Résumé : Kakashi ne supporte plus sa vie solitaire tandis qu'Iruka se sent abandonné depuis que Naruto a quitté le village. Un jour, Kakashi propose à Iruka un arrangement qui pourrait changer radicalement leurs vies et la perception qu'ils avaient l'un de l'autre.

Disclaimer : Rien à moi, tout à Kishimoto Masashi.

Rating : M

Dernières notes : Un grand merci à Mayura-8 pour sa bêta-lecture. Sa gentillesse, sa rapidité et ses suggestions sont toujours aussi grandement appréciées. Merci à celles et ceux qui ont prit le temps de lire le premier chapitre et laissés un commentaire. Les critiques constructives sont toujours les bienvenues.

Bonne lecture.

CHAPITRE 2

Iruka se tenait debout devant le bureau du Hokage. Cette dernière cherchait sur la table encombrée de dossiers, le rouleau qui était destiné au chûnin. Apparemment, la Sannin avait encore passé une nuit blanche, à en juger ses yeux marqués par des cernes et ses traits de visage tirés par la fatigue.

Le chûnin se retient de lui faire remarquer qu'elle portait sur la joue la trace du dossier sur lequel elle s'était endormie. Il éprouvait beaucoup d'admiration pour cette femme qui jonglait entre ses fonctions de Hokage et de docteur. Il ressentait également beaucoup de compassion pour la pauvre Shizune qui devait constamment surveiller la femme pour éviter qu'elle ne retombe dans le vice du jeu.

"J'en suis la première navrée à devoir te retirer de l'académie avant les vacances scolaires mais tu es le seul capable de remplir cette mission. En fait, tu es surtout le seul ninja de disponible avec les capacités requises pour cette mission," dit-elle en tendant au jeune professeur le rouleau qu'elle venait enfin de retrouver.

"Vous n'avez pas à vous justifier, Tsunade-sama. Je m'inquiète seulement pour mes élèves." répondit Iruka en se saisissant du rouleau tendu.

"J'ai fait nommer un substitut qui s'occupera très bien de ta classe," le rassura-t-elle.

"J'espère pour lui qu'il a de l'expérience," remarqua-t-il quelque peu inquiet pour la santé mentale et physique de son remplaçant.

Tsunade fit la moue. Il valait mieux éviter de lui dire qu'il s'agissait, en réalité, d'un jeune ninja fraîchement promu chûnin et qu'il n'avait aucune expérience avec le genre de petits monstres dont avait l'habitude de s'occuper Iruka.

"Ne t'en fait pas pour ça, il est tout à fait compétent. Tu ferais mieux de prendre connaissance de ta mission et de t'y préparer. Tu pars demain pour le Pays de l'Herbe."

"Très bien," dit-il d'une voix neutre.

"Je te rappelle que ta réussite dépend de ta discrétion. A ton retour, passe me voir directement à mon bureau, quelque soit l'heure du jour ou de la nuit. Tu as bien compris ?"

"J'ai compris," fit-il en la saluant avant de prendre congé.

Iruka quitta la Tour pour mener une journée ordinaire comme il avait l'habitude de le faire. Il donna ses cours à sa classe de genins et assura son quart de travail à la chambre des missions avant de rentrer chez lui.

De nouveau seul, Iruka mit de l'ordre dans ses affaires : rouleaux à trier et à classer, préparation des cours pour son remplaçant, correction des copies du dernier devoir. Malgré toutes ses occupations, il ne parvenait pas à faire sortir de sa tête la discussion qu'il avait eu avec Kakashi durant la nuit.

Quelle réponse allait-il lui donner ?

Le ninja copieur se rendait au bureau des missions, d'un pas nonchalant et l'attitude débonnaire. Caché derrière son infâme livre, il faisait son bonhomme de chemin au travers des couloirs avec, dans la poche droite de sa veste, un rapport de mission qu'il aurait dû remettre il y a déjà plus d'une semaine. Il savait que cela mettrait en colère Iruka mais cela lui donnerait surtout l'occasion de le voir et de lui demander s'il avait prit une décision.

La petite conversation qu'ils avaient eu la veille, avait été très instructive pour le ninja copieur et n'avait fait que le conforter dans son choix. C'est vrai aussi, qu'il lui avait dit de prendre tout son temps pour réfléchir à sa proposition mais il n'y pouvait rien, il était trop pressé de connaître sa réponse. En espérant qu'elle soit positive.

Kakashi franchit le seuil du bureau. Les lieux ne désemplissaient pas depuis ces derniers mois. Une bonne partie du village était encore à reconstruire depuis l'attaque d'Orochimaru. De l'argent frais devait entrer dans les caisses de Konoha afin de financer les travaux.

De ce fait, tous les ninjas disponibles, encore valides, passaient la majorité de leur temps en mission, en dehors du village. Kakashi ne faisait pas exception à la règle, dans quelques heures, il devrait partir lui aussi. Le jônin voulait simplement avoir sa réponse avant de s'en aller.

Alors, lorsqu'il pénétra dans le bureau, il ne fut pas surpris du climat d'effervescence qui y régnait. Il en était toujours ainsi depuis l'attaque ; pourtant, il ne put cacher son étonnement quand il vit la longueur anormale des files d'attentes et s'aperçut que certains ninjas étaient au bord de la crise de nerfs.

Kakashi fronça le sourcil, même en période de grande influence, l'attente ne dépassait pas quelques minutes. Dans peu de temps, il y aurait du grabuge et il voulait connaître la réponse d'Iruka avant que les portes de l'enfer ne s'ouvrent sous ses pieds.

D'ailleurs, il ne comprenait pas pourquoi le chûnin n'avait pas encore réagi. En temps normal quand les choses étaient sur le point de déraper ou, dans le pire des cas, quand elles avaient déjà passées le point de non retour, le gentil et bienveillant professeur d'académie révélait une partie de sa personnalité des plus terrifiantes.

Le ninja copieur remonta alors la file d'attente, afin de connaître la raison de ce désordre mais son action provoqua un mouvement de protestions de la part de ceux qui attendaient. D'un simple regard assassin au-dessus des pages de son livre, Kakashi les réduisit au silence et s'avança tranquillement jusqu'au bureau où siégeait habituellement Iruka.

Il s'attendait à y trouver le jeune homme mais il eut la désagréable surprise de tomber sur un autre chûnin dont il ne parvenait pas à se souvenir du nom. Ce dernier avait les yeux rivés sur le rapport qu'un ninja venait de lui remettre.

"Iruka-sensei n'est pas là ?" demanda Kakashi au préposé qui remplaçait le professeur.

Le substitut d'Iruka ne prit même pas la peine de lever les yeux de son document, pour voir qui lui parlait.

"Iruka-sensei est en congé. A présent, veuillez regagner la file d'attente jônin-san," lui répondit-il sur un ton lassé.

"En congé ? Vous vous fichez de moi ?" gronda Kakashi en baissant lentement son paravent.

Quand le pauvre chûnin leva enfin les yeux, il devint livide lorsqu'il s'aperçut que, face à lui, se tenait le célèbre ninja copieur Hatake Kakashi, le génie au Sharingan.

"Je suis désolé, Kakashi-san mais le remplacement d'Iruka-sensei est un ordre direct émanant du Hokage," bredouilla-t-il d'une voix blanche.

"Du Hokage ?" répéta Kakashi incrédule.

L'autre se contenta de hocher la tête vivement pour confirmer sa réponse.

Pourquoi Tsunade avait-elle mis Iruka en congé ?

Elle devait avoir une idée derrière la tête, peut-être même l'avait-elle envoyé en mission. Le jônin referma son livre d'un claquement sec avant de le ranger dans la poche avant de son gilet puis laissa son rapport de mission derrière lui. Il quitta ensuite le bureau sans se soucier des regards qu'on lui jetait.

Son humeur, assombrie par cette déception, ne l'empêcha pourtant pas de remarquer l'homme qui venait de lui emboîter le pas et qui finit par l'interpeller.

"Hé, Kakashi ! Tu sembles... irrité."

Le ninja copieur reconnut immédiatement cette voix languissante. Il tourna la tête pour trouver l'un de ses collègues jônins marchant à côté de lui. Celui-ci mâchouillait un senbon et portait un foulard noué sur son front.

"Gemma," fit l'homme aux cheveux d'argent.

"Qu'est-ce tu lui veux à Iruka-sensei ?" poursuivit l'autre sans se soucier du ton ennuyé qu'il avait utilisé.

"Ce ne sont pas tes affaires."

"Iruka-sensei est un ami, tu sais. Si tu as un problème avec lui..."

Kakashi s'arrêta de marcher et scruta l'autre homme de son œil visible. Gemma s'était tu de lui-même, il n'aimait pas la façon dont le dévisageait son collègue shinobi.

"Encore une fois, Gemma, tu parles sans savoir. Si je me souviens bien, la dernière fois que tu t'es mêlé de ce qui ne te regardait pas, tu as fini avec un objet pointu enfoncé dans un endroit de ton corps qui ne voit jamais le soleil," répliqua Kakashi d'une voix étrangement trop calme.

Gemma déglutit difficilement à ce souvenir humiliant. Après cela, il n'avait pas pu s'assoir correctement pendant plusieurs semaines.

"Tu peux me croire quand je te dis que je pourrais te faire bien pire," ajouta le génie au Sharingan avec un sourire sournois sous le masque.

Il n'y avait aucun doute possible, il s'agissait bien d'un avertissement et il fallait être idiot ou complètement inconscient pour ne pas en tenir compte. Gemma préféra s'éloigner lentement de Kakashi sans lui tourner le dos. On ne savait jamais ce qui pouvait lui traverser l'esprit.

Iruka rentra à Konoha cinq jours plus tard. Il fit aussitôt son rapport à Tsunade, comme elle le lui avait demandé avant son départ. Après le débriefing, il rentra directement chez lui car, dès le lendemain matin, il devait reprendre du service. Il était fatigué, sale et profondément de mauvaise humeur rien qu'en pensant à la journée harassante qui l'attendait.

Normalement, il aurait dû avoir une journée de repos mais Tsunade lui avait fait comprendre que sa présence était requise, au plus vite, à l'académie. Apparemment, son remplaçant avait fait une dépression nerveuse. Iruka poussa un grognement, peut-être qu'on l'écouterait la prochaine fois quand il réclamerait une personne d'expérience.

Arrivé à son immeuble, il récupéra le courrier qui était dans sa boite aux lettres et grimpa lentement les trois étages qui menaient à son appartement. Il fouilla dans les poches de son uniforme pour y pêcher ses clés puis, après avoir formé quelques sceaux avec ses mains, il entra enfin chez lui.

Il se déchaussa puis jeta son courrier et ses clés sur la desserte placée à l'entrée. Il abandonna son paquetage dans la buanderie, avant de se diriger vers la salle de bain où il se fit couler un bain. Ensuite, il put plonger dans l'eau avec délice et s'y abandonner jusqu'à ce que celle-ci devienne froide. Lorsqu'il en sortit, il était bien plus détendu.

Il quitta la salle de bain, enveloppé dans un peignoir moelleux et la tête dans une serviette. Dans un premier temps, il ne vit pas l'homme qui était debout dans son salon et qui l'observait. C'est seulement au bout de quelques pas qu'il ressentit l'impulsion d'un chakra étranger dans sa maison. Étranger mais pas inconnu, puisque Iruka n'eut aucun mal à le reconnaître. Il se figea de stupeur et releva la tête : Kakashi était là.

"Kakashi-sensei ? Qu'est-que tu fais ici ? Comment es-tu entré ?"

Le chûnin était visiblement perturbé par sa présence, il ne s'attendait vraiment pas à le voir chez lui. Kakashi en était bien conscient mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Depuis le départ du jeune homme, il était venu chaque soir s'assurer si celui-ci n'était pas rentré. Plus que tout, le ninja copieur voulait une réponse. Sa réponse.

"Navré de faire irruption chez toi, aussi tardivement mais la fenêtre du séjour était ouverte."

Iruka fronça les sourcils. Il ne quittait jamais son appartement sans prendre quelques précautions. Les pièges et les sceaux protecteurs qu'il apposait chaque jour, en plus de fermer sa porte d'entrée à clé, étaient une garantie de sa tranquillité. Il avait apprit cela en devenant le tuteur de Naruto et maintenant que l'adolescent était parti, il redoublait de vigilance à cause de Konohamaru qui avait décidé de surpasser son modèle.

Alors, laisser la fenêtre de son séjour ouverte était une chose impensable. Le professeur ne savait pas s'il devait se montrer irrité devant le mensonge éhonté de Kakashi, ou bien être en colère contre lui pour s'être introduit par effraction dans son appartement.

"Ton congé s'est bien passé ?" reprit le génie au Sharingan.

Iruka plissa les yeux de confusion. Congé ? Le Hokage avait dû donner cette excuse pour expliquer son absence et éviter les questions.

"Oui... tr.. très bien merci," balbutia-t-il.

Le jônin s'approcha de lui si rapidement que le chûnin faillit tomber à la renverse.

"On dirait que ça n'a pas été de tout repos," dit l'homme plus âgé en passant son index sur le cou du jeune professeur, suivant ainsi une large coupure en train de cicatriser.

Iruka, incapable de bouger, frémit au touché. Il mit quelques instants avant de reprendre un certain contrôle.

"Je suis quelqu'un de très maladroit," expliqua-t-il en s'écartant lentement de Kakashi.

Sa présence et sa proximité le rendaient mal à l'aise, surtout depuis qu'ils avaient eu cette fameuse discussion, quelques nuits plus tôt. Il avait du mal à le regarder dans les yeux, sans se mettre à rougir comme une de ses élèves.

Voyant qu'il ne pourrait rien tirer du chûnin, même s'il se doutait que Tsunade l'avait effectivement envoyé en mission, Kakashi décida de revenir à des choses plus personnelles.

"Je suppose alors que tu as dû mettre ton congé à profit pour réfléchir à la proposition que je t'ai faite."

Bien sûr qu'il y avait réfléchit, il n'avait fait que ça.

"Eh bien… en fait…" commença-t-il.

Le jônin fronça le sourcil. Pourquoi hésitait-il autant à donner une réponse ?

"Tu as besoin de plus de temps ? A moins que tu n'aies peur d'accepter ?"

Bien sûr qu'il avait peur mais il n'y avait pas que ça. Il avait aussi envie de comprendre pourquoi.

"L'autre nuit… tu n'as pas répondu à ma question, Kakashi-sensei. Avant de te donner ma réponse, je voudrais connaître la tienne."

Flash-back : cinq nuits plus tôt

"Kakashi-sensei ? Qu'est-ce que…"

Le jônin ne lui laissa pas le temps de terminer et entra dans l'appartement sans attendre l'invitation du jeune professeur.

Iruka resta figé une seconde devant sa porte d'entrée, avant de se tourner vers son invité inattendu. Il lui fallut une seconde de plus pour se convaincre qu'il ne rêvait pas et que Hatake Kakashi se tenait bien au milieu de son salon, en pleine nuit.

Le jônin avait eu la présence d'esprit d'enlever ses chaussures et sa veste d'uniforme pour les laisser dans l'entrée mais l'eau de pluie continuait de goutter de ses cheveux et du reste de ses vêtements.

Le professeur d'académie referma la porte d'entrée puis s'éclipsa un instant dans sa salle de bain pour revenir avec une serviette sèche. Kakashi l'accepta volontiers et adressa un hochement de tête reconnaissant au chûnin.

Alors que le ninja copieur se séchait lentement, Iruka se demandait pour quelle raison le jônin était présent chez lui aussi tard dans la nuit. Il resta quelques instants devant lui en attendant une quelconque explication mais comme celle-ci ne semblait pas venir, il décida d'aller faire du thé. Il revint quelques minutes plus tard avec un plateau chargé d'une théière en fonte et de deux tasses en céramique.

"Qui y a-t-il de si urgent qui ne pouvait pas attendre demain ?" demanda le jeune professeur en déposant le plateau sur la table basse de son petit salon.

"J'ai besoin que tu me rendes un service, sensei," répondit Kakashi en s'asseyant sur le canapé aux côtés de son hôte.

"Un service ?" s'étonna Iruka tout en versant le thé dans les tasses.

"En fait… je crois plutôt que l'on pourrait se rendre service mutuellement, comme une sorte d'arrangement."

Les yeux du chûnin s'agrandir sous l'effet de l'effarement, alors qu'il tendait à son invité une tasse de thé.

En quoi pouvait-il être d'une quelconque utilité pour un ninja aussi puissant que Kakashi ?

L'œil visible du jônin détailla longuement le jeune professeur tandis qu'il prenait la tasse de ses mains. Iruka semblait épuisé, ce qui n'était pas vraiment étonnant, il l'avait suffisamment observé ce soir là pour savoir qu'il avait eu un sommeil agité.

"En quoi consiste cet… arrangement ?" reprit Iruka complètement inconscient de l'étude minutieuse à laquelle il était soumis.

Ses mains quittèrent ensuite celles de Kakashi, bien trop tôt vite au goût de ce dernier.

"J'aimerais prendre la place de Naruto auprès de toi," répondit celui-ci sans ambages.

Iruka ouvrit la bouche en grand et devint livide, visiblement choqué par ce qu'il venait d'entendre. Le jônin s'empressa aussitôt d'ajouter.

"J'ai bien remarqué que tu n'étais plus le même depuis que Naruto est parti de Konoha et je te propose seulement de prendre soin de quelqu'un d'autre à la place. Moi en l'occurrence… jusqu'à son retour bien entendu."

Iruka avait l'impression qu'on venait de lui lancer un seau d'eau froide en plein visage.

Avait-il bien entendu ? Kakashi lui proposait de remplacer Naruto ?

Devant le mutisme du professeur, le ninja copieur changea de tactique.

"Ne te méprends pas sur mes intentions, je te demande simplement de me donner un peu de ton temps et de ton affection, comme tu le faisais avec Naruto," reprit-il sur un ton qui se voulait apaisant.

Le premier choc passé, Iruka baissa le regard, il ne pouvait plus décemment regarder Kakashi dans les yeux. Il se passa une main sur son visage. Les implications d'une telle relation, s'il pouvait l'appeler ainsi, avec un ninja aussi puissant que Kakashi n'étaient pas anodines ; pourtant, s'occuper de Naruto et partager de la tendresse avec le jeune garçon, lui manquait atrocement.

"Comment peux-tu savoir ce que je ressens ? Est-ce que tu m'espionnes ?" demanda Iruka d'une voix blanche.

Le jônin baissa le regard sur la tasse en céramique qu'il tenait entre ses mains.

"Maa… pas besoin d'être un génie pour s'apercevoir que tu ne souris plus depuis que Naruto est parti."

Et c'était vrai, depuis le départ du gamin, Iruka ne souriait plus. Du moins, plus aussi sincèrement qu'auparavant. Parfois, il se sentait tellement seul qu'il en devenait malade. D'ailleurs, la journée d'aujourd'hui lui avait fait franchir un nouveau cap dans le mal-être qui s'était installé dans sa vie. Le jeune homme était simplement étonné que le ninja copieur s'en soit aperçu. Alors, l'utiliser comme palliatif… la proposition était plus que séduisante mais devait-il pour autant l'accepter ?

"J'ai besoin d'un peu de temps pour y réfléchir," répondit-il finalement.

Kakashi esquissa un sourire sous son masque. Il avait prévu une réaction de ce type. Iruka était quelqu'un de sensible, il n'avait pas dit oui mais il ne l'avait pas rejeté non plus. C'était déjà ça.

Le jônin reposa sa tasse de thé sur la table basse et se leva du canapé.

"Prends ton temps pour réfléchir mais pas trop non plus, je ne suis pas quelqu'un de très patient."

Puis il se dirigea vers la sortie où il récupéra ses affaires.

"Kakashi-sensei ?"

Le ninja copieur se retourna et fixa le jeune professeur de son œil visible.

"Pourquoi moi ? Pourquoi m'avoir choisi ?"

Iruka s'était à son tour levé du canapé. L'expression de son visage et de son regard reflétaient toute la détermination et la fermeté dont il était capable.

"Tu as l'embarras du choix, poursuivit-il, toutes les femmes de Konoha sont à tes pieds, tu n'as qu'à dire un mot pour que tu sois comblé de toutes leurs attentions. Alors, je tiens vraiment à savoir pourquoi tu m'as choisi, moi."

Kakashi demeura un instant silencieux avant de dire une dernière chose.

"Bonne nuit, Iruka-sensei, porte-toi bien."

Il quitta Iruka sans pour autant avoir répondu à sa question.

Fin du flash-back

"L'autre nuit… tu n'as pas répondu à ma question, Kakashi-sensei."

Le ninja copieur était venu chercher une réponse et l'indécision d'Iruka lui indiquait clairement qu'il n'était pas prêt à s'engager dans cet arrangement. Le jônin préférait quitter les lieux, il était évident que le jeune professeur ne voulait pas de lui.

"Bonne nuit, Iruka-sensei, porte-toi bien," dit-il en se dirigeant vers la porte.

Il n'avait pas pu masquer la déception dans sa voix.

"Attends ! Où vas-tu ? Je t'ai posé une question, la moindre des choses c'est d'y répondre !" s'exclama le chûnin exaspéré par le comportement puéril du shinobi d'élite.

"Tu sembles ne pas vouloir de ma compagnie," répliqua celui-ci sèchement.

Kakashi était blessé d'être rejeté une fois de plus.

"Je ne t'ai pas dit non," rétorqua Iruka avec agacement.

"Tu n'as pas dit oui, non plus."

Le chûnin ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la referma aussitôt. Il semblait hésiter à répondre, d'ailleurs, il commençait à rougir et son index grattait nerveusement sa cicatrice.

"J'ai beaucoup réfléchis à ce que tu m'as dit la dernière fois," dit-il enfin dans un murmure.

Kakashi se détourna de la porte. Il savait que le professeur était aussi prompt à la colère qu'à l'indulgence mais il était toujours aussi fascinant pour lui d'assister à ce brusque revirement.

"Je t'écoute," fit-il en s'approchant de lui.

Le jeune professeur resta en position pour faire face au jônin, nullement impressionné par le charisme de celui-ci. L'homme aux cheveux d'argent s'arrêta à seulement quelques centimètres du chûnin.

"Qu'avais-tu à me dire de si important, Iruka-sensei ?" chuchota lentement Kakashi.

Iruka faisait de son mieux pour conserver un semblant de contrôle sur lui-même. Le corps du ninja copieur si près du sien et l'impression de force qui s'en dégageait ne l'aidait pas vraiment à rester concentré. Bien malgré lui, il était quand même intimidé.

"Alors ? Ta réponse ?" s'enquit une nouvelle fois le jônin.

Kakashi commençait à perdre patience. Peut-être que ce n'était pas une si bonne idée, après tout. Peut-être avait-il surestimé la solitude du chûnin. Peut-être qu'il ne méritait pas qu'on prenne soin de lui.

"J'accepte."

Le ninja copieur sursauta de surprise. Avait-il bien entendu ?

"Tu… acceptes ?"

Iruka avait à peine acquiescé que Kakashi pressa son corps un peu plus contre le sien.

"Je veux... tout," lui murmura-t-il d'une voix rauque.

Le jeune homme déglutit. Il avait peur de demander.

"Tout quoi ?" balbutia-t-il.

Kakashi saisit les mains du chûnin avec douceur, elles étaient chaudes et tremblaient légèrement.

"Les mains d'un shinobi sont faites pour tuer, dit-il en portant celles du jeune homme à son visage masqué. Les tiennes, Iruka, ne dispensent que tendresse, affection et réconfort. C'est ce que je veux de toi. Tu es le seul de tous les habitants de ce village à offrir sans compter ce que je recherche."

C'est tout juste si Iruka prit la peine de respirer car il avait eu enfin la réponse à sa question.

"Je te donnerais ce que tu veux, lui répondit-il, mais il faudra respecter mes règles."

Kakashi le dévisagea avec curiosité. Quelles règles ?