Chapitre 2
Le soleil se couchait derrière les rideaux fermés et il observait le spectacle.
Il ne restait que quelques minutes tout au plus avant la cueillette de sang. C'était bien que cela arrive enfin, il commençait à ne plus supporter l'attente fastidieuse.
Il avait si hâte de pouvoir goûter du sang à nouveau, voilà si longtemps qu'il ne l'avait pas fait.
Ce simple geste lui donnait un sentiment de vie si grand, une gâterie si exquise à ses yeux. Une impression de supériorité, de pouvoir qui le faisait vibrer.
L'obscurité avait finalement recouvert le ciel et il ferma les rideaux sans danger.
Par la suite, trois ou quatre heures plus tard, par mesure de précaution pour ne pas paraitre trop suspect et trop pressé, il se dirigea vers la cage d'escalier discrètement et se rendit dans la rue.
Quelques minutes passèrent. Il se promenait, l'air de rien, pour l'acte qu'il allait commettre, pour ce qu'il allait faire, les mains dans les poches de son pantalon. Il n'avait pas osé porter sa cape pour éviter de se faire remarquer trop volontairement.
Il s'était arrêté au coin d'une rue plutôt passante et demanda son chemin, innocent, à une maigrichonne qui marchait près de lui. Elle, pensant bien faire et ne sachant pas qui il était en réalité, lui avait répondu d'un ton aimable.
Mais aussitôt qu'elle continua son chemin, il l'agrippa brutalement par la taille et l'entraîna de force à l'ombre. La blonde essaya de se débattre sous la puissance du bras qui la retenait, en vain. Elle poussa des hurlements qui furent camouflés par la main droite de l'homme qui l'assaillait.
Trop impatient de pouvoir enfin déguster un bon bain de sang, il renversa, contre son gré, sa tête pour exhiber sa longue nuque exquise, délicieuse, à première vue. Les doigts décharnés de son autre main s'enfoncèrent pour prendre prise sur le cou. Ses canines tranchantes, elles, s'enfonçaient dans la chair.
Sa victime criait au supplice, sous la main qui couvrait sa bouche, incapable de s'échapper, la tête comprimée sur le mur de briques. Le sang coulait en filet sur son cou, que le vampire s'empressait de recueillir précieusement.
Sa soif diminuait au fur et à mesure que ses dents se creusaient un passage dans la peau, encore plus profond, déchirant vertèbres et artères. Et le rouge sortait à grand flot.
La jeune femme commençait à ressentir un malaise, flanchait de cette perte importante. Son corps devint apathique et ces cris faiblissaient.
Pendant plusieurs minutes, il dégusta l'exquis liquide qui s'échappait, se léchant les lèvres.
Puis, sa collation terminée quand elle perdit connaissance, il la laissa tomber sur le trottoir.
Il essuya et nettoya grossièrement sa figure tachée pour ne pas attirer l'attention sur lui.
Assuré d'être débarrassé de toute trace de son agression sur lui, il se remit à la recherche d'une autre proie à vider.
Un manège d'agressions qui ne faisait que commencer.
