Hello !
Voici le deuxième OS j'espère qu'il vous plaira, ce n'est pas une commande, mais une illustration de Garnet Quyen ( que j'adoooooore !) qui m'a inspiré cette histoire!
N'hésitez pas à me mettre des idée d'OS en commentaire ;-)
Bonne lecture !
La brute et l'intello
Erik n'était pas un bon garçon, il n'était pas tendre, il n'était pas gentil, il n'était pas sympathique, il n'était pas bête, il n'était pas accessible… Erik était un lycéen de dix-sept ans ans, orphelin ballotté de foyer en maison d'accueil, de familles en familles, sans aucunes attaches, sans aucun lien avec le monde, il était comme une plume prise dans le vent : incapable de se poser. Il avait appris à se forger une carapace, appris à ne pas laisser ses émotions prendre le dessus, appris à devenir dur et intransigeant, appris à être une personne forte et indépendante. Il venait d'arriver dans cette nouvelle ville, paumé au cœur des Etats-Unis, encore un nouveau foyer, il serait le dernier, car dans quelques mois il aurait enfin la majorité et il pourrait quitter l'administration qui le suivait et l'obligeait à vivre chez des inconnus qui le recueillaient uniquement pour sa pension. Erik n'était pas dupe ! Il représentait de l'argent, il le savait et comme il était un cas difficile, il avait encore plus de valeur ! Erik détestait sa vie, il détestait devoir changer sans cesse d'environnement, de devoir à chaque fois faire ses preuves aux yeux de tous et plus encore il détestait les regards qu'on lui jetait les premiers jours dans un nouvel établissement scolaire ! Il avait horreur d'être l'attraction de la semaine ! Horreur d'être appelé « le nouveau », c'était son surnom depuis l'enfance, il était toujours nouveau, il ne faisait jamais parti du décor, il en avait plus qu'assez !
Alors cette fois-ci il décida de ne pas se laisser faire, il avait un sale caractère et peu pouvait lui parler sans craindre de s'attirer des reproches, mais cette fois-ci Erik voulait s'intégrer un peu plus et dès le premier jour au lycée il se rendit auprès du coach de football américain, il voulait intégrer l'équipe et se sentir plus à son aise. Après une série d'évaluations sportives intenses, il reçut le maillot tant espéré, lorsqu'il l'enfila il se sentit nettement mieux, comme s'il venait de mettre un costume de super-héros, ou une carapace d'invisibilité. Oui, là, il ferait parti du décor ! Il faisait parti de l'équipe et bien qu'il ne fût pas très loquace il savait jouer sur un terrain et mener ses coéquipiers vers la victoire. Oui, il voulait être autre chose que « le nouveau » !
Erik cultivait son image de gros dur, il se baladait dans les couloirs, veste de l'équipe sur le dos, le regard menaçant, bousculant tous ceux qui se trouvait sur son passage, et se rendant en cours en retard, juste pour faire bisquer ses professeurs. Erik n'en avait pas grand-chose à faire de l'école en vérité, il avait déjà tracé son plan de vie : être le mutant le plus puissant du monde ! Car oui, Erik avait des pouvoirs ! Des pouvoirs qui dépassaient tout ! Il se savait seul au monde, personne d'autre que lui n'avait des aptitudes pareils, non il ne connaissait pas âme qui vive qui puisse posséder des pouvoirs, il était unique en son genre et il se gardait bien de la clamer tout haut.
Cela faisait seulement un mois qu'il avait intégré le lycée quand il croisa pour la première fois le chemin d'un élève totalement transparent. Le genre d'élève premier de la classe, toujours les bras chargé de livres, l'air un peu ailleurs, solitaire et portant des chemise avec des pulls en col en V.
C'est durant une traversé de couloir, à la pause de midi, qu'Erik tomba nez à nez avec Charles. Il avait tout pour qu'Erik s'en prenne à lui : le regard fuyant, de grandes lunettes rondes mangeant la moitié de son visage, une coiffure du premier de la classe, une foutue chemise blanche avec un cardigan tricolore à boutons, un pantalon en toile épaisse et claire, des chaussures et non des tennis ou des baskets comme n'importe quel jeune normalement constitué ! Et le pire du pire : les bras tenant de gros volumes traitant de l'histoire américaine et de chimie ! C'était comme s'il y avait écrit sur son front : frappez-moi ! Erik ne résista pas à l'appel qu'il avait d'aller intimider cet intello !
Immédiatement il se focalisa sur sa proie, il attendit que Charles soit suffisamment proche de lui, pour s'approcher d'un seul coup et le pousser contre les casiers. Charles se laissa bousculer et surprendre en sursautant, en cognant les casiers métalliques, il fit tomber ses livres au sol, mais il ne se précipita pas immédiatement pour les ramasser, il attendit qu'Erik s'éloigne de lui pour le faire. Charles, regarda de biais le dos d'Erik alors qu'il s'éloignait à grands pas, il déglutit, il était habitué à de pires intimidations, mais de la part du nouveau c'était une première !
Le lendemain Erik repéra à nouveau Charles, assit seul sur les marches à l'entrée du lycée. Il le regarda lire son classeur constitué de centaine de feuilles manuscrite, il observa comment les autres élèves ne l'approchaient pas et comment ils se moquaient de lui dans son dos et plus ouvertement. Oui, Erik avait trouvé la proie idéale, s'il continuait à agir ainsi il serait bien accepté par tout le monde, il rentrerait dans le décor de cet établissement, et même si cela devait lui valoir quelques remontrance de la part du proviseur, Erik voulait tenter le coup !
Erik passa devant le groupe de Pompom girls, dont la capitaine la délicieuse Raven, pour attirer leur attention avant d'aller s'en prendre à Charles. Une fois devant ce fichu nerd Erik lui arracha des mains son classeur.
- Hey ! protesta Charles en essayant de le rattraper.
- Qu'est-ce que tu lis l'intello ? se moqua Erik en ouvrant le classeur.
- C'est personnel ! Rends-le-moi !
- Mais ça m'a l'air passionnant ! Oh : la mutation génétique ?! Wah ! Très intéressant dis donc ! continua sur le même ton goguenard la forte tête.
- S'il te plaît, rends-moi mon classeur, demanda Charles en essayant de se lever.
Erik d'un geste brusque de la main repoussa Charles, il ne l'avait pas encore regardé dans les yeux, il se contenté de feuilleter nerveusement le classeur. La sonnerie retentit et l'attroupement qui c'était constitué autour d'eux se dissipa en riant. Erik referma le classeur et l'emporta avec comme résolution de faire chouiner le geek à lunettes. Il entendit Charles protester encore, mais il ne l'écouta pas et rentra à l'intérieur du lycée. A la pause de midi Erik s'installa non loin des pompom, il louchait sur Raven, elle était vraiment belle : blonde aux yeux bleues, une poitrine affolante, des jambes incroyables, un sourire à tomber et elle bougeait comme personne quand il fallait encourager l'équipe. Erik avait des vues sur elle, mais il voulait attendre encore un peu avant de l'aborder, il voulait s'assurer qu'elle sache qu'il existait. Qu'elle l'apprécie et ne puisse lui refuser ses avances !
Tout en mangeant, assit de travers sur sa chaise, il mangeait sans regarder son repas, il feuilletait le classeur de l'intello. Finalement c'était drôlement intéressant ce qu'il y avait écrit, le geek avait l'idée que des mutants se baladaient parmi les humains et qu'ils disposaient de capacités physiques hors du commun. Raven éclata de rire à quelques tables de lui, Erik leva le nez, mais il ne tomba pas sur l'image de la belle blonde, mais du premier de la classe. Charles c'était approché sans bruit de lui, la tête basse et nerveux, il était planté face à Erik.
- Je voudrais récupérer mes affaires, dit-il d'une voix qui se voulait ferme.
- Non.
- J'en ai besoin.
- Toujours pas.
- Je… je travaille sur des recherches importes et je…
- Continues à m'ennuyer comme ça et je le brûle ton putain de classeur.
Charles pâlit, il jeta un coup d'œil paniqué en direction de son ami : Hank pour chercher du soutient. Hank, se contenta d'avoir l'air complètement perdu et au bord de la crise de larmes. Charles se racla la gorge, il retenta à nouveau :
- J'en ai vraiment besoin.
- Et moi je te dis que tu me gâche la vue ! Alors tu vas bouger ton petit cul de là et me laisser mater tranquillement.
Le brun à lunettes jeta un coup d'œil dans son dos : Raven. Elle et toujours elle ! Charles soupira.
- Si je t'arrange un rendez-vous avec elle, tu me rendras mes affaires ?
Erik referma le classeur d'un coup sec et leva enfin se regard vers celui de Charles. Quand il découvrit le regard azur qui se cachait derrière ces trop grandes lunettes, Erik sentit son cœur chuter de plusieurs étages. Charles avait un visage élégant, raffiné, séduisant, viril et terrifié… Les lèvres naturellement rouges du geek étaient pincées dans une expression de peur contenue. Erik se sentit idiot d'avoir volé le classeur du garçon, après tout il ne lui avait rien fait… Erik continua de détailler Charles, certes il portait une tenue qui donnait envie de le baffer, mais sous les habits, Erik devinait un corps svelte, souple et légèrement musclé, Charles avait aussi de belles mains soignées et un parfum tout à fait intriguant.
- Tu acceptes le deal ? renchérit Charles de sa voix plus posée.
- Le deal ?
- Je t'obtiens un rendez-vous avec Raven et en échange tu me rends mon dossier.
- Comment un nerd comme toi pourrait m'obtenir ça ? demanda Erik en affichant un sourire de requin.
Décidément le brun était mignon lorsqu'il rougissait. Erik se demanda jusqu'où il pouvait le faire rougir ?
- C'est ma sœur, souffla Charles en baissant le regard.
- Ta sœur !
Erik se pencha en arrière et regarda à nouveau Raven, puis il reposa son regard sur Charles. Non, ces deux-là n'étaient pas issu de la même famille, impossible. Elle était blonde et lui brun, elle avait des yeux de chats et lui des yeux plus généreux, elle avait la peau dorée naturellement et lui était aussi pâle qu'un britannique en plein été. Non, la génétique hurlait clairement qu'ils n'étaient pas du même sang. Cela titilla d'avantage la curiosité d'Erik. Il reporta son attention sur le jeune homme debout face à lui, il semblait attendre le coup de semonce, il était habitué à recevoir des coups, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Pourtant Erik, n'avait plus tellement envie que ça que de le tyranniser. Plus il le regardait vraiment plus il… Oui, il avait envie de le connaître.
- Tu t'appelles comment ? demanda Erik d'une voix moins moqueuse.
- … Charles, dit l'intéressé sur la défensive ne sachant pas trop à quoi s'attendre.
- Charles hein ?
- Oui.
- Voilà ce qu'on va faire Charles, dit Erik en se levant le classeur sous le bras.
Erik se planta devant Charles, il faisait une bonne tête de plus que lui et il plongea son regard dans le sien, ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et ils furent troublé par cette intimité. Erik resta happé par l'azur des yeux du garçon. Non, il n'avait plus du tout envie de le harceler. Charles rougit sous la pression du regard d'acier d'Erik, jamais personne ne l'avait approché d'aussi prêt, ni même observé avec autant d'intensité.
- Je te rends ton classeur et tu vas voir ta sœur en lui disant que je veux lui parler.
- Maintenant ?
- Oui.
- Et tu me rendras mon…
- Tiens.
Erik lui colla sous le bras le classeur, Charles serra son bien avec émotion, il avait craint durant toute la matinée que toutes ses recherches soient perdues à jamais.
- Je vais la voir, dit d'une voix serrée Charles en reculant.
- Merci.
Charles fit demi-tour et tout rougissant qu'il était fonça vers Raven, ses lunettes glissaient sur son nez, mais il ne prit pas le temps de les remettre en place. Il savait qu'il avait interdiction d'adresser la parole à Raven en public, mais là il s'agissait d'une urgence majeure. En voyant arriver son frère Raven fit les gros yeux, elle fit ensuite mine de ne pas le voir, mais lorsqu'il lui tira la manche en chuchotant avec empressement son prénom, Raven ne peut feinter ignorer sa présence.
- Oui ? demanda-t-il sans pour autant le regarder. Qu'est-ce que tu veux ?
- J'ai une faveur à te demander.
- Ici ? Maintenant ?
- Oui.
- Pas question ! siffla-t-elle entre ses dents faisant mine de sourire à une amie au loin.
- Raven, j'ai besoin de toi, s'il te plait.
- Non.
- Raven c'est pour la fois où tu m'as demandé de t'accompagner à la clinique d'…
Raven tira brutalement sur le col de la chemise de Charles, ses yeux n'avaient plus rien de pétillant et elle le foudroya du regard.
- Encore un mot et je te tue, souffla-t-elle durement. Qu'est-ce que tu veux ?
- Tu vois le type dans mon dos, Erik, le nouveau dans ton équipe de gros naze.
- Oui et bien ?
- Il voudrait te parler maintenant.
- Et si je le fais, tu n'auras plus le droit d'évoquer la clinique, murmura-t-elle.
- Promis.
Raven le relâcha et se leva en riant faussement, comme si Charles venait de sortir une bêtise terriblement drôle.
- Je me demande ce que ce type t'a fait pour griller ta plus belle cartouche, dit avec perfidie Raven en se dirigeant vers Erik tout en bousculant son frère au passage.
Charles serra contre lui son classeur, il déglutit, il l'avait échappé belle ! Hank depuis leur table à l'écart de tous levait les deux pouces en l'air avec une expression de béatitude parfaite. Charles lui sourit doucement et le rejoignit avant de quitter ensemble la cantine.
- Salut ! fit Raven en s'asseyant nonchalamment sur la table d'Erik tout en poussant son plateau de déjeuner avec ses fesses.
- Salut, répondit Erik qui regardait Charles quitter les lieux en compagnie d'un de ses semblables.
- Charly m'a dit que tu voulais me parler ? minauda Raven qui trouvait le garçon à son gout.
- Oui.
- A quel sujet ? Tu n'as pas de cavalière pour le bal d'hiver ?
- Le bal de quoi ?
- Le bal d'hiver, c'est dans deux semaines tu n'as pas pu passer à côté des affiches et banderoles pour annoncer l'occasion !
- Je ne danse pas.
- Dommage… Alors tu voulais quoi ?
Erik posa ses yeux sur Raven. Oui, elle était belle, mais, elle n'était pas Charles.
- Je veux que tu me parles de ton frère, je veux tout savoir.
- Pour aller l'embêter après ? demanda-t-elle en croisant les bras.
- Non.
- Pourquoi alors ?
- Je suis curieux.
- Il n'y a pas grand-chose à savoir… je te donne trois questions et après je file, j'ai pas que ça à faire, dit Raven déçu qu'Erik ne succombe pas à son charme.
- Okay.
- Je t'écoute.
- Sa date d'anniversaire ?
- Trop facile, tu aurais pu le trouver sur la base de données des élèves, ou sur internet.
- La réponse !
- Le 21 avril.
- Son auteur préféré ?
- … il y en a trop.
- Dis en moi quelques-uns.
- Austen, Dickens, Hugo, pour ceux dont je me souviens.
- Est-ce qu'il est en couple ?
Raven éclata de rire.
- Tu plaisantes ?!
- Non.
- … Tu es sérieux ? Tu me demandes si mon coincé de frère est en couple ? Je crois qu'il n'a même jamais tenu la main d'une fille !
- Merci.
Erik se mit debout, il avait toute les infos qu'il voulait.
- Tu ne débarrasses pas ton plateau ?
- Non. t'as qu'à le faire si ça te chante.
Erik quitta la cantine. Il savait ce qui lui restait à faire. Ses émotions étaient confuses. Il n'avait pas éprouvé ça, pour personne, jamais. Mais Charles avait soulevé en lui quelque chose. Il l'avait touché au plus profond de lui-même. Il se sentait proche de Charles. Il avait posé ces trois questions avec soin. Il voulait connaître l'âge de Charles tout d'abord, puis ses auteurs préférés c'était pour s'assurer qu'il aimait bien lire et ensuite connaître son style de roman, et enfin s'il était en couple, eh bien, cela semblait évident ! Il lui fallait coincer Charles. Il devait le revoir, le trouver, lui parler ! Oui il le fallait !
Cependant Charles ne se montra pas du reste de la journée, pas plus que le lendemain, ni le surlendemain, c'était comme si Erik ne pouvait plus le percevoir. Comme si Charles l'esquivait volontairement ! Plus les jours filaient plus cela rendait fou Erik. Alors un jour à la sortie du lycée il attrapa sans douceur Hank, le comparse de Charles et le colla contre un mur.
- Salut, dit Erik dans un sourire plein de dents.
- …
- Je cherche Charles, tu l'as vu récemment ?
- Oui, mais euh, il ne veut plus avoir à faire à toi et…
- Hank, mon pote, on peut dire qu'on est pote toi et moi…
- Non, je ne crois pas…
- Donc, mon pote, dis-moi comment trouver Charles s'il te plait, c'est important.
- Heu…
- Là, tu vois, je demande gentiment, expliqua Erik en lâchant Hank tout en restant menaçant.
- Il ne veut plus t'importuner, il…
- Dis-moi où il est bordel !
- Erik, lâches-le, je suis là, dit Charles dans le dos d'Erik.
- Non, Charles, va-t-en ! Il va te…
Erik plaqua sa main sur la bouche de Hank et se tourna vers Charles. Il était encore plus irrésistible que la dernière fois qu'il l'avait vu. Chemise grise, jeans serrés, chaussures sombres, pull noué autour du cou, sa sacoche en cuir pendait sur son flanc droit et une expression déterminée dans le regard.
- Charles, soupira de soulagement Erik en relâchant enfin Hank.
- Laisse-le tranquille, c'est moi que tu veux non ?
- Oui.
Charles déglutit à nouveau, il ne recula pas d'un pouce pourtant lorsqu'Erik s'approcha de lui à grands pas, créant à nouveau un attroupement autour d'eux. Tous avaient envie de voir Erik le gros dur coller une bonne raclée à Charles l'intello.
Erik s'arrêta devant Charles et lui saisit la chemise, le tirant vers lui, l'obligeant à se mettre sur la pointe des pieds. Charles était pétrifié, son sac tomba au sol et déjà autour d'eux, des ricanements mauvais résonnaient. Erik enfonça son regard dans celui de Charles. Et puis, naturellement il l'embrassa. Le brun électrisé des pieds à la tête ne sut plus où se mettre, tandis qu'Erik l'enveloppait dans ses bras collant leurs corps l'un contre l'autre et lui arrachant un peu plus un long baiser. Autour d'eux ce fut un concert de cris choqués, de « oh putain » et de sifflements stridents. Quand Erik relâcha son étreinte, il souriait, il avait embrassé Charles et il se sentait merveilleusement bien, mais en croisant le regard du brun il sut que quelque chose clochait. Charles pleurait. Il ne prit pas la peine de ramasser ses affaires et détala tranchant la foule et les quolibets. Erik resta une seconde interdit. Charles venait vraiment de s'enfuir après son baiser ? Est-ce qu'il embrassait si mal que ça ?
Charles était mortifié, sa vie était foutue ! Erik l'avait humilié de la pire façon qui soit devant tout le lycée ! Il l'avait embrassé ! Il lui avait volé son premier baiser ! Son premier baiser appartenait à ce gros idiot d'Erik ! Des larmes lourdes roulaient sous ses paupières et il était inconsolable. Lorsque sa sœur frappa à sa porte pour lui annoncer que le repas du soir était servi Charles se contenta de se lever et de verrouiller sa porte, déclenchant la colère et les foudres de son beau-père.
Pourquoi Erik avait osé faire ça ? Qu'est-ce que Charles lui avait fait pour mériter un tel traitement ?
Plus Charles y pensait plus il se sentait misérable. Pourquoi ? Parce qu'il avait aimé ce baiser ! Oui, il avait aimé la manière dont la bouche d'Erik c'était emparé de la sienne, il avait aimé son animalité, son odeur, sa force… Charles devait être dingue d'aimer autant se faire malmener de la sorte ! Et son beau-père avait beau venir cogner comme un forcené à sa porte, non, Charles ne sortirait pas, il avait bien trop honte.
Erik, avait fini par comprendre la réaction de Charles, oui, il n'aurait pas dû l'embrasser au milieu de cette foule hostile, il avait dû croire à une mauvaise blague… Erik s'en était voulu d'avoir agi sous une pulsion aussi stupide ! Il voulait tout arranger, tout avouer à Charles, lui dire que non, ce n'était pas pour se moquer, que ses émotions étaient sincère et que bordel, il voulait encore et encore l'embrasser !
Erik avait pisté Raven jusqu'à chez elle pour savoir où Charles résidait. C'était une putain de baraque à n'en point douter ! Car pour accéder au manoir qui se dessinait en haut d'une petite colline verdoyante, il fallait passer un immense portail en fer forgé – un jeu d'enfant pour Erik-. C'était un vrai manoir sur tous les points : vieille pierre, lierre grimpant, fenêtre stylisées, allée en gravillons, bosquets d'arbustes soignés. Erik avait l'impression d'être plongé au cœur d'un film victorien tellement le manoir dénotait avec le reste de la ville. Erik longea sans se faire voir la maison, jetant des coups d'œil rapides pour voir où se trouvait Charles. La famille dînait en bas dans une ambiance polaire, Raven portait une tenue bien plus décente que celle qu'elle affichait au lycée : jupe longue soulier vernis, chemise cintrée et boutonnée jusqu'au col, coiffure lissée et collier de perle. Elle était le reflet de la femme qui dînait, bien qu'elle ne se ressemblait pas physiquement, au niveau des vêtements c'était copié-collé. L'homme en polo de marque et pantalon de velours côtelé mangeait en parlant d'un air furieux. Pas de Charles. Où était-il. Erik recula et nota qu'à l'étage il n'y avait qu'une pièce dont la lumière émanait : la chambre de Charles. Erik leva ses mains et se mit à léviter, il maîtrisait ce nouvel aspect de son pouvoir depuis peu et cela lui demandait un peu plus de concentration que d'ordinaire. Une fois à la hauteur du balcon qui donnait accès à la chambre de Charles, Erik se cacha dans l'ombre pour regarder à l'intérieur sans se faire voir. La chambre était grande, de hauts murs en lambris de bois vernis, une bibliothèque pleine à craquer, un bureau d'études couverts de papiers, de lectures, un grand lit à baldaquin et en son centre Charles recroquevillé sur lui.
Le brun avait retiré sa chemise, il portait un simple maillot de corps blanc et un bas de pyjama en tartan écossais rouge et vert, ses pieds nus étaient cachés sous un plaid épais. Erik sentait son cœur battre à tout rompre : maintenant qu'il était là, qu'est-ce qu'il devait faire ? Continuer à l'observer comme un pervers détraqué ou se manifester ? Tandis qu'il hésitait, Charles se redressa soudainement et tourna son visage vers la fenêtre. Erik recula d'avantage dans l'ombre et alors qu'il osait un coup d'œil rapide vers la chambre, Charles avait disparu. La seconde suivante Charles apparu littéralement devant lui sur le balcon, emballé dans un peignoir molletonné, les yeux rougit et l'expression sévère. Erik sursauta.
- Co-comment tu as fait ça ?!
- Et toi : comment tu fais pour voler ? demanda sans attendre de réponse Charles qui avait compris qu'Erik était également un mutant.
- Je ne vole pas ! tenta de se défendre Erik.
- Si tu le dis…
Charles semblait différent, plus sûr de lui, moins intimidé. Erik fut encore plus attiré par ce garçon au regard d'azur.
- Je suis venu pour…
- Te moquer encore un peu plus ?
- Non ! Je veux que tu…
Charles fit glisser deux doigts sur sa tempe gauche et fixa Erik avant de changer d'attitude. Il rougit et recula doucement.
- Quoi ? qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta Erik.
- Tu dois avoir froid dehors, rentre…
Erik fronça les sourcils, mais suivit le cœur battant Charles dans sa chambre. Une fois la porte fenêtre refermée dans son dos Erik se sentit vraiment plongé dans un autre monde. Il ne connaissait pas Charles, non, mais il mourait d'envie d'apprendre tout de lui, de fouiller la pièce et de découvrir quel personne il était, ce qu'il aimait, ce qu'il voulait faire de sa vie, comment il se coiffait, bref tout l'intéressait !
Charles lui laissa le champ libre et retourna s'assoir sur son lit qui grinça sous son poids léger. Erik comprit que c'était une autorisation, le brun le laissait se promener à sa guise dans sa pièce, dans son monde. Erik sortit ses mains de ses poches, et commença à explorer la chambre. Après quelques minutes de silences, Erik se retourna à nouveau vers Charles, qui le regardait également.
- Pourquoi tu m'as fait ça alors ?
- Pourquoi je t'ai embrassé ?
- Oui…
Charles rougit et détourna le regard, Erik dû se retenir pour ne pas aller lui caresser la joue.
- Parce que j'en avais envie.
- Pourquoi moi ? Tu peux avoir qui tu veux, alors pourquoi moi ?
- … J'en sais rien moi !
- Ne t'énerve pas… je veux juste comprendre.
- Moi aussi j'aimerais comprendre ! Si tu crois que je passe mon temps à galocher des mecs, tu te goures !
Erik croisa les bras en se plantant devant Charles.
- Alors tu n'avais jamais embrassé de garçons avant ? reprit Charles avec douceur.
- Jamais… et toi ?
Charles baissa le regard, Erik sentit son pouls s'accélérer.
- Moi, je n'avais jamais embrassé personne.
Erik se sentit comme bénis des Dieux ! Il avait embrassé Charles ! Il avait été son premier ! Il se souviendrait de lui toute sa vie ! … Ah, mais pour Charles l'expérience n'avait pas été aussi magique que pour Erik. Il devait effacer ce qu'il avait fait. Et lui donner un vrai premier baiser.
Erik s'approcha et s'assit à la droite de Charles. Ils fixaient l'un et l'autre droit devant eux. Tous les deux un peu maladroit et silencieux. Et puis les doigts d'Erik se déplacèrent sur ceux de Charles et il les caressa doucement. Charles ressentit une vague de chaleur émaner de sa main et remonter le long de son bras. Il avait entendu une partie des pensée d'Erik et… il en avait eu peur et puis… pourquoi pas après tout ?
- Je n'ai pas détesté ton baiser, chuchota Charles en espérant que le message caché serait assez clair.
- Je ne voulais pas te blesser.
- J'ai été surpris.
- Je n'aurais pas dû.
- Si… enfin…
Erik tourna son visage vers Charles ils étaient si proche l'un de l'autre qu'ils pouvaient sentir l'haleine de chacun. Et puis, leurs yeux s'accrochèrent. L'acier d'Erik fondit contre ceux de Charles. De sa main libre Erik, retira les lunettes du brun. Le blond déglutit en découvrant l'immensité de ce regard couleur océan. Ils s'approchèrent et leurs lèvres se rencontrèrent enfin. Au début c'était doux, tendre. Un simple échange bouche contre bouche, puis Erik envoya sa langue rencontrer celle de Charles et ni l'un ni l'autre ne purent s'empêcher, ni se retenir d'approfondir ce baiser. Les doigts de Charles fondirent dans les cheveux soyeux d'Erik, le décoiffant, mettant à mal son gel pour cheveux rebelle. Erik envoya voler les lunettes sur le tapis avant de saisir Charles par la taille et de basculer sur le lit. La jambe d'Erik passa autour de celles de Charles et il l'attira un peu plus contre lui. Ils s'embrassaient à en perdre haleine, corps contre corps. Une main d'Erik passa sous le peignoir et caressa le torse du brun. Charles les yeux clos, découvrait la saveur du blond, et quel bonheur c'était que d'être dans ses bras. Les pensées d'Erik éclataient dans la tête de Charles comme un délicieux pop-corn. Et il ne s'opposa pas lorsque la main brûlante d'Erik souleva son maillot de corps pour venir caresser sa peau nue. Bassin contre bassin, bouche contre bouche, ils ne pouvaient se détacher l'un de l'autre. Aimanté physiquement et mentalement.
Charles ondula contre Erik, car il sentait venir en lui une pulsion qu'il ne maîtrisait pas du tout. Son sexe gonflait contre son bas ventre, il gonflait tout en se frottant contre le corps d'Erik. Le blond, sentit immédiatement l'érection de Charles.
- Je ne pensais pas qu'un nerd comme toi ferait ça avec quelqu'un comme moi, grogna Erik en arrachant de son dos sa veste de l'équipe et son t-shirt blanc.
Charles regarda Erik torse nu, il était tout simplement parfait. Il regarda ensuite Erik défaire sa ceinture et la jeter au sol, puis déboutonner son pantalon, sans pour autant le retirer. Charles déglutit, puis embrassa à nouveau Erik. Il était emporté par sa pulsion et par les pensées enfiévrées de son partenaire. Le brun attrapa les fesses d'Erik pour l'attirer à nouveau contre lui. Leurs sexes se rencontrèrent à travers les tissus fins. Charles gémit contre les dents d'Erik, tandis que celui-ci grogna de plaisir. Le brun ondula encore du bassin et le plaisir s'intensifia. Erik n'en pouvait plus, allongea Charles sur le dos et lui retira ses habits, descendant son pantalon de pyjama avec douceur. En découvrant la verge de Charles il eut terriblement envie de le branler, de le voir prendre du plaisir par sa main. Charles nu arracha le pantalon et le boxer d'Erik. Les deux garçons sans plus aucun vêtement roulèrent au milieu du lit, sous les draps. Ils s'embrassèrent, les yeux dans les yeux et puis doucement, sans trop savoir comment s'y prendre, ils commencèrent à faire l'amour. Erik caressait la verge du brun, tandis que Charles lui faisait exactement le même traitement, tout en étant étroitement lié l'un à l'autre. Ils se mouvaient l'un contre l'autre tout en se masturbant mutuellement, leurs baisers étaient enflammés, leurs respirations haletante et ils brûlaient de désir sous les draps cotonneux du grand lit. Le plaisir monta vite et rapidement Charles éjacula en gémissant de plaisir, Erik le suivit dans la minute qui suivit. Pantelant ils se serraient l'un contre l'autre, dans leurs bras, encore sonné parce que s'ils venaient de faire.
- Je suis télépathe, avoua Charles sans trop savoir pourquoi il se livrait aussi facilement.
Erik l'embrassa doucement.
- Je contrôle le métal.
- Et tu voles.
- … et je lévite.
Ils se sourirent. Ils étaient en sueur, et ils sentaient le sexe à plein nez.
- Je croyais être seul au monde.
- Tu n'es pas si unique que ça, sourit Charles en soufflant pour dégager de son front une de ses mèches brune qui le chatouillait.
Erik l'embrassa à nouveau, massant de ses doigts le dos ferme et lisse de Charles. Il était sous le charme.
- C'était ma première fois, confessa le brun en laissant sa main errer sur le torse d'Erik.
- J'espère que c'était mieux que ton premier baiser, souffla Erik incapable d'arrêter de l'embrasser avec douceur.
- Parfait, gémit Charles en sentant la bouche d'Erik venir titiller son lobe d'oreille.
- Je dois partir ? finit par demander Erik.
- Non… enfin, sauf si tu le veux.
- Non.
- Alors reste.
- Je vais rester encore un peu alors.
Ils se sourirent, bercé par les battements de leurs cœurs. Heureux de s'être enfin rencontré. Désormais leur vie ne serait plus solitaire, désormais l'un et l'autre avec une bouée dans ce monde, un ami, un amant.
Le lendemain, c'est sous l'ébahissement général qu'Erik le nouveau, attendit Charles l'intello devant le lycée, et lorsqu'ils se virent, le plus naturellement du monde ils s'embrassèrent avant de se prendre par la main et d'aller en cours.
Alors?
Qu'en avez-vous pensé ?
Donnez-moi vos avis! C'est vraiment ce qui me motive à écrire :-)
Et j'attends aussi vos idées! ;-)
A très vite!
