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Bonne lecture
CHAPITRE 1
25 août 1995, 11h00
Le 4 Privet Drive était étonnamment calme. Harry était couché sur son lit et jouissait du silence procuré par l'absence de la famille Dursley, partie une semaine voir la grand-mère de l'Oncle Vernon, dans le Nord de la Grande-Bretagne. Harry venait de se réveiller, et ne pas entendre l'Oncle Vernon brailler dans toute la maison que c'était incroyable que le voisin n'ait même pas pris la peine de tailler sa haie ou de couper son lilas qui empiétait sur la propriété était merveilleux.
Même si Harry était totalement seul dans la maison, il avait constamment l'impression de commettre un vol dès qu'il se servait dans le frigo, et avait peur que l'on se rende compte qu'il avait déplacé tel ou tel objet.
Les Dursley étaient partis deux jours plus tôt, et jusque là, Harry s'était juste reposé. Toutefois aujourd'hui, il comptait se plonger intensivement dans la révision de ses sorts, sur conseil d'Hermione. Depuis qu'il avait vu Voldemort dans le labyrinthe du Tournoi, Harry était obsédé par la puissance qu'il devait encore acquérir pour vaincre le Seigneur des Ténèbres, mais d'après ses lettres, Hermione l'était encore plus.
Il aurait aimé s'entraîner à la pratique, mais les lois magiques lui interdisaient, il en était donc réduit à la théorie jusqu'à ce qu'il retourne à Poudlard. En un sens, Harry trouvait ça injuste : pourquoi ne le laissait-on pas, lui, L'Élu, s'entraîner et se préparer à combattre Voldemort ? Peut-être parce que le Ministère était persuadé que Dumbledore était fou, et que Cornelius Fudge, convaincu que Dumbledore était un adversaire politique qui voulait son poste, niait l'existence de la menace depuis deux mois, et traitait Dumbledore de "va-t-en-guerre". Harry avait de plus en plus de mal à croire qu'il était l'emÉlu/em. Une poignée de gens seulement, constituant l'Ordre du Phénix, récemment réuni, le pensait. Le Ministère discréditait totalement Dumbledore, et par conséquent le rôle d'élu de Harry. Il ne savait pas s'il devait en être rassuré ou inquiet. Si personne ne croyait en lui, comment pourrait-il mettre un terme aux jours de Voldemort ? À chaque secondes, il gagnait en puissance, tandis que pendant ce temps, Dumbledore devait affronter le Ministère. Harry trouvait que c'était une perte de temps et d'énergie inadmissible, et une fois tout ceci fini - s'il y survivait - il ferait payer Fudge pour le retard engendré par sa bêtise. Des dizaines de morts pourraient être évitées sans cet incompétent de Premier Ministre./p
Depuis le début des vacances, Hermione et Ron lui avaient envoyé de nombreuses lettres, pour la plupart anodines mais qui contenaient parfois des messages dissimulés. Comme la fois ou Hermione avait subtilement évoqué Sirius, le parrain d'Harry, en lui faisant comprendre qu'il était surveillé, comme les autres membres de l'Ordre :
Cher Harry,
Je suis ravie de savoir que tes vacances se passent bien. J'ai récemment adopté un chiot que j'ai appelé Patmol. Malheureusement, il est très timide et peureux, et Cornelius, ma perruche, n'arrête pas de le suivre partout où il va. Cornelius est comme ça avec tout le monde ici, dès que quelqu'un sort de la pièce, il s'empresse de le suivre !
[...]
Harry avait ri de l'imagination d'Hermione, qui commençait à être à court d'idées pour évoquer le monde magique sans que cela ne paraisse suspect, au cas où leur courrier serait intercepté. Il avait toutefois eu un pincement au cœur de ne plus avoir vu son parrain depuis si longtemps, et, égoïstement, il trouva injuste de ne pas pouvoir passer du temps avec le dernier membre de sa famille. Mais comme Dumbledore lui avait dit l'année précédente, ils étaient en guerre, et certains sacrifices doivent être faits pour assurer la sécurité des autres et de soi. Sauf que c'était déjà à cause de la guerre que ses parents avaient décidé. Pourquoi devaient-ils encore payer aujourd'hui ? "C'est probablement car la guerre n'a jamais réellement cessé, et ne cessera jamais avant que Voldemort meurt." avait répondu Dumbledore./p
Il avait aussi reçu plusieurs exemplaires de la Gazette du Sorcier, qui ne prenait même pas la peine d'évoquer le nom de Dumbledore ou de Voldemort et préférait faire les éloges du Premier Ministre et de tout ce qu'il faisait pour maintenir la paix dans le monde des sorciers.
Xenophilius Lovegood, le père de Luna, avait quant à lui publié de nombreux articles dans son journal, Le Chicaneur, à propos du retour de Voldemort. C'est Luna qui lui avait envoyé le tirage hebdomadaire chaque semaine, tout en prenant des nouvelles de Harry. Il était très reconnaissant du soutien que lui apportait les Lovegood, mais avait peur que leur franc-parler se retourne contre eux. Luna lui avait répondu que ce n'était pas soutenir Harry mais informer le peuple de faits. Malheureusement, Harry doutât que quiconque dans le monde des sorciers ait pris la peine de lire Le Chicaneur.
Harry s'étira et mit ses lunettes. Au moment où il allait se lever, un bruit de fouet claqua dans l'air, et quelque chose s'écrasa sur lui. Harry ne put s'empêcher d'étouffer un cri - de douleur et de surprise - avant d'écarter la créature.
- "Harry Potter !"
Ses deux immenses yeux globuleux fixait Harry.
- "Dobby ! Qu'est-ce que tu fais ici !?"
- "Harry Potter doit absolument rejoindre l'Ordre ! Nous devons nous dépêcher avant qu'ils viennent pour arrêter Harry Potter !"
L'elfe de maison était visiblement très inquiet, et avait saisi le t-shirt d'Harry pour le secouer, dans l'optique qu'il se dépêche.
- "Mais enfin Dobby que se passe-t-il ?! Pourquoi dois-je rejoindre l'Ordre !?"
- "Dumbledore ! Dumbledore a été arrêté ! Dobby apprenait la magie avec Miss Granger dans la maison des Weasley, mais Winky est apparue pour le prévenir, alors Dobby a été envoyé pour chercher Harry Potter, parce que Dobby est un elfe de maison, et que le Ministère ne suit pas les déplacements des elfes de maison ! Harry Potter doit à tout prix faire ses bagages et suivre Dobby au refuge de l'Ordre !"
- "Quoi ? Mais pourquoi Dumbledore a-t-il été arrêté ?"
- "Dumbledore a tué le Premier Ministre !"
Dobby tenta d'expliquer rapidement ce qui s'était passé tout en fermant - rien qu'en claquant des doigts - chaque tenture de la maison, mais son récit entrecoupé de remontrances envers Harry qui ne se dépêchait pas suffisamment n'avait pas de sens pour le sorcier, qui décida donc de s'exécuter et d'attendre les explications qu'il aurait probablement au refuge.
Harry alla donc dans la chambre de sa Tante pour y prendre le sac de voyage rangé au dessus de la garde-robe. En l'attrapant, quelque chose tomba à ses pieds. Une baguette, presque identique à celle de Ron, claire et lisse. Harry s'en empara, et la fourra dans son sac : pas le temps de se questionner là-dessus, Dobby l'avait assez répété. Il mit des vêtements dans son sac, ses livres, et descendit quatre à quatre les escaliers.
- "Dobby ? Je suis prêt, on peut y aller."
Lorsque Harry pénétra dans la salle à manger, plongée dans une quasi-totale obscurité, il dégaina immédiatement sa baguette et lâcha son sac.
- "Harry Potter, vous êtes en état d'arrestation pour complicité dans le meurtre de Cornelius Fudge, veuillez nous suivre. "
Deux hommes étaient entrés. Celui qui s'était adressé à Harry était âgé et petit, et avait un étrange collier de barbe gris. Il avait une pointe d'appréhension dans la voix, et son regard vif scrutait chaque mouvement du jeune sorcier. L'autre, un homme plus jeune au nez et à la bouche tordue, tenait fermement Dobby par le cou, contre le mur. Il avait sa baguette pointée sur l'elfe de maison. Harry regarda les deux hommes l'un après l'autre.
- "N'aggravez pas votre cas, s'il vous plaît, suivez-nous." répéta l'homme plus âgé.
Dobby fixa Harry, comme si ses yeux allaient quitter leur orbite. Il lui fit un signe de tête imperceptible, et l'instant d'après, la main de son agresseur se referma sur le vide. Dobby réapparut au milieu de la salle à manger, et claqua des doigts, en jetant une œillade mauvais aux deux sorciers du Ministère. Des flammes bleues apparurent sur la robe du sorcier plus âgé, et s'étendirent sur tout son vêtement, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une torche vivante. Il tenta d'arrêter les flammes, se roula au sol et cria. Un craquement violent se fit entendre, et les chevilles de l'autre sorcier changèrent subitement de position. Il hurla de douleur et saisit sa baguette pour lancer un sortilège à Dobby, qui l'évita et lui lança un autre sortilège qui le plaqua au sol.
Le plus âgé parvint à éteindre les flammes qui brûlaient sa robe, et poursuivit Harry et Dobby, qui se précipitèrent dans les escaliers. Harry se baissa juste à temps et évita un éclair bleu qui fit voler en éclat toutes les photos de Dudley accrochées dans la cage d'escalier. Dobby, du haut des marches, lança un sort qui aveugla momentanément le sorcier, qui tenta de riposter malgré tout, mais l'éclair orange qui jaillit de sa baguette ne toucha que la porte de la chambre d'Harry, qui vola en éclats.
- "Dobby, fais-nous transplaner" cria Harry, sans défense.
- "Harry Potter doit partir et laisser Dobby le protéger ! Dobby ne peut plus transplaner, un sortilège a été jeté ! Il faut que ..."
Sa phrase fut coupée par l'incantation de leur adversaire :
- "Spiritus Carcerem !"
Une épaisse fumée blanche atteint Dobby dans son dos. Il eut un soubresaut, et fut figé dans les airs. Ses yeux devinrent totalement blancs, et il resta suspendu quelques centimètres au dessus du sol, de la fumée blanche s'échappant de sa bouche. Le vieux sorcier, qui était à quelques mètres d'Harry, prononça les mêmes paroles en dirigeant sa baguette vers lui.
Harry inspira de l'air glacé, qui refroidit jusqu'à ses yeux, et il eut l'impression d'être une minuscule chose à l'intérieur d'un immense endroit dont la température était à la fois glaciale er agréable. Il sombra dans un profond sommeil, sans autre choix que de succomber au puissant sortilège du sorcier du Ministère.
