Chose promise, chose due. Il est très tôt (tard ?) mais je poste malgré tout. Voici donc le premier chapitre, plus long que l'intro. J'espère que cela vous plaira.

Résumé: Pour une fois, Sherlock n'est pas à la morgue de St Bart pour une affaire. Cette fois il est là pour identifier un corps.

Rating: M pour les chapitres à venir.

Genre: pas mal d'angst, même si ce chapitre est plutôt soft, du slash évidemment, sinon c'est pas marrant.

Disclaimer: Les personnages ne sont -toujours- pas à moi. Merci à messieurs Doyle/Moffat/Gatiss de les récupérer en fin de chapitre.


Chapitre Un

How they used to be

Plus d'un an après son emménagement au 221B Baker Street, John s'était plus ou moins fait à la présence envahissante des Holmes. Celle de Sherlock d'abord, ou plutôt ses expériences qui semblaient douées de vie, disparaissant d'un endroit pour réapparaitre dans un autre, comme la tête du frigidaire qui s'était téléportée dans la baignoire. John faisait tout pour qu'elles restent cantonnées à la cuisine mais avec un colocataire comme Sherlock, c'était tout bonnement impossible. John ne faisait alors que sursauter puis soupirer de lassitude résignée – tant qu'elles ne parvenaient pas à franchir le seuil de sa chambre, il se considérait comme heureux et protégé. Et puis la sale manie du détective à se pointer pendant ses rencarts, à le réveiller à toute heure de la nuit, à venir le chercher à la clinique en plein boulot, John s'y était habitué. Ou presque.

Et puis il y avait celle de Mycroft. Dès que le docteur voyait une camera de surveillance quelque part, il soupçonnait le gouvernement britannique d'être derrière à l'observer, affublé de ce sourire distingué mais subtilement moqueur. Et puis tous ces textos aussi ! Il fallait croire que Mycroft avait des actions chez certains operateurs mobile vue la quantité incroyable de textos qu'il envoyait – tout le crédit de John y passait, ou presque.

Et puis il y avait leurs querelles de gamins. La majeure partie du temps, c'était Mycroft qui asticotait Sherlock. Et visiblement, ce dernier semblait incapable de résister à l'envie de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Et enfin, John, au bout de cinq mois, avait découvert le côté profondément douloureux et torturé de leur relation. Aucun des deux frères n'avait voulu en discuter avec John mais celui-ci sentait qu'avant de se tirer dans les pattes en permanence, ils avaient été très proches. Au cours d'une enquête plutôt difficile, Sherlock avait disparu des écrans radars de son frère. Si au bout de vingt-quatre heures sans nouvelles du détective Mycroft n'avait rien montré de son inquiétude, il en avait été tout autrement lorsque le brun était réapparu dix jours plus tard, vivant mais en sale état. Un sale état qui avait nécessité huit jours complets d'hospitalisation dont deux passés dans le coma.

« Tu te rends compte que tu aurais pu mourir, Sherlock ! » hurla Mycroft, tournant comme un lion en cage dans la chambre d'hôpital où son frère était installé.

Sherlock, enroulé dans les draps, eut un sourire mauvais, dédaigneux.

« Pour ce que ça peut te faire… » rétorqua-t-il de sa voix cassée.

« Comment oses-tu Sherlock ? » tempêta l'aîné.

« J'ose parce que tu as déjà prouvé que tu étais parfaitement capable de me laisser moisir sans te préoccuper de ce qui peut bien m'arriver ! » cria Sherlock, essayant de couvrir la voix de son frère.

John se demanda s'il devait intervenir, Mycroft prêt à bondir sur son cadet, la respiration sifflante tant il était énerver. Le silence s'installa, pesant le temps que les deux frères se fixèrent. Puis la dispute reprit de plus belle lorsque Sherlock renifla de façon méprisante.

« Sherlock, si je dois te faire enfermer pour ta propre sécurité, sois certain que je n'hésiterais pas ! » menaça Mycroft.

John frissonna : sa voix s'était faite si basse et sourde que le docteur n'eut aucun mal à imaginer cet homme si élégant, raffiné et maniéré en train d'étrangler ou de battre à mort quiconque se mettant sur son passage.

« Je ne suis pas un chien enragé Mycroft. Je sais très bien me débrouiller tout seul. »

« Je suppose que tu fais référence aux quatorze overdoses… »

La réplique cloua le bec à Sherlock un instant. Le blond lut un mélange de honte, de profonde haine et de tristesse sur les traits pâles, enfin sauf à l'endroit de son coquard et de son arcade ouverte. John ouvrit des yeux ronds à cette révélation sur son colocataire. Il savait parfaitement qu'il avait été accro à certaines substances illicites mais ce nombre était tout bonnement ahurissant. Comment une créature aussi fragile, qui passait son temps à s'affamer sous prétexte que manger l'empêchait de réfléchir et qui manquait indubitablement de sommeil, pouvait encore tenir debout, dégager cette aura et cette présence incroyables et continuer de galoper après les méchants dans les rues de Londres ? Après ce bref instant de quiétude toute relative, la colère de Sherlock s'abattit telle une violente tourmente.

« Mycroft, salaud… »

C'était bien la première fois que le détective se montrait aussi vulgaire en présence de John. Qui d'ailleurs semblait ne plus exister pour les Holmes, bien trop pris dans leur ire l'un envers l'autre.

« Je ne suis pas le seul coupable de ce qui m'est arrivé. Et tu le sais ! Casse-toi d'ici ! »

Mycroft ne disait plus rien. Raide comme la justice, son visage avait changé, il transpirait le regret et la honte. Sherlock se débattit contre ses draps, insultant toujours son aîné puis se jeta sur lui pour le pousser hors de la pièce. Le docteur Watson s'était levé pour intervenir mais s'interrompit une nouvelle fois : en moins de temps que les représailles s'étaient déclenchées, le détective avait fondu en larmes, s'était transformé en un lambeau délicat s'accrochant désespérément aux épaules de Mycroft.

« Je te déteste, je te déteste, je te déteste, je te déteste… » répétait Sherlock, comme une imprécation, le nez dans le revers de la veste de son frère.

Lentement, tendrement, Mycroft avait passé un bras autour des épaules du détective, l'autre sous ses genoux avant de le soulever de terre pour le ramener à son lit. Ensuite, il avait pris place près de Sherlock, offrant son épaule et ses bras comme refuge où le brun se nicha sans rechigner. Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que Sherlock finisse par s'endormir, terrassé par ses larmes et l'épuisement accumulé.

Le docteur secoua doucement la tête pour chasser les souvenirs de son esprit et se focaliser sur le temps présent. Sur cet instant difficile. Molly le fixait toujours, la mâchoire clairement décrochée et les yeux ronds. John toussota et la jeune femme revint à elle, ramassa sa mâchoire et battit des paupières.

« Sherlock a un frère ? » dit-elle enfin.

« Avait. » corrigea le médecin. « Il est venu l'identifier. »

« J'ai fini. »

Tous deux sursautèrent. Ils n'avaient pas remarqué que le détective consultant avait délaissé la table où reposait Mycroft pour s'approcher d'eux.

« Oh, euh… Bien. » fut la seule chose que parvint à dire Molly.

« On peut y aller, alors. » dit doucement John, prenant déjà Sherlock par le bras.

Mais le brun ne bougea pas d'un millimètre.

« Il n'y avait pas le nom du légiste qui doit pratiquer l'autopsie. »

Le blond eut un choc. Comment Sherlock pouvait-il prononcer une telle phrase à propos de son frère après avoir vu son cadavre ? Et surtout pourquoi se posait-il la question ?

« Oh. Euh… Et bien, je n'ai pas retenu son nom, c'est la première fois qu'il vient faire ça ici. »

« Excusez-moi, c'est bien ici pour l'autopsie de Mycroft Holmes ? » lança une voix derrière eux.

Timing parfait pensa John. Jusqu'au moment où il reconnut le légiste en question.

« Anderson ? » souffla-t-il, interloqué.


Pour les réclamations, menaces de torture et autres, merci de bien vouloir suivre la procédure habituelle x) Pour la suite il faudra patienter au moins jusqu'à demain (dimanche donc), j'essaie de terminer la traduction d'une autre fic de Nova-chan ^^' Voilà, rendez-vous au prochain chapitre n_n