Chapitre 2 : Vivre dans son ombre.


Harry soupira de bien être, le nez collé à la partie supérieure de son corps. Cette douce sensation que lui provoqua son pouce sur le dos de sa main le laissait songeur. Il ne l'aimait pas, et pourtant continuait inlassablement de le caresser, prodiguant un terrible espoir dans le cœur de son amant. Harry releva légèrement la tête et sourit à Draco. Le blond ne lui répondit rien, puis fixa le plafond sans plus ni moins. Le brun s'attrista. Non, rien avait changé, il ne l'aimait toujours pas.

Il se releva légèrement, se dégageant la main. Mais l'autre bras de Draco le plaqua brusquement contre lui et sa main reprit avec force la sienne. Harry finit par obtempérer à cet ordre muet et posa son menton dans son cou. Il sourit alors et l'embrassa doucement, avec tendresse.

- Arrête, entendit-il de cette voix si froide, qu'il détestait tant.

Harry releva à nouveau la tête, obligeant leur regard à se défier. Il s'énerva.

- Tu as le droit et pas moi ?

- J'ai tous les droits… Endors-toi et tais-toi.

Las de son comportement égoïste et puritain, Harry se dégagea à nouveau et se leva.

- Je ne t'ai pas donné l'autorisation, Potter ! Cracha le Serpentard en se relevant sans pouvoir le rattraper à temps.

- Je vais chercher un amant plus doux que toi, tu m'agaces.

Comme il le pensait avec un sourire qu'il cacha, les yeux du blond devinrent aussi dangereux qu'un missile et aussi noir que l'ébène.

- Si jamais tu oses… Siffla-t-il en laissant sa phrase en suspens. Viens ici tout de suite…

Harry hésita, il avait eu ce qu'il voulait… Non, en fait, il n'avait eu qu'une partie de ce qu'il voulait… Un semblant de protection, un total sentiment de possession. Il savait qu'il n'obtiendrait rien de plus de lui. L'amour ? Il en rit intérieurement. Draco n'était pas amoureux… Un Malfoy n'aime pas… Il se sert. C'est ce qu'il lui disait souvent.

Finalement, le brun revint dans le lit en remarquant tout de même la lueur de soulagement dans son regard. Il soupira de bonheur en retrouvant la douceur de sa peau et ses bras qui semblèrent le serrer un peu plus. Après quelques minutes de silence, il entendit :

- Tu m'appartiens, Potter. Je t'interdis de voir qui que se soit d'autre. Tu es à moi et je te ferais payer toute trahison. Est-ce que c'est clair ?

Harry gémit. C'était un oui perdu… Car Harry s'était perdu à l'instant même où il avait commencé cette étrange relation d'amour à sens unique. D'abord, tout n'avait été que bestiale, des soirées de sexes, puis Harry rentrait dans sa chambre, un peu confus. Il avait voulu y mettre un terme un bon nombre incalculable de fois mais rien n'y faisait… Puis Harry avait admis ces sentiments… Draco non. Tout bonnement parce qu'il n'avait aucun sentiment… Il n'était pas plus amoureux de lui que de Ron Weasley. Il était cependant très possessif et exigeait. C'était lui qui choisissait de où, quand et comment et pas le contraire.

Au final, le brun avait laissé faire les choses, espérant toujours qu'un beau jour il change d'avis. Qu'il l'aime… -

Draco ?

- Quoi, Potter ?

Chaque mot était une blessure sans cicatrice…

- Embrasse-moi…

- Non.

- Je ne dormirais pas si tu ne le fais pas…

Il eut un silence puis il le sentit baisser la tête alors Harry la releva et posa ses lèvres sur les siennes, s'émerveillant d'une telle douceur. Le baiser dura quelques secondes sans qu'ils ne l'approfondissent. Aucun des deux ne sembla vouloir casser ce si beau moment. Harry sourit tendrement et ouvrit les yeux pour tomber sur un regard froid et dur. Alors il les referma bien vite, imaginant autre chose. Imaginant qu'il le regardait avec amour et qu'il ne l'embrassait juste pas parce qu'il lui avait demandé.

Draco se dégagea sans douceur et Harry se replaça contre son cou, l'odeur le berçant petit à petit.

- Draco ?

- Tu m'agaces ! S'énerva-t-il.

- Je t'aime… Chuchota le brun sans faire fie de ce qu'il lui avait dit.

- N'importe quoi. Lui répondit-il froidement.

Son intonation n'avait aucune différence avec un : « J'ai faim. » Là, Harry sentit son cœur se broyer de douleur. Ce n'était pas la première fois qu'il lui disait qu'il l'aimait, et il savait que ce ne serait sûrement pas la dernière.

- Fichu témérité Griffondorienne. Souffla le blond alors qu'il fermait les yeux pour s'endormir.

Lui aussi le savait…


Harry se réveilla en sursaut, dans ce lit trop fois trop grand pour lui. Il se recroquevilla sur lui-même, laissant aller son chagrin. Il pleura chaudement alors que son cœur et son corps se calmaient et que les images de son cauchemar disparaissaient. Il le revoyait, le sang lui barbouillant le torse et le visage, les yeux si vides de vie… Et puis juste avant qu'il ne parte… sa bouche qui se formait pour dire trois mots distincts qu'il avait tant rêvé d'entendre… Qu'il n'entendrait jamais…

Harry pleura avec force, se vidant entièrement de sa peine. Il y en avait qui commençait leur journée avec un petit rituel, un café, une cigarette... Lui, c'était ça… Aidé par ses rêves et ses cauchemars… Son cœur explosait en un million de petites tortures qui rendaient ses épaules fragiles aussi lourdes qu'un bloc de pierre. Il se pencha soudainement et vomit sur le sol. La bile n'avait pu être retenue. Il se sentit si faible et si misérable qu'il ne quitta pas son lit pendant près d'une heure. Puis l'odeur aidée par le renfermement de la pièce le fit se pencher sur sa baguette pour nettoyer le tout. Il ouvrit magiquement les volets et laissant la lumière de la brume pénétrer la grande chambre vide. Il n'y avait en tout et pour tout qu'un lit trois places.

C'est comme cela qu'il avait acheté la maison abandonnée. Et il ne pensa pas une seule fois qu'il s'amuserait à la décorer. Il avait juste rapidement nettoyé les toiles d'araignées et la poussière. Après s'être résigné à vivre, il avait rempli son frigo et acheter un canapé et une table avec quatre chaise. Rien de plus. Sa grosse malle traînait quelque part dans le salon ne possédant que des vêtements, il avait jeté toutes autres affaires surtout celles qui lui rappelait Poudlard et son ancienne vie.

Harry se leva et la rejoignit. A genou, il prit deux vêtements avec rapidité, se fichant de ce que cela pourrait être. Son regard s'attarda brusquement sur une longue robe. Il se rappela alors l'avoir volée après sa mort… Car oui, il lui appartenait. Laissant tomber le reste, il l'attrapa d'un geste fébrile et plongea son nez à l'intérieur. Son odeur brûla les quelques barrières qu'il s'était dressé et il pleura à nouveau, désespéré, les mains tremblantes.

- Dra… co… hoqueta-t-il avec douleur. Draco…

Après un moment, quand il put enfin se lever il alla prendre une douche, maudissant sa maison d'être aussi grande car il avait les jambes faibles. Il se dit aussi qu'il devrait peut-être rester chez lui pour aujourd'hui mais son désir de voir et défier à nouveau le vampire le prit bien trop fort pour qu'il se laisse aller. Il s'habilla et sortit sans même petit déjeuner. Il savait qu'il avait perdu tellement de kilos qu'il ne ressemblait plus qu'à un sac d'os, ses vêtements étant là pour le rappeler, mais il s'en fichait.

Enfourchant sa bécane, il rejoint rapidement son lycée et chercha des yeux le vampire. Il resta d'abord dehors, repéra la jeune brune qui était aussi nouvelle que lui. Elle semblait avoir trouvée des amis et pourtant lisait tranquillement dans son coin. Quand elle leva les yeux se fut pour voir l'arrivée des Cullen. Ainsi, mais tout comme il le fut, elle se retrouva déçue de ne pas voir Edward. Il fronça les sourcils. Il ne fallait pas qu'elle s'approche trop près d'eux. Elle courrait un grand danger. Mais il ne pouvait pas lui dire non plus, et en plus, il n'avait pas envie de se mêler de sa vie. C'était bien le dernier de ses soucis.

Quand vint l'heure de leur classe commune de biologie, il remarqua qu'il n'était pas là non plus. Le vampire avait donc fui, la queue entre les jambes ? Quel courage ! Il ne manquerait pas de lui rappeler quand ils pourraient enfin lui parler. Laissant les heures s'effilaient, il finit par rentrer chez lui un peu en colère ne pas l'avoir vu. Et puis quand il claqua la porte, il remarqua. C'était encore la même et unique sensation. Celle qu'il ressentait quand il n'avait pas vu Draco de toute la journée… avant qu'il ne commence à l'aimer.

Son cœur fit un bon dans sa poitrine, non… Hors de question… Hors de question !


Ce ne fut que le lundi suivant qu'Harry put enfin le voir. Il entra dans la salle de biologie avec un peu de retard, il avait traîné car l'ennui l'avait pris. Cependant tout sentiment d'ennui disparut à la seconde même où leurs regards se croisèrent. Encore une fois, ce ne fut que quelques secondes. Le jeune homme discutait avec la brune assise à côté de lui et détourna rapidement ses yeux. Il ne souhaitait pas l'affronter. Cela déplut à Harry. Parce que Draco n'avait jamais fui à l'un de leur échange et jamais il n'avait baissé les yeux.

Se surprenant encore à comparer l'animal à son amour, il grinça des dents et rejoint Eric. Il le surprit tout de même à tenter de discrètement le regarder et à nouveau d'essayer de violer son esprit. Agacé, Harry soupira attirant le regard de son camarade de classe. Entre temps, il avait glissé ses yeux sur la brunette qui dévorait du regard le vampire avec une expression de jeune midinette amoureuse et coincée peinte sur son profil – Seule chose qu'il voyait. C'est ainsi que le remarqua le chinois qui comprit mal la situation.

- Elle est jolie, non ? Lui chuchota-t-il en se penchant vers lui avec un sourire.

- Qui ? Fit Harry en haussant un sourcil comme Draco lui avait si bien appris.

- Et bien, Bella !

Il montra la fillette alors qu'Harry eut un sourire désabusé.

- Elle est stupide. De plus, j'aime les hommes.

Le jeune homme se rétracta brusquement comme si Harry venait de le frapper. Le brun se ficha pas mal de sa réaction et des pensées qu'il pouvait désormais avoir sur lui. Peut-être qu'ainsi, il le lâchera. Mais c'était sans compter sur la joie de vivre d'Eric qui haussa juste les épaules au bout d'un moment et lui sourit. Finalement il eut l'air soulagé et content.

- Tant mieux, Edward Cullen me complique déjà assez la vie.

Harry comprit qu'il parlait de cette petite Bella et qu'il devait avoir des vues dessus. Il ne répondit pas, n'ayant ni l'envie ni le courage. Quand la sonnerie se fit enfin entendre, délivrant Harry du mauvais sentiment qu'il avait eu en regardant Bella parler à Edward. Il traîna encore en rangeant ses affaires et ne se dépêcha que quand il remarqua qu'il était seul dans la salle. Il ne pensa pas du tout à ce qu'il s'était passé dans sa tête et sous sa peau pendant tout le long du cours. Ou plutôt, il tenta d'essayer de ne pas y penser.

Mais brusquement cela lui refit surface quand il tomba sur les deux jeunes gens en train de discuter tranquillement dans le couloir. Plus il les voyait, plus une colère sourde lui tarauda l'estomac. Il n'avait pas le droit de la regarder comme ça ! Comme… son prochain repas ! Son esprit se voila à l'image de son Draco étendu au sol… perdant de plus en plus de sang… la vie le quittant… Et ce vampire qui la lui aspirait de plus en plus salement. Non… il n'avait pas le droit !

Il s'approcha avec rapidité, interrompit leur conversation qu'il se fichait éperdument et attrapa le vampire par le bras, serrant si fort que sa main lui brûla.

- Qu'est-ce que tu fais, sale monstre ! Grogna-t-il avec haine.

Il remarqua alors que du sang coula de sa main et de ses doigts mais ne les retira pas pour autant. Les yeux d'Edward glissèrent des siens à sa main alors qu'il put entendre un grondement au fond de sa gorge.

- Barre-toi, scanda-t-il à l'adresse de Bella mais celle-ci se campa sur ses deux pieds.

- Non ! Qu'est-ce qu'il te prend, on était juste en train de discuter ! Et puis… On se connaît ?

Harry ne lui donna pas plus d'importance en soutenant le regard froid et énigmatique d'Edward. Il vit sa mâchoire se crisper brutalement alors que se narines firent une pulsation dangereuse. Il était en train de le sentir. Ou plutôt son sang qui coulait maintenant sur le bras nu du vampire. Harry sourit, victorieux. L'homme allait s'agiter et tentait de le tuer. Il remercia ses doigts meurtris. Cependant, cela ne se passa pas du tout comme il le pensait, Edward se dégagea d'un geste en claquant sa main. Il utilisa sa veste qu'il avait dans la main pour essuyer les gouttes de sang puis visa la poubelle et la jeta.

Le brun regarda la poubelle, hébété. Pourquoi ? Ne parvint-il pas à dire.

- Je ne sais pas qui tu es, ni pourquoi tu m'en veux particulièrement puisqu'il est évident qu'on ne se connait pas. Mais tu vas cesser de m'importuner ou même de m'approcher !

Harry ragea intérieurement bien qu'il ne laissa rien paraître. Il regarda Bella à côté de lui qui ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il ne pouvait décidément pas parler devant elle. Alors il eut une idée qui le fit sourire.

- Harry Potter, pensa-t-il. Retiens bien mon nom car je serais celui qui te tuera, sale vampire.

Il comprit qu'Edward avait saisi quand ses yeux s'illuminèrent d'un léger éclaircissement. Ayant fait son petit effet, Harry le contourna et partit en se tenant la main. Il devait la soigner au plus vite.


Edward le regarda le quitter avec curiosité. Il était certain que l'homme avait laissé exprès filtrer ses pensées pour qu'il puisse le menacer. Alors en plus de savoir qu'il était vampire, il savait qu'il était télépathe ! Une nouvelle sensation le rongea… L'envie de savoir… L'envie de tout savoir ! Sur lui, sur sa vie, sur ses réelles intentions. Il avait eu raison sur un point crucial. Il voulait le tuer. Mais pourquoi ? Pourquoi vouloir le tuer ? Et pourquoi l'avoir arrêter alors qu'il était avec Bella ?

La vérité le frappa d'un seul coup. L'odeur bien sûr ! L'odeur qu'il dégageait lui avait donné faim tout le moment où il fut avec Bella et il avait dû le transparaître sur son visage. Du coup, le jeune homme avait cru que c'était Bella qui l'attirait et lui donnait aussi faim. En regardant la jeune femme il se surprit à avoir une certaine peine pour elle. Est-ce que elle aussi avait cru qu'il était attiré par elle ? Il ne fallait pas qu'elle se fasse de fausse illusion. Edward ne savait pas ce qu'était réellement l'amour mais il savait qu'il pouvait être dangereux. Il devait s'éloigner d'elle…

- Je suis désolé, Bella. Murmura-t-il en conséquence.

Puis il la quitta sans plus ni moins. Il l'aimait bien, mais ce n'était qu'une amie de plus. Il l'avait abordé pour s'excuser de son comportement qui d'ailleurs n'avait pas était intentionnellement pour elle mais qu'elle avait pris comme tel. Puis elle lui avait parlé et quand il avait vu cet « Harry Potter » apparaître dans la porte, il s'était empressé de répondre et de continuer la conversation pour ne pas à avoir à affronter la dure réalité… Cet homme lui donnait envie de le vider de son sang…

C'est avec peine qu'il se concentra tout le long de la matinée. Chaque fois qu'il arrivait à faire le vide, le regard vert qui le hantait depuis une semaine le laissant pantois refaisait surface, martyrisant son corps d'une tentation trop forte. Quand ce fut l'heure de manger, il remercia Jasper qui l'entoura d'une émotion de calme et de douceur. Cela marcha jusqu'à ce que l'homme qu'il adulait sans le savoir rentre dans l'immense cafétéria. Il le regarda se servir, chacun de ses faits et gestes, avec un désir brûlant.

- Edward… Chuchota Jasper en écarquillant les yeux.

Le feu chauffa ses joues et il posa les yeux sur son assiette qu'il continuait d'émietter.

- Depuis quand… Commença le blond devant l'air curieux des trois autres.

- Depuis le début. Il est… étrange…

Il leur raconta sa petite dispute et Rosalie le félicita pour son contrôle face au sang de l'homme.

- J'ai eu du mal… Vraiment énormément, je n'ai jamais ressenti autant de douleur et de peine dans le rejet du sang qui m'était proposé… C'était horrible.

Ses quatre frères et sœurs hochèrent sans comprendre. Edward revint sur Harry qui s'était assis sur une table, les mains dans les poches, avec certainement l'intention de ne pas manger plus que lui. Il voulut vraiment savoir à quoi il pensait, c'est pourquoi il tenta une approche espérant qu'il ne le verrait pas. Peine perdue, il ne savait pas qui il était mais ses sourcils se froncèrent et il releva la tête, le cherchant des yeux. Edward se retourna vers sa famille mais ce fut trop tard. Et soudain, il l'entendit à nouveau !

- Cesse de chercher à rentrer dans mon esprit, sale monstre ! Ragea-t-il.

Le vampire se retourna vers lui mais le brun regardait par la fenêtre. Comment avait-il su ?

- Tu n'es pas très discret.

- Tu… entends ce que je pense ?

- Tout comme toi… Je suis légiliment.

- Pardon ?

- J'entends ce que tu penses, abruti !

Edward ne répondit pas au premier abord. Il se demanda comment alors qu'il n'était pas vampire. Puis le dernier mot le fit tilter et il chuchota intérieurement.

- Tu me détestes…

- Je vous déteste ! Toi et tes « frères ». Tous… Vous n'êtes qu'un ramassis d'excrément puant et dégoûtant, un style de vie décadent, un régime alimentaire repoussant… J'aimerais pouvoir vous éliminez tous !

- Pourquoi ?

- Cela ne te regarde pas, murmura-t-il soudainement après quelques secondes de silence.

- J'aimerais bien savoir comment tu as découvert ce que nous étions des vampires et qui tu es réellement.

- Peu importe… Je suis celui qui te tuera. A moins que tu ne le fasses en premier.

- Je ne peux pas tuer.

- Prends-moi pour un con !

- Je te jure que je ne peux pas tuer.

- Ça suffit, tes mensonges ne changeront rien. A la moindre seconde, le moindre petit accident mystérieux, je vous tue sans chercher à comprendre !

- Peut-être que ta voix l'assurerait, mais tes pensées, elles, ne trompent personnes. Je suis persuadé que tu ne ferais pas de mal à une mouche.

- Crois-le… chuchota Harry en se levant de la table et en partant sans avoir touché son repas.

Edward le fixa intensément jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le voir ni l'entendre. Il soupira en relatant au reste de sa famille ce qui venait d'être dit.

- Oui, mais, demanda Rosalie, pourquoi toi exactement ? Pourquoi ne parle-t-il pas à quelqu'un d'autre ? Pourquoi s'acharne-t-il seulement sur toi ?

- Parce que c'est le plus faible, tonna Emmett en riant bruyamment.

Sa femme le tapa légèrement en souriant avec lui. Qu'il était bête quand il le voulait. Edward lut dans son esprit qu'il ne le pensait pas du tout. Il sourit avec les autres mais reprit vite son sérieux. Il ne comprenait pas non plus la réaction d'Harry à son égard. Pourquoi lui exactement ? Peut-être parce qu'il était le plus accessible !? Et surtout qu'est-ce qu'il y gagnait ? Il semblait vouait une pure haine à sa race. Si seulement, il savait… Sa curiosité était d'autant plus rongée.

Il passa toute la journée ainsi, jusqu'à ce qu'il le revoit sur le parking près de la magnifique moto qu'il montait. C'était une Kawasaki Ninja ZW-6R. Un bolide très loin des frais d'un simple étudiant. Elle lui avait tapé dans l'œil à la seconde même où il l'avait vue. Il rêvait maintenant de pouvoir la chevaucher avec, derrière lui, son propriétaire, le serrant très fort. Il écarquilla les yeux à cette pensée. Il rêvait donc d'entretenir une relation d'amitié avec celui qu'il désirait tant tué ? C'était improbable… Surtout… très contradictoire…

Soudain, il eut un crissement de pneu et il se tourna vers un camion qui arrivait à toute vitesse vers Bella Swan. « … le moindre petit accident… » Une seconde plus tard, il attrapait l'épaule de la jeune femme qui était tombée par terre et repoussait le camion qui avait failli l'écraser d'une seule main. Il jura silencieusement avant de se tourner vers elle. Elle le scruta sans comprendre, effarée. Il se traita d'imbécile, face à son acte irréfléchi, s'étant auto-écrit le mot vampire sur son front.

Juste à ce moment, une ombre vint se positionner au dessus d'eux et Edward releva la tête. Il rencontra le visage dur d'Harry qui souriait malicieusement.

- Vraiment pas discret… Ironisa-t-il avec défi.

« Je l'ai fait à cause de toi. » Se retint-il de cracher mais ses yeux parlaient pour lui.

Il le vit partir tranquillement, se fichant complètement du reste et le vampire vira rouge. Il en avait assez de cet air suffisant sur son visage. Il se leva et s'enquit de le suivre alors que tous vinrent à la rescousse de la jeune femme. Il le suivit et le rattrapa avant qu'il n'atteigne sa moto. D'un geste violent, il le retourna.

- Mais qu'est-ce que tu as, à la fin ! S'énerva-t-il.

- Edward ! Entendit-il.

- C'est ça, Edward. Retourne auprès de ta famille comme un gentil chien-chien. Le provoqua-t-il.

- Pas avant que tu ne m'ais dit…

- Ce que je t'ai dis et tout ce qu'il y a de plus suffisant ! Je ne souhaite que ta mort ! Et tu mourras… Ou je mourrai moi…

La demande fut tentante. D'autant qu'en plus, Edward sentit son sang froid ne faire qu'un tour à la veine saillante que son t-shirt laissait voir au niveau de son cou. Elle pulsait et l'appelait comme jamais. L'odeur, ainsi à ses côtés, lui donna l'envie de le mordre et de le voler tout entier. Les yeux froids du brun l'empêchèrent de faire un geste… Il semblait comme… attendre. Attendre un petit geste de sa part pour combattre. Mais comment un chétif homme tel que lui – Il devait avoir une tête de moins que lui. – pouvait à ce point le défier sachant ce qu'il est, sans avoir la moindre trace de peur dans ses yeux. Il ne le savait pas du tout…

- Qui es-tu ? Se pressa le vampire en se retenant de lui sauter à la gorge.

- Edward ! S'écria plus fort Rosalie en venant le prendre par le poignet. On doit partir !

Il n'eut aucune réponse de l'homme qui se contenta de sourire en le regardant se faire éloigner par sa sœur. Elle le força à monter à l'arrière pendant que sa famille se presser de partir.

- Comment as-tu pu autant perdre le contrôle !? Lui reprocha la blonde.

- On n'allait quand même pas la laisser se faire tuer ! S'exclama-t-il.

- Je ne te parle pas de la petite idiote ! Mais de l'autre ! Tu étais sur le point de perdre le contrôle, n'est-ce pas !?

- Non… Non, je… Je voulais juste savoir.

- Le regard que tu lui lançais, se mêla plus doucement Emmett derrière volant, était tout sauf amical… On aurait dit que tu allais le mordre et le tuer. J'étais réellement étonné de le voir supporter cela sans avoir une trouille d'enfer.

- Il faut le dire à Carlisle, on doit t'éloigner de lui.

- Non ! Pas maintenant, il faut que je sache !

- Que tu saches quoi ? Demanda Emmett en le regardant par le rétroviseur, peine perdu puisqu'il ne se reflétait pas.

- Que je sache… pourquoi…

Rosalie allait répliquer quand elle croisa le regard suppliant de son mari. Elle se tut et soupira. Si lui aussi si mettait… les garçons étaient vraiment incorrigibles.

- Qu'est-ce que tu vas faire ?

Il sourit étrangement…

- Attendre son prochain contact…


Harry était resté interdit devant l'acte héroïque du vampire… Il imaginait très bien comment, ce qu'il n'avait pas comprit c'est pourquoi ? Pourquoi la sauver, au risque de que d'autres comprennent sa nature vampirique. Etait-elle si importante à ses yeux ? La colère avait grondé en lui, menait par un autre sentiment qu'il chassa rapidement sans y faire attention. Cependant, nous le nommerons tout de même à son insu : La jalousie. Ses pas l'avaient immédiatement porté devant eux, scrutant son bras qui entourait la taille et son visage froid et sans sentiment. Le même regard qu'autrefois Draco lui portait à lui… Juste à lui…

Après leur dispute, Harry avait laissé son esprit dériver sur cette sensation instable qu'il ressentait chaque fois qu'il le voyait.

Alors qu'il s'ôtait ses gants de protections pour ceux en cuir en grimaçant, il repensa à chacun des sentiments qui avaient traversé le visage du vampire. Il avait très bien vu son regard dévier de ses yeux à sa jugulaire. Il avait attendu avec une impatience incontrôlée. Il s'était dit que bientôt, il mourra. Mais Edward s'était trop bien contrôlé. Il ne l'avait pas touché bien que l'envie était totalement présente dans ses yeux et sur ses canines qui avaient légèrement dépassées de ses lèvres.

Il n'attendait que cela… Soit pour être tué, soit pour tuer… Draco serait vengé…

- Harry… Potter… ?

Le brun se retourna et regarda la jeune femme qui l'avait interpellé. Elle était encore sous le choc si l'on en croyait ses battements de cœur irréguliers, sa haute chaleur et son regard. Peut-être devrait-il être plus doux avec elle. Cependant, poussé par une force qu'il ne s'expliquait pas, il l'apostropha :

- Quoi ?

- Tu… Que voulais-tu dire par… « pas discret » ?

Il la toisa de haut bien qu'il fasse sa taille. D'ailleurs, il détestait être aussi petit. Il comprit qu'elle ne le laisserait pas tranquille sans savoir mais il n'allait tout de même pas se permettre de partager cela avec un moldu.

- Cela ne te regarde en rien. Rentre chez toi !

Bella insista tout de même en avançant et Harry fut tenté de lui lancer un sort d'Oubliette. Mais il ne fit rien et se dépêcha d'ajouter :

- Tu devrais oublier Edward Cullen. Il n'est pas fait pour toi !

A ces mots, il toucha juste car elle baissa les yeux aux sols en soupirant. Cela ne devait pas être la première fois qu'on lui disait cela. Elle haussa les épaules et se retourna vers ses amis qui l'attendaient pour l'emmener il ne savait où et il ne voulait pas le savoir. Harry jeta son sac dans le petit coffre et enfila son casque. Il s'offrit une virée sur les côtes du compté de Clallam jusqu'à Port Angeles où il flâna le long des routes entourées d'eau. Il aimait bien cet endroit touristique où les gens vivaient plus la nuit.

Harry s'arrêta en plein milieu d'un immense pont. Celui-ci séparait en deux l'eau qui reflétait le soleil couchant devenu rouge orange. Il s'installa en s'appuyant sur la rambarde et contempla l'océan, la ville derrière lui. Ses pensées vaguèrent comme le faisait l'eau en dessous de lui, allant et venant, des images crues à celles plus simples. Il eut ainsi en tête, les douces caresses de Draco sur ses mains, son ventre ou son dos. Il imagina qu'il l'embrassait encore. Il ferma les yeux un instant, et quand il les rouvrit. Draco était là, devant lui, flottant dans le vide…

Il était habillé d'une veste noire et d'un pantalon kaki. On ne voyait pas ses pieds. Il avait les mains dans ses poches et il lui souriait. Ses yeux étaient aussi limpides que du métal en fusion. Et il le fixait… Le fixait de ce regard tendre… Ce même regard qu'il lui avait lancé le jour de sa mort. Sa bouche s'articula mais aucun son ne sortit. De la même manière que le jour de sa mort… Alors les larmes débordèrent des yeux d'Harry et glissèrent doucement sur la peau de ses joues.

- Moi aussi, mon amour… Moi aussi, je t'aime ! Pleura-t-il chaudement.

Il resta là des heures à regarder le ciel s'assombrirent et à pleurer un amour perdu. Quand il fut assez fatigué, il retourna à Forks en pensant que demain il avait encore cours. Il hésita à ne pas mettre le réveil et se laisser dormir jusqu'à ce qu'il soit rassasié. Les nuits lui étaient bien trop courtes…


A suivre...


Voilà, on se quitte avec un Harry désemparé. De quelle manière les choses vont elles évoluer ?

Chapitre 3 : Un amour interdit.