Bonsoir bonsoir ! Tout d'abord, merci à tous-tes de donner une chance à cette histoire. Quel bonheur d'être de retour dans le fandom ! Si vous vous questionniez à propos de la longueur de cette ff, j'ai une quinzaine de chapitres de premier jet et j'en prévois une bonne trentaine (pourquoi je me fais ça, sérieux). Je me répète, je termine toujours ce que je commence.

Merci à Serelya Prongs, Babylon, Adenoide, Anon et Muntittra (heureuse de te retrouver !) pour leurs reviews anonymes :D

Précédemment : La Forêt Interdite pousse Draco à retourner sur ses pas et à faire boire le sang de la licorne à Harry. Avant de repartir dans les bois, Firenze lui fait un petit speech sur le Destin des sorciers, la dette de vie que Harry a envers lui et le fait que la licorne les ait peut-être bénis. Mais Draco et Harry décident d'ignorer l'incident...


HIBRIDAE

TROISIÈME ANNÉE

Chapitre 2 : Détraqueurs et Hippogriffes

"C'est sûrement le pudding"


1er septembre 1993 – Grands escaliers de Poudlard

– Tu t'es évanoui, Potter ? C'est vrai ce que dit Londubat ? Tu t'es vraiment évanoui ? demanda Draco, en écartant Granger d'un coup de coude pour barrer le chemin à Potter sur les marches.

Le Survivant avait l'air agacé, comme à chaque fois qu'il avait affaire à Draco, mais ses sourcils froncés et sa grimace ne cachaient pas son teint verdâtre.

Draco savait qu'il fallait un certain temps pour se remettre d'une rencontre avec un Détraqueur. Lui-même n'avait pas du tout apprécié l'expérience dans le train, il se sentait encore un peu nauséeux.

Mais il n'avait jamais entendu parler d'une personne perdant connaissance à cause des gardiens d'Azkaban. Est-ce que l'évanouissement de Potter avait un rapport avec le sang de licorne ?

Draco plissa des yeux, cherchant un indice dans les cernes et les joues creuses de son rival. Potter n'avait jamais été bien épais, mais il semblait avoir perdu du poids durant l'été...

– Dégage, Malfoy, soupira Weasley, en se plaçant devant Potter.

– Toi aussi, tu t'es évanoui, Weasley ? lui demanda Draco, en camouflant son intérêt par un reniflement hautain.

Peut-être que Potter n'était pas le seul à être tombé dans les pommes, peut-être que le Détraqueur qui avait inspecté son compartiment était seulement très puissant ?

Toutefois, Draco n'en sut jamais rien. En effet, le professeur aux habits miteux, celui qui dormait dans le train, crut bon de s'interposer.

Draco le toisa du regard. Entre sa robe rapiécée, sa vieille valise et sa voix fourbement douce, l'inconnu ne lui faisait pas bonne impression. Il aurait pu mettre sa baguette au feu que cet homme n'était pas un ami des Serpentards.

Draco adressa un dernier sourire suffisant aux trois Gryffondors et au nouveau professeur, puis il monta l'escalier en faisant signe à Crabbe et Goyle de le suivre. Son pas manqua de naturel sur plusieurs mètres, car il avait la désagréable impression que quelqu'un – Potter – le suivait ou le fusillait du regard.

xXxxXxxXx

2 septembre 1993 – Grande Salle

Le lendemain, lorsque Harry, Ron et Hermione descendirent dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, ils virent Malfoy qui racontait une histoire apparemment désopilante à tout un groupe de Serpentards. Quand ils passèrent devant lui, le blond fit semblant de s'évanouir avec de grands gestes ridicules. Tout le monde éclata d'un rire tonitruant.

– Ignore-le, dit Hermione. Il n'en vaut pas la peine.

– Hey, Potter ! cria Pansy Parkinson de sa petite voix aiguë. Potter ! Les Détraqueurs arrivent, Potter ! Wouuuh !

Harry avait-il imaginé l'expression irritée de Malfoy, quand Parkinson s'était lancée dans son petit numéro ? Et maintenant, le blond ne le fixait-il pas avec un peu trop d'impatience, comme s'il attendait une quelconque réponse de sa part ? Mais qu'y avait-il à répondre à ça, sérieusement ?

Harry venait à peine de se lever qu'il avait déjà envie de retourner se coucher. A la table de Gryffondor, il se laissa tomber sur le banc à côté de George avec un soupir.

– Qu'est-ce qui t'arrive, Harry ? lui demanda ce dernier en faisant passer les emplois du temps des troisièmes années.

– Malfoy, répondit Ron pour Harry.

George leva les yeux vers la table de Serpentard et vit Malfoy qui faisait à nouveau semblant de s'évanouir de terreur.

Harry avait du mal à croire que cela puisse vraiment le faire rire. Le Serpentard devait avoir une intention cachée, il ne pouvait pas être aussi idiot...

– Ce petit crétin, grimaça George. Il faisait moins le fier, hier soir, quand les Détraqueurs sont venus fouiller notre côté du train. Il s'est réfugié en courant dans notre compartiment, hein, Fred ?

– Il a failli se faire dessus, dit Fred, en jetant un coup d'œil méprisant à Malfoy.

– Je n'étais pas au meilleur de ma forme non plus, admit George. Ils sont affreux, ces Détraqueurs...

– Comme s'ils te gelaient les entrailles.

– Mais vous ne vous êtes pas évanouis, vous ? demanda Harry à voix basse.

Pour le rassurer, les jumeaux lui racontèrent la fois où leur père, Arthur Weasley, avait été obligé d'aller à Azkaban. Il en était revenu tout faible et tout tremblant.

– On verra bien si Malfoy sera toujours aussi joyeux à la fin de notre prochain match de Quidditch, sourit Fred avec malice, en donnant un coup de coude à Harry. Gryffondor contre Serpentard, première rencontre de la saison !

Harry lui rendit son sourire. Même s'il ne comprenait pas comment fonctionnait Malfoy et ce que le Serpentard voulait au juste, il avait toujours très, très hâte de le battre sur le terrain de Quidditch.

Et ce sentiment, au milieu de tous ceux qu'il ne parvenait pas à identifier, au milieu de la myriade d'émotions qui le traversait chaque fois qu'il pensait à Malfoy, était comme un feu de cheminée et une paire de pantoufles pendant un soir d'orage.

Quand Ron, Hermione et Harry passèrent devant la table de Serpentard en quittant la Grande Salle, Malfoy fit encore une fois semblant de s'évanouir.

Harry ne voulait pas croire que Malfoy puisse être assez stupide pour s'amuser à répétition de son évanouissement, surtout si les Détraqueurs l'avaient lui aussi affecté. Malheureusement, il n'avait aucune idée de ce que le blond pouvait chercher à accomplir d'autre.

xXxxXxxXx

Parc de Poudlard

Après le déjeuner, Harry ne traîna pas dans le château. Il avait besoin de s'aérer l'esprit. Merlin soit loué, son après-midi débutait par un cours de Soins aux créatures magiques, à l'extérieur donc.

Sa première matinée de classe de l'année – Divination et Métamorphose – avait réussi à le mettre K.O. Le Sinistros dans sa tasse de thé, la légèreté avec laquelle McGonagall avait balayé le présage de mort et la dispute entre Ron et Hermione avaient eu l'effet d'un mini cyclone qu'il se serait pris en plein dans la face.

D'abord Sirius Black, qui s'était échappé d'Azkaban pour le tuer et venger son maître, Voldemort, ensuite les Détraqueurs dans le Poudlard Express qui avaient tenté d'aspirer son âme, et maintenant la prédiction de son très prochain décès ?

Est-ce que c'était cela, une vie maudite ? Une existence accablée de dangers et de malheurs ? Ou est-ce que ce tout ce qui était arrivé à Harry depuis l'incident dans la Forêt Interdite n'avait aucun lien avec la licorne et était simplement la faute à pas de chance ?

Était-ce le Hasard qui gouvernait sa vie ou la Fatalité ?

Que ce soit l'un ou l'autre, Harry aurait bien aimé lui demander des comptes. En effet, quand Ron, Hermione et lui arrivèrent près de la cabane de Hagrid, ils aperçurent trois silhouettes familières avec des écharpes vert et argent.

Évidemment, il fallait que ce soit un cours commun avec les Serpentards. Comme s'il n'avait pas assez vu Draco Malfoy hier soir et ce matin au petit-déjeuner.

Comme s'il n'avait pas assez de problèmes dans sa vie pour que l'incident dans la Forêt se rappelle gentiment à son bon souvenir.

xXx

– Ça va, Draco ? s'enquit Goyle doucement, une main posée sur le bras du blond. Tu es tout pâle. Plus que d'habitude, je veux dire.

– Oui, ça va... J'ai juste... mal au ventre, improvisa Draco, en se pliant en deux avec une grimace.

Il remua l'épaule pour que Goyle lâche son bras. Il n'aimait pas qu'on envahisse son espace personnel.

– C'est sûrement le pudding, intervint Crabbe, songeur. Rien que d'y repenser et...

– C'est à cause du pudding que tu es resté vingt minutes aux toilettes ? le coupa Goyle en se détournant de Draco, afin d'observer son autre ami avec inquiétude.

– Tu croyais que je faisais quoi, me repoudrer le nez ?

– Désolé de pas penser en détail à ce que tu fais quand tu es aux toilettes, Vincent.

Draco leva les yeux au ciel, mais ses deux camarades ne faisaient plus attention à lui. Tant mieux, tout compte fait. Il n'avait pas envie de partager avec Crabbe et Goyle la véritable raison de son mal-être. De toute façon, il allait déjà mieux.

Quand Hagrid leur avait demandé de le suivre et qu'il s'était dirigé vers la Forêt Interdite, une sueur glacée avait coulé dans le dos de Draco. Même en journée, il ne voulait plus jamais y remettre les pieds. Il devait être fou, mais il était persuadé que s'il y retournait, les arbres allaient se refermer derrière lui et qu'il allait se perdre dans les bois pour toujours.

Heureusement pour Draco, le garde-chasse était resté en bordure de la forêt. Le cours aurait donc lieu à la lisière des bois, là où les arbres étaient séparés les uns des autres par une distance respectable et où le soleil de septembre éclairait le sol sans difficulté.

Le Serpentard respira un grand coup. Il laissa échapper un petit rire exalté. Oui, il se sentait mieux. Sa crise de panique était derrière lui.

Un an et trois mois étaient passé depuis l'incident. Draco avait treize ans désormais et des poils au pubis. Sa voix commençait à muer, ses testicules à grossir. Pourtant, si c'était possible, la Forêt l'intimidait plus encore que quand il avait onze ans.

L'incident... Certains jours, c'était comme s'il n'était jamais arrivé et que Draco avait inventé cette histoire pour rendre sa vie un peu plus palpitante. Et d'autres jours, c'était comme si le temps ne s'écoulait plus depuis cette nuit-là et qu'un seul tour de Retourneur de Temps suffirait pour le transporter de nouveau dans la clairière.

– Draco, tu es sûr que–

– Ça va, Greg, je t'ai dit !

– Ouh, si tu étais une fille, j'aurais dit que tu avais tes règles, ricana Crabbe.

– Sexisme ordinaire, caqueta Pansy très fort, mais sans se retourner.

Elle continua sa route.

– En quoi c'est sexiste ? Les filles ont des règles, c'est bien connu. Et souvent pendant les règles, elles sont de mauvaise –

– Laisse tomber, soupira Draco. Regardez, on est arrivés... devant un enclos vide. Ce cours promet d'être passionnant.

Son ton goguenard eut l'effet escompté : Greg et Vincent ricanèrent automatiquement et oublièrent tout du supposé mal de ventre de leur ami.

Hagrid leur ordonna de se rassembler le long de la barrière et d'ouvrir leurs livres.

– Et comment on fait ? demanda Draco en sortant son manuel, qu'il avait ficelé avec une ceinture.

Sa voix était aussi glaciale qu'un iceberg. C'était à cause de Hagrid et de son imprudence que Potter et lui s'étaient retrouvés nez à nez avec une créature vampirisant une licorne. C'était à cause de Hagrid et de son chien peureux que Potter perdait peu à peu des forces, oui, c'était à cause de Hagrid que Draco s'inquiétait pour Potter...

S'il n'y avait pas eu cette retenue dans la Forêt... si Draco n'avait pas été dans les couloirs la nuit, à traquer Potter et un dragon... Si Hagrid n'avait pas eu l'idiotie de faire éclore un œuf de dragon dans sa cabane... Aujourd'hui, Draco n'aurait pas de sang de licorne sur les mains.

– Quoi ? dit Hagrid, manifestement stupéfait que personne n'ait réussi à ouvrir son exemplaire du Monstrueux Livre des Monstres.

Il leur indiqua qu'il fallait caresser la tranche du livre, montrant l'exemple avec le manuel de Granger. Draco ne pouvait pas laisser une telle occasion de se moquer du garde-chasse.

– Oh, sommes-nous bêtes, renifla-t-il. Il suffisait de les caresser ! Pourquoi n'y avons-nous pas pensé !

– Je... Je les trouvais plutôt drôles.

– Oh, extraordinairement drôles. Quelle bonne idée de nous faire acheter des livres qui essayent de nous arracher la main !

– La ferme, Malfoy, gronda Potter à voix basse.

Draco la ferma.

Le cours se déroula sans anicroche. Hagrid conduisit une douzaine d'hippogriffes dans l'enclos, ce qui déclencha des « Oh » et des « Ah » médusés.

Draco se retint de commenter l'ébahissement affligeant des Né-Moldus et des Sang-Mêlés qui l'entouraient car lui-même, un Sang Pur dont les histoires du soir avaient été peuplées d'hippogriffes et de manticores, ne pouvait s'empêcher de frémir face aux hybrides d'aigle et de cheval.

Mais peut-être pas pour les mêmes raisons que ses camarades.

Potter accepta de passer le premier – bien entendu. Draco le regarda s'incliner bravement devant un hippogriffe prénommé Buck. Comme tous les autres, le Serpentard retint son souffle quand la créature ailée resta immobile et, comme tous les autres, il exhala de soulagement quand Buck ploya finalement les genoux et baissa la tête.

Il roula toutefois des yeux quand Hagrid encouragea Potter à caresser le bec de l'hippogriffe. Et il grinça carrément des dents quand Buck ferma paresseusement les paupières, en roucoulant de plaisir.

Comment Potter osait-il ? Enfin, déjà, comment pouvait-il ? Lui, Draco, serait incapable de s'approcher d'une créature équine sans repenser à l'incident, surtout si près de la Forêt Interdite. L'hippogriffe, avec son demi-corps de cheval, lui rappelait la licorne et le centaure... mais aussi leur situation, à Potter et à lui.

N'étaient-ils pas eux aussi devenus des hybrides de chevaux, en entrant en contact avec le sang argenté ? N'avaient-ils pas perdu leur humanité, en absorbant la sève maudite d'une créature non-humaine ? Le centaure – Florence, non, Firenze – n'avait-il pas dit quelque chose du genre ?

Ou Draco avait-il fini par déformer son discours, après tout ce temps ?

En tout cas, si Potter éprouvait une quelconque gêne, il était très bon comédien. Après seulement quelques minutes avec Buck, il semblait prêt à lui passer la bague à la griffe. Enfin quoi, il venait d'accepter de monter sur son dos pour faire un petit tour dans les airs ! Comme s'il faisait ça tous les jours !

Draco fulminait.

Une fois son cavalier installé derrière ses ailes, Buck s'envola. Comme tous les autres, Draco était resté à terre et il dut lever le nez pour regarder l'incroyable Potter dessiner des cercles au dessus de leurs têtes. Le soleil l'obligeait à plisser les yeux.

L'énorme silhouette ailée, avec sa tête d'aigle, ses pattes arrières de cheval et son bout d'homme dressé sur son dos, ressemblait à un animal de légende, daignant leur faire grâce d'une apparition.

D'en bas, il était impossible de faire la différence entre le sorcier et l'hippogriffe. A contre-jour, les deux êtres ne faisaient plus qu'un et cela donnait des airs célestes à Potter, des airs divins.

Draco rageait intérieurement. Il détestait se sentir inférieur à quelqu'un, mais il détestait encore plus quand ce sentiment d'infériorité était justifié.

xXx

Son tour passé, Harry se retrouva désœuvré. Il s'assit sur la barrière de l'enclos aux hippogriffes et fit mine de regarder ses camarades. En réalité, il gardait un œil sur Malfoy, Crabbe et Goyle, qui avaient tous trois choisi Buck.

Il ne fallait pas être très futé pour comprendre que cela n'avait rien d'une coïncidence et Harry attendait, avec autant d'impatience que de colère anticipée, le moment où ça allait péter. Où Malfoy allait faire la seule chose qu'il savait, ou aimait, faire, à savoir détruire.

L'animosité et le mépris que le Serpentard éprouvait à l'encontre de Hagrid n'avaient pas échappé à Harry, mais ce n'était pas comme si Malfoy s'en cachait. En effet, Malfoy aurait pu avoir les mots « Putride Hagrid » brodés sur sa cravate, le résultat aurait été le même.

Il allait forcément profiter du premier cours de Hagrid pour faire un sale coup... Traiter Buck de « canasson emplumé » ou de « dindon quadrupède », lui arracher une plume pour écrire un mot ou se briser le bras avec une pierre et accuser l'hippogriffe...

Mais contre toute attente, Malfoy avait scrupuleusement respecté le protocole et Buck l'avait salué de bonne grâce. Le Serpentard leva une main hésitante, qu'il laissa suspendue à quelques centimètres du bec de Buck. Qu'est-ce qui faisait trembler son bras, la peur ou le respect ?

L'hippogriffe finit par frotter de lui-même son bec contre la main immobile du Serpentard. Toujours aussi raide, Malfoy se laissa faire pendant un petit moment puis il plaça ses deux mains autour du bec de l'hippogriffe, immobilisant sa tête.

Il le regardait maintenant droit dans les yeux et Harry sauta de la barrière, sa baguette à la main. Il s'avança lentement vers Malfoy et Buck, prêt à intervenir, mais la voix douce et mélancolique du Serpentard le prit au dépourvu. A cause du chahut que faisaient les autres élèves, Harry ne put entendre que la fin de sa phrase.

– … mais au final, toi et moi, nous sommes pareils, n'est-ce pas ? murmura Malfoy, avant de s'incliner une dernière fois devant Buck et de s'écarter, laissant le champ libre à Crabbe et Goyle.

L'hippogriffe poussa un petit cri, comme s'il regrettait le départ de Malfoy.

Harry pesta à voix basse. Il n'était pas déçu que Malfoy se soit bien comporté, ce n'était pas tout à fait ça. Il n'était tout simplement pas rassuré.

Ce n'était pas le genre de Malfoy, de discuter avec des hybrides... et il s'était plaint d'un mal de ventre un peu plus tôt, n'est-ce pas ? Un mal de ventre en rapport avec le sang de licorne ? Ou Harry se faisait-il des idées ?

Maintenant que le doute s'était insinué dans son esprit, Harry devait savoir.

xXx

– Je vous rejoindrai plus tard, marmonna Draco, à la fin du cours de Soins aux créatures magiques.

– On a Potions dans un quart d'heure, lui rappela Crabbe, l'air perplexe. Et il faut vingt minutes pour traverser le Parc.

– Je sais... j'ai juste...

Pendant un instant, Draco fut tenté de leur dire la vérité. Enfin, une partie de la vérité. Il n'avait qu'à leur dire que Granger et Weasley étaient partis sans attendre Potter, qui avait prétendu faire ses lacets, accroupi derrière la barrière. Il n'avait qu'à leur dire que Potter s'était ensuite adossé à un arbre, dans l'ombre, ses yeux verts fixés sur Draco, comme s'ils avaient rendez-vous.

Certes, Potter semblait maintenant avoir disparu, mais Draco ne serait même pas étonné si sa cicatrice lui conférait accessoirement le pouvoir d'invisibilité. En tout cas, il sentait toujours le regard émeraude posé sur lui et ça le rendait fou. Il fallait qu'il trouve Potter et qu'ils s'expliquent.

Ils avaient attendu beaucoup trop longtemps.

Vincent et Greg comprendraient-ils, toutefois ? Non, ils insisteraient sûrement pour rester avec lui. Dans d'autres circonstances, leur compagnie ne l'aurait pas dérangé mais, aux abords de la Forêt, Draco n'était plus le même.

Il se sentait plus brut, plus minéral. Moins proche des hommes que des arbres. Et ce pan de lui-même, ce Draco qui aurait voulu quitter ses chaussures et le reste de ses vêtements pour se rouler nu dans la terre, il ne voulait le montrer à personne. Sauf peut-être à Potter, car Potter ne le jugerait pas. Potter, lui aussi, était un enfant de la Forêt.

– J'ai perdu ma montre. Celle de mon père, mentit Draco aisément.

– Oh, tu veux un coup de main pour la ch – Ouch ! Pourquoi t'as fait ça, pourquoi tu m'as frappé, Greg ? Hey, Greg ! Attends, Greg ! cria Vincent en courant après son ami, sans un regard pour Draco.

Ce dernier se promit de partager son prochain colis de friandises avec Gregory Goyle.

– Potter ? appela-t-il, quand les deux autres Serpentards furent trop loin pour l'entendre. Potter, je sais que tu es là !

Le brun émergea silencieusement d'entre les arbres, mais il ne pipa mot. Il défia Draco du regard, un sourire secret sur les lèvres, avant de disparaître à nouveau dans la pénombre, ombre parmi les ombres, poussière retournant à la poussière.

– Hey, Potter ! Potter ? Draco cria, en avançant lentement vers l'endroit où Potter était apparu.

Il ne voulait pas entrer dans la Forêt. Il ne voulait pas mais en même temps... quelque chose l'y attirait, comme un trou noir ou un précipice.


A Suivre...


Prochain chapitre en ligne le 12 mars : Dans la fameuse clairière à la licorne, Draco et Harry ont une discussion capitale et la Forêt Interdite leur révèle leur Lien...

Je sais que ce chapitre a un côté intermédiaire donc je me dépêche d'éditer le troisième. J'ai hâte de lire vos petits messages, vous roxez ! Merci !

Auto-prom éhontée : Si vous aimez ce début d'histoire et n'avez rien contre le Harry/Tom Riddle, je vous invite à lire Animus, Anima, ma fanfiction monstre. C'est une UA avec plein de drama, de sentiments, de désespoir, de trucs bizarres, bref, c'est mon gros bébé.