Elle se tenait là. Dans son appartement, enfin il l'appelait ainsi donc cela devait en être un ! Sherlock avait jeté son Belstaff sur un canapé et observait un panneau sur lequel était rassemblé tout les éléments qu'il avait sur Moriarty, ainsi que les affaires classées ayant un quelconque lien avec lui.
Molly y était aussi, accrochée comme un objet. Un objet, un jouet avec lequel on s'amuse trente minutes puis qu'on jette car il n'est plus assez divertissant. Mais ensuite deux semaines après on s'y intéresse de nouveau pour le rejeter plus violemment. C'était son impression. Ce qu'elle était pour le grand détective-consultant. Peut-être se trompait-elle... car pendant qu'elle regardait dans le vague, elle n'avait pas remarqué les petits regards discrets qu'il lui accordait.
Molly se réveilla et porta son attention sur Sherlock et sourit légèrement. Elle le connaissait tellement qu'elle savait qu'il avait les mains en dessous de son menton que d'ici peu, il allait les mettre de son pantalon. Ce qu'il fit.
Ce dernier ne comprit pas la réaction de la jeune femme qu'il rangea dans un coin de son Mind Palace et se promit d'y revenir quand tout cela serait derrière lui.
«-Votre chambre est celle à l'étage. J'ai été obliger d'y enfermer votre chat car il n'arrêtait pas de se frotter à moi, déclara-t-il sans la regarder.
-Vous avez fait QUOI, cria-t-elle en se précipitant vers la dite chambre !
-Ne vous inquiétez pas. Je n'ai pas fait d'expérience sur lui, fit-il assez fort pour qu'elle entende. Mais j'ai été tenter, murmura-t-il en affichant un rictus... »
Sherlock se déplaça vers son fauteuil dans lequel il s'y affala. Il jeta sa tête en arrière et ferma ses yeux. Molly revint avec sa boule de poils dans les bras. Elle le déconcentrait sans le savoir mais le grand brun essayait d'y faire abstraction. Mais son parfum était trop présent selon lui. Il fallait qu'il agisse et au plus vite.
«-Alors Molly, commença-t-il en relevant sa tête vers elle qui était debout à câliner son chat, toujours pas de petit-ami...
-Ne commencez pas...
-Franchement, il faudrait arrêter tout ces efforts...
-Arrêtez-ça, cria-t-elle ! Vous savez ce que vous êtes, fit-elle plus calmement mais en continuant de crier tout en posant son animal de compagnie à terre ? Un sale con ! Je suis là depuis vingt minutes et vous commencez déjà. C'est bon, vous avez gagné. Je monte dans ma chambre et je ne compte pas descendre de si tôt, dit-elle en accompagnant le geste à la parole. »
Molly claqua la porte de sa chambre et s'y laissa glisser. Elle replia ses genoux contre sa poitrine et pleura. Elle avait presque pris l'habitude, pleurer par sa faute. Elle resta comme cela un petit moment avant de décider que le sol n'était pas très confortable. La pathologiste alla jusqu'à son lit et s'y allongea pour sombrer dans un triste sommeil.
Le jeune homme se tenait là. Il avait bien vu cette petite larme qui avait perlé sur sa joue rougie par la colère. Il était troublé, mais il ne pouvait pas se laisser distraire par un petit bout de femme d'une enquête dont elle était une des cibles de premières lignes. Il ne le pouvait pas...
Il fut sorti de sa rêverie par la famille Watson au grand complet. Mary ayant accouché, il y a trois jours et sortie aujourd'hui. Elle portait sa petite fille et avait un visage inquiet tout comme son mari. Ils étaient au courant pour Molly.
«-C'était quoi, demanda l'ancien soldat ?
-De qu...
-Les cris, Sherlock, déclara Mary !
-Molly, fit-il en boudant légèrement comme un enfant.
-On t'avais dit d'y aller doucement, fit la jeune mère tout en donnant sa fille à son mari. Tiens, je monte arranger les choses encore une fois.
-...»
Les deux hommes regardèrent Mary monter les escaliers. John s'assit en face de son meilleur ami et afficha la tête du père très en colère contre son fils, ce qui fit soupirer Sherlock. Il allait avoir droit à une petite leçon de bonne conduite par M. Watson...
Mary frappa légèrement à la porte mais personne ne vint l'ouvrir. Elle décida donc d'entrer et la découvrit en train de se réveiller doucement. La blonde sourit et rentra s'asseoir sur le lit avec elle.
«-Alors,commença-t-elle...
-Je t'arrêtes tout de suite si c'est Sherlock qui t'envoie, tu peux redescendre.
-Non, répondit-elle doucement. J'avais envie de monter parce que comme tu l'as si gentiment crié, c'est un sale con. »
Elles rigolèrent ensembles. Mary savait que depuis l'annulation de ses fiançailles avec Tom, elle n'était plus d'humeur à aider le détective-consultant. C'est son amour pour lui qui les avait annulé.
«-Il va falloir être...
-Forte, murmura la belle brune qui fixait ses mains.
-Ouai, souffla Mary en lui caressant l'épaule.
-Pourquoi ?
-Quoi, demanda Mary confuse ?
-Je veux dire, je sais pourquoi je suis là mais pas pourquoi il est venu.
-Alors ça chérie, tu verras ça le moment venu mais pour l'instant il faut retrouver Moriarty.
-Oui, tu as raison, sourit-elle faiblement. »
Elles se relevèrent et se prirent dans les bras l'une de l'autre.
«-Au fait, commença la belle blonde, si tu as le moindre problème avec sa majesté, tu m'appelles. Je me ferai un plaisir de l'engueuler un peu, sourit-elle.
-Merci, mais je pense que cela va aller, rit-elle dans son cou. »
Puis elles descendirent rejoindre les deux hommes ainsi que la petite Eden qui dormait entre deux coussins, sur le canapé. Mary rejoignit son mari et s'assit sur l'accoudoir avec un grand sourire. Molly s'assit quand à elle, sur la chaise derrière Sherlock.
Ce dernier était revenu à sa position d'origine, tête en arrière et paupières closes.
«-Allez-y, fit-il sans bouger.
-Sherlock, s'indigna John.
-Vous avez un truc à nous dire alors allez-y.
-Eh bien, commença la femme de John, on voulait vous dire à tous les deux que nous vous avions désignés comme étant la marraine et le parrain de notre fille, sourit-elle !
-...»