Chapitre 1 : un nouveau départ

*Ce voyage en train est d'une longueur effarante* songea t'elle alors qu'elle tentait de croquer le paysage qui défilait sous ses yeux en vain, le train filait si vite qu'elles ne voyait que des images floues, de temps à autre elle apercevait des moutons, quelques vaches au loin, souvent c'était des collines broussailleuses et des landes désertiques, le paysage était joli, certes, mais il n'y avait rien à dessiner qui rende quelque chose de sympa au crayons noir. Ce premier jour de cours était déjà un désastre total à ses yeux.

Sa mère n'avait même pas daigné l'accompagner jusqu'au Poudlard express, seulement quelques jours qu'elle était mariée et déjà elle passait son temps scotchée à son prétentieux second époux, folâtrant de soirées mondaines en brunchs ennuyeux et tout aussi collet monté que celui-ci, la vraie vie de grande dame pleine de luxe et d'amusement telle qu'elle en avait toujours rêvé et qu'elle n'avait jamais vraiment vécu auprès de son premier époux qui avait toujours été quelqu'un de réservé. Certes elle l'avait beaucoup aimé son Comte plein de charme et d'humour, la passion avait même été au rendez-vous au début de leur union, mais ils c'étaient mariés si jeunes, qu'au fil des ans ils avaient grandis dans deux directions différentes. Elle avait été peinée du décès de celui-ci mais cela ne l'avait pas ravagé comme cela avait ravagé sa fille… il avait été son ami, son mari mais ne lui avait jamais vraiment apporté la vie mondaine dont elle aurait rêvé. A présent elle avait une occasion de rattraper le temps perdu. Son nouveau mari était un homme très séduisant et surtout très riche, de nombreuses femmes lui enviait cet époux rendu à nouveau libre suite à son divorce retentissant qui avait fait jaser un grand nombres de familles de sang-pur dans la haute société sorcière, ce dont celui-ci n'avait cure, à coup de regards glaciaux, il faisait taire tous les commentaires désobligeants et sa fortune faisait le reste. On n'en voulait pas longtemps à quelqu'un de si influant…pire, sans doute la pauvre femme répudiée avait elle fait quelque chose d'horrible pour avoir dû subir une telle honte, les cancans allaient bon train.

C'est donc avec son « demi-frère » tout récent qu'elle avait dû affronter cette première journée, a l'image de son père, il était tout bonnement à tomber, physiquement rien à redire, de quoi même lui faire regretter à première vue d'être sa « sœur » et pas une petite amie potentielle…mais dès qu'il ouvrait la bouche c'était autre chose…il était froid, prétentieux et condescendant comme son paternel, voire pire, le père ne faisait que l'ignorer tandis que lui semblait la haïr pour une raison inconnue. Il l'avait emmené à la gare en transplanant, la trainant avec lui dans ce déplacement qui lui avait filé la nausée, avait filé droit avec son chariot vers le quai 9 trois quart et sans lui laisser le temps de dire ouf avait traversé, elle avait bien été obligée de suivre en priant pour que cela ne soit pas une farce et qu'elle n'allait pas s'exploser le nez sur celui-ci devant tout le monde…mais non elle c'était retrouvée sur le quai ou l'autre abruti imbu de sa personne avait rejoint ses amis en la plantant là, sans la présenter à qui que ce soit, juste comme ça !

Elle avait du se débrouiller pour charger ses affaires à bord, pour se trouver une place libre quelque part, alors que tous les autres hormis les petits de première année étaient en groupe déjà préformé par les années précédente, elle était la seule fille de 15 ans à être vraiment toute seule, à ne connaître personne, de plus elle ne savait pas vraiment ce qui arriverait une fois à l'école. On lui avait dit qu'elle serait répartie dans une des maisons du château, son beau-père lui avait d'ailleurs laissé entendre que Serpentard était le seul choix acceptable pour elle, elle ne connaissait pas ces « maisons » mais elle était tiraillée entre l'envie d'aller n'importe où ailleurs juste pour le contrarier et l'envie d'aller là-bas pour être tranquille tout simplement.

La nuit commençait à tomber sur le paysage environnant lorsqu'elle commença à apercevoir de hautes tours derrière les arbres au loin, l'agitation se fit aussi sentir dans le wagon, certains se levaient même pour rassembler leurs affaires, elle commença alors à stresser pour de bon, devait elle se rendre à un endroit précis pour être répartie, devait elle contacter quelqu'un, devait elle se joindre aux petits de première année même si elle entrait en 5ème ? Elle n'eut pas longtemps à se poser des questions car alors qu'elle rangeait son matériel de dessin quelqu'un tapa sur son épaule doucement.

« Excuses moi…es-tu… » la rouquine aux grands yeux verts rieurs qui se tenait devant elle regarda sur le parchemin qu'elle tenait à la main.

« …Ysaure de Fersen ? » ajouta t'elle en levant son regard renversant sur elle.

« Euh….oui »

« Ah je t'ai trouvée, il me semblait bien que je ne t'avais jamais vue avant ça, mais je parle je parle et j'en oublie mes bonnes manières…je me présente, Lily Potter, préfète de Gryffondor, on m'a demandé de t'aider à ton arrivée et de te diriger vers la répartition, tu dois donc prendre tes affaires et me suivre, j'ai beaucoup de travail donc surtout ne me perds pas de vue tu veux ? »

La fille avait dit tout ça d'un trait, sans respirer ou presque et d'une voix douce mais puissante, Yzzie se contenta de la dévisager bouche bée avant de percuter…

« P…Po…Potter ? »

Lily leva les yeux au ciel et soupira...

« Oui Potter comme…c'est mon père ! Bon passons, tu viens ? »

Elle n'eut pas d'autre choix que la suivre avec tout son bazar.

Plus tard dans la journée...

"Une journée épuisante..." griffonna t'elle sur son carnet de croquis avant de dessiner sans y penser quelques un des évènements de celle-ci comme quelques flash-back gribouillés à la va vite tout en re-songeant à tout cela.

Tout d'abord le voyage en calèche sans cheval l'avait quelque peu déboussolée, ok elle avait l'habitude de la magie, étant née dedans jusqu'au cou mais bon jamais elle n'avait vu ce genre de mode de transport, la préfète lui avait dit que c'était en fait des sombrals qui faisaient office de chevaux et elle n'avait su comment réagir à cette annonce, ces créatures magiques avaient très mauvaise réputation...mais en même temps elle était vraiment curieuse à ce sujet et cela l'emportait sur l'appréhension qu'elle pouvait ressentir.

Ensuite elle avait découvert la manificiance du château à proprement parler, de loin il avait l'air plus petit...enfin non il avait l'air grand mais quand on se trouvait à son pied il était carrément colossal! Puis la beauté du grand hall et de la grand-salle où elle avait dû affronter la répartition au milieu des premières années alors que toute l'école la dévisageait comme une chouette épileptique, ok on ne devait pas tous les jours croiser des 5ème année encore non répartie mais bon l'éducation de ses petits anglais laissait vraiment à désirer par Merlin! Avec soulagement et agacement à la fois elle fut répartie chez les Serpentard, ou elle fut accueillie avec effusion d'applaudissement et des regards obliques et curieux tandis que son "adorable demi-frère" ne daignait même pas lui accorder le moindre signe ni la moindre attention, tant mieux! Elle aurait la paix! Décidément lui et son père étaient vraiment deux snobinards de la plus belle espèce et jamais elle ne pourrait s'entendre avec eux. Dommage qu'elle doive le côtoyer sans arrêt au sein même de leur salle commune.

Finalement elle avait été affectée à une chambrée ou deux des 4 autres filles étaient plutôt avenantes et accueillante et ou les deux autres étaient justes des harpies insupportables, l'année scolaire allait être pénible c'était déjà un fait avéré...mais cela aurait pu être pire! Là, elle profitait du silence de la salle commune après le couvre-feu pour se remémorer tout cela et s'adonner à sa passion tranquillement et ça, cela faisait un bien fou!

Alors qu'elle finissait de crayonner ce satané choipeau, elle entendit la porte de la salle s'ouvrir et se retourna en sursautant, elle qui pensait être tranquille, allait-elle se faire gronder par le préfèt de sa maison pour trainer si tard? Elle grimaça lorsqu'elle aperçu Scorpius qui la jaugeait du haut de son mètre 87 tout en insolence et en prétention.

"Tiens tiens...tu ne devrais pas dormir à cette heure? Demain tu ne parviendras pas à te lever, c'est bien connu que les fillettes ont besoin d'au moins 10 heures de sommeil par nuit!" décocha t'il avec une expression moqueuse sur le visage. Merlin ce que ce mec pouvait l'agacer! Non mais comment sa mère pouvait elle le supporter? Elle lui serinait sans cesse "Ton frère est si élégant...ton frère est si charmant...ton frère..." comme si c'était son frère tiens déjà! Il n'avait aucune goutte de sang en commun et elle s'en portait très bien comme ça!

"J'ai toujours fait ce que je voulais jusque là, ne crois pas te mêler de ma vie parce que ton père couche avec ma mère" lança t'elle dédaigneuse en retournant à son dessin sans pour autant répondre à sa provocation.

Elle ne vit pas le rictus haineux qui déforma son visage carré et sa bouche charnue, ni l'éclat malveillant qui passa dans son regard gris acier.

"Il faut dire qu'à part ça je ne vois pas ce qu'il pourrait avoir envie de faire avec elle, Constance est divinement érotique et à un cul à faire damner un saint mais pour ce qui est de l'intelligence et de l'élégance on repassera" répliqua t'il d'une voix mélliflue.

Ysaure se leva d'un bond en brandissant sa baguette mais n'eut le temps de rien faire que déjà d'un informulé il l'avait désarmé.

"Trop prévisible ma chère" dit-il en faisant un pas vers elle alors que sa baguette atterrissait dans un bruit sourd près de l'âtre à trois bon mètres de là. Il rangea lui-même la sienne dans sa manche alors qu'il arrivait juste devant elle en la dépassait d'une bonne tête et demi.

"Sale cafard pathétique, ne parle jamais de ma mère!"* dit-elle en français, elle se débrouillait bien dans la langue de Shakespeare mais avait tendance à repasser à celle de Molière lorsqu'elle était énervée.

"Je me demande si elle crie dans la jouissance, il me faudra vérifier cela"* répliqua t'il dans un français tout aussi parfait bien que troublé par un accent à couper au couteau.

Le poing d'Ysaure tenta d'atteindre son nez droit pour le réduire en bouillie mais il fut intercepté par sa main puissante et elle fut coupée net dans son élan par l'éclat de son regard gris posé sur elle et son rictus moqueur, ce mec était un malade et il commençait à lui faire peur. Elle tenta de se dégager pour se mettre le plus loin possible de lui, en sécurité mais elle ne put aller bien loin, celui-ci lui tordit le bras derrière le dos en lui arrachant un petit cri aigu de douleur avant de se coller contre elle et de caresser sa joue avec sa main libre.

"Quel interessant petit jappement, toi aussi tu dois crier quand tu jouis, et empourprer joliment ce visage angélique et faussement chaste...ces petites tâches de rousseur discrètes qui ornent ton nez et qui sont si charmantes et te donne cet air mutin virent elle au cramoisi elle aussi?"

Elle ne put s'empêcher de frémir de frayeur, elle était seule ici avec lui, désarmée, il la tenait prisonnière en ses bras et elle ne savait pas trop ce qu'il pouvait avoir en tête, elle espérait qu'il tentait juste de lui faire peur mais était-ce vraiment ça?

"Lâche-moi Scorpius! Ou je te jure que je hurle"

Il resserra sa prise sur elle en plaçant sa main libre autour de sa taille et la souleva légèrement pour qu'elle fût sur la pointe des pieds.

"Tu vas vite apprendre à ne pas me défier, à me parler avec respect et à te comporter avec moi comme tu le dois, avec déférence c'est bien compris petite idiote? Ou je pourrais te faire tout ce que je veux, ici je suis dans MON royaume, je suis le prince, tout le monde me respecte et m'obéis, tu n'as aucune chance face à moi et mon bon vouloir compris petite chatte? Ou je pourrais avoir envie de te faire ronronner de plaisir devant toute la maisonnée et personne ne bougerait le petit doigts!" dit il sur un ton glacial, son visage déformé par la haine à deux centimètres du sien.

"Tu es un malade mental voilà ce que tu es, lâche moi ou j'informe ton père" tenta t'elle de dire d'une voix assurée.

"Oh mais fait donc je t'en prie" clama t'il avec un rictus encore plus glaçant avant de coller ses lèvres aux siennes pour lui arracher un baiser avant de la relâcher en riant comme un fou, elle n'attendit pas une seconde de plus et s'enfuit en courant vers le dortoir des filles sans demander son reste, lorsqu'elle arriva dans la chambre elle se jeta sur son lit et ferma les rideaux sombres de son baldaquin avant de se mettre à trembler de façon incontrôlable. C'est en pleurant, le corps traversé de spasmes et de hoquets qu'elle s'endormit finalement toute habillée, persuadée d'être en sécurité au moins ici puisque les garçons ne pouvaient pas monter jusque là.

Quand elle se réveilla le lendemain matin un peu calmée mais pas du tout reposée et qu'elle sorti de son lit elle trouva à côté de celui-ci sa baguette et son carnet de croquis posés sur le sol et la peur l'assaillit à nouveau...