Hello ! Me revoilà avec le deuxième chapitre ! Grand merci à la première review, ça m'a donné du baume au cœur :') Je t'aime petit lecteur ! Et je vous aime aussi, timides lecteurs


Part two

Erik souffla. Il allait devoir –pouvoir- déballer ce qu'il avait sur le cœur. Il n'aurait jamais pensé qu'il aurait fait ça un jour. Il en ressentait la nécessité. Etrange…

Hank venait de s'asseoir. Le salon était calme. Tout le monde se regarda, mais personne ne se lança. Au bout d'une minute, Erik soupira.

« Bon on est là pour en parler… J'ai fait l'effort d'accepter, alors si vous voulez bien on commence. Sinon je vais me coucher. »

Erik prononça ces paroles et pria intérieurement pour que personne ne refuse d'en parler. Il avait besoin de parler, mais il était trop fier pour l'avouer. Il aurait ri s'il avait été là. Erik, mon ami… Ta fierté est incomparable. Raven sourit à Erik. « Il a raison ! Allez on s'y met. Tu commences Erik ?

-Euh… Oui. –il marqua une pause- Euh je commence par quoi ? »

Ils se regardèrent tous. Hank dit d'une voix posée. « Commence par le commencement Erik. Ce jour-là, sur la plage. Est-ce qu'il y a des choses dont on ne connait pas le déroulement ? »

La honte monta à la tête d'Erik. Bon Dieu oui il y en a des choses… Il était empli de haine, il ne voulait qu'une chose à ce moment-là…

« Oui. Il y a des évènements dont vous ne connaissez pas les détails, ou même l'existence. Et je… Je ne sais pas si je devrais tout vous…

-Tout Erik. On n'est plus des gamins, l'interrompit Sean.

-Il a raison. Et puis je pense pas que ce que tu ais fait ne nous étonne. Après tout, on a déjà eu l'occasion de le découvrir… Allez mec, lance-toi », dit Alex.

Sous les encouragements des jeunes, Erik se décida à raconter. Pourtant, ce sentiment de gêne restait, sans qu'il ne puisse lui trouver aucune explication.

« Quand je suis rentré dans la salle où était Shaw, Charles ne pouvait plus communiquer avec moi. Je ne l'entendais plus. Shaw m'a attaqué, il avait absorbé une quantité impressionnante de puissance, et me balançait à travers la pièce jusqu'à ce qu'à un moment, ça brise les parois de cette salle. Charles a pu reprendre contact avec moi, et j'ai continué à faire en sorte que les murs tombent. Charles a pu accéder à l'esprit de Shaw et l'a immobilisé. J'ai récupérer le casque et… »

Il venait de se rendre compte qu'à ce moment il avait rompu le contact avec Charles. Il sentait qu'il ne devait pas raconter tous les détails… Un mauvais pressentiment. Comme si une de ses actions avaient eu un impact important. Il reprit son récit.

« Et ensuite j'ai tué Shaw. Quand je suis ressorti, j'ai senti les canons armés vers nous. J'ai prévenu Charles. Vous connaissez la suite. »

Les jeunes mutants étaient silencieux, essayant d'assimiler ces informations, et éventuellement trouver une solution. Mais rien ne leur vint à l'esprit.

« Mais c'est dingue ça ! On ne trouve rien qui puisse expliquer son comportement ! Il n'est quand même pas devenu fou d'un jour à l'autre… ? dit Raven.

-Non je ne crois pas qu'on devienne fou du jour au lendemain. Mais pour l'instant c'est la seule explication. Pas crédible, rajouta Hank.

-Il s'inquiétait pour toi, Erik. Il espérait reprendre contact avec toi rapidement. Donc moi je ne crois pas à l'hypothèse de la folie, affirma Sean.

-Charles a un contrôle exceptionnel de son mental. Je doute qu'il soit tombé dans la folie. Et puis qu'est-ce qui l'aurait poussé à ça ? demanda Alex.

-Charles est professeur d'université. Il entraîne et forme de jeunes mutants. Il est télépathe. Dois-je en rajouter ? dit Hank. Moi je serais devenu fou, à devoir combiner tout ça, avec des sentiments contradictoires. Paraître normal à la société et être soi-même chez soi.

-Tu as oublié qu'il est ami avec un psychopathe … »ajouta Alex.

Un coussin traversa la salle et s'abattit sur le visage de ce dernier. Erik était à la fois irrité et à la fois amusé. « Fais gaffe à ta langue, Alex… »

La soirée dura longtemps, et quand l'horloge indiqua minuit, ils décidèrent d'aller se coucher. Hank tapota l'épaule d'Erik, souriant. Sean et Alex hochèrent la tête. Raven le remercia. « C'est vraiment… gentil de ta part Erik.

-Il n'y a pas de gentillesse là-dedans. On devait en parler, c'est tout.

-Tu aurais pu refuser, comme on s'y attendait. Tu n'as jamais exposé quoique ce soit, tant que Charles n'était pas derrière toi pour t'y obliger –te supplier de temps en temps. Alors si, je trouve que c'est de la gentillesse. On avait besoin d'en savoir plus, et tu n'as pas refusé. Tu n'as pas à en avoir honte, Erik.

-J'ai… J'en ai pas honte Raven. C'est juste… pas commun.

-Je suis d'accord. Mais tu es plus supportable comme ça. »

Sur ces mots, Raven quitta la pièce pour aller se coucher. Après avoir vérifié que tout était éteint, Erik rejoignit sa chambre.

Le lendemain matin, Erik était levé plus tôt que ces derniers jours. Sa tasse de thé à la main- mauvaise habitude que Charles avait insinué en lui, estime-t-il – il observait le jour se lever petit à petit, le soleil paresseux. Il aimait ces moments de quiétude. Il avait l'habitude de prendre son petit déjeuner avec Charles dehors, sur les marches du manoir, quand il faisait bon. Ils ne parlaient pas beaucoup, le temps de se réveiller. Mais ils partageaient ce moment, tous les jours. Erik n'avait jamais remarqué combien ça lui faisait du bien. Maintenant, son esprit s'éveillait petit à petit aux premières lueurs du soleil, comme il y'a quelques semaines. Mais il manquait une présence…

Il souffla, posa sa tasse sur la marche et se leva pour s'étirer. Il craqua son dos –une chose que Charles trouvait assez impressionnante, parce que son dos craquait bruyamment- et inspira profondément. La séance de discussion de la veille lui avait fait du bien –tellement de bien à son esprit- et il ne regrettait rien.

« Bonjour M. Lensherr. »

Erik leva la tête et reconnut le facteur.

« Bonjour monsieur.

-J'ai une lettre à remettre au Professeur Xavier.

-Ah, je vois. Malheureusement, Charles est en déplacement. Si ça doit être remis en mains propres, il faudrait l'adresser à Oxford, son lieu de travail…

-Oh non, ne vous inquiétez pas. C'est une lettre normale, pas d'accusé de réception. Voilà, tenez. Bonne journée, M. Lensherr. »

Erik le salua et se rassit sur la marche, la lettre en main. Charles recevait souvent des lettres à importance. C'est pour cela qu'il avait mentionné Oxford. Charles le lui avait dit, au cas où il serait absent du manoir. La curiosité d'Erik s'éveilla. Une lettre pour Charles ? Ce n'est pas l'université, il ne reconnaissait pas le cachet. Il leva la lettre pour la mettre en face de la lumière. Il tenta de déchiffrer ne serait-ce qu'un indice à travers l'enveloppe.

Invitation au gala de … à … de M. Charles XAVIER

Erik ouvrit de grands yeux, et décida d'ouvrir la lettre. Il n'aura qu'à prétexter qu'il avait cru qu'elle lui était adressée. Un mensonge assez nul, en vérité. Il y pensera quand l'occasion se présentera.

Invitation au gala d'ouverture de M. Schell à partir de 19h30, à la demeure Schell, à l'attention de M. Charles Xavier.

M. Xavier, nous avons l'honneur de vous inviter au gala inauguratif qui aura lieu dans notre demeure. Nous serions heureux de vous compter parmi nos distingués invités.

Toutes nos amitiés les plus sincères,

M. et Mme Schell.

Erik était abasourdi. Une invitation ? Pour Charles ? Il se leva brusquement, et se tourna pour rentrer dans le hall. Son pied shoota dans la tasse, il clopina à cloche-pied, avant de se prendre le pied dans sa robe de chambre et s'étala de tout son long sur le sol en hurlant, tout excité : « RAVEEEEEEN ! UNE LETTRE POUR CHARLES ! »

Des bruits de pas se firent entendre quelques secondes après, Raven descendant les marches, les garçons à ses talons. Erik avait le sourire aux lèvres tandis qu'il tentait de se lever. Il tendit la lettre à Raven, Alex et Sean l'aidant à se relever. Il ne pensa même pas à protester, tellement il était heureux. M. et Mme Schell sont des admirateurs du travail de Charles. Ils ont dû le contacter durant cette semaine, comme ils le font avant de lui envoyer une invitation : ils ne voulaient pas déranger le professeur avec « une simple lettre de déplacement si M. ne pouvait pas s'y rendre. Nous serions assez embarrassés de vous avoir dérangé durant votre travail. » Quand Charles lui avait fait écouter la conversation, il avait été assez amusé. Maintenant, il les remerciait du fond du cœur. Sans eux, il n'aurait jamais su si Charles était toujours ici.

Raven lut la lettre à haute voix. On pouvait sentir l'espoir renaître dans sa voix. Les yeux des garçons s'illuminaient. Erik s'exclama alors qu'ils devaient absolument y être. Hank regarda Raven, interloqué. « Et on fait ça comment, génie ? » demanda Alex, ennuyé.

Erik sourit de toutes ses dents –ce qui pouvait faire peur quand accompagné d'un regard de psychopathe…- et déclara : « fausse identité mon cher Summers… -puis se tournant vers Hank- Tu peux nous faire ça, Einstein ? »

Hank balbutia quelque principe éthique, mais après que Raven l'ai convaincu par quelques mots et un baiser, il acquiesça, rouge pivoine. Il se dépêcha vers son labo.

Erik ramassa sa tasse qu'il alla laver. Raven le rejoignit.

« Charles est encore vivant, dit-elle d'un ton bas.

-Pas qu'on en ait douté, mais ça veut dire que Charles n'a pas quitté le pays et qu'il est encore actif.

-Comment peux-tu en être si sûr Erik ?

-Charles me confiait certains… secrets de la vie. De la sienne en particulier.

-… Tu usais de lui ? demanda-t-elle, sur l'offensive.

-Raven… »

Il se rapprocha d'elle et la regarda dans les yeux.

« Raven, j'ai changé depuis cet incident… Même moi je l'ai remarqué. Charles est le premier ami que j'ai eu. Mon meilleur ami. Il me comprend comme personne ne me comprend… Sans avoir recours à son pouvoir. Il me fait confiance. Et… »

L'émotion était forte chez Erik, il n'avait jamais imaginé qu'il se confierait à Raven. Ou à qui que ce soit, en vérité. Il s'assit, et Raven fit de même. Les garçons étaient tous au labo. Ils pouvaient discuter tranquillement.

« J'ai été stupide au début. Guidé par ma colère et mon désir de vengeance. Quand Charles m'a sauvé de la noyade, j'étais en colère contre lui. Je pensais qu'il m'empêchait d'atteindre mon but. Je ne l'ai même pas remercié à ce moment. Au moment de notre transfert à la CIA, j'ai décidé de vous fausser compagnie. J'ai récupérer des documents officiels concernant Shaw, et j'allais vous quitter sans bruit. Je pensais que vous n'étiez bons à rien. Un télépathe enfantin. Voilà ce que j'avais pensé de Charles. Il ne savait pas ce que j'avais enduré. Mais je ne connaissais rien de lui. Ni de Hank et toi. Je vous considérais comme deux jeunes mutants guidés par leurs hormones adolescentes. J'estimais être le seul puissant, et pouvoir anéantir Shaw seul. Mais ce soir-là, Charles m'a surpris. Il savait que j'allais partir, mais s'étonnait que je sois resté si longtemps. J'ai cru à ce moment qu'il se moquait de moi, et je l'ai envoyé balader. Mais il m'a dit qu'il savait tout de moi. Il avait senti mon agonie. Il m'a dit qu'il pouvait m'aider. Il m'a convaincu : j'avais besoin d'aide, ne serait-ce que pour me renforcer. Alors je suis resté. Après l'incident à la CIA et la mort de Darwin, Charles et moi avons pensé à votre sécurité. Il a immédiatement proposé son manoir. Je l'ai énormément charrié sur ce point-là, comme tu as du le remarquer les premiers jours. Mais son implication m'a surpris. Son idée d'entraînement programmé pour chacun d'entre nous. L'installation de Cerebro dans le manoir a été effectuée avec une grande facilité, et ce domaine disposait d'atouts dont je n'aurais jamais imaginé l'existence. Un bunker… ça m'avait… Waw. Bref. Quand les entraînements ont commencé, j'étais impressionné par l'investissement de Charles. Il voulait votre réussite, vous voir grandir, avoir confiance en vous et vos pouvoirs. J'ai cependant toujours trouvé qu'il ne savait pas grand-chose de la responsabilité d'un pouvoir comme le tien ou comme celui d'Alex. Des pouvoirs qui sortent du contrôle de son possesseur, ou qui le mettent en doute. J'ai gardé cette idée du télépathe enfantin. Jusqu'au jour où c'était mon tour. Ce jour-là, je ne l'oublierais jamais. »

Raven ne lâchait pas un morceau de ce que lui disait Erik, pour une fois qu'il parlait ! Elle cernait de mieux en mieux la complexité que formait Erik en tant que personne, et finalement comprenait pourquoi Charles aimait passer du temps avec lui –lui qui aimait la complexité. Erik reprit son discours après avoir fini un verre d'eau.

« Je me souviens bien… C'était une belle journée, j'avais mis le jogging spécial-entraînement. J'avais proposé à Charles un exercice assez euh… original. Je lui ai demandé de tirer sur moi, et je dévierais la balle à coup sûr. Il n'était pas à l'aise du tout. –Erik rit- Il ne voulait, ne pouvait pas me tirer dessus.

Il m'a dit : je ne peux tirer sur quelqu'un comme ça, surtout pas mon ami. Si tu sais que tu peux la dévier, tu n'es pas en train de te défier. Il a donc proposé autre chose : tourner la parabole au loin. J'ai pris ça pour un défi. J'étais sûr de pouvoir y arriver en fait. Mais rien. Je me suis forcé. Rien. J'étais exténué, mais je n'avais même pas réussi à ressentir le métal. Et là, Charles a pris les choses en main. Il a parcouru mon esprit, et a trouvé un souvenir enfoui si profondément, que je croyais l'avoir oublié. Le point entre la rage et la sérénité. C'était ses mots. Ce souvenir… -la voix d'Erik se brisa- un souvenir de ma mère. Un jour d'anniversaire. On était tous les deux. Un simple moment de joie. Si calme, si joyeux, que j'en ai versé une larme –Charles aussi. Et… à cet instant… Je me suis senti en harmonie avec moi-même. La parabole a tourné sans que je n'aie eu besoin de me forcer. J'ai réalisé à quel point Charles était exceptionnel. Charles est bon, généreux, altruiste, il se soucie des autres, il est empathique… Jamais je n'aurai cru avoir une personne aussi exceptionnelle comme ami. »

Raven regardait Erik avec admiration et compassion. Ça a dû être un choc quand Charles a montré à Erik qu'il y avait du bon en lui. Charles était cet optimiste borné, sacrément charmant, au centre d'une société de plus en plus défaitiste, pessimiste et violente.

« Il est la meilleure chose qui me soit arrivée. »

Erik lâcha cette phrase, le regard au loin. Raven baissa les yeux. Finalement, c'était peut-être plus dur pour Erik, l'absence de Charles. Elle ne savait pas trop quoi en penser.

Erik rit légèrement. Raven releva la tête. « On dirait que tu essayes de trouver une excuse, Raven. Tu as toujours cette moue… »

Elle rougit et détourna la tête. « Comment tu sais ça ? Charles t'a dit ?

-Absolument pas. Je t'ai simplement observée. Mais maintenant, tu as confirmé mon observation. »

Il se leva pour faire sa toilette. Avant d'entamer l'ascension des escaliers, il dit à Raven : « Je n'ai pas observé que toi, sache le. Vous tous, au début. Et tu n'étais pas le centre de mon attention, malheureusement… Ou heureusement. » Il fit un clin d'œil et s'en alla.

Il faisait allusion à sa relation avec Hank. Elle secoua sa tête en souriant. Charles… Je n'aurais jamais imaginé que ton meilleur ami puisse être une personne comme Erik… Mais finalement, ça ne m'étonne pas.

Pendant ce temps au labo, Hank s'affairait à créer de nouvelles identités crédibles. Il avait lancé une recherche monumentale – avantage d'avoir été au service de la CIA- et avait déjà des noms et un statut. Qui allait sans doute plaire à Erik. Alex et Sean s'occupaient de trouver des photos d'identités assez professionnelles parmi toutes celles qu'ils avaient prises durant ces mois, ainsi qu'un hôtel. Hank avait donné une consigne : chic. Les dépenses seraient couvertes sans problème par la CIA –ils lui doivent bien ça.

Quand Raven entra dans le labo, il jeta un œil vers elle, souriant. Elle était sublime, ses longues boucles blondes, son sourire taquin mais absolument divin. Et ces yeux charmeurs, bleu gris. En fait, il ne savait pas trop comment les décrire. Il lui semblait qu'ils changeaient de couleur à chaque émotion. Elle vint s'asseoir sur sa chaise –il préférait travailler debout.

« Alors ? Tu t'en sors ?

-Ouaip. Y'a une bonne partie du boulot de faite. Manque plus qu'imprimer les nouvelles identités, passeports et carte d'invitation.

-Waw… C'est dingue qu'on puisse faire tout ça.

-Je suis d'accord avec toi. C'est assez effrayant, parce que finalement, on pourrait se demander : et si quelqu'un prenait mon identité par inadvertance ou exprès. Je veux dire, c'est horrible de se retrouver dans ce genre de situation. Je n'aurais jamais fait ce genre de choses auparavant, difficilement en tout cas si j'en avais l'autorisation formelle de la CIA. Sur le plan éthique, ça soulève un bon nombre de questions, et parmi elles… »

Il fut arrêté par un baiser. Les douces lèvres de Raven avaient mis fin à son discours scientifico-philosophique. Hank se laissa aller, répondant au baiser de son amour. C'était doux, simple, mais magnifique. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Raven posa sa tête sur son épaule et murmura « je t'aime, mais garde ces discours pour Charles… il te comprendra mieux. » Hank rit. Elle avait raison, il ne devait pas la déranger avec ça. Il devait la combler, amoureux comme il l'était. Il l'embrassa sur le front et reprit son travail.

« Y'a vraiment que ça qui peut te faire taire, le clown ? Je suis pas très chaud pour utiliser cette technique mais bon… » dit Alex, d'un ton moqueur.

Hank lui jeta un regard. « Tu sais ce que tu peux faire ? Tu peux s…

-Hank ! Alex ! Arrêtez-ça tout de suite ! » cria Raven, irritée.

Sean tourna la tête vers elle, un petit sourire innocent, comme s'il n'avait rien entendu… ce qui n'était pas totalement faux, vu qu'il avait ses écouteurs vissés sur les oreilles.

L'ambiance se détendit, et chacun reprit son travail.

Erik sortait de la douche, une simple serviette autour des hanches. Il se brossa les dents, tout en observant son reflet dans le miroir. Il se rappelait du premier matin où Charles l'avait surpris. A ce moment, Erik était en caleçon, mais Charles avait rougit jusqu'aux oreilles.

« Désolé, mon ami… J'aurais dû vérifier…

-Nan, t'as pas intérêt à triturer mon esprit, avait marmonné Erik.

-Je parlais de frapper à la porte. Un geste civilisé, avait répliqué Charles, un sourire sur les lèvres.

-Ah. –il hocha la tête vers Charles- Et sinon ton sourire débile, c'est parce que t'aimes bien ce que tu vois finalement ? »

Charles rougit violemment, à tel point qu'Erik s'était demandé s'il n'allait pas exploser. Charles baragouina une excuse et sortit en refermant la porte.

A ce souvenir, Erik sourit : il aimait bien taquiner son ami, et cette fois-ci était une des meilleures. Il avait fait comprendre à Charles que ça ne lui posait aucun problème qu'on fasse sa toilette avec lui. Après, si la personne en question était gênée… Et les matins suivants, Charles et Erik tenaient des conversations tout en se brossant les dents, conversations qu'eux seuls comprenaient. Comme deux jeunes étudiants colocataires. Peut-être.

Erik alla s'habiller, et alla rejoindre les autres au labo. Les petits souvenirs qui lui étaient revenu l'avaient rendu un peu triste, mélancolique… Mais maintenant qu'il y avait un espoir, il avait retrouvé le sourire.

« Alors ? demanda-t-il.

-M. Eisenhardt, ambassadeur d'Allemagne, vous êtes accompagné de vos enfants ainsi que de votre secrétaire, déclara Hank, tout fier.

-Aha. Je pense avoir compris qui est qui…

-Et il faut signaler à M. l'ambassadeur que son secrétaire drague sa fille ? demanda Alex, ironique.

-Tais-toi, Alex. »

Erik rit, et récupéra les faux passeports et invitations. Il faisait confiance à Hank d'une certaine manière. Peut-être parce que Charles lui faisait confiance… Il avait bien changé, depuis le départ de Charles. En bien, espérait-il.

Il dit à tout le monde de se préparer et de préparer une valise. Et Sean souleva un problème : « Vous parlez tous allemand ? Parce que moi non. »

Hank se retourna, horrifié. Il avait complètement oublié cette variable.

« J'ai appris à l'école. Après je ne tiendrais pas une conversation qui dure… dit Alex.

-Je parle assez bien, grâce à Charles, déclara Raven.

-Un peu comme Alex, mais c'était un programme éducatif d'échange. Je devais choisir quelques langues. »

Pas besoin de vérifier si Erik parlait allemand. Il semblait réfléchir à une solution. Puis il déclara : « Tu n'as qu'à dire que tu fais une année sabbatique de l'allemand.

-… Quoi ? demanda Sean, qui pensait ne pas avoir compris.

-Tu ne veux pas parler allemand pendant un an. Ça te permet de t'améliorer dans d'autres langues. Dis-moi que tu parles d'autres langues, supplia Erik.

-Euh… Oui, l'irlandais, un peu d'espagnol et de français.

-Parfait. C'est réglé. Ça passera pour un caprice de riche, ça se comprend des bourgeois… »

Raven éclata de rire. Les garçons étaient un peu choqués de sa réaction, peut-être excessive. Mais ils étaient contents de la voir sourire de nouveau. Hank la couvait d'un regard passionné, Alex et Sean les rejoignirent pour faire leurs valises ensemble. Erik les regarda partir, un petit sourire sur le coin des lèvres. C'est donc ça que ressentait Charles quand les gamins étaient contents ? Ce n'était pas désagréable, pensa-t-il. Il rejoignit sa chambre pour finir ses bagages.

Quelques heures plus tard, ils étaient prêts. Ils montèrent dans le taxi qu'ils avaient commandé.

Ce soir, on reverra Charles. Erik était excité, à tel point qu'il avait oublié un objet assez important. Le casque.


Merci merciii d'avoir lu la suite ^^ N'hésitez pas à laisser une review :3 A bientôt pour la suite (et désolée pour le retard ^^' )