Merci à Bouyachaka, Matsuyama, Titange013 et Hermy62 pour leurs encouragements ! Ça m'a fait super plaisir. :)
Blowyn : Aaargh j'avais complètement zappé (ce n'était absolument pas fait exprès)... Merci de me l'avoir fait remarqué ! Va falloir que je change ça du coup. ^
Le titre du chapitre vient de la chanson de Kim Wilde (personnellement je vous conseille la reprise de Glee, beaucoup mieux).
Chapitre 2 : You keep me hanging on
Set me free why don't cha babe ?
Get out of my life why don't cha babe ?
'Cause you don't really love me
You just keep me hanging on *
- Ron ?
De manière assez étrange, la seule pensée qui traversa l'esprit de Ron fut : pourquoi ai-je mis cet horrible t-shirt "Canons de Chudley" ? Ce n'était d'ailleurs pas une pensée tout à fait normale, dans la mesure où il avait toujours assuré, devant les commentaires acerbes de Harry et Hermione, que ce t-shirt était magnifique et lui allait parfaitement.
Cette dernière se tenait face à lui, une valise à la main. Elle n'avait pas tellement changée, à part un air un peu fatigué, ce qui aurait été étonnant en seulement dix-neuf jours, mais Ron avait passé tellement de temps à penser à elle et à l'imaginer que forcément la réalité était différente. Beaucoup mieux en fait. Ses cheveux étaient plus courts, ce qui lui donnait l'air plus âgé, plus... féminin. Il avait des sensations bizarres rien qu'en regardant ses yeux chocolats.
Comme un silence gêné s'était installé entre eux, Ron fit la première chose qui lui passa par la tête : prendre sa valise et l'inviter à entrée d'un grognement. D'un grognement. Il se serait volontiers mis des baffes s'il n'avait pas eu peur de paraitre encore plus stupide en le faisant. Voilà dix-neuf jours qu'il pensait à tout ce qu'il pourrait lui dire et il se comportait comme Haggrid - voir Graup.
- Euh, bonjour quand même, fit Hermione assez déçue.
- 'jour, répondit Ron.
C'était déjà un peu mieux. A cet instant, Molly débarqua et Ron fut poussé sans ménagement par sa mère qui serra Hermione à l'en étouffer.
- Oh, Hermione nous sommes si contents de te voir ! Mais un peu surpris, pourquoi n'as tu pas prévenu ? Enfin, tu es toujours la bienvenue.
Hermione tenta de répondre quelque chose mais ces mots furent étouffés par l'étreinte de Molly.
- Lâche là, maman, tu l'empêches de respirer.
Hermione, enfin libérée de Mme Weasley, lança un regard reconnaissant à Ron qui en devint un peu plus rouge que d'habitude.
- Vous n'avez pas reçu mon hibou ?
Harry, qui s'était approché pour lui dire bonjour, intervint :
- Euh désolé Hermione, je pense que c'est à cause de toutes les lettres que je reçois. Elle a du se perdre dans la masse.
Molly évacua la question d'un grand mouvement de main tandis que la jeune fille prenait son meilleur ami dans ses bras au grand dam de Ron.
- Tout va bien, Hermione dormira dans la chambre de Ginny comme d'habitude.
Harry et Ginny échangèrent un regard dépité ce qui énerva encore plus le frère de cette dernière. Toute la troupe rentra dans le terrier et Ron resta à la porte, la valise d'Hermione dans les mains. Il se sentait stupide, malheureux et déçu ce qui n'était pas un mélange très agréable. Pourquoi Hermione le traitait-il comme une simple connaissance ? Il ne savait pas à quoi il s'était attendu mais certainement pas à cela. Dans son imagination Hermione se jetait à ses pieds en lui demandant pardon et ils finissaient par s'embrasser passionnément. La réalité était bien trop différente à son goût.
Il monta la valise d'Hermione dans la chambre de Ginny ; quand il en descendit tout le monde s'était attablé et la brune racontait son voyage en Australie à un public captivé, notamment Arthur qui la bombardait de questions sur les moldus australiens. Le sort s'acharnant, Ron remarqua que la seule place disponible était en face d'elle, entre Harry et Luna.
Le jeune homme passa le pire repas de toute sa vie. Il fit tout son possible pour croiser le regard d'Hermione ou lui parler et cette dernière fit tout le sien pour l'éviter. La situation commençait à être ridicule et franchement énervante. Bien évidemment, pour ne rien arranger, Luna était partit dans un long monologue sur le Huruk Joufflu, créature très probablement inexistante, et Ron fut forcé de l'écouter d'un air poli et attentif.
La soirée se finit dans le salon et Arthur débouchât même une vieille bouteille de Whisky pur feu. Hermione, Harry et Ginny étaient parti dans une grande discussion enflammée sur la reconstruction du ministère. Ron, que le sujet ne passionnait pas plus que cela, buvait son whisky à petite gorgée pour se donner bonne contenance. Il se contenta de fixer Hermione dans l'espoir qu'elle réagirait. Même si ce plan n'était pas très brillant c'était le seul qui lui était venu à l'esprit. Ce fut un échec total et il ne récolta que quelques regards pénétrant de Ginny qui avait l'air d'en savoir beaucoup plus qu'elle ne voulait bien l'avouer.
Les invités repartis, chacun remonta dans sa chambre et Ron s'affala dans son lit avec un bruit sourd, ce qui provoqua le rire de son meilleur ami.
- Franchement, Ron je crois que tu as un peu trop bu.
Le roux grogna puis se redressa en fixant le brun à lunette.
- J'en ai marre, dit-il abruptement. Je ne comprends rien aux femmes.
Harry eut un regard compréhensif.
- C'est Hermione c'est cela ? Je savais que tu m'en parlerais mais franchement je ne sais pas trop quoi te dire. Cela ne lui ressemble pas du tout. Dans ses lettres, elle disait simplement qu'elle devait réfléchir et que tout s'arrangerait probablement à son retour.
- Quelles lettres ? fit Ron avec un regard noir.
Comprenant sa gaffe, Harry tenta de faire machine arrière.
- Aucune, je veux dire... enfin... si peut-être une seule.
- QUELLES LETTRES ?
Il capitula devant le regard déterminé de son meilleur ami.
- Elle a écrit à Ginny.
- Souvent ?
- Tous les jours... grimaça Harry.
Le sang de Ron ne fit qu'un tour devant la confirmation de ce qu'il soupçonnait déjà. Alors comme cela elle s'isolait à l'autre bout du monde pour "oublier toute cette histoire" mais écrivait tout les jours à sa sœur ? Il devait se rendre à l'évidence c'est lui qu'elle voulait oublier. La vérité c'est qu'Hermione n'avait absolument aucune envie d'être avec lui et considérait sûrement leur baiser comme une erreur. Simplement, elle ne savait pas comment lui dire, ce qui était de la pure lâcheté. Ou peut-être avait-elle pitié de lui parce qu'il venait de perdre son frère. De toute façon il n'y avait qu'une seule façon d'en avoir le cœur net.
Il ouvrit violemment la porte et dévala les deux étages qui le séparaient de la chambre de Ginny, Harry sur ses talons.
- Ron ne fait pas ça, le supplia son meilleur ami, tu n'es clairement pas dans ton état normal.
Il n'en eu cure et enfonça la porte de Ginny plus qu'il ne l'ouvrit. Finalement, c'était assez agréable de se défouler après toute cette frustration accumulée. Bien heureusement pour lui, Ginny était dans la salle de bain à cet instant et il ne vit qu'Hermione en pyjama qui le regardait avec un air effaré. Il eut bien un soupçon d'hésitation, mais sa colère reprit vite le dessus.
- Toi ! fit-il assez théâtralement en la pointant du doigt, très fier de lui sur le moment.
- Ron, je...
- LAISSE MOI PARLER ! hurla-t-il. Ça te plait de m'ignorer pendant trois semaines, de m'envoyer un seul hibou et de me laisser poireauter pendant que mademoiselle bronze en Australie !
Hermione, pétrifiée par sa colère n'osait pas répondre, ce qui énervait encore plus Ron.
- MAIS REPONDS MOI ! Pourquoi tu m'ignores comme ça, tout ce qu'on a vécu tout les deux ça ne signifie donc rien pour toi, JE ne signifie donc rien pour toi ? Tu n'es qu'une énorme lâche Hermione, même pas capable de me le dire en face !
La scène ressemblait de manière troublante à celle qu'il avait eu lieu l'année dernière lorsqu'il les avait trouvé grâce à l'Éteignoir, sauf que les rôles étaient inversés. Tout en criant de plus belle, il l'avait attrapée par le bras et avait commencé à la secouer sans ménagement. C'était décidemment beaucoup plus facile que de la regarder en face.
- Arrêtes tout de suite ! cria Ginny dans son dos.
Harry, complètement dépassé par la situation, était allé chercher la rousse qui venait de débouler dans la pièce. Ron se retourna vers elle, écumant de rage.
- Ne te mêles pas de ça !
Ginny répliqua en lui lançant un maléfice de Chauve-Furie particulièrement efficace. Il se retrouva entouré de chauves-souris le harcelant sans relâche.
- Libère moi du maléfice ! pesta Ron tout en battant des bras au dessus de sa tête pour se débarrasser des volatiles.
Elle dut le faire car les oiseaux disparurent et Ron se retrouva bêtement au milieu de la chambre, tandis que Ginny tenait Hermione au bord des larmes dans ses bras.
- Harry occupe toit donc du grand crétin qui me sert de frère.
Harry dut avoir un mouvement d'impuissance car la rousse grommela quelque chose qui ressemblait fort à "les garçons, vous ne servez vraiment à rien" avant d'attraper Ron par la manche et de le trainer jusqu'à la salle de bain.
Elle se contenta ensuite de le regarder en haussant les sourcils tandis qu'il essayait de reprendre le peu de contenance qui lui restait. Il aurait presque préféré qu'elle lui hurle dessus. Quant à lui, rien que le fait de voir Hermione pleurer lui avait ôté toute velléité.
- Je suis désolé, marmonna-t-il.
C'était quand même incroyable l'influence que Ginny avait sur eux tous, parfois il plaignait même Harry, qui ne devait pas rigoler tout les jours. La rousse soupira, compréhensive.
- Ecoute Ron, je comprends que ce ne soit pas facile pour toi mais il faut aussi que tu comprennes l'état d'esprit d'Hermione.
Ron l'écoutait, incroyablement attentif. Après tout sa sœur était une fille, elle devait s'y connaitre un peu plus que lui.
- Tu la connais, elle a tendance à tout rationnaliser, du coup elle ne sait pas trop comment se comporter avec toi. Bien sûr qu'elle tient à toi mais tout s'est passé dans des conditions tellement particulière que finalement elle se sent un peu perdue, et on ne peut pas dire que tu es beaucoup fait pour la rassurer sur tes sentiments.
Elle jeta un regard perçant à son frère.
- Tu lui a envoyé des hiboux M. je-me-plains-qu'on-m'ignore ?
Devant l'air de Ron, elle en conclue fort justement que non.
- C'est bien les garçons ça, toujours à se plaindre mais sans lever le petit doigt !
Il y eut un silence et Ginny reprit d'une voix plus douce.
- Elle a peur de perdre ton amitié, c'est à toi de lui prouver que tu es sérieux et qu'elle peut compter sur toi.
Elle avait raison. Bien sûr qu'elle avait raison. Le Ron que Hermione avait embrassé dans les couloirs de Poudlard venait d'arracher des crochets de basilic pour sauver le monde magique. Ce n'était certainement pas l'épave qu'il était depuis quelques jours.
Il allait tout simplement la reconquérir et c'était le premier projet concret qu'il formait depuis dix-neuf jours.
à suivre...
* Libère-moi, pourquoi ne le fais-tu pas chéri ?
Sors de ma vie, pourquoi ne le fais-tu pas chéri ?
Car tu ne m'aimes pas vraiment
Tu me fais m'accrocher à toi
