Wow ! C'est tellement génial de vous voir au rendez-vous ! =D Si seulement j'arrivais à ne pas vous décevoir... Prions !

Concernant les Préludes: J'ai lu que j'ai soulevé des questions les concernant. Je ne peux vous dire que très peu de choses, juste qu'il est question de Jane et Lisbon... dans la sphère 3. Le prélude de la sphère 1 a lieu quelques temps après le prélude de la Sphère 2. Donc non seulement j'écris des trucs bizarres, mais en plus je ne vous les mets pas dans l'ordre chronologique... Incendiez-moi vous avez le droit. =)

Merci à LAurore, Ship-o-Romane, Totallyfan, leelou09, Pasca, Sweetylove30 et janeandteresa. Ca fait plaisir de vous voir au rendez-vous ! =)

Anara: Merci beaucoup pour ton adorable review ! Mes préludes sont bel et bien des scènes que tu reverras. Ce sont des scènes de la sphère 3 plus exactement. :)

lovejisbon: Wow merci beaucoup, ça me fait très plaisir que la sphère 1 t'ait plu, j'espère ne pas te décevoir par la suite alors..! :)

mymy: Merci, j'espère moi aussi arriver à rester intéressante... ^^' Mais bon, au pire, si je te déçois, je me consolerai en me disant que tu as apparemment aimé la sphère 1. :)

Calypsoh: Très chère Calypsoh, tes reviews me fascinent. =) Ne me lance point l'agrafeuse dans la tête, c'est Jane, c'est lui, promis ! x) Tu auras confirmation (ou non ^^) de tes hypothèses dans la Sphère 3. Mais je dois avouer qu'en fait, tu as déjà compris pas mal de choses ! [J'suis quand même brillante si je te dis que le coup du Prélude je ne l'ai pas fait exprès ? ok je sors...] - Je vote pour Cho moi aussi ! - Ah cette maudite croix qui va obliger notre pauvre Jane à aller déculpabiliser Lisbon... je suis contente que le symbole te plaise ! =) - J'espère vraiment ne pas avoir à te décevoir en tout cas, et surtout: merci ! =)

Enjoy: Comme toujours, tu as le chic pour me coller un immense sourire ! =) Je suis une grande "fan" de Shakespeare et je l'étudie en littérature anglaise en ce moment, donc il y a pas mal de citation de lui. :) J'espère que mon petit paragraphe sur les préludes t'aura aidé à lever un peu du voile du mystère au fait ! Et maintenant je n'ai plus qu'à te remercier [Merci!], et à prier pour que tu ne sois pas déçue par la suite. =)

FewTime: Ô joie, vive FewTime et ses merveilleuses reviews. =) Si mon petit paragraphe sur les préludes n'a pas éclairé plus la situation, n'hésite pas à me le dire ! C'est normal si ça t'a rappelé le 201, c'était volontaire, j'avais adoré ce début d'épisode et j'ai pas résisté au rappel. ^^' Oh, et je suis ravie de lire que mon effort de cohérence te plait. Merci merci merci !


Chapitre 1: Glitter in the air – Pink [Des étincelles dans l'air]

« La vie est un piège dans lequel on finit tous un jour ou l'autre par tomber. »

Florian Zeller - Julien Parme

.

En entendant la sonnette briser le silence de son appartement, Lisbon frissonna violemment. L'heure était tardive et elle avait appris à détester les visites tardives. Elle attrapa un sweater pour le passer sur son débardeur puis attrapa son arme, posée sur la table de la cuisine. Elle ouvrit lentement la porte et poussa un soupir de soulagement en voyant qu'il ne s'agissait que de Jane.

-Hey, marmotta-t-il, mal à l'aise.

-Hey, répondit-elle sur un ton hésitant. Vous voulez entrer ?

-A vrai dire je suis là parce que les autres m'ont dit de venir, je ne voulais pas vous déranger. Donc je suis juste passé vous dire bonsoir.

Elle acquiesça, tenant toujours la porte de la main droite.

-Vous… vous allez bien ? lança-t-il sans la regarder dans les yeux.

-Oui, assura-t-elle en hochant la tête, oui je vais bien. Mes blessures sont remises, juste quelques bleus qui s'attardent.

-Tant mieux, c'est une bonne chose.

-Et vous ? s'enquit-elle en se mordant les lèvres, ennuyée.

-Pourquoi ça n'irait pas ?

Elle roula des yeux et croisa les bras, le toisant. Toute gêne était partie, cet homme avait l'effroyable capacité de l'agacer en quelques mots.

-Quoi ? soupira-t-il.

-A vous de me le dire Jane.

-Je n'ai rien à dire, argua-t-il en levant les bras en signe d'innocence.

-Si vous êtes venu pour me mentir, ça ne servait à rien. Si vous êtes là juste pour dire bonsoir, vous l'avez fait, bonne nuit.

Elle se recula pour fermer la porte mais il la bloqua du pied. Elle soupira et rouvrit.

-Il fait froid Jane, j'aimerai fermer ma porte.

-Vous m'invitez toujours à entrer ? s'enquit-il avec la tête d'un enfant de six ans pris en faute.

Lisbon retrouva cette envie habituelle de le frapper avec soulagement, être énervée contre Jane lui avait étonnamment manqué. Elle s'effaça pour le laisser passer et put enfin fermer sa porte. Il n'avança pas beaucoup, juste de quoi la laisser fermer.

-VanPelt m'a dit que vous aviez du mal à dormir ? s'enquit-il.

-Je ne lui ai jamais dit ça, se défendit la brune en se dirigeant vers son salon.

Elle ramassa ses affaires au passage, soucieuse de ranger un peu. Il la regarda s'activer sans vraiment la voir, songeur.

-Je lis entre les lignes, vous avez oublié ? tenta-t-il de plaisanter.

-Eh bien après trois semaines sans aucun signe de vie de votre part, peut-être qu'en effet j'ai oublié.

-Vous êtes vexée ?

-Pourquoi vous êtes là Jane ? s'exaspéra-t-elle, s'arrêtant du même fait au milieu de la pièce.

Il soupira et sortit la croix de sa poche avant de s'approcher. Il hésita avant de tendre la main vers elle, il avait l'impression de lui donner une partie de lui. C'était étrange, jugea-t-il, puisqu'en l'occurence, c'était plus une part d'elle.

-J'aurai dû vous la rendre plus tôt, désolé.

Elle attrapa l'objet et le regarda un instant, puis un léger sourire passa sur ses lèvres avant qu'elle n'attache le bijou autour de son cou.

-Merci, elle m'a manqué.

-Et moi ? s'enquit-il, de nouveau parfait dans son rôle de plaisantin.

-Vous quoi ? s'étonna-t-elle en levant les yeux vers lui.

-Je vous ai manquée ?

Elle sourit et nia d'un signe de tête.

-Vous voulez rire, ce fut de vraies vacances !

-Menteuse, s'amusa-t-il.

-Non je ne mens pas, d'ailleurs j'aurai aimé avoir plus de temps de vacances. Je m'étais enfin décidée à déballer les cartons.

-Menteuse, répéta-t-il, rieur, vous n'en pouvez plus de la glace et des films, vous rêvez de revenir travailler depuis des jours et des jours.

Elle rougit légèrement puis soupira, lui cédant la victoire.

-J'ai besoin d'action, s'expliqua-t-elle. Rester ici, entre quatre murs, c'est si… ennuyant.

-Donc je vous ai manqué, avouez.

Elle ne put s'empêcher de rire devant son sourire d'enfant prétentieux.

-Oui Jane, même vos âneries m'ont manqué, je dois l'avouer. Mais n'en faîtes pas un prétexte pour me mener la vie dure quand je reviendrai, ajouta-t-elle sur le ton de la menace.

-Moi ? Vous mener la vie dure ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Elle le dévisagea, moqueuse, et il rit à son tour.

-Bon d'accord, je vous dois bien ça, convint-il. Quoi qu'il en soit, vous allez en faire quoi de ces cartons ? termina-t-il dans un signe de tête pour les boites entassées.

Elle jeta un coup d'œil à ses affaires puis haussa les épaules.

-Ils sont là depuis longtemps, ça ne leur fera rien de rester un peu plus.

-Et si je vous aidais ? suggéra-t-il.

-Vous ? M'aider ?

-Oui, vous savez, ce truc où deux personnes allient leur force pour venir à bout du rangement…

-Il est vingt-deux heures Jane.

Il jeta un coup d'œil à la pendule derrière lui et acquiesça.

-Je ne fais rien demain.

-Vous voulez vraiment m'aider ? s'étonna-t-elle.

-Question idiote Lisbon, se moqua-t-il.

-Ça cache quelque chose.

Elle fronça les sourcils pour le sonder du regard mais il était aussi illisible qu'un bon joueur de poker.

-Si je dis oui, je vais le regretter ? s'inquiéta-t-elle.

-Vous avez envie de dire oui ? sourit-il, charmeur.

-Eh bien… Ces cartons sont là depuis longtemps…

-Je serai là demain à dix heures, coupa-t-il, ravi.

-Je n'ai pas dit oui ! protesta-t-elle.

-Mais vous alliez le dire...

-Non ! Je veux dire, oui, marmonna-t-elle. Mais non !

Il rit et croisa les bras pour la regarder des pieds à la tête, afin de bien lui faire comprendre qu'elle était confuse et que ça l'amusait.

Elle rougit et détourna le regard, mal à l'aise.

-Dix heures et demi, lâcha-t-elle, bougonne.

-Passez une bonne nuit, sourit-il en retour.

Il tourna les talons pour partir mais se ravisa.

-Vous devriez vraiment prendre des somnifères Lisbon, lui conseilla-t-il plus sérieusement.

-Je ne peux pas.

-Pourquoi ? s'étonna-t-il.

-Si quelqu'un entre, je ne serai pas réveillée.

Il acquiesça, compte tenu de ce qui lui était arrivé, sa réaction était plutôt normale. Il se promit de remédier à son problème.

-Essayez quand même de dormir, une grosse journée vous attend demain.

-Oh oui, vous supporter chez moi toute une journée, ça demande de la préparation, ironisa-t-elle.

Il lui adressa un regard malicieux puis retrouva seul le chemin de la porte. Elle se dirigea vers la porte vitrée pour observer la DS bleutée disparaître dans la nuit. Elle alla ensuite verrouiller sa porte d'entrée, se débarrassa de son sweater, reprit son arme, puis monta se coucher.

Lorsqu'elle trouva un peu de sommeil, elle ne put s'empêcher de sourire, elle aimait l'idée de Jane, elle regretterait sa décision plus tard, elle le savait, mais il lui avait un peu manqué, ça en valait la peine.


Lorsqu'il sonna à la porte de la brunette le lendemain matin, Jane s'insultait mentalement. Il n'aurait jamais dû se laisser aller, il devait respecter le plan initial et la laisser vivre sans lui, en sécurité. Mais ça avait été plus fort que lui, retrouver son ironie et son comportement amusant y étaient pour beaucoup. Cependant il se mentirait à lui-même s'il ne s'avouait pas qu'il l'avait trouvée trop vulnérable. Teresa Lisbon était forte, fermée aux autres. Cette Lisbon-ci avait un peu de mal à retrouver ses marques.

C'était une question de temps, il le savait, mais il voulait être là, pour la protéger pendant qu'elle était encore affaiblie. Il voulait la faire sourire aussi, ils en avaient tous deux besoin après les temps sombres qu'ils avaient traversés chacun de leur côté.

Lisbon vint lui ouvrir avec un léger sourire et l'invita à entrer sans rien dire. Elle était encore vêtue de son t-shirt large dans lequel elle dormait et d'un bas de pyjama; il remarqua également que ses cheveux étaient un peu en désordre, preuve qu'elle avait dû avoir une nuit agitée.

-J'ai loupé le réveil, se justifia-t-elle en retournant s'asseoir au bar de sa cuisine.

Il ne dit rien, se contentant de sourire, un peu moqueur. Il s'assit à côté d'elle et l'observa disparaître dans son bol de café. Elle lui adressa un regard exaspéré et lui envoya sa serviette. Il l'attrapa au vol en riant alors qu'elle se levait pour débarrasser son petit déjeuner.

-Je dois aller m'habiller, vous n'avez qu'à commencer sans moi.

-Ça me va, accepta-t-il en la suivant dans le salon.

-Prenez ce carton, ce ne sont que des livres. Rangez-les comme vous voulez, je me fiche de l'ordre.

-Vous n'avez pas de carton plus compromettant ? s'enquit-il.

-Oh si, sourit-elle, mais je garde les révélations gênantes pour plus tard, quand je serai assez réveillée pour me défendre.

-Sage décision, rit-il. Je commence par quelle étagère ?

Elle pointa du doigt la plus proche et il acquiesça. Satisfaite de ses ordres, elle disparut à l'étage.


Lorsqu'elle redescendit, Jane avait presque fini le deuxième carton de livres. Elle s'approcha pour observer comment il avait rangé ses livres puis, informée, elle l'aida à finir avec le troisième carton.

-Une pause s'impose, déclara-t-il finalement en se laissant tomber sur son canapé.

-Mince, moi qui allais vous proposer d'ouvrir le carton des photos… plaisanta-t-elle.

-Vous avez un carton de photos ? s'enquit-il en se redressant à l'aide de ses coudes pour la dévisager, le visage illuminé.

Elle rit en acquiesçant et poussa ses jambes pour s'asseoir à côté de lui.

-Ce n'est pas un grand carton, mais il en est rempli. Je ne sais pas vraiment où je vais les ranger d'ailleurs, termina-t-elle, songeuse.

-Je peux fouiller ? demanda-t-il de son plus beau sourire.

-Si vous trouvez le carton en question, c'est d'accord, rétorqua-t-elle, joueuse.

Il la sonda du regard puis son sourire revint. Il sauta du divan pour tourner autour du tas de cartons. Il en élimina du bout du pied, resta planté devant d'autres, et elle l'observa en riant silencieusement. Son manège dura cinq minutes, minutes où il tourna au milieu des cartons, embêté de ne pas trouver.

Elle finit par avoir pitié de lui et se leva pour venir se poster à côté de lui. Elle se pencha et ouvrit un énorme carton qu'il avait écarté à cause de sa taille –elle avait parlé d'un petit carton. Elle en sortit une boite de taille moyenne et il ouvrit la bouche, outré.

-C'est de la triche ! marmotta-t-il.

-Mauvais joueur, se moqua-t-elle.

Il lui fit la grimace et la regarda s'éloigner avec son précieux carton serré contre elle.

-Oh allez Lisbon, juste quelques photos, la supplia-t-il.

-Mmmh, laissez-moi y réfléchir…

Elle fit semblant d'y penser puis un sourire malicieux naquit sur ses lèvres.

-Jamais !

-Tss, trouillarde.

-Moi trouillarde ? s'indigna-t-elle. Vous n'êtes pas mieux avec votre curiosité ! C'est déplacé.

-Il y a des photos si compromettantes que ça ? triompha-t-il.

Elle rougit légèrement, déstabilisée, puis secoua la tête et monta son carton en sécurité dans sa chambre. Il se promit qu'il ramènerait le sujet un jour, ces photos l'intriguaient.

Lisbon redescendit quelques instants plus tard et ne lui adressa pas un regard, sûrement encore gênée. Elle passa devant lui puis ouvrit un nouveau carton.

-Oh non, les vêtements, se désespéra-t-elle.

-Ça pose un problème ?

-Il faut que je les nettoie, ils doivent sentir le renfermé depuis le temps, soupira-t-elle.

Il se leva pour venir jeter un coup d'œil au carton.

-Bah, en une machine ce sera fait, la rassura-t-il.

-Oui mais si on compte une machine par carton, ça en fait quatre.

Ce disant, elle pointa trois autres cartons.

-Eh bien autant commencer maintenant, conclut-il en se dirigeant vers l'un des cartons.

-Pas celui-là, protesta-t-elle en l'arrêtant par la manche.

Il la dévisagea, surpris, puis enfin il comprit et éclata de rire.

-Oh Lisbon, j'ai déjà vu des sous-vêtements, je m'en remettrai !

-Vous approchez de ce carton et je…

-Et vous quoi ? la provoqua-t-il, les mains sur les hanches.

-Laissez tomber, soupira-t-elle en roulant des yeux. Mais ne vous approchez pas du carton quand même ! termina-t-elle, menaçante.

Il la défia du regard, malicieux, mais il finit par changer de carton et se saisir de celui d'à côté.

-Celui-là est ok ? demanda-t-il tout de même.

-Hmm… Je ne me souviens pas, avoua-t-elle. Attendez, je regarde.

Elle s'approcha de lui et lui fit regarder ailleurs alors qu'elle entrouvrait le carton qu'il tenait dans ses bras. Elle soupira de soulagement en constatant que le carton ne contenait rien de compromettant.

-C'est bon, juste des jeans.

-Où est la machine à laver ? s'enquit-il en souriant.

-Dans la salle de bain à l'étage, porte de droite. Mais je vous suis de toute façon.

Il acquiesça et monta les escaliers avec le carton pendant qu'elle attrapait celui qui était plus compromettant pour l'emmener à l'étage. Elle lui confirma l'emplacement de la salle de bain avant de disparaître dans sa chambre pour y déposer la boite, elle s'en occuperait quand Jane serait parti.

Elle ne put s'empêcher de sourire légèrement en repensant à sa matinée. C'était inattendu, un peu étrange aussi, mais elle appréciait qu'il soit là. Ça arrangeait tout, elle avait été si triste ces dernières semaines qu'elle avait broyé beaucoup trop de noir dans sa solitude. Jane la ramenait sur terre, la sauvait de l'ennui, et surtout, il la faisait rire. Elle en avait besoin.

Elle sortit de sa chambre en gardant un léger sourire aux coins des lèvres, sourire qu'elle élargit lorsqu'elle vit Jane sortir de la salle de bain en face en même temps. Il parut un peu surpris de cette soudaine luminosité dans ses traits, mais il le lui fit oublier dans un sourire doux, un peu songeur mais bien là.

-Il reste encore des cartons, mais vous m'avez déjà bien aidée, vous pouvez y aller si vous voulez, lui proposa-t-elle alors qu'ils descendaient les escaliers.

-Vous me mettez à la porte ?

-Non, bien sûr que non, se défendit-elle. Mais vous avez peut-être d'autres choses à faire en ce samedi après-midi que d'aider votre supérieure à ranger ses vieux cartons de déménagement.

-Tout d'abord, non je n'ai rien de mieux à faire, ensuite, vous n'êtes pas ma supérieure, et enfin que diriez-vous que je cuisine ?

-J'en dis que je suis votre supérieure mais que je vous laisse cuisiner, sourit-elle.

-Je suis un consultant, je fais ce que je veux, argua-t-il en se dirigeant vers la cuisine.

-Oui et c'est bien le problème, mais sur le papier, je suis votre supérieure et vous me devez obéissance.

-Oh vous savez, moi et les papiers pompeux…

Elle leva les yeux au ciel et s'assit sur l'une de ses chaises de bar alors qu'il fouillait les placards.

-Les épices sont dans le placard de droite, lui indiqua-t-elle.

-Comment vous saviez que je cherchais les épices ? s'étonna-t-il.

-Vous me semblez du genre à cuisiner en fonction des épices disponibles, répondit-elle en haussant les épaules.

Il fronça les sourcils, surpris, puis un léger sourire s'installa sur ses lèvres alors qu'il croisait les bras.

-Vous classez souvent les gens selon des genres ?

-J'aime les généralités insipides, rétorqua-t-elle.

-Vous avez un genre pour tout ?

-Il n'y a pas de limite aux genres Jane. Il y a des genres pour la cuisine, pour le rangement, pour la musique, pour l'amour, pour le sexe, pour la lecture… Et ainsi de suite.

-Vous êtes un sujet passionnant Lisbon, se moqua-t-il en ouvrant le placard à épices.

Il continua à s'agiter en silence un moment, sous les yeux attentifs de la maîtresse des lieux.

-Vous pensez que je suis quel genre pour le rangement ? s'enquit-il sans se tourner.

-Hmm… bonne question, lui accorda-t-elle. Je dirais bien bordélique mais en fait vous avez un côté maniaque… Je sèche.

-Pour la musique ?

-Vous êtes définitivement musique classique, sourit-elle. Mais je sais que vous écoutez du jazz, vous avez toujours ce vieux CD dans votre DS.

Il lui adressa un sourire en coin avant de retourner aux fourneaux.

-Pour l'amour ? continua-t-il.

-Vous vous souvenez de toutes les catégories que j'ai données en exemple ? s'exaspéra-t-elle.

-Répondez à la question.

-Pourquoi ?

-C'est amusant, répondit-il comme si ça tombait sous le sens.

Lisbon roula des yeux et appuya ses coudes sur le bar.

-Eh bien, si c'est amusant… marmotta-t-elle. Je pense que vous êtes du genre tendre, casse-pieds, mais tendre.

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

-Je ne sais pas, une impression. Mais bon, ce sont des généralités, je vous l'ai dit.

-Dans ce cas, vous pouvez me dire quel genre vous m'attribuez pour le sexe, plaisanta-t-il.

-Hors de question.

-Trouillarde.

Elle le fusilla du regard, elle aurait pu le tuer pour moins.

-Pour la lecture ? continua-t-il finalement, abandonnant le sujet gênant.

-Hmm… Je n'en ai aucune idée, avoua-t-elle. Peut-être… la poésie ? suggéra-t-elle.

-L'important est ce que vous pensez, pas si c'est la réalité, répondit-il.

Elle acquiesça, contente que le jeu soit fini.

-Vous faîtes quoi ? s'enquit-elle en descendant du bar pour venir l'espionner de plus près.

-Du poulet au curry, il vous restait du poulet dans le réfrigérateur.

-Et en dessert ?

-Vous voulez aussi un dessert ?

-Je suis du genre gourmande, rétorqua-t-elle avec malice.

Il eut un immense sourire puis plongea son regard dans le sien.

-Et nous parlons toujours de cuisine, n'est-ce pas ?

Lisbon eut l'impression que sa mâchoire allait se décrocher alors qu'un violent frisson la parcourait.

Elle se demanda qui d'elle ou Jane ressortirait vivant de la cuisine après qu'elle en ait fini avec lui.


Comme vous pouvez le constater, pas de grands passages narratifs dans ce chapitre, mais je voulais mettre en évidence le fait qu'en apparence ils font en sorte que rien ne change avant de faire une incursion dans leurs pensées... J'espère que ça vous a plu ! =)

Chapitre 2 en ligne mercredi dans la journée, avec en prime la venue d'un nouveau personnage... ^^ (Non, pas Chris, il arrive bien plus tard!)

-J'ai dormi, protesta Lisbon.

-Une heure ? Deux ?

-Jane, ça ne vous concerne pas, marmotta-t-elle en croisant les bras.

-C'est discutable, répondit-il. Quoi qu'il en soit, je crois que j'ai la solution à votre problème d'insécurité !