Note : Voici le deuxième chapitre ! J'espère qu'il vous plaira et que vous ne finirez pas en essayant de me tuer... ^^ Bref, bonne lecture !
Chapitre 2
Encore une fois, comme chaque jour dès qu'il sortait de l'agence, Yamapi longea cette rue à présent désertée à cause de l'heure tardive, et marcha près des petites boutiques, retraçant dans son esprit ce qu'il s'était passé. Il voyait encore sur la chaussée les marques noires des pneus du fourgon qui avait vivement freiné après avoir percuté Tegoshi, et il ne comprenait toujours pas. Pourquoi ne s'était-il pas dépêché de traverser quand il avait entendu le véhicule arriver ? Pourquoi s'était-il tourné vers lui comme si c'était son destin de mourir là ? Et que venait faire ce maudit corbeau dans l'histoire ? Pourquoi l'avait-il regardé comme si on lui annonçait une mauvaise nouvelle ?
Sentant les larmes lui monter aux yeux, il accéléra le pas pour aller se réfugier dans leur appartement qui était redevenu le sien, ces lieux à présents vides de leur deuxième propriétaire, ces lieux si empreints de souvenirs que c'était douloureux de rester là, à observer chaque recoin, chaque objet... Yamashita se laissa glisser contre la porte et tomba à genoux, se prenant le visage dans les mains, pleurant sans retenue tout son chagrin, toute sa peine et sa douleur, tout l'amour qu'il éprouvait encore pour Yuya et qui continuait de grandir encore et encore. Devant ses paupières serrées et crispées, il vit apparaître toutes ces formes noires, se balançant dans la brise comme une foule de fantômes sombres, tels des spectres funèbres, et il vit encore la pluie, les larmes qui tombaient à ses pieds sur cette fine pelouse verte, ses poings serrés à s'en faire pâlir les phalanges, les visages attristés des membres de son groupe qui le prenaient par les épaules pour essayer de le réconforter. A cet enterrement avaient été présents la plupart des Johnnys et des Juniors, quelques autres employés de l'agence avec lesquelles Tegoshi avait été proche, le grand patron naturellement, et plusieurs journalistes venus pour envenimer la situation et enfoncer le couteau dans la plaie en posant des questions dures sans aucun tact. Tomohisa s'était énervé contre eux, criant qu'ils ne comprenaient pas la douleur que les proches de Yuya pouvaient ressentir, et l'un d'eux avait alors fait remarquer qu'à ce rassemblement, aucun membre de la famille du défunt n'était venu, laissant une fois de plus un grand vide dans le coeur du leader.
Errant sans trop savoir où il allait dans leur appartement, Yamashita se laissa tomber à côté de la table de nuit de son ex-amant et en tira tous les tiroirs les uns après les autres, découvrant des objets qu'il pensait avoir perdu à jamais, quelques feuilles blanches recouvertes d'une fine écriture, un CD emballé d'un beau papier argenté, et un cahier. Soudain curieux, il retourna d'abord les objets dans ses doigts, retrouvant alors une petite figurine de lapin nain qu'il avait offert à Tegoshi le jour de son retour après son premier voyage en France, et il pensait réellement que le petit animal avait été perdu dans l'emménagement de son cadet chez lui. Il se pinça les lèvres alors qu'ils se rappelait ce jour lointain, quelques années auparavant quand ils ne sortaient pas encore ensemble mais que Yamashita était déjà sûr d'éprouver quelque chose de fort pour Yuya. Les cinq membres étaient venus à sa rencontre dans l'aéroport, camouflés pour ne pas être reconnus, et une fois les retrouvailles fêtées joyeusement dans le grand hall, ils avaient prit la voiture de Koyama, se tassant comme ils pouvaient pour entrer à six en plus des deux grosses valises du voyageur. Une fois ramené chez lui, il avait donné à chacun cette petite figurine à l'effigie de leur signe du zodiaque, et Tegoshi avait reçu avec un grand sourire ce petit lapin nain au regard affectueux. Jamais il ne penserait qu'il le garderait aussi longtemps, et si près de lui, caché dans sa table de nuit. Il eut un petit sourire attendri bien que déformé par le chagrin, et continua son observation.
Le deuxième objet était un anneau argenté surmonté d'une tête de mort qu'il avait aussi offert à son cadet, mais à l'occasion de son anniversaire cette fois, et cela datait d'une époque où Tomohisa n'avait pas encore compris ces sentiments qui le torturaient un peu plus chaque jour. Il fut surpris de voir que l'anneau était quasiment neuf, sans une rayure, sans une marque ou un accroc, presque aussi brillant que lorsqu'il l'avait découvert. Cela voulait-il dire qu'il ne l'avait jamais mis pour le garder en lieux sûr, dans un endroit protégé et près de lui ? Et encore, une larme coula sur la joue du leader qui se rendit compte que Tegoshi l'avait aimé depuis bien plus longtemps que lui, et avait parfaitement réussit camoufler ces sentiments. Essuyant la perle ronde, il reposa délicatement l'anneau dans la petite boîte dans laquelle se trouvait aussi la figurine, et en saisit ensuite une autre, plus petite, arrondie et douce au toucher, noire et rouge. Il l'ouvrit doucement, et son coeur rata plusieurs battements, se serrant si fort qu'il se sentit suffoquer et qu'il porta sa main à sa bouche, abasourdi par ce qu'il voyait. Au milieu de l'écrin noir se trouvaient deux anneaux fins en argent, élégants et discrets, assortis, sur la face intérieure desquels avait été gravés leurs prénoms dans une belle écriture italique et courbée. Cette fois-ci, c'est plusieurs larmes qui coulèrent sur ses joues, n'arrivant pas à les retenir alors qu'il voyait tout cet amour, tout cet amour auquel il n'aurait plus droit, l'encercler et lui tenailler le coeur, le faire suffoquer, et, retenant ses gémissements comme il pouvait, il glissa son annulaire dans l'anneau qui paraissait le plus large avant d'éclater en sanglots. Il reposa la boîte sur le sol et se prit le visage dans ses mains, cachant ses yeux rougis et irrités par les larmes, enfonçant ses phalanges dans ses orbites pour essayer de faire cesser ce flot brûlant, poussant de petits cris déchirants et brisés, mais pas autant que l'était son coeur en cet instant.
Il lui fallu une bonne demi-heure pour se calmer, et il continua ensuite son observation, incapable de repousser tout ce qui restait de Tegoshi, et près à souffrir à chaque nouvelle chose découverte. L'anneau toujours au doigt, il décacheta l'enveloppe argentée qui contenait un CD gravé et il se leva lentement pour l'insérer dans la chaîne hi-fi située non loin du lit avant de se laisser tomber sur celui-ci, les feuilles blanches dans une main et le cahier dans l'autre, reniflant encore un peu. Après quelques secondes de silence, une douce respiration se fit entendre, et une voix s'éleva, claire, douce, ce qui retourna une fois de plus le coeur de Yamapi.
« -Ça enregistre là ?
-Oui, tu peux y aller... »
Une voix de femme, moyennement âgé si on s'en tenait à son timbre, une voix qu'il avait déjà entendu, mais il ne savait pas où.
« ...Tomo... Ah, je me sens bête de faire ça... Bon, voilà. Si tu as trouvé ce CD, c'est que je ne suis plus là... Je suis tellement désolé de te laisser derrière moi, je sais à quel point tu dois souffrir en ce moment, et j'en ai mal rien que d'y penser. Pardonne moi s'il te plait. (un silence de plusieurs secondes) Si... si je ne suis plus là... ce n'est pas du tout à cause de toi, tu n'as fait aucune erreur. Alors... quoi qu'il ce soit passé, je t'en prie, ne t'en veux pas. Tu sais à quel point je t'aime... non, en fait, je crois que tu ne connais pas la réelle ampleur de mes sentiments. C'est... impossible à décrire en fin de compte. Quoi que je fasse, je n'arriverai jamais à les exprimer totalement... c'est comme un puis sans fond, comme l'infini, ça n'a pas de fin... En tout cas... saches que quel que soit l'endroit où je me trouve... que ça soit le Paradis ou les Enfers... saches que je t'aimerais toujours de toute mon âme... »
Une nouvelle larme coula sur la joue du leader qui gardait les yeux fixés sur la chaîne hi-fi, le coeur serré, et il tenta de réprimer un sanglot alors que les derniers mots s'élevaient dans la chambre.
« ...Je t'aime. »
Quelques grésillements se firent entendre et le CD s'arrêta, tandis que Yamashita se prenait encore le visage dans les mains, incapable de contenir son chagrin, et se mit à hurler sa peine, sa voix se brisant et déraillant à chaque sanglot. Comment pouvait-il lui en vouloir alors que Tegoshi était toute sa vie ? Même en se retrouvant seul, il ne pouvait pas lui en vouloir, il n'y arrivait pas. Il ne pouvait que regretter que la Mort l'ait prit beaucoup trop tôt, alors qu'il n'avait pas eu le temps de découvrir tout de Yuya. Il lui restait encore tant de choses à apprendre sur lui, tant de chose qu'il ne saurait jamais, tant de choses qui resteraient secrètes à jamais.
S'essuyant les yeux d'un revers de la main, il se força à se calmer, car pleurer n'allait rien arranger, il le savait, et, reniflant, il porta son regard sur les feuilles blanches qu'il avait dans la main. Elles étaient toutes recouvertes de son écriture, arrondie, qu'il trouvait si belle, et il lu les premiers mots. Heaven. En lisant la suite de la première feuille, il comprit qu'il s'agissait d'une chanson, que Tegoshi avait peut-être aussi accompagné d'une mélodie à la guitare, ou peut-être les paroles se suffisant à elles-mêmes, il n'avait pas jugé utile de les sublimer par un autre son. Celle là était belle, les mots étaient bien choisis, la poésie qui s'en dégageait était douce, une très jolie chanson qu'il mourrait d'envie d'écouter, maintenant, de la voix si belle et claire de son amant. Et sur toutes les feuilles suivantes, ce n'était que des chansons d'amour, avec des notes de musique griffonnées ça et là, comme des rappels, des paroles pleines de sentiments et de tendresse, tellement poignantes que Yamashita ne put en lire plus, le coeur serré et la gorge nouée, les lèvres pincées pour s'empêcher de pleurer à nouveau. Pourquoi il ne découvrait tout ça que maintenant ? Pourquoi il n'avait jamais su que celui qu'il aimait plus que tout écrivait ces chansons, qu'il avait gardé ces objets perdus, qu'il lui avait laissé un message s'il venait à mourir ? Et d'ailleurs, comment savait-il qu'il allait partir si tôt ? C'était comme s'il savait qu'un jour ils allaient être séparés, comme s'il savait que tout ça ne durerait pas éternellement, comme si ça n'avait jamais été important et vital. Mais ça l'avait été pour Yamashita. Il le savait à présent, il ne pouvait vivre sans Yuya, sans son amour, sans sa tendresse, sans ses sourires et ses regards, il ne pouvait vivre séparé de lui pour toujours. Mais la réalité était toute autre, et les fans, l'agence, leurs amis, tous attendaient de voir le leader du groupe prendre les devants et tout faire pour faire perdurer NEWS qui n'allaient plus qu'évoluer à cinq, comme KAT-TUN qui eux, avaient perdu Jin à cause de sa volonté de continuer sa carrière à l'étranger. C'était plus simple à dire qu'à faire, comme tout d'ailleurs, c'était tellement plus simple de penser à ce qu'il devait faire, rappeler les autres membres pour se réunir par exemple, se charger de la sortie de leur prochain single... assurer la suite, en somme. Sauf qu'en ce moment, Yamapi était très loin de pouvoir faire quoi que ce soit, il n'arrivait plus à réfléchir correctement puisqu'il ne dormait plus, il n'avait plus la force de danser ni de chanter, puisqu'il ne mangeait presque plus, il faisait régulièrement des malaises pendant les cours de danse, et il pleurait comme une fontaine dès qu'il était seul. Les gens s'inquiétaient autour de lui, mais ne le montraient pas trop car ils savaient qu'il n'aimait pas ça, on parlait de lui dans toutes les salles de répétition, les loges, dans les rues, dans les maisons, les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les parcs... On parlait de lui partout, et de Tegoshi aussi.
La presse n'avait pas tardé pour officialiser l'annonce et envenimer encore plus la situation, projetant une fureur maladive et un chagrin dépressif en Tomohisa qui n'en pouvait plus de tant souffrir. Les journalistes avaient certes, rapporté l'ambiance très douloureuse qui avait régné durant l'enterrement, mais ils ne s'étaient pas non plus gênés d'insister sur le fait que la famille avait été absente lors de la cérémonie. Mais le pire avait été les rumeurs écrites sur le leader -qui n'en étaient d'ailleurs pas- suite à son comportement lors de l'accident, et des photos plus qu'explicites le montrait, en larmes, Tegoshi inerte dans ses bras, déposant de petits baisers perdus et désespérés sur ses lèvres devenues dures. Le résultat était que beaucoup de gens n'y croyaient pas, préférant affirmer que les photos n'étaient que des montages ou des illusions d'optique, alors que les autres avaient été attendris par l'amour que Yamashita portait à son cadet. Personne ne l'avait rejeté comme il l'avait craint, et c'était sûrement le seul point positif dans tout ça.
Soudain, alors qu'il s'était laissé tomber sur son lit, allongé sur le dos, les mains plaquées sur son visage encore luisant des larmes passées, une sorte de craquement retentit dans l'appartement, ainsi qu'un bruissement de vêtements, et il se redressa vivement, le coeur battant, trouvant ses bruits étranges puisqu'il était censé être seul dans l'appartement. Il se releva et quitta le lit, marchant prudemment vers le salon, situé de l'autre côté de la porte, laissant sur le lit toutes ses récentes trouvailles, et il se statufia soudain, les yeux ronds. Devant lui, lui faisant face, se tenait un être étrange, tout vêtu de noir, la peau légèrement mate, comme bronzée, des cheveux foncés en bataille sur sa tête et un regard des plus sombres. Il semblait léviter à une dizaine de centimètres du sol avant de se poser doucement sur le parquet, ses pieds nus venant créer des auréoles de buée sur les lames de bois vernis, et, lorsqu'il se redressa, Yamashita se sentit écrasé par sa taille. Il faisait au moins deux tête de plus que lui, mais l'être ne sembla pas s'en formaliser, et il commença à farfouiller dans les replis de sa sorte de longue toge noire et usée afin d'en sortir un papier un peu jaunis. Dans l'encadrement de la porte, Tomohisa déglutit, paralysé par la peur que lui infligeait la présence de ce truc dont il n'arrivait pas à donner un nom. Etait-ce maléfique ? Etait-ce bénéfique ? Pouvait-il lui faire confiance ? Est-ce que ça parlait, seulement ? Et pourquoi était-il là ? Que lui voulait-il ? Et qu'était-il ?
Esquissant un pas en avant, l'être releva la tête vers le pauvre leader toujours tétanisé et afficha un sourire très étrange.
-Vous êtes bien Yamashita Tomohisa ? demanda-t-il de sa voix grave.
-...Oui, c'est moi.
-Vous pouvez m'appeler Kuroni, je suis un Shinigami.
-Vous venez pour me tuer ?
-Non, ne vous inquiétez pas, répondit-il avec un fin sourire. Mon rôle est juste administratif, et je fais aussi deux-trois autres broutilles de temps en temps. Bref, nos services ont été mis au courant il y a quelques jours de la mort de Tegoshi Yuya, vous confirmez ?
-...Oui.
-Dans ce cas... reprit Kuroni en rangeant la feuille de papier dans les replis de sa toge, je dois vous tenir au courant des services que nous proposons à certaines personnes qui ont perdu un être cher. Comme vous semblez être particulièrement malheureux de la disparition de votre compagnon, nous pouvons nous arranger pour lui rendre la vie, d'ici la fin du mois...
-C'est une blague ? s'exclama Yamashita qui n'en croyez pas ses oreilles avant de s'avancer d'un pas. Vous pouvez le faire revivre ?
-Oui, ce n'est qu'une formalité, mais cela devra attendre un peu puisque nous devons retrouver l'âme et la préparer à retrouver la vie dans votre monde.
-Que dois-je faire ? s'empressa-t-il de demander.
-Comme il s'agit d'un pacte, il vous faut signer cet engagement. Il n'y a pas vraiment de prix à payer pour ce service, quoi que vous devrez me donner quand même une goutte de votre sang.
-C'est tout ?
-Oui, c'est tout, acquiesça Kuroni en souriant.
Le coeur battant, n'arrivant pas à rester rationnel, il s'avança jusqu'à être tout proche de son visiteur, remonta sa manche jusqu'au coude, et lui présenta son avant-bras avec un regard sûr et déterminé. Avec un petit rire, le Shinigami sortit des replis de son vêtement une petite aiguille et s'empara de la main du chanteur avant de lui piquer le bout de l'index, faisant perler le sang à cet endroit, et il récupéra la première goutte du bout de l'aiguille avant de mettre le tout dans un petit flacon de verre qu'il referma soigneusement avant de le ranger. Il releva ensuite le regard vers Yamashita qui le regardait toujours avec de grands yeux, étonné que la méthode utilisée soit si peu douloureuse, puis ce-dernier soupira, arrangeant sa manche, et Kuroni sourit davantage.
-Vous croyiez que j'allais vous vider de votre sang ?
-Ben... commença Tomohisa, penaud.
-Ce n'est pas grave. A partir d'aujourd'hui, nous vous garantissons un résultat avant la fin de la troisième semaine. Vous allez sûrement sentir des changements, mais ne vous en formalisez pas, cela ne fait que partie du pacte.
-Quels genre de changements ? demanda prudemment le leader.
-Rien de bien important, rassurez vous, termina le Shinigami avec un sourire en coin avant de disparaître dans un nuage de fumée âcre qui fit tousser le chanteur.
Puis, vivement, il se retourna et couru dans la chambre avant de rassembler tout ces objets qui lui avaient tiré des larmes et il les enlaça, un sourire heureux sur le visage, allongé sur le lit. Il soupira de bien être, embrassa tendrement l'alliance à son doigt, puis se redressa avec une petite idée en tête. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien, aussi libre de tout malheur, et il se mit à chercher dans sa propre table de nuit une fine chaîne qu'il portait quelques années auparavant. Il en sépara les deux extrémités, puis, avec un grand sourire, passa la chaîne dans les deux alliances, les liant ainsi, et il porta le pendentif à son cou avec fierté avant de caresser les deux anneaux du bout du doigt.
-Tu vas voir Yuya, on sera bientôt réunis.
Puis, prit dans sa soudaine très bonne humeur, il retourna sur le lit, caressant encore et encore son pendentif, et il saisit cette fois le cahier, seule chose qu'il n'avait toujours pas regardé. Il l'ouvrit à la première page et vit, dans une écriture soignée qui était la même que celle sur les feuilles des chansons, quelques lignes d'un texte écrit en noir sur la feuille blanche. En feuilletant, il vit que c'était tout ce qu'il y avait dans le cahier et avec une pointe de déception, il revint à la première page pour lire ce qu'il y avait d'écrit. Son coeur rata plusieurs battements. Non, il avait complètement cessé de battre.
« Pour Tomo :
Quoi qu'il arrive, quelles que soient les circonstances, peu importe si tu m'aimes encore, peu importe si tu te souviens de moi, peu importe si tu as pleuré, si tu as crié, si tu m'as appelé, tu dois ABSOLUMENT suivre ce conseil. Tu ne dois en AUCUN cas accepter de signer un pacte avec un Shinigami. Peu importe s'il te semble de confiance, peu importe s'il te promet de me ramener, n'accepte pas. Car si tu lui donnes ne serait-ce qu'une goutte de ton sang, tu seras alors enchaîné à vie à un monde qui n'est pas le tien. Tu deviendras à ton tour un Shinigami en quelques semaines, et tu ne pourras rien faire pour l'empêcher.
Yuya. »
Son coeur battait à ses oreilles si fort qu'il ne s'entendait même plus respirer. Comment était-il au courant de ça ? Comment connaissait-il l'existence des Shinigamis ? Prit d'une soudaine panique, ne comprenant plus qui avait été son amant pour qu'il découvre tant de choses sur lui en quelques heures alors qu'il avait vécu avec lui pendant plusieurs mois, il se redressa, délaissa le cahier, les objets, les feuilles, le CD, se prit le visage dans les mains et, prenant une grande inspiration, il hurla. Il hurla, de terreur, de chagrin, d'amour, mais surtout de trahison. Il avait cru cet ange de la mort et avait signé son pacte en lui donnant un peu de son sang. Il avait fait ce qu'il n'aurait jamais dû faire, ce que Tegoshi redoutait. Il l'avait fait, et c'était trop tard. Dans trois semaines, ce ne serait pas Yuya qu'il reverrait, mais bien tout ce qu'il connaissait qu'il allait perdre. Il perdrait le groupe, ses amis, sa familles, sa vie, ses fans, sa carrière, la Jimusho, et l'amour de son amant, pour toujours et jusqu'à la fin des temps. Dans trois semaines, il serait devenu un ange de la mort, un Shinigami, un être démoniaque, et plus rien ne pourrait l'arrêter pour causer du mal. Il était fini.
A suivre...
Merci d'avoir lu ! N'hésitez pas à commenter, dites moi ce que vous en pensez, critiquez moi, envoyez moi des Pingus vengeurs pour que j'arrête cette fic...! =D
