Thème : Marron

Personnage(s) : Soldat inconnu

Pairing : Non


Mots à maux.


« Vas-y, fais-le ! Si tu ne le fais pas, tu sais ce qu'il va se passer .. Es-tu prêt à mourir de cette façon ?

Je sais ce que tu penses, que tu es bien trop jeune pour le faire mais .. ce n'est pas ce que j'entends par « mourir de cette façon » parce qu'il est évident que mourir, tu vas le faire mais .. Ne veux-tu pas décider de ta propre mort ?

Arrête de trembler, veux-tu ? Et cesse de pleurer également. Ce n'est pas ça qui va t'aider à t'en sortir enfin .. tu vois ce que je veux dire.

Dis-moi, comment veux-tu finir ? Bouffer par un titan et donc ne pas décider de ce que TOI, tu aimerais faire ..-même si la survie est une ineptie ici, n'est-ce pas ? Annonce-moi quelque chose : Combien d'amis vivants connais-tu ? Un ? Peut-être deux, hein ? Tu ne connais que des morts et tu aimerais être le repas d'un de ces cannibales ? Ne me fais pas rire !- .. ou bien par la voie que TU as délibérément choisi, en tout état de cause. Huh ?

Tu sais ce que l'on dit lorsque deux maux nous tiraillent ? Il faut « prendre le moindre des deux ». Regarde cette table renversée devant toi et visualise une balance sur celle-ci. Pèse le pour et le contre des choix qui s'offrent à toi. Ça va aller vite, il n'y en a que deux.

« Et survivre .. ? » Survivre ? Ahahah tu es un petit comique dans ton genre. Et puis, je t'en ai déjà parlé plus tôt. Tu ne m'écoutes donc pas ? Bref.

Choix numéro un : Etre dévoré par un titan.

Mh. Ce n'est pas tellement jouasse comme perspective, tu ne peux pas me dire le contraire.

Pour commencer, souffrir, ça tu le feras.

Ton sang coagulerait pour en former des caillots puis exploseraient dans une souffrance similaire au résultat d'une séance de torture. (Te souviens-tu de celle que l'on t'a infligé lors de ton entraînement ? Et bien laisse-moi te dire que ce que tu as subi n'était qu'une tape de mouche.)

Tu te viderais de ce liquide rouge vif qui se transformerait en marron cramoisi et tu en sentirais l'odeur si particulière du fer. Tu entendrais tes os se briser un par un sous cette immense mâchoire et ton visage se déformerait par une douleur plus que lancinante. Tu t'épuiserais à la vie parce que tu t'accrocherais à celle-ci comme une sangsue malgré que tu te dises dans un coin de ta tête que « ça n'en vaut plus la peine ».

Et puis, c'est le propre de l'Homme de se battre jusqu'au dernier souffle. Et je trouve cela idiot. Mais bon, on a plus le désir de vivre que de mourir n'est-ce pas ? Mais franchement .. Si tu te voyais la tête pendante dans le vide, la moitié de ton corps qui n'existerait plus parce que tes jambes auraient été avalées par l'ordure qui te retiendrait par le tronc entre ses dents .. Est-ce que tu pourrais encore avoir la volonté de vivre, de survivre ? Non, bien sûr que non. Ah pardon, je m'égare.

Tes yeux ne pourraient plus pleurer, ils en seraient asséchés et plus rien ne pourrait en couler. (ça reste entre nous mais ils ne mériteraient même pas tes larmes. Une mort digne de ce nom ne se conjugue pas avec les pleurs.)

Entendrais-tu tes cris ? Ces longs cris d'agonie, t'époumonant à qui voudrait l'entendre ton besoin d'aide ? Non parce que ta voix en serait cassée et plus rien ne pourrait en sortir. (Et puis tu ne verrais que des dizaines de corps à ses pieds, qui pourrait voler à ton secours ?)

Et sans parler que ta mort profiterait à certains ...

Oh ! Cette tête d'étonné ne te va pas du tout. Tu sais très bien ce que j'insinue. Tu es loin d'être bête alors tu te doutes bien que c'est de ça donc je veux te parler.

« Mais oui, après tout, comment certains peuvent-ils encore être en vie ? » C'est ce à quoi tu penses, hein ?

« Ils s'en vont derrière ces murs, sur le territoire des titans, MAIS ils en reviennent toujours vivants ? Et ce, mystérieusement .. Parce que le facteur chance ne marche qu'une seule ou à la rigueur deux fois mais non plusieurs .. Alors comment, hein ? » Tu dois le savoir.

« On connaît tous l'histoire de ce foutu « caporal » .. Un type des bas-fonds et qui s'élève à un rang qui n'existe même pas en temps normal, comment se fait-il qu'il puisse encore se pavaner et fouler le sol après tant d'expéditions ? » Bien sûr ! Tu en connais la réponse : ce n'est un voyou après tout alors tuer pour survivre, ça doit être sa came.

Tant que tu te fais bouffer, il est facile de trancher la nuque d'un titan. Ta mort par un de ces monstres ne fera que rallonger sa vie. Tout comme il doit le faire avec d'autres personnes.

« Tu parles d'un héros ! Du « soldat le plus fort de l'Humanité » .. Ouais, c'est plutôt le nom déguisé pour « tueur en masse afin de ne pas mourir ». Tss. » Absolument.

Es-tu un morceau de viande pour titan ? Une marionnette que ce connard ainsi que son supérieur à la noix -qui en a rien à foutre de ta vie. On le connaît tous aussi, celui-là !- manipulent sans aucun remords ni regrets ? Non. Ça nous amène au choix numéro deux.

Choix numéro deux : Te flinguer.

Ça a le mérite d'être aussi simple que clair. Regarde le bon côté des choses avec cette méthode. Elle est rapide : tu n'as qu'à presser la gâchette de ton fusil et hop, le tour est joué.

D'ailleurs en parlant de lui, tu le vois à côté de toi ? Il te fait de l'oeil depuis tout à l'heure et puis, je connais le fin fond de ta pensée « ça solutionnera tout ». Aaaah .. Je ne te donne pas tort sur ce coup. Aucune chance de souffrir, surtout si tu ne te loupes pas !

(Personnellement, je mettrai le canon dans la bouche. Bon .. Même si le dernier goût que tu auras dans celle-ci soit celui de la poudre, qu'est-ce que ça pourrait te faire, hein ?)

Et ton corps n'en serait pas mis en pièces -bon peut-être que des bouts de cervelle tapisseront les murs derrière toi et la personne à côté- MAIS au moins, ta mort ne servirait pas à « nourrir » ces monstres déambulant devant les fenêtres.

C'est risible. Ils sont idiots quand même. Regarde-moi un peu ces attitudes et ces visages ! Ils sont flippants, nul doute mais c'est risible. Admire leurs yeux vitreux qui te guettent.

Imagine qu'ils ont un cerveau et le moyen de pensées, que crois-tu qu'ils se disent à l'heure actuelle ? Moi, je pense que c'est dans l'ordre d'hypothétiques « Mmmmh ! Comme il est appétissant ! » ; « Miam, j'aime jouer avec ma nourriture » ou encore un « Ce son est magnifique. J'adore entendre leur os qui craquent un par un sous mes dents ! » Trêve de plaisanteries. »

Et puis ta mort ne leur servirait pas à ces tarés d'explorateurs. Tu ne crois pas ? Te sens-tu assez courageux pour affirmer tes convictions ? Tu n'es pas un faible d'esprit même si ton comportement peut annoncer le contraire. Donne-toi un genre, petit. Redresse-toi de ta position fœtale, ne pleure plus parce que tes larmes ne servent à rien. Respire un bon coup parce que tu peux encore le faire, n'est-ce pas ? Ris. Ris. Ne cesse pas de rire et conforte-toi dans l'idée que tu en seras libéré. Tu seras loin de tout ça et tu en seras mieux ! Un œil rivé sur la fenêtre et l'autre sur cette arme. Ne réfléchis pas, ce n'est plus le moment de faire ça. Alors ..

Dis-moi : quelle mort veux-tu me donner ? »

Un bruit sourd résonna subitement. Un coup de fusil jaillit dans la pièce aux meubles renversés et aux personnes pétrifiées par la peur. Le sang recouvrit le visage de cette jeune fille brune en larmes et son cri de terreur surplomba le grognement des titans présents dans le sous-sol du bâtiment.

Les yeux révulsés. Le fusil dans la bouche. La main en mise sur la gâchette. Le sang rouge devenu marron sous la chaleur. Il ne saura jamais.

Il ne saura jamais que son acte fût inutile et que quelques minutes plus tard, Jean déboulera dans la pièce en explosant une des vitres en mille morceaux.


Je sais ! « Ouais, tu fais du bashing contre Erwin et Levi avec tes phrases là et blablabla ». Non, je n'en fais absolument pas. C'est juste le raisonnement d'un type au bord du gouffre et que sa conscience pousse au suicide. Alors oui, il voit Erwin comme Erwin se fait voir aux yeux des gens. Et il voit Levi comme un gros arriviste, profitant des morts pour sa propre survie. Tout le monde (et surtout les soldats plus proche de la mort que de la vie) ne capte pas qu'ils œuvrent juste pour la survie de l'Humanité. Oh et puis, vous le savez tout ça, je n'ai pas besoin d'en faire des kilomètres.