personnes qui m'ont sauvé la vie être condamnées injustement ! plaida-t'il avec ardeur. Kingsley, vous m'avez demandé en arrivant comment le monde sorcier pourrait me remercier d'avoir vaincu Voldemort. Vous avez votre réponse : donnez-moi du temps pour rassembler les preuves dont j'ai besoin pour témoigner au procès des Malefoy.

Le Ministre le regardait non sans une certaine gêne.

- Harry, je ne suis pas sûr que te permettre de témoigner en faveur de disciples de Voldemort soit un remerciement apprécié par le monde sorcier … commença Kingsley.

- ET BIEN JE L'EMMERDE LE MONDE SORCIER ! explosa Harry. DEPUIS TOUJOURS, JE FAIS CE QU'ON ME DIT DE FAIRE ! J'AI TOUT ACCEPTE, TOUT ! MEME DE MOURIR POUR SAUVER LE MONDE SORCIER ET MAINTENANT QUE C'EST MOI QUI, POUR UNE FOIS, DEMANDE QUELQUE CHOSE, IL FAUDRAIT QUE CA NE DEPLAISE PAS AU MONDE SORCIER ? ! FAITES CE QU'IL FAUT KINGSLEY CAR DE TOUTE FACON, AVEC OU SANS PREUVE, JE TEMOIGNERAI AU PROCES DE NARCISSA ET DRACO MALEFOY !

- OK, OK, Harry … je vais voir ce que je peux faire.

- Vous pourriez déjà me donner le nom de leur avocat afin que je puisse lui parler de mon témoignage.

Autre moment de gêne.

- Harry, les Malefoy ne peuvent pas payer un avocat …

- Pourquoi ? Ils sont tout de même la 3ème fortune de Grande-Bretagne, Draco Malefoy l'a assez répété, ironisa Harry.

- Tous leurs biens ont été confisqués et leurs avoirs bancaires gelés. Et avant que tu ne dises quoi ce soit, voyant qu'Harry allait protester … ça ne sert à rien de proposer de payer toi-même l'avocat. Aucun d'entre eux n'accepte d'assurer leur défense … même pas l'aide juridique.

- Mais c'est n'importe quoi ! Tout le monde a le droit d'être assisté dans un procès pénal !

- Je le sais très bien … mais personne ne s'est proposé, répondit Kingsley avec lassitude.

- Je me propose moi !

- Harry, dois-je te rappeler que tu n'es pas avocat ? Tu n'as même pas tes ASPIC.

- Oui, merci de me rappeler que je combattais un Mage Noir mégalomane pendant les heures de cours ! Je ne suis peut-être pas avocat mais je peux être témoin. Alors, écoutez-moi bien Kingsley, au nom de la gratitude que le monde sorcier me doit, vous allez inscrire mon nom en qualité de témoin dans ce putain de dossier de procédure. Vous allez trouver le moyen de retarder l'audience jusqu'à ce que je puisse récolter les preuves nécessaires et quand je les amènerai, vous vous débrouillerez pour les faire enregistrer comme pièces à conviction. Je pense que je suis assez clair dit Harry avec une arrogance que Malefoy lui-même n'aurait pas reniée. Harry détestait par-dessus tout jouer la carte du héros mais en l'occurrence, la fin justifiait les moyens.

A court d'argument, Kingsley hocha la tête. Harry Potter partit en claquant porte. !

Le soir de sa visite au Ministère, Harry se rendit chez les Weasley. L'ambiance au Terrier était lourde mais pouvait-il leur en vouloir ? Malgré sa peine, Molly accueillit Harry avec force démonstration d'affection. Tout le monde évitait de parler de la bataille, des morts, de Fred, de Georges qui ne sortait plus de sa chambre. On ne parlait pas non plus d'avenir comme si ce mot faisait peur. En fait, à part échanger quelques banalités, le silence était plutôt de mise.!

Jusqu'à l'arrivée d'Arthur Weasley. Harry se doutait que, travaillant toujours au Ministère, il serait rapidement au courant de sa petite visite de « courtoisie » …

- Harry, je peux te parler une minute ?

Harry suivit Arthur dans le salon.

- Harry, j'ai appris que tu avais demandé à Kingsley de témoigner en faveur des Malefoy à leur procès …

- Pas « des » Malefoy, uniquement pour Draco et sa mère.

- Ecoute, loin de moi l'idée de te dire ce que tu as à faire mais crois-tu vraiment que …

- Arthur coupa Harry, avec tout le respect que je vous dois, c'est ma décision. J'ai des raisons - de bonnes raisons - de le faire et rien ne pourra me faire changer d'avis et …

Harry fut interrompu par un bruit assourdissant de vaisselle qui se casse. Et pour cause, Ron et Ginny se trouvaient dans l'embrasure de la porte, une pile d'assiettes brisées à leurs pieds.

- QU'AS-TU DIS ? Rugit le rouquin dont le visage avait pris la teinte d'une tranche de bœuf saignante. A côté de lui, Ginny semblait sur le point de fondre en larmes - encore.

Harry soupira et se prépara à affronter la scène à laquelle il s'attendait.

- J'ai dit que j'allais témoigner en faveur de Draco et Narcissa Malefoy à leur procès.

- MAIS TU ES MALADE OU QUOI ? ON PARLE DE MALEFOY LA ! LE CRETIN QUI NOUS A POURRI LA VIE PENDANT DES ANNEES A POUDLARD ! CELUI QUI S'EST MOQUE DE TOI, DE MOI, DE MA FAMILLE, D'HERMIONE ! LE MANGEMORT QUI BAISAIT SUREMENT VOLDEMORT !

- RONALD ! TON LANGAGE ! cria Molly qui était apparue dans le salon, alertée par les cris.

- Harry, tu ne peux pas nous faire ça, supplia Ginny la voix chevrotante et les joues baignées de larmes. Tu as oublié ce que son père m'a fait ?

Harry en avait plus qu'assez qu'on lui dise toujours quoi faire ou penser.

- Je n'ai rien oublié, rien du tout, grinça-t-il. Mais ce que VOUS vous oubliez par contre, c'est que si je suis ici, si vous êtes ici, c'est parce que Malefoy a fait semblant de ne pas me reconnaître quand j'ai été amené au Manoir. Il nous a donné les quelques minutes de répit nécessaires pour nous défendre ! Si je suis ici et vous aussi, c'est parce que dans la Forêt Interdite, Narcissa Malefoy a menti à Voldemort en prétendant que j'étais bel et bien mort ! Alors oui, ça me fait mal de l'admettre mais si je suis ici, c'est grâce aussi à Malefoy et à sa mère. Et c'est ce que je dirai devant le Magenmagot. Ni plus ni moins.

Avant d'être interrompu, Harry poursuivit sur un ton plus calme mais sans appel :

- Je suis désolé si cela vous déçoit ou si vous n'êtes pas d'accord mais je ne changerai pas d'avis. J'en ai assez que tout le monde décide pour moi ce que je dois faire, qui je dois aimer ou détester, qui je dois défendre ou combattre. Aujourd'hui, c'est fini. J'ai décidé d'aider les Malefoy mère et fils, un point c'est tout.

Tous les Weasley présents étaient désormais silencieux. Arthur et Molly semblaient sonnés. Bill et Charlie regardaient leurs chaussures. Fleur et Hermione fixaient Harry. Tout le monde était choqué par la tirade de Harry mais ce n'était rien comparé aux regards noirs de Ron et Ginny. Ils paraissaient tous les deux sur le point d'exploser.

Anticipant la catastrophe, Molly dit sur un ton désolé:

- Harry, … je crois qu'il vaudrait mieux que … tu t'en ailles. Et elle reparti vers sa cuisine, suivie d'Arthur, Charlie, Bill et Fleur.

Ginny vint se placer devant Harry et lui asséna une gifle magistrale. Elle partit entrainant Ron à sa suite.

Restée la dernière, Hermione posa une main rassurante sur le bras de Harry et lui dit, suffisamment bas pour ne pas être entendue des autres :

- Harry, je ne te juge pas. Tu fais ce que tu estimes nécessaire. Mais tu n'y arriveras pas tout seul. Je m'intéresse à la justice magique comme future carrière alors je peux t'aider. Je viendrai demain à Grimmaurd avec quelques bouquins qui te seront utiles et nous préparerons ensemble la défense de Malefoy.

Le coeur de Harry faillit exploser de reconnaissance envers Hermione et aucun mot ne put sortir de sa bouche tant il était touché par les propos de son amie. Il la serra brièvement dans ses bras et sortit du Terrier, se demandant si un jour, il y remettrait les pieds. !

Arrivé à Grimmaurd Square, Harry grimpa immédiatement vers sa chambre. Il se dévêtit prestement, éparpillant ses affaires aux quatre coins de la pièce. Il n'était décidément pas très ordonné mais il n'en avait cure. Il se dirigea ensuite vers la salle de bain. Après avoir réglé la température de l'eau, il se plaça sous le pommeau de douche, le visage tourné vers le jet. Il resta plusieurs minutes immobile, laissait l'eau le débarrasser des tensions de cette journée infernale.

Après s'être séché et avoir enfilé un bas de pyjama, il s'allongea sur son lit. Malgré la fatigue, il n'allait certainement pas s'endormir de sitôt. Il avait trop de choses en tête. Il se mit d'abord à réfléchir aux évènements de ce soir. Peut-être aurait-il dû être plus diplomate avec les Weasley. Après tout, ils venait de perdre un fils à cause de Voldemort. Justement, à cause de Voldemort pas à cause de Malefoy ! Enfin, peut-être que oui, indirectement. Après tout, c'était lui qui avait permis aux mangemorts d'entrer dans l'école.

Harry se prit la tête entre les mains. Quelle idée il avait eu de vouloir défendre ce blondinet arrogant ! Maintenant tout le monde allait lui tourner le dos ! Si ça tombe, Malefoy lui-même allait l'envoyer paître comme il en avait l'habitude … Mais qu'est-ce qui t'a pris, Harry, bordel, se fustigea-til.

« … Merci Harry. Merci de m'avoir sorti de cet enfer… »" !

Non. Il avait raison. Sa décision était la bonne. Ce qu'il allait faire était juste. Il ne pouvait pas laisser quelqu'un qu'il connaissait depuis 7 ans recevoir le Baiser du détraqueur sans sourciller. Personne, de toute façon, ne devrait avoir à subir un châtiment pareil.

Sur ces pensées confuses et contradictoires, Harry sombra dans un sommeil agité, peuplé de Détraqueurs volant au-dessus de la Mer du Nord …

Le lendemain, Hermione arriva de bonne heure.

- Bonjour Harry. Comment vas-tu ?

- ça pourrait aller mieux. Je suis désolé pour ce qui s'est passé hier mais je ne changerai pas d'avis.

- Je sais et comme je te l'ai dit, je ne te juge pas.

- Comment ça s'est passé après mon départ ?

- Oh, tu connais Ron. Il a toujours tendance à exagérer … Laisse lui le temps. Il finira bien par comprendre tes raisons. Par contre, avec Ginny, ce sera plus difficile à mon avis …

Comme Harry ne répondait pas, Hermione demanda:

- dis-moi Harry, que comptes-tu faire à propos de Ginny ? Je veux dire, tes sentiments pour elle n'ont pas changés, si ?

- A vrai dire, je n'en sais rien, soupira-t-il. La guerre nous a éloignés, elle nous a changés. En tout cas, elle m'a changé moi. Et je pense qu'elle a altéré mes sentiments pour Ginny. J'ai l'impression qu'elle attend de moi des déclarations enflammées et que je l'épouse après-demain ! Elle veut que je sois le Sauveur alors que moi, je veux juste être Harry. Et puis, cette histoire hier n'a rien arrangé ! Je me rends compte qu'elle ne respecte pas mes choix, qu'elle n'essaye même pas de me comprendre ! Elle est complètement bloquée sur le fait qu'il s'agit de Malefoy !

- Peut-être parce qu'il s'agit justement de lui …dit doucement Hermione.

- Que veux-tu dire ? questionna Harry

- Je veux dire que je ne suis pas sûre que tu te démènerais autant pour Nott ou Zabini ou encore Parkinson.

Harry réfléchit à cette affirmation. Hermione n'avait pas tort, il devait bien l'admettre. Il choisit donc l'honnêteté :

- Hermy, Malefoy fait partie de mon quotidien depuis que j'ai onze ans. Je sais que c'est dur à comprendre, moi-même j'ai du mal, mais même si je le déteste, j'ai du mal à supporter l'idée qu'il puisse ne plus être là…

- Je comprends Harry. Je comprends même très bien dit-elle d'un ton à la fois mystérieux et entendu. Bon, allez, mettons-nous au travail ! Ron croit que je visite une faculté sorcière pour la journée, nous n'avons pas de temps à perdre !

Harry expliqua sa stratégie de défense à Hermione qui l'aida à traduire tout cela en droit. Les livres qu'elle avait amenés furent d'une grande utilité et à la fin de la journée, ils avaient bien avancé.

Harry était optimiste quant à l'issue du procès. Ses arguments étaient convaincants. Il ne restait plus qu'à obtenir les preuves qui illustreraient son argumentation.

Pour cela, il n'y avait qu'une seule solution : obtenir un droit de visite à Draco Malefoy à la prison d'Azkaban !