Deux ans plus tôt

POV BELLA

What you're made of – Lucie SilvasPhoenix.

Just like I predicted, we're at the point of no return
(Comme je l'avais prévu, nous atteignons le point de non retour)

We can go backwards, and no corners have been turned
(nous pourrions repartir en arrière et aucun tournant n'aurait été pris)

I can't control it, if I sink or if I swim
(Je ne peux le contrôler, soit je coule soit je nage)

'Cause I chose the waters that I'm in
(Puisque j'ai choisi les eaux dans lesquelles je me retrouve)

Ma petite ville pas si petite comme l'appelait Renée. Je me surprenais à encrer dans ma mémoire le plus de souvenirs possibles de cette majestueuse ville ensoleillée avant de la voir disparaître par le hublot de l'avion. La vitesse de la voiture donnait un effet de flou au paysage qui au fur et à mesure disparaissait sous mes yeux… Comme si les souvenirs s'estompaient aussi.
Je ne regretterais pas vraiment ma vie ici, ni même les gens qui s'y trouvaient mais cela me faisait bizarre de quitter ma ville « natale » ou du moins celle dans laquelle j'avais vécu pendant maintenant 21 ans. Comme si quelque chose de nouveau commençait, une nouvelle page de l'histoire, bien que l'histoire d'Isabella Swan ne soit pas si passionnante que ça… Mais il était temps pour moi de quitter le cocon familial et ma mère.

And it makes no difference who is right or wrong
(Et cela ne fait aucune différence, qui a raison ou tort)
[Chorus]
If it's not what you're made of
(Si ce n'est pas ce pourquoi tu es fait pour)

I deserve much more than this
(je mérite bien mieux que tout ça)

'Cause there's only one thing I want
(parce qu'il n'y a qu'une seule chose que je désire)

You're not what I'm looking for
(Tu n'es pas celui que je recherche)

You were willing but unable to give me anymore
(Tu souhaiterais mais tu es incapable de m'offrir plus)

There's no way,
(Il n'y aucun moyen)

You're changing,
(Que tu changes)

Cause some things will just never be mine,
(Parce que certaines choses ne seront jamais les miennes)

You're not in love this time...but it's alright.
(Tu n'es pas amoureux cette fois-ci… Mais tout va bien)

Renée me regardait par le rétroviseur central avec ses yeux de merlan fris, les yeux d'une mère un peu trop cool alors que je savais qu'elle mourrait d'envie de pleurer. Mais Renée s'interdisait de pleurer ou même de montrer un quelconque attachement trop prononcé. Merci Charlie !
L'évocation de mon géniteur me donna envie de vomir, mais le regard d'Angela, ma meilleure amie de toujours, me détendit quelque peu et je me repris en regardant les paysages défiler. Elle avait le don de me calmer d'un regard. Angie était comme la sœur que j'aurais voulu avoir… Elle était celle qui savait écouter et j'étais celle qui en faisait autant. On était assez complémentaires. Notre rencontre pendant ce stupide voyage scolaire avait éveillé une amitié assez tenace qui durait depuis maintenant 6 ans. Et aujourd'hui nous allions échapper à notre destin made in Phoenix pour s'envoler vers un avenir new yorkais incertain. Ah… New York. Je fermais les yeux en profitant de l'air frais s'insinuant par les vitres de la voiture puis je repensais à la ville de mon cœur. Tout était si silencieux, même l'air semblait s'être immobilisé.

- « Bella tu comptes rester planter là ? » me dit Angie alors qu'elle descendait de la voiture pour récupérer ses bagages.
- « Nan parce-que c'est pas que je t'aime pas mais je pense pas que l'avion nous attende… Ils ont autre chose à faire qu'attendre Bella et Angela les reines du retard si tu vois ce que je veux dire» rajouta-t-elle en riant.

Je n'avais même pas remarqué que nous étions déjà à l'aéroport. Il fallait vraiment que j'arrête de me perdre dans mes pensées, j'allais devenir folle. Définitivement.
Alors que je descendais de la voiture mon regard s'arrêta sur une affiche. Ou plutôt devrais-je dire L'Affiche…

- « Humpfff » marmonnais-je en espérant que personne ne m'entende…

- « A croire qu'il te suit encore » dit Angela avec un sourire triste… Le même sourire qu'elle me servait depuis plus d'un an. On ne pouvait vraiment rien lui cacher.

- « Je vois vraiment pas de quoi tu parles » répondis-je en prenant ma valise tout en lui donnant un petit coup de coude par la même occasion.

Un petit sourire se dessina sur mes lèvres tandis qu'elle me rendit ce petit coup avec son pied puisque ses mains peinaient à garder son énorme valise en équilibre. Angela était encore plus maladroite que moi, mais je me tenais bien de lui faire remarquer… Elle me tira la langue et je lui fis une grimace. Je savais bien qu'elle essayait de me faire penser à autre chose. Elle réussissait d'ailleurs. Ma mère s'amusait de nous voir nous chamailler tandis que Phil, son nouveau mari allait chercher un caddie.
Partir de la maison requérait plus de valises que je ne pensais… Et nous n'avions pris que le simple minimum ! Angie n'aimait pas vraiment la mode mais faisait partie des filles qui ont un goût vestimentaire prononcé et je crois que je n'ai jamais vu quelqu'un préparer sa valise autant de temps à l'avance ! Elle avait tellement de fringues qu'elle dut faire un pré choix, puis un second choix et enfin un choix final… Durée de tout ça ? Deux mois ! Une vraie catastrophe…

Je riais à cette pensée.

- « Bon au lieu de rire toute seule tu pourrais pas avancer avec ta valise Bells. Encore une fois on va rater notre avion ! »

- « Arrêtes un peu de ronchonner ça va te donner des rides Angie ! »

Nous nous mîmes à rire et continuions notre bousculade jusqu'à l'entrée de l'aéroport. Soudain comme frappée par la réalité, je réalisais que mon destin se jouait ici. Un peu comme un pressentiment bizarre. J'avais la tête qui tournait, le ventre à l'envers. Angela ne s'en rendit pas compte, ni même ma mère. Personne ne savait vraiment ce que je ressentais à ce moment précis à par ma grande sœur, Victoria. Elle n'était pas vraiment ma sœur, juste la fille adoptive de Phil, mais quelque chose de profond s'était instauré entre nous. Victoria pouvait être la pire des garces, comme dirait maman, « plus méchante tu meurs ». Cependant si on s'attardait un peu sous la carapace, on voyait juste que Victoria avait mal à cause de la mort de sa mère. De plus s'être retrouvée avec Phil qui n'était que son beau-père avait rendu la sentence plus lourde, moins vivable. J'avais tout de suite vu rouge quand elle était venue vers moi la première fois. Elle était plus vieille de trois ans et avait l'allure d'une top model rousse, sorte de tigresse sortie d'un magazine de mode alors que mon petit physique banal me trahissait. Nous nous étions détestées puis un soir elle m'avait entendue pleurer à cause de mon père, une fois encore, et là tout avait changé. Elle était la grande sœur que j'aurais voulue avoir, celle qui me comprenait mais qui me remettait dans le droit chemin à chaque occasion. C'est elle qui m'avait inscrite à Columbia avec l'aide d'Angela. Elle voulait que je quitte Phoenix, le soleil et surtout que j'arrête mes incartades à Los Angeles… Enfin mes tentatives d'incartades. « Il faut que tu arrêtes de te torturer avec ce rêve de rencontre petite sœur ! Edward n'est pas fait pour toi, il ne te mérite pas et en plus il ne se lave pas ! » Elle disait toujours ça à moitié morte de rire, à moitié sérieuse. Sauf que moi j'avais rien demandé si le comédien le plus beau de toute la planète me poursuivait. Nan parce que c'était le cas. Ce mec voulait ma mort ! Il me suivait partout !

- « Bells houhou » disait ma mère en secouant la main devant moi. « Chérie je crois que tu devrais rester ici… » Et voilà ça commençait… J'allais avoir le droit au couplet de la culpabilité pour la mille et une nième fois de la semaine…

- « Maman je suis une grande fille okay ?! Angie est avec moi et puis tu as Phil qui te fera à manger ! J'ai fait le ménage avant de partir donc pas de soucis là-dessus » lâchais-je presque méchamment.

Pendant ce temps nous avions rejoint la file d'attente pour procéder au check-in de notre vol US Airways. D'habitude nous prenions American Airlines avec Angela mais la compagnie ne desservait pas JFK en partant de Phoenix alors que c'était l'aéroport le plus accessible par les transports en commun à New York. Nous avions donc opté pour cette compagnie pour des raisons pratiques et parce-que j'avais fait mon petit manège pour arriver à l'aéroport que je connaissais le mieux.

- « Bella chérie je ne parle pas de ça ! et puis je sais faire tout ça, je le faisais avant que tu ne viennes au monde je te rappelle ! » Et blablabla…

- « Bon c'est bon toutes les deux vous n'allez pas commencer ! » dit Phil. Des fois il avait du bon ce petit ! « Bella on vous attend au café, ta mère a besoin de son expresso matinal je crois » il me fit un clin d'œil tout en prenant ma mère par la main. Celle-ci leva les yeux au ciel et je soupirais.

Angela ne participait pas à nos disputes, elle ne voulait pas aggraver la situation et elle ne voulait pas prendre partie de peur de s'attirer les foudres des femmes Dwyer/Swan. Je me mis donc à la suivre silencieusement en continuant mon analyse de la situation. Les panneaux d'informations de la compagnie nous indiquaient que notre vol, le 12 était un Boeing 727, qu'il serait à l'heure c'est-à-dire départ à 8h50 précisément, et soit dit en passant dans 2 longues heures. J'avais d'ailleurs du mal à croire que nous étions debout à 5h du matin alors que nous étions de grosses marmottes. Il y avait 5h09 minutes de vol entre Phoenix et New York et cinq heures de décalage, soit cinq heures de plus qu'ici à New York. Ça me fatiguait rien que d'y penser.

- « On arrivera à 17 heures là-bas… » murmura Angela. Je savais ce qu'elle pensait.

- « T'en fais pas on aura juste une heure de transports derrière. Le air train est vraiment très rapide et puis nous arriverons au terminal 7 il n'y a qu'un seul autre terminal après nous et en route pour Howard Beach » lui dis-je avec un sourire alors que nous arrivions presque au comptoir d'enregistrement.

- « Tu sais que si tu me parlais mandarin ça aurait le même effet ? » elle leva son sourcil avant de rajouter « Nous n'avons pas tous eu la chance de nous rendre à New York City deux fois… » puis elle m'offrit son sourire hypocrite, celui qu'utilisait Victoria devant le pasteur Weber, le père d'Angie.

Nous rigolions comme des folles lorsque le charmant mais néanmoins maniéré agent d'escale nous prit nos tickets et enregistra nos bagages. Nous n'avions pas dépassé le nombre autorisé et il ne nous restait que trois sacs - dont nos deux ordinateurs portables fraichement acheté - avec nous dans la cabine en plus de nos sacs à main. Un véritable miracle quand on savait qu'Angela avait des tonnes de vêtements dans son placard.

- « Dis Angie ça t'ennuie pas si on embarque maintenant. Je veux dire… » Elle m'interrompit d'un regard.

- « C'est si dur de lui dire au revoir ? » me demanda-t-elle.

- « Tu connais Renée… Elle va pleurer ou alors elle va dire que je la laisse tomber… » ma voix se brisa quelque peu. J'aimais ma mère mais au fil des années j'avais eu mal de la voir se reposer sur moi à tout bout de champs. Je portais la maison comme je pouvais mais quand le poids des responsabilités m'avait accablé j'avais tout relâché, entraînant Angela avec moi. C'était notre période « on sort tous les weekends »…

- « T'en fais pas on va vite déguerpir d'ici » dit-elle avec un clin d'œil.

Nous retrouvions donc maman et Phil en séance de bécotage discret au café de l'aéroport. Le Sky Harbour n'était pas très fréquenté à cette heure de la journée, pourtant cet aéroport était le plus connu de la ville et nous étions en pleine période de vacances. Angela et moi avions voulu partir mi-août, le 15 précisément, pour pouvoir emménager correctement dans le studio dont avait hérité Angela à la mort de son oncle. Et puis il fallait tout préparer pour la rentrée. Nous avions même rendez vous pour une visite de l'université à la fin du mois d'août pour nous habituer… Je savais que Columbia était une immense université, pour l'avoir visitée lors de mes voyages scolaires, alors j'avais tout de suite prévenue Ang' qu'il fallait qu'on la visite d'un bout à l'autre pour ne pas se perdre dès la rentrée. Connaissant notre sens de l'orientation assez médiocre il valait mieux mettre toutes les chances de notre côté.
Les embrassades allaient commencer, puisque nous voyant arriver, Phil et Renée se levèrent en laissant un pourboire au serveur et vinrent nous rejoindre. Ma mère avait déjà les yeux brillants et Phil me fit signe de la main d'être gentille. Alors qu'Angela embrassait ma mère, j'étreignais Phil en lui donnant les dernières banales recommandations puis me tournais vers ma mère.

- « Tu vas me manquer cendrillon » me glissa-t-elle à l'oreille quand elle me prit dans ses bras.

- « Qui sait M'man ? Je trouvais peut-être un prince charmant à New York… »

- « Tu risque surtout de te retrouver prisonnière de la pomme magique de la vieille sorcière… » dit-elle. Je savais le double sens de cette phrase et mon cœur se comprima à l'idée de me disputer à nouveau avec Renée.

- « Maman la sorcière avec la pomme rouge c'est dans Blanche-Neige » lui répondis-je avec une voix criarde à cause des larmes qui restaient coincées dans ma gorge.

- « Prends soin de toi ma Bella. Appelle-moi dès que tu arrives et surtout faites bien attention ! Angela penses à appeler le pasteur, je suis sûre qu'il sera ravi d'entendre la voix de sa petite fille… »

Ma mère aimait Angie comme sa propre fille mais elle ne comprenait pas le choix de ma meilleure amie qui avait décidé de rester en Arizona plutôt que de suivre ses parents à Forks. C'est là-bas que nous nous sommes connues. J'habitais à Forks avec mon père et Angela habitait la maison d'à côté. Je ne lui parlais pas, étant trop timide et puis Angela était réservée elle aussi à l'époque. Mais il avait suffit d'un voyage scolaire pour nous rapprocher. C'était comme ça qu'était née une amitié qui pouvait tout affronter, même les pires histoires. Depuis ce voyage on ne pouvait pas se passer l'une de l'autre sans pour autant se coller comme des siamoises. On appréciait la présence de l'autre sans avoir à parler, comme des sœurs sans le côté fraternel agaçant.

- « Je le ferai Renée » répondit Angela en me sortant de mes pensées.

- « Bon bah c'est pas qu'on vous aime pas mais on a un avion qui nous attend et euh New York m'appelle » finis-je par dire afin d'effacer toute marque de tristesse.

Ma mère me fit un dernier câlin, me faisant promettre une bonne dizaine de fois de l'appeler, puis nous étions parties en direction des postes de contrôle. C'était fou le nombre de contrôles qu'ils pouvaient nous faire passer pour accéder à notre porte d'embarquement… A croire qu'on cachait des choses partout. Manque de chance mon collier fit sonner les détecteurs de métaux et j'eus le droit à une fouille en bonne et due forme avec palpage en règles de toutes les parties de mon corps. Angela était morte de rire alors que j'étais cramoisie. Mon visage se souviendra longtemps de cet épisode plus que gênant. Nous avions décidé de flâner dans les boutiques free taxes et nous ne pûmes nous empêcher d'acheter des sucreries pour le voyage. Après tout nous allions passer cinq heures dans cet avion de malheur alors bon.

Nous étions maintenant dans la boutique Virgin et à peine rentrée je fus attirée vers les DVDs comme un aimant. Ang' fantasmait devant un macbook tandis que mes yeux accrochaient le vert émeraude des yeux d'Edward Cullen. Cette pochette de DVD ne lui rendait définitivement pas hommage. Cheveux noir corbeau coiffés, collés au crâne par du gel, une moustache noire longue de trois mètres au moins. Seuls ses yeux restaient intacts. Je me demandais s'ils avaient la même intensité en vrai ou alors si il ne s'agissait que de retouche Photoshop. J'étais perdue dans la contemplation de mon rêve quand je me rappelais que jamais je ne pourrai savoir si ses yeux avaient cette intensité. J'étais ridicule ! J'arrivais à m'énerver contre moi-même ces derniers temps. C'est pour ça que je voulais fuir Phoenix et la proximité avec Los Angeles. Car plus je me retrouvais proche de Edward Cullen, plus mon corps me faisait perdre la tête. Tout ça paraissait tellement étrange. Je détestais ce type il n'y a pas si longtemps. Avant de le voir jouer mon personnage fantastique préféré sur grand écran. Je le trouvais minable, sans charme et puis du jour au lendemain je l'avais apprécié. Edward Cullen était l'acteur le plus en vogue de l'année. Tout lui réussissait : le travail, l'argent, les filles, le succès… un vrai rêve en gros. Mais il avait un gros défaut. Edward Cullen me hantait. Il ne me connaissait pas et pourtant il réussissait à me pourrir la vie comme pas possible.
Au début je n'avais pas vraiment fait attention à lui, je me fichais du nouveau film et du nouveau comédien en vogue. Puis Angela m'avait parlé de l'immense talent de « ce petit » comme elle l'appelait. Elle en était folle, littéralement folle. D'ailleurs quand on y pense maintenant ça nous fait bien rire.
J'avais cédé à la tentation, j'avais téléchargé –illégalement bien sûr- le film et j'étais tombée sous le charme de ce comédien atypique. Mais comme je suis têtue j'ai voulu rester sur mes positions jusqu'à ce que j'analyse à la loupe sa filmographie. Une vraie fan. Pathétique je sais. Je me mis à rougir devant le rayon DVDs… Je repensais à tous ces trucs bizarres qui m'étaient arrivés depuis… Le poster trouvée lors d'un concert que je suis allée voir et qui n'avait strictement rien à voir avec lui, sa venue à Phoenix pour la promotion de son nouveau film, la sensation étrange qui m'avait envahit lorsque sa voiture était passée devant moi sans pour autant que je ne l'aperçoive ou encore la casquette qu'il portait avec mes initiales. Un petit bruit me fit revenir sur terre. Je tournais la tête pour apercevoir les yeux bleus d'Angie.

- « Il t'a encore attiré dans un guet-apens ? » souriait-elle. Angela savait ce qu'il se passait mais elle ne connaissait pas vraiment tous les détails. Victoria savait tout elle. Cependant ma meilleure amie avait été de très bon conseil. « Laisse là vilain ! Et toi je ne me répèterais pas, laisse faire le temps ! Qui vivre verra ! Allez hop hop hop j'ai pas envie de rester ici ce macbook pro va me rendre chèvre avant la fin de la journée et puis j'aimerais bien manger » me dit-elle avec un énorme sourire.

- « Tu sais qu'à force de manger Ang' tu vas finir par ne plus ressembler à la brindille que tu es ? Et dans ce cas là je ne pourrais plus me moquer de ta taille de guêpe… » j'aimais vraiment la charrier sur son inaptitude à grossir.

- « Bah justement j'ai besoin de compenser et comme il reste environ une heure avant l'embarquement et qu'il y a un starbucks là-bas je me dis qu'on pourrait travailler sur ce problème majeur.» Elle fit un gigantesque sourire avant de m'attraper le bras et se diriger vers le café.

Elle commanda son célèbre muffin tout chocolat avec un hot chocolate et me pris un cheesecake aux bluberry… Mon préféré. Elle ne reparla pas de l'incident de Virgin puis alors que nous parlions des différents starbucks de New York mon téléphone sonna. Victoria.

- « Je pensais vraiment que ma grande sœur se fichait de mon départ » dis-je avant même de la saluer

- « Disons que ta grande sœur était légèrement en train de finir la partie de jambes en l'air la plus magnifique de tous les temps » répondit-elle. Je riais et mis le téléphone entre Angela et moi. On avait l'habitude d'écouter la conversation des autres.

- « Oh et c'est un bon coup au moins ? Je ne savais pas qu'il faisait de ça chez les Londoniens »

- « N'insulte pas mon pays d'hébergement Bells ! Et non loupé il est américain et franchement trop sexy »

- « Beurk ! » nous écriions nous.

- « Faites pas vos saintes ni touche ! Je n'ai rien fait que vous ne feriez pas… »

- « Sauf que nous on ne fait jamais rien » dit Angela avec un petit sourire mesquin.

- « Ouais bah il va falloir que je vous apprenne moi ! »

- « Ou pas » répondions Angie et moi en cœur.

- « Bon les choupettes vous êtes prêtes à partir ? » nous demanda Victoria. Angela s'écarta et me laissa reprendre mon téléphone.

- « Ouep. On a tout. Notre avion décolle dans une demi-heure, on se dirige vers la prote d'embarquement là. Et toi Londres ça va ? Il est quelle heure là-bas ? Et ce mec c'est qui ? » Je détestais parler de moi, avec le temps Vic le savait et j'avais donc pris pour habitude de poser mille et une questions pour « noyer le poisson » comme elle aimait si bien le dire.

- « James dort comme un nounours. Ou plutôt un léopard si tu vois ce que je veux dire » elle riait, c'était bon d'entendre son rire. « Londres va très bien. Il est 22 heures ici. Je vais plutôt bien j'ai réussi mon premier gros dossier presse pour The Guardian. »

- « Félicitations ! Je suis fière de ma grande sœur »

- « Et toi chou ? Comment ça va ? » elle paraissait inquiète. Victoria ne s'inquiétait pas habituellement.

- « Ne t'en fais pas je vais bien. Je vais rejoindre la ville de mes rêves. »

- « Et t'éloigner d'un autre rêve » ajouta-t-elle dans un murmure.

- « Il ne me lâche pas vraiment on va dire »

- « Chou je suis désolée. Allez courage, on va pas en reparler pour la millième fois mais tu sais qu'il faut que tu avances ! »

- « Je sais » soupirais-je.

- « Ah James se réveille. Soyez sage, fais des bisous à Angela. Et puis bon courage pour l'avion ne paniques pas. »

- « Ouais je vais essayer… »

- « Bella ? »

- « Oui ? »

- « Tu devrais lire le journal dans l'avion » puis avant que je ne puisse répondre Victoria avait raccroché.

Bon ok c'était quoi ça ? Elle aimait vraiment me faire tourner en bourrique des fois.

Nous étions assises avec Angela en train d'ouvrir les tablettes de Toblerone quand l'hôtesse invita les passagers à embarquer. Angela pris tous les journaux et magazines qu'on pouvait prendre et les fourra dans son sac à main. Je la regardais avec étonnement et elle me fit « En cas d'ennuie total » avec un clin d'œil. Je pouffais et le steward dû croire que c'était pour lui car il me regarda d'une drôle de façon.
Une dizaine de minutes plus tard nous étions installées dans l'avion et mon ventre se serrait. Je détestais les avions. J'aimais voyager mais les avions me faisaient vraiment peur alors pour me calmer Angela me récita son cours de biologie où je ne comprenais strictement rien.

- « Tu sais, l'autoradiographie est une technique basée sur l'emploi d'isotopes radioactifs, ce qui permet de rendre radioactives des molécules que l'on souhaite localiser au sein des cellules vivantes.

- « Ang' tu sais que j'ai rien compris à ton truc ? » lui dis-je en souriant. Mais elle avait réussi à me calmer et le décollage se fit sans que j'ai à fermer les yeux ou à vomir dans le sachet prévu à cet effet.

Nous avions pris avec nous nos I pod et nous nous mîmes à écouter la musique. Je dus dormir pas mal de temps avant d'être réveiller par l'hôtesse qui nous apportait nos plateaux repas. Il était à peine 11 heures à Phoenix.

- « Je crois pas avoir de la place dans l'estomac » dis-je à ma meilleure amie alors qu'elle ouvrait avec envie sa pizza trois fromages.

- « Moi je mangerai bien un hamburger avec » me répondit-elle en avalant une énorme bouchée de la dite pizza.

- « C'est pas comme ça que tu réussiras à draguer le mec à ta gauche Ang' ! » je commençais à rigoler, à en devenir rouge pivoine. Foutues émotions !

- « Te moques pas Bella ! Il me dévisage depuis tout à l'heure. J'ai peur moi ! »

- « Oui tu as raison il va sans doute te manger » je m'esclaffais puis quand l'hôtesse revint chercher nos plateau je décidais de mettre un film. « Y'a quoi comme film sur ce vol ? » demandais-je à mon amie tandis qu'elle feuilletait le programme à bord. Tout à coup elle le referma d'un coup sec.

- « Y'a rien tu devrais écouter ton I pod » puis elle actionna le sien avant de fermer les yeux.

Alors là c'était à plus rien y comprendre… Je voulais lire mais les journaux étaient dans son sac, sous son siège. Alors je décidais quand même de regarder un film. J'enfilais mes oreillettes puis appuyais sur une chaîne au hasard. C'est là que je tombais sur lui. Il était là, dans le petit écran de mon siège, avec ses cheveux au naturel, cuivrés, son jean délavé et troué avec sa cigarette à la bouche. Edward Cullen tenait sans doute son meilleur rôle dans cette comédie dramatique où il interprétait le rôle d'un New Yorkais paumé et abîmé par la vie. C'est pour ça que ma meilleure amie ne voulait pas que je regarde la télévision. Elle s'évertuait à chasser Edward de mon esprit. Tous mes DVDs étaient pour cela restés à Phoenix. Je n'avais eu droit qu'à ses chansons et mes livres. Ang' voulait que je fasse une cure de désintoxication d'Edward Cullen. Elle voulait que je m'ouvre au monde réel, aux garçons qui se trouvaient dans notre sphère… Mes yeux n'arrivaient pas à se détacher de l'écran pourtant ma main appuya sur le bouton off et mon cœur battait à mille à l'heure alors que je mettais mon I pod dans mes oreilles. Je dus réussir à m'endormir puisque ce fut le petit cri d'Angela qui me fit sursauter.

- « Quoi ? On atterrit en catastrophe ? » j'avais la tête qui tournait comme je m'étais relevée trop vite de mon siège et la peur me tordait l'estomac.

- « Oh pardon Bells je ne voulais pas te réveiller ! » elle avait l'air à la fois en colère et un peu inquiète aussi.

- « Pas grave de toute façon on va bientôt arriver à la maison » lui dis-je avec un petit sourire endormi. Puis c'est là que je m'aperçus qu'elle lisait un journal. « Il se passe quoi dans le monde pour que tu cris comme ça ? »

- « Je… euh… » Angela baissa les yeux puis ne cessa de faire l'aller-retour entre mon visage et son journal. Elle soupira et devint écarlate puis toute pâle. « Bells » finit-elle par dire avec une certaine crainte ?

- « Pourquoi tu es si mal à l'aise Ang' ? C'est grave ? Fais-moi voir ça » je lui pris le journal des mains.

Alien Lover – Lucious Jackson

Quand mes yeux se posèrent sur l'article, je crus à une blague puis plus je lisais plus je m'enfonçais dans mon siège. L'article prenait une double page, on y voyait Edward avec ma casquette – après tout ce sont mes initiales alors j'aimais dire qu'il s'agissait de ma casquette- il était dans les rues de New York avec Tanya Denali, une célèbre actrice avec laquelle il avait joué les aventures de mon personnage fantastique préféré. Tanya Denali était belle, vraiment belle. Elle était blonde, pas très grande et elle avait un style bien à elle entre le rock et le look négligé. Ses cheveux blonds resplendissaient et elle avait le visage qui disait « Je suis belle je le sais regardez-moi ». Je ne l'aimais pas. Malgré son air timide et son côté excentrique je ne pouvais ni regarder un film avec elle, ni la regarder tout court. Jalousie ? Pas que…Dans le journal ils montraient des photos où Edward et elle étaient sur Broadway, main dans la main pour échapper aux paparazzis qui les suivaient alors qu'ils se rendaient à une émission.
En gros titre était marqué : « Ils emménagent à Manhattan ». Et là mon sang ne fit qu'un tour, mes yeux sortirent de leurs orbites, mes mains devinrent moites, la tête me tournait, j'avais du mal à respirer comme si on m'avait écrasé la cage thoracique.
Il venait vivre à New York ? Chez… MOI ! Enfin non pas chez moi mais il allait se trouver dans la même ville que moi ? A quelques rues ?
Je ne remarquais pas le regard insistant d'Angela, j'attendais juste que mon visage retrouve sa couleur normale et que mon cœur reprenne ses battements normalement. Comment ais-je pu être aussi stupide ? Bien sûr que ça allait continuer ! Comme si changer d'Etat et de côté des Etats-Unis allaient changer quelque chose à ces signes débiles ! J'avais envie de pleurer, mais je savais que je ne le ferai pas. De toute façon ces magazines n'étaient qu'un tissu d'âneries sans fondements. Je me décidais à regarder Angie qui semblait terrifiée.

- « Ang' ? » dis-je, inquiète.

- « C'est pire que ce que je pensais » murmura-t-elle.

- « C'est pas faute de te l'avoir dit » lui répondis en fermant sèchement le journal.

J'allais devoir appeler Victoria à l'aide. Mais surtout j'allais devoir me battre pour ne pas penser à cette fichue starlette qui me poursuivait.