Voici donc la deuxième partie de ce premier livre, intitulée Le monde s'écroule. Non, la vie n'est pas rose pour tout le monde, il ne faut pas croire ça. Si Jane et Lisbon ont eu leur lot, ils ne sont pas près de se rappeler qu'il ne faut jamais rien prendre pour acquis...
Bonne lecture :)
Partie 2 : Le monde s'écroule
...
Chapitre 1 : Elle est trop petite
Les médecins murmuraient. Elle savait qu'ils parlaient de Sienna, mais pourquoi ? Que s'était-il passé ? Le Docteur Karev s'approcha, suivi de deux autres médecins.
-Madame Pike, nous avons pratiqué des tests sur Sienna, par simple précaution, et euh… Louise Thomas est ici pour vous poser quelques questions.
-D'accord…
-Madame Pike, comment ça se passe chez vous ? Vous vivez avec le père de Sienna ? Votre mari ?
-Euh, ben… Oui… Il y a … Moi, Marcus, et Sienna.
-Quand vous vous levez le matin, vous faites quoi ?
-Je, euh… je me lave, euh… je m'habille, et après… Je vais lever Sienna, je l'aide à s'habiller… et on prend le petit-déjeuner avec Marcus.
-Elle va à la garderie ?
-Oui… Je la dépose, et Marcus ou moi, ça dépend, on va la chercher le soir. Souvent, c'est Marcus… Je travaille plus tard que lui. Et quand je rentre, souvent, elle est fatiguée, elle a pris son bain, et elle dîne.
-Elle vous raconte sa journée, parfois ?
-Oui, le matin, elle me dit ce qu'elle a fait la veille à la garderie. Jusqu'à ce que je la dépose…
-D'accord. Madame Pike, on a…
L'interne s'arrêta, et lança un regard d'appel au secours à son titulaire.
-Madame Pike…
Il s'assit à côté d'elle et lui prit la main, doucement.
-Nous avons relevé des traces d'activité sexuelle dans le corps de Sienna.
-Quoi ? Mais elle a 4 ans, elle peut pas… Elle a que 4 ans…
-Madame, Louise Thomas est là pour garder Sienna quelques jours, d'accord ?
-Mais elle peut pas, elle a 4 ans, elle est trop petite.
-Sienna va bien, elle va même très bien, compte tenu de tout ce qu'elle a vécu mais on ne peut pas vous la laisser.
-C'est ma fille… C'est sa fille… Il l'a… et j'ai rien vu. J'ai rien vu ! Ma petite, toute petite fille… Elle a 4 ans, c'est pas possible…
…
Ca faisait une semaine qu'elle refusait de manger. Elle voulait juste sa fille, la serrer dans ses bras. Juste avoir Sienna avec elle. Pour toujours.
…
L'appel les avait fait sursauter. Il était 21h, Mia était couchée depuis longtemps, et les deux hommes étant sur une enquête un peu compliquée, ils étaient épuisés. Cho avait lancé son regard de chef a Jane qui avait soupiré avant de prendre le téléphone.
-Patrick Jane…
-Monsieur Jane, je suis le Dr. Karev du Grey Sloan Memorial Hospital de Seattle.
-Oui…
-Hum, je suis avec Madame Teresa Pike. On a quelques problèmes avec elle, est-ce que vous pensez que vous pouvez venir ? Elle vous a réclamé dans son sommeil pendant 4 jours, et j'ai eu un peu de mal à vous trouver.
Mais que faisait-elle à Seattle ?!
-Monsieur Jane ?
-oui, je prends le premier avion et je suis là au plus vite.
-Merci Monsieur. Quand vous arrivez à l'hôpital faites-moi biper.
-Jane ? s'enquit Cho.
-Elle est à Seattle, à l'hôpital. J'y vais avec Mia.
-Je vous laisse pas tous seuls.
...
Chapitre 2 : Il est instable
Le lendemain à l'aube, ils étaient tous les 3 à l'accueil du Grey Sloan.
-Bonjour, on vient voir le Dr. Karev. Nous sommes là pour Teresa Pike.
-Bien sûr, je vais le biper.
Dans les cinq minutes qui suivirent, le médecin les avait rejoints.
-Monsieur Jane, merci d'être venus.
Après leur avoir serré la main, il les emmène à la chambre de Teresa.
-J'étais le médecin de Sienna, mais elle va bien, et comme je vous l'ai dit au téléphone nous avons quelques soucis avec Madame Pike. En fait, elle refuse de s'alimenter depuis que les services sociaux ont emmené Sienna.
-Excusez-moi, qui est Sienna ?
-Ben, sa fille de 4 ans…
Cho et Jane se regardent. Donc Mia avait une sœur aînée.
-Que lui est-il arrivé ?
-Elles sont arrivées en mauvaises conditions nutritives, et Madame Pike avait une blessure à l'épaule. Nous avons suturé cela, et nous avons perfusé Sienna, mais davantage de tests ont révélé la présence d'activité sexuelle.
Jane crut qu'il allait tuer quelqu'un.
-Cho… Je peux aller lui parler en premier ? Je te laisserai Mia.
L'asiatique acquiesça.
-Si tu retrouves Marcus Pike, jure-moi qu'il n'en sortira pas vainqueur.
-Fais moi confiance.
…
-Elle est là. Je vous laisse avec elle.
Jane s'avança. Elle était là, allongée, dos à la porte. Elle avait attaché ses cheveux en queue de cheval. Il resta sur le côté du lit, et lui caressa l'épaule, doucement.
-Lisbon…
Au son de sa voix, elle se retourna vivement et le serra dans ses bras, laissant les larmes couler.
-Je suis là, Lisbon, je ne pars pas, tout va bien se passer. Est-ce que vous voulez me raconter ?
-Marcus… Il est… Les filles…
-Du calme, du calme…
Il se sépara d'elle, mit son visage à sa hauteur, et prit son visage dans ses mains.
-Calmez-vous il ne leur arrivera rien… Racontez-moi calmement.
-Il est instable. Il frappe les filles. Depuis, euh… Depuis que je suis enceinte de Mia… Et moi… moi…
-Vous aussi ? Lisbon… Vous aussi ?
Elle enleva sa chemise pour lui montrer les marques qu'elle avait, avant que les larmes ne se remettent à couler.
-Oh, Lisbon…
-Et Sienna… Ils m'ont enlevé Sienna… Ils croient que c'était moi. Mais c'est pas moi, Jane, c'est pas moi !
-je sais, chut, calmez-vous…
-Et Marcus… Il… Il… Jane, il a violé ma fille. Il a violé notre fille de 4 ans…
Il ne put que la serrer dans ses bras.
-Mais c'est pas sa faute, vous savez, il ne sait pas que c'est lui qui fait tout ça, il ne se rend pas compte…
-Lisbon, ça va, je suis là, je vais vous aider, d'accord ?
-Et Mia… Comment va Mia ?
-Mia va bien, vous voulez la voir ?
-Oui, je veux la voir, je veux voir Mia…
-D'accord, je vais la chercher, elle est avec Cho, dans le couloir, je reviens.
-D'accord…
Il passa la tête par la porte, indiquant d'un signe de tête à son collègue qu'il pouvait venir. Mia dans les bras, l'asiatique s'approcha. Sur le pas de la porte, les yeux de Mia s'illuminèrent, elle avait reconnu sa mère :
-Mama !
-Oh Mia, ma princesse !
A ce moment, les sourires de la mère et de la fille valaient tout l'or du monde.
…
Chapitre 3 : Retour et panique à Austin
-Elle est complètement perdue, marmonna Jane pour Cho, pendant que Teresa jouait avec Mia. Elle est morte de peur, elle veut ses filles, et elle voudrait voir Marcus.
-Pourquoi ? C'est lui qui battait les enfants.
-Et Lisbon aussi.
-Quoi ?!
-Il est schizophrène.
-T'es aussi psychiatre, maintenant ?
-C'est elle qui me l'a dit.
-J'appelle Abbott.
-Ok. Dis-lui quand même qu'elle va bien.
-Ouais.
…
L'avion. Elle rentrait à Austin en avion. Et sans Sienna.
-Je veux Sienna.
Elle s'arrêta au milieu du hall.
-Sienna ne peut pas venir avec nous, Lisbon, lui répondit Cho.
-Elle va bientôt être dans vos bras, la rassura Jane.
-Mais je veux la voir maintenant.
-Teresa. On ne peut pas la voir pour l'instant. Mais je vais tout faire pour qu'elle nous revienne très vite, d'accord ? Pour l'instant, il faut qu'on rentre à Austin. Vous venez avec moi et Mia ?
Elle hésita, un peu perturbée par la question, mais acquiesça et reprit son chemin, s'accrochant désespérément à la veste de Jane.
-Tout va bien se passer, lui murmura-t-il en déposant un baiser dans ses cheveux.
…
Il avait fait dormir les filles pendant tout le trajet. Cho et lui en avaient profité pour organiser le retour de Lisbon. Pas encore au FBI, mais Austin l'attendait. La maison de Jane, celle qu'il avait trouvée pendant l'été, avec l'aide de Cho, l'attendait. Une nouvelle vie l'attendait. Mais elle devait être prête. Et pour l'instant, elle ne l'était pas. Tant qu'elle ne serait pas rassurée sur la nature humaine, tant qu'elle n'aurait pas ses deux filles avec elle, tant qu'elle n'aurait pas retrouvé de repères de vies, elle ne serait pas prête.
…
Il lui avait fait visiter toute la nouvelle maison. Un hall lumineux, un salon chaleureux, une salle à manger aux couleurs calmantes. 3 chambres, un bureau, deux salles de bains, toilettes séparées.
A présent, il préparait le repas, et Cho le biberon de Mia. Et elle, elle ne savait pas quoi faire.
-Allez vous reposer, Lisbon, lui dit doucement Jane.
Mais elle secoue la tête. Pas toute seule.
Il posa alors le couteau qu'il avait dans la main pour couper les tomates, s'essuya les mains dans le torchon, et se rapprocha d'elle. Elle ouvrit de grands yeux effrayés. Elle avait dit non, il n'était pas content, il allait la frapper ! Elle n'osait plus bouger. Quand il leva la main, elle se mit en boule à même le sol. Soudain, elle sentit une main douce dans ses cheveux. Et elle entendit à nouveau la voix de Jane.
-Tout va bien, Lisbon, ce n'est que moi. Je suis désolé de vous avoir fait peur. Je vais vous emmener dans votre chambre, d'accord ? Vous prenez ma main ?
Elle ne bougea pas.
-Je vais vous porter, alors.
Elle se laissa faire. Il la souleva, et la porta jusqu'à l'une des chambres de l'étage. Il la déposa délicatement sur le lit, et la recouvrit d'une couverture.
-Reposez-vous jusqu'au repas, d'accord ? Je viendrais vous chercher.
Il dépose un nouveau baiser, mais sur son front, et s'en va.
…
-Elle dort ? demanda Cho quand Jane fut de retour.
-Non, mais j'espère qu'elle va se reposer un peu.
-Elle a paniqué.
-je ne sais pas quelle est l'étendue des marques sur elle.
Chapitre 4 : Dans ma maison sous terre
Jane se réveilla aux cris de Lisbon. Il rejeta ses couvertures et courant dans sa chambre. Elle se débattait contre sa couette en pleurant.
-Jane, Jane !
Il repoussa la couette au pied du lit, et serra Lisbon dans ses bras.
-Tout va bien, je suis là. C'était un cauchemar, je suis là. Marcus n'est pas là, il n'est pas là, il ne va rien vous faire, ni à vous, ni aux filles.
Il avait bien cerné le problème de son amie.
Elle se réveilla à ses derniers mots.
-Jane…
-Je suis là. Regardez.
-Marcus était là !
-Non, vous avez fait un cauchemar, c'est tout.
-Ah ? Mais… il était devant moi… il avait Sienna dans les bras. Il l'avait retrouvée, et… et il avait obtenu sa garde.
-On va l'obtenir, sa garde. On va retrouver Sienna.
…
Elle s'était rendormie, à présent. Il avait dû rester avec elle, mais elle s'était rendormie. Il espérait qu'elle ne ferait pas d'autres cauchemars, c'était suffisamment éprouvant comme ça. Il continua la petite berceuse qu'il chantait. La même que celle de Mia, mais elle avait l'avantage de calmer instantanément. A moins que ce ne soit sa voix…
…
Elle s'était encore réveillée deux fois. C'était plus que Mia quand elle passait une mauvaise nuit. Du coup, le lendemain, elle était épuisée.
Il la força à se lever vers 8h, occupa Mia dans son parc de jeux après son biberon du matin, puis s'occupa de Lisbon. Il dût se battre pour qu'elle avale un malheureux morceau de pain, puis l'aider à se déshabiller pour prendre une douche. En voyant son corps, il fut horrifié. Elle portait sensiblement les mêmes marques que Mia, mais tellement plus intenses ! A croire que Marcus la battait avant les filles… Doucement, il l'aida à se doucher, et à se préparer. Il l'avait fait tellement de fois avec Angela, lorsqu'elle était enceinte, surtout, la petite Charlotte la fatigant énormément.
Mais rien ne la détendait. Rien ne la rassurait, et rien ne lui donnait confiance. Elle avait tout à réapprendre.
Quand, après le déjeuner, la mère et la fille furent endormies, Patrick se laissa tomber sur le canapé en soupirant. Elle n'allait sûrement pas aimer ce qu'il allait faire, mais au point où elle était, il n'avait plus le choix. Il soupira une nouvelle fois avant de se saisir du téléphone, et composa un numéro.
…
Fuir avait sans doute été une erreur. Elle n'aurait pas dû partir sans le prévenir. S'il les retrouvait, il n'allait pas être content, et il allait encore les frapper. Mais au moins, elle réussirait à laisser les filles en dehors de tout ça. Elle devait absolument le tenir loin d'elle. D'elles. Il avait dû se rendre compte de leur disparition, maintenant, et était même sans doute à leur recherche. Il ne fallait pas qu'il les trouve, sinon…
-Lisbon ?
Elle sursauta, et poussa un cri.
-Tout va bien, Lisbon, c'est Jane. C'est moi.
Elle parut encore effrayée quelques instants, puis elle sembla reconnaître la voix de son consultant. Elle se détendit lorsqu'elle reconnut ses boucles blondes et ses yeux bleus.
-Vous êtes réveillée depuis longtemps ?
Elle secoua la tête.
-Mia ne devrait pas tarder, non plus. Venez manger quelque chose, ça vous fera du bien.
Elle ne sut pas comment refuser, alors elle saisit la main qu'il lui tendait, et le suivit jusqu'à la cuisine, où elle prit place à table, et attendit. Il plaça devant elle un verre de lait et deux barres de céréales au chocolat, qu'elle regarda avec envie.
-C'est pour vous, Lisbon, vous pouvez les manger, dit-il doucement.
Rassurée, elle prit lentement une barre de céréales et croqua une toute petite bouchée.
Chapitre 5 : Et dehors ?
Les jours passaient ainsi. Jane s'occupait de tout, pour que la vie reprenne son cours presque normal. Il savait que plus rien ne serait normal, après ce qu'elles avaient vécu, mais il faisait tout son possible pour qu'elles se sentent mieux. Mia aimait beaucoup passer du temps avec sa maman. Elle aimait lui faire des câlins et la regarder. Elle était si différente de Papa ! Elle se contentait de lui faire des petits sourires, de lui tendre quelques jouets, et de la suivre quand elle marchait, la rattrapant quand elle tombait, la retenant quand elle s'en allait trop loin. Elle ne parlait pas beaucoup. Elle ne racontait pas d'histoires, Maman, mais elle l'aimait, ça, Mia en était sûre.
Lisbon, elle, tentait de reprendre le contrôle de sa vie, mais la présence de Marcus était encore trop forte. Elle ne voulait surtout pas blesser Jane, alors, elle ne faisait que ce qu'il lui demandait, demandant l'autorisation pour tout. Elle parlait le moins possible, comme ça, elle évitait les mots de travers, au cas où il se mettrait en colère et la battrait. Même s'il avait promis qu'il ne le ferait pas.
…
-Cho, as-tu trouvé des nouvelles de Pike ?
-Oui, il a pris un avion pour Austin, il veut nous voir. Je ne pense pas qu'il sache qu'elles sont là.
-Et que Sienna est à Seattle.
L'asiatique hocha la tête. Cette affaire prenait trop d'ampleur. Ils se fourraient dans les ennuis.
-Il va falloir lui faire comprendre qu'il leur a fait du mal, beaucoup de mal. Je ne l'aime pas beaucoup, mais cette perspective ne m'enchante pas vraiment.
-Moi non plus Jane. Mais nous n'avons pas le choix.
-Il arrive quand ?
-Dans 3h. Abbott va le chercher, il l'a demandé.
-Il sait qu'il est instable ?
-Non. Je ne lui ai pas dit, et il n'a rien demandé.
-Il serait mieux que tu ailles avec lui.
-Et toi ?
-Il va me frapper, s'il me voit, répondit le mentaliste en haussant un sourcil.
-C'est vrai. J'irai avec Abbott.
…
Un coup dans son canapé le réveilla. Quand il ouvrit les yeux, il s'attendait presque à voir Lisbon, mais il déchanta rapidement : c'était Pike.
-T'inquiète, Jane, je vais pas te manger. Je voulais juste te faire peur, Teresa m'avait dit que ça marchait avec elle, sourit sincèrement l'agent. Je peux m'asseoir avec toi ?
Il hocha la tête, et Pike s'assit à côté de lui.
-Abbott m'a dit qu'il avait retrouvé Teresa et les filles.
-Oui, on les a retrouvées.
-Je sais pourquoi elles sont parties, tu sais. Je sais que je suis schizophrène. Je vais voir un psychiatre, à DC, j'ai un traitement. Mais je n'ai jamais voulu leur faire de mal.
-Pourtant, Teresa est terrifiée, et Mia a peur de toi, et Sienna…
-Je leur ai fait beaucoup de mal, je le sais. Mais je ne sais pas comment me faire pardonner ou comment me pardonner. Je les aime tellement, tu sais.
-Mia marche. Et elle parle un peu, elle dit quelques mots.
-Tu crois qu'elle voudra bien me voir ? demanda l'agent d'une petite voix.
-Je… Je ne sais pas. Peut-être. Je ne sais pas.
-Tu sais, je suis content que tu sois là pour elles.
…
Chapitre 6 : Pour le bien de tous
La déclaration de Pike l'avait surpris. Que le mari schizophrène de la femme qu'il aime le plus au monde, lui dise qu'il était content que lui, le manipulateur, avec qui il s'était implicitement battu pour l'amour de cette femme, soit présent pour sa femme et leurs filles, ça le dépassait un peu, mais il accepta le remerciement.
-Jane, il faut que tu saches une chose. Je sais que je suis un monstre pour Teresa. Je veux simplement qu'elle garde de moi l'image d'un homme qui l'aime profondément, elle et leurs deux filles, et qui ferait tout pour la rendre heureuse. Alors… J'ai pris un rendez-vous chez un psychiatre. Il a demandé mon internement.
-Je… Je suis désolée.
-Ne le sois pas. Je veux qu'elles soient en sécurité. Et ce ne sera pas auprès de moi qu'elles le seront. Je n'ai aucun droit de te demander ça, mais… Prends soin d'elle ?
-Bien sûr.
Pike se leva alors, et Jane remarqua les deux agents accompagnés des deux infirmiers. Comment avait-il pu ignorer leur présence ? Il les connaissait pourtant si bien…
…
Il avait hésité à lui raconter. A lui dire ce qu'il s'était passé ce matin. Mais elle avait le droit de savoir. Tous les droits même. Alors il lui avait dit. Il lui avait tout raconté, sans omettre un seul détail. Elle avait à peine réagi. Ce n'était pas comme si elle ne réagissait pour rien en ce moment, mais sa seule réaction était la peur. Pourtant, à son récit, elle n'avait pas réagi. Comme si elle s'en moquait.
-Tu as le droit de réagir, Teresa. Tu as le droit d'être soulagée. Il ne t'en voudra pas. Il t'aime comme un fou.
…
Oui, ou du moins, il l'avait aimée comme un fou. Quel homme bat la femme qu'il aime, les deux magnifiques filles qu'ils ont eues ? Quel homme viole sa fille de 4 ans ?
Elle s'autorisa enfin à réagir. Les larmes coulèrent. Elle voulait pouvoir serrer Sienna dans ses bras. Patrick faisait tout pour, elle le savait, et Mia était un amour, mais là, elle voulait ses deux filles auprès d'elle. Ses deux dernières raisons de vivre. Elle ne pouvait pas les abandonner, mais elles non plus n'avaient pas le droit de l'abandonner.
Elle frissonna. Et si jamais elle ne pouvait plus jamais revoir Sienna ? Et qu'en plus on lui retirait la garde de Mia ? Ses larmes redoublèrent. Elle rejeta ses couvertures, et sortit de sa chambre, pour frapper à celle du maître de maison. A l'absence de réponse, elle recommença son geste, un peu plus fort. Quand elle obtint l'autorisation d'entrer, elle ne sut plus quoi faire. Finalement, la porte s'ouvrit, dévoilant un Patrick Jane encore habillé, et bien réveillé. Elle prit peur et s'immobilisa.
-Teresa ? Mais… pourquoi pleures-tu ?
Elle avait le droit. Elle pouvait, elle aussi, avoir besoin d'être rassurée. Elle se jeta dans ses bras, enroulant ses bras autour de sa taille, et pleura contre son torse.
Oui, j'ai continué sur ma lancée dans le monde Grey's Anatomy... (plus que 5 jours... Je peux le faire!)
Je n'explique pas le fait que je sois pas si méchante avec Pike. J'aime pas l'avoir dans l'coin, mais je préfère que ce soit une vraie raison, pas simplement parce que Lisbon l'a envoyé baladé. Et je suis sûre qu'au fond c'est pas un mauvais type.
Smoutchs baveux! :)
Aliiks
