Vous trouverez en fin de chapitre une note sur les Hollows et la hollowmorphose qui vous sera peut-être utile.


Chapitre 2

La chasse aux Hollows reprend !

Il régnait un vent de panique dans tout le Seireitei : comment des Hollows avaient-ils pu s'introduire ici ? Qui plus est, ils continuaient à envahir les rues malgré le rétablissement de la barrière protectrice, le shakonmaku. Pour les capitaines et vice-capitaines, plus au courant de la situation, la question se posait en ces termes : Aizen attaquait-il ? Les divisions trois à onze avaient été mises en alerte, chacune d'elle s'organisant en fonction de sa désignation.

Au "Bureau des Capitaines" de la sixième division, l'alarme s'était fait entendre dans une atmosphère lourde et pesante. Le capitaine Kuchiki faisait face depuis le matin à un phénomène qui ne se produisait que rarement : la mauvaise humeur de son vice-capitaine. Mauvaise humeur n'était d'ailleurs pas tout à fait exact. Indifférence et froideur étaient ce qui décrivait le mieux l'attitude de son fukutaishô, deux traits de caractère qu'il ne pensait pas pouvoir voir un jour chez lui, et il s'en sentait responsable.

« Mes respects, Kuchiki taishô », avait salué le lieutenant avec une sécheresse dont il n'avait pas coutume en entrant dans leur bureau ce matin-là.

Déconcerté par la formule employée, Byakuya avait relevé immédiatement la tête pour découvrir un visage étrangement fermé :

« Renji, viens, parlons » avait-il enchaîné en se dirigeant vers le salon qui occupait un angle de la pièce.

Avec une mauvais grâce évidente, celui-ci s'était assis dans un fauteuil, face au canapé où son supérieur avait pris place. Ce dernier l'observait attentivement, remarquant les légères cernes, mais notant une amélioration dans son allure, en comparaison de l'apathie où il était tombé avant qu'il ne l'envoie dans le monde réel pour se changer les idées.

« Pourquoi es-tu parti si brusquement ce matin ?

— …

— Tu me fais grief d'avoir finalement décidé de passer outre ce qui s'est passé entre Shûhei et toi, et de m'être laisser aller à l'aimer ?

— …

— Tu réalises que je n'ai pas à me justifier, et que cette discussion est bien plus que ce que je pourrais accorder à n'importe qui d'autre ?

— …

— Renji ! » s'écria Byakuya, perdant patience. Il examinait l'expression du jeune homme qui le regardait d'un air impénétrable tout en fronçant les sourcils sous son bandana blanc, et ne laissait rien passer de ses pensées. C'était si éloigné de Renji que Byakuya en eut le cœur serré, sentant qu'il pouvait en être l'origine. Mais son amour-propre prédominait, et même si ces dernières semaines il s'était découvert une tendre affection pour son cadet, devant l'attitude actuelle de celui-ci, il eut tôt fait de retrouver ses anciennes façons. Il était son capitaine, né dans une famille de haut rang, et il n'était pas né celui qui lui ferait expliquer la raison de ses actes !

« Abarai fukutaishô, rejoignez votre bureau et tâchons de mener à bien notre travail. »

Ainsi donc, chacun restant sur son quant-à-soi, la situation n'évoluait pas, et ce fut presque un soulagement pour eux d'être distraits par l'arrivée d'un papillon de l'enfer, tout de suite suivi par l'alerte sonore :

« ALERTE ! ALERTE ! Mobilisation générale des divisions 3 à 11 du Gotei 13 ! Pénétration de nos systèmes de défense au sein du Seireitei ! Ordre d'éradiquer toute présence de Hollows ! ALERTE ! ALERTE ! ... »

« Renji, rassemble les escadrons dans la cour et commence à organiser les détachements. J'arrive de suite.

— Des Hollows ici ? » s'exclame Renji. La situation était inattendue et il part sur le champ sans poser plus de questions.

Le capitaine Kuchiki écoute les informations complémentaires transmises par l'insecte spirituel et le renvoie avec la confirmation de la mobilisation de la sixième division. Il se saisit de son zanpakutô et sort rapidement rejoindre ses troupes.

A l'extérieur, les Shinigamis se sont regroupés, alertés par la sirène, avant même que l'ordre ne leur en ait été donné. Renji essaie de se concentrer sur la tâche qui est la sienne et accueille avec joie cette perspective de passer à l'action, même si cela veut dire que de nouveaux combats commencent. Tout est embrouillé et réfléchir n'est pas pour lui. Il ne veut pas penser. Hier soir, après les émotions intenses éprouvées lors de l'entrevue avec Hisagi-san et Kuchiki taishô où s'étaient succédées altercations et réconciliations laconiques, il s'était laissé enveloppé dans la quiétude engendrée par le rayonnement harmonieux du couple. Et ce matin, ravivée par son cauchemar, il s'était retrouvé la proie de la désespérance qu'il avait ressentie au début. Il ne veut plus penser. Ce n'est pas qu'il en veut au capitaine, c'est qu'il ne comprend même pas ce qui l'agite ainsi. La veille, il a réalisé que la violence de Hisagi-san à son encontre était l'expression d'un terrible désarroi, qui s'exacerbait à son contact et qui trouvait un apaisement dans les bras du taishô. En lui tout sentiment de haine contre son ancien ami s'est éteint. Non, il ne lui sert à rien de penser.

Renji donne ses ordres d'un ton sec, sans un vrai regard pour qui que se soit. Les officiers n'osent intervenir, intimidés par le ton inusité de leur vice-capitaine. Comportement qui n'est pas pour rassurer les plus jeunes recrues, qui participeront elles aussi aux patrouilles, certains pour la première fois. Ainsi le veut la procédure d'alerte en vigueur au Seireitei : pour garantir la sécurité des notables et familles nobles de la ville et celle des 46 bureaux de Chuô, tous les membres présents de la division seront mobilisés.

La consternation qui règne sur le visage de tous n'échappe pas à Byakuya. Il s'approche alors et pose une main indulgente sur l'épaule de Renji. Celui-ci sursaute, comme au sortir d'un mauvais rêve, et il regarde la noble silhouette passer devant lui d'un pas aérien, tandis que lui reste en retrait.

Face au capitaine Kuchiki, les membres des escadrons se tiennent au garde-à-vous, encore plus rigides et contractés que sous l'œil dépourvu d'expression du vice-capitaine.

Les escadrons 1 et 2, sous les ordres directs du taishô, n'en sont pas affectés outre mesure. Ils comptent cinquante Shinigamis chacun en plein effectif, et forment les unités d'interventions de la sixième division. Chevronnés et ayant participé à maintes batailles, ils savent parfaitement quel est leur rôle.

L'escadron 3, rassemblant soixante Shinigamis lorsqu'il est au complet, est chargé le plus souvent des patrouilles. Cependant il intervient également en tant que force de soutien auprès des escadrons 1 et 2. Avec le cinquième siège Sasabe Takeda à sa tête, Shinigamis vétéran et avisé, la section est en bonnes mains et s'est déjà frottée à des Hollows puissants. La surveillance du Seireitei est une de leurs attributions spécifiques.

L'escadron 4 est placé sous les ordres du septième siège Reiko Miage, nouvellement arrivée mais dont les progrès rapides ont accéléré sa promotion. Elle manque encore de pratique sur les missions de terrain, et le gai sourire qui s'épanouit habituellement sur son visage est remplacé maintenant par un air d'anxiété et de nervosité. Le contingent des vingt Shinigamis qu'elle commande est usuellement affecté à des fonctions similaires à celles du troisième escadron.

L'escadron 5 est une unité de réserve de vingt Shinigamis, dirigée par le sixième siège Kojiro Yamato qui a également la charge de former les novices. Lui-même a peu d'inclination pour le combat réel, mais est un excellent instructeur. Le peloton regroupe les soldats les plus faibles de la division, notamment ceux qui n'ont pas encore communiqué avec la personnification de leur zanpakutô et ne peuvent utiliser le shikai, sa forme libérée. Généralement, il n'a pas à intervenir dans les missions, sauf en de rares exceptions, comme aujourd'hui.

Ces trois derniers escadrons sont sous le commandement direct du fukutaishô, lequel ne leur a pas accordé, depuis le début du ralliement, la moindre attention particulière. Et c'est redoublant d'angoisse pour la plupart qu'ils voient leur austère capitaine en personne s'avancer vers eux.

« Il n'y a pas lieu de paniquer. Malgré le manque évident d'expérience de certains d'entre vous, vous avez tous été entraînés. Faites simplement honneur à vos efforts et à notre division », commence leur supérieur, du ton hautain qui est le sien.

« Vos escouades vont être réaffectés au sein du troisième escadron, dit-il s'adressant à ses sixième et septième sièges. Puis-je compter sur vous, sous-lieutenant Takeda, pour affecter les unités nécessaires au renfort de la surveillance des postes clés du Seireitei qui nous échoient ?

— Bien sûr Taishô ! à vos ordres taishô ! confirme avec enthousiasme le chef du troisième escadron, rasséréné quant à la conduite à tenir.

— Chacun d'entre vous a un rôle à jouer qui est primordial, la communication par exemple, et la réception des rapports des patrouilles, insiste le capitaine, portant son regard vers le soldat Rikichi dont l'allure abattue remplaçait la vivacité habituelle en présence de son idole, le lieutenant Abarai. Vous coordonnerez les troupes laissées en poste à la division, sergent Yamato, précise-t-il à l'adresse du sixième siège.

— A vos ordres taishô ! »

Ainsi donc, les éléments des deux derniers escadrons initialement perdus par l'attitude exceptionnellement froide de leur fukutaishô reprennent confiance, subjugués par la proximité si rare de leur commandant, et par son attention inhabituelle. Pris en charge et correctement encadrés, les plus jeunes recrues ont arrêté de trembler d'effroi. Le capitaine Kuchiki regagne ses propres compagnies, dont les officiers se sont déjà repris et rapidement organisés.

Bientôt, les détachements de la sixième division, redistribués efficacement, s'ébranlent au pas de course vers leurs postes respectifs.

Restés seuls avec son capitaine, Renji, embêté, essaie de trouver les mots :

« Taishô, je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris.

— Il va falloir vous reprendre, Abarai fukutaishô, nous avons un office à remplir. »

Renji est furieux contre lui-même maintenant. Il s'en veut d'avoir montré à son capitaine combien il était affecté et de n'avoir pas su empêcher son trouble d'interférer avec son devoir. Comparé à lui, il n'était encore qu'un bleu en fait !


Contre toute attente, les Hollows manquaient de puissance et étaient faciles à maîtriser, bien que difficile à repérer et agissant de concert. Ce qui n'était pas sans rappeler les événement récents.

Capitaines et vice-capitaines n'eurent pas à intervenir. En début d'après-midi, il n'y avait plus aucune trace de Hollows dans le Seireitei ! On laissa quelques patrouilles supplémentaires dans les rues, mais l'état d'alerte fut levé, et le calme revint dans les divisions. Les capitaines furent convoqués à une réunion extraordinaire à la première division.

Lorsqu'il fut évident que tous étaient arrivés, attendant en ordre discipliné que le commandant des treize armées du Gotei prenne la parole, Shûhei fit de son mieux pour paraître à l'aise. Mais il faut dire que c'était bien difficile étant donné qu'il était le seul vice-capitaine présent. Pourquoi donc avait-il été convié ? Il n'était pas le seul à se poser la question s'il fallait en croire les regards que certains posaient sur lui. Eux non plus ne semblaient pas le savoir, et cela l'emplissait d'appréhension. D'autres ne s'en préoccupaient pas, dont les capitaines Kyôraku, Ukitake et Kuchiki, car ils se satisfaisaient de n'en connaître la raison que lorsque le shôtaishô le jugerait bon.

Celui-ci ne tarde pas à plonger dans le vif du sujet :

« Capitaine Kurotsuchi, vous nous aviez certifié que de telles attaques n'étaient plus à craindre. Comment justifiez-vous celle-ci ? somme-t-il de s'expliquer au capitaine de la douzième division, responsable du Centre de Recherche, d'une voix sonore résonnant dans la pièce.

Nullement intimidé, celui-ci répond sans embarras :

— Et bien ces Hollows étaient mes cobayes et se sont..., voyons... disons..., échappés, oui c'est cela, échappés...

— Des Hollows vos cobayes ! Et vous les avez laissés échapper ! Mais vous êtes irresponsable ! Savez-vous quels dégâts ils auraient pu faire dans le Seireitei si nous ne les avions pas repérés suffisamment tôt ? s'exclame le jeune capitaine Hitsugaya, scandalisé par tant de légèreté, et auquel incombe la tâche de la protection de la plupart des nobles familles du Seireitei.

— Allons allons, Hitsugaya taishô, c'eut été chose impossible, voyez-vous, lui est-il répondu le plus calmement du monde, par l'homme mystérieux dont les traits semblent à jamais cachés derrière son masque inhumain.

— Expliquez-nous donc cela ! tonne de nouveau le shôtaishô.

— Oui, éclairez-nous, appuie le capitaine Unohana, responsable de la division médicale dont l'hôpital ne désemplit pas depuis plusieurs semaines et qui semble prête à perdre patience.

— Hum, eh bien, le but de mes expériences étaient de me rendre compte à quel point il est possible de contrôler les agissements des Arrancars par le biais de la fréquence d'onde dont nous savons maintenant qu'elle a été utilisée par Aizen dans ce même but. J'aurai bien évidemment préféré utiliser des Arrancars mais leur création artificielle nécessite des ressources dont je ne dispose pas à volonté. Autant dire qu'essayer sur des Menos Grande comme l'a fait Aizen lors des intrusions à Soul Society m'est impossible. Ah ! quel pitié que je n'aie pas accès au Hôgyokû... Enfin, j'ai du me contenter de simples Hollows et je dois dire que je suis assez fier du résultat.

— Fier ? On les a massacrés en deux temps trois mouvements, se moque Zaraki Kenpachi, capitaine de la onzième division, et grand amateur de combats pouvant lui apporter un frisson.

— Je ne m'attends pas à ce qu'un pauvre esprit dans ton genre soit capable de comprendre la portée de mes expériences, rétorque ironiquement Mayuri Kurotsuchi, en haussant les épaules. Nous n'avons à déplorer aucune victime parmi la population n'est-ce-pas ? demande-t-il au capitaine Unohana.

— Non, il n'y en a pas eu. La sécurité de tous a été bien assurée par nos équipes.

— Libre à vous de croire cela. Pour ma part, je pense plutôt que mes Hollows ont agi tels qu'ils étaient censés le faire.

— Que voulez-vous dire ? intervient Genryûsai Yamamoto.

— Ordinairement les simples Hollows, de même que les Gillians, sont soumis à leurs instincts. Et pour les Gillians, c'est encore pire, ils n'ont pas de conscience individuelle. Bref, cela en fait de piètres adversaires, puissants peut-être mais sans aucune intelligence. Je vous pose la question : que se passerait-il si ces êtres maléfiques étaient doués de raison sans pour autant avoir à se transformer en Adjuchas ? Ils forment la population la plus nombreuse des Hollows et ce serait catastrophique pour la Soul Society. Nous ne pourrions plus les contenir et la terre serait ravagée. J'en frémis rien que d'y penser, dit-il, alors que le ton de sa voix suggérait un sentiment contraire.

— Vous affirmez qu'Aizen aurait trouvé un moyen de leur insuffler une conscience ?

— Je n'ai rien dis de tel. Comme je vous l'ai déjà exposé en détail lors de mon dernier rapport sur les causes de l'invasion du Rukongai, lorsqu'une onde d'énergie est transmise à une fréquence particulière, elle entre en résonance avec l'énergie spirituelle du Hollow et décuple la sensibilité de celui-ci à ce qui l'entoure. Il ira vers ses confrères émettant la même fréquence d'onde, et même les moins intelligents communiqueront entre eux par ce biais dans le but de satisfaire leur instinct : se nourrir d'âmes. Ce que mon expérience a montré, c'est qu'il est possible de leur faire exécuter un ordre simple, comme par exemple attaquer une cible en particulier, en instillant dans leur faim une envie liée au type d'âme. C'est à dire, de provoquer une déviance de la rancune qui les a auparavant changé en Hollows, ou bien de celle qu'ils acquièrent par la suite. Dans notre cas, c'est la chasse et la séquestration qui a été utilisée comme levier grâce à l'hypersensibilité de leur état, en générant l'envie d'attaquer des Shinigamis, et uniquement des Shinigamis notez bien. Ce même phénomène est possible sur un Arrancar, en faisant réagir sa partie Hollow, ce qui a produit les puissants adversaires que vous avez rencontrés au Rukongai.

Un silence suivit, le temps pour chacun d'assimiler ce qui venait d'être dit.

— Pour résumer la situation, nous allons nous retrouver avec une armée de Gillians transformés en Arrancars et auxquels Aizen pourra ordonner de nous attaquer en bataille rangée, dit avec le plus grand calme Shunsui Kyôraku (« comment diable avait-il pu comprendre cela dans tout ce fatras ? » se demanda Kenpachi).

— Oh oh oh c'est aller un peu vite. L'énergie nécessaire à la constitution d'une telle armée épuiserait le Hôgyokû sans lui permettre de se reconstituer. Il est fort peu probable que cela soit le but recherché.

— Eh bien alors ?

— Eh bien ? Mais enfin c'est très simple... »

Aucun des auditeurs ne semble d'accord avec cette affirmation. Les esprits de quelques uns partent à la dérive. Le capitaine Zaraki a déjà décroché, rêvant de luttes victorieuses contre des Gillians surpuissants surhollowmorphisés et pseudo-intelligents ; le capitaine Soi Fon ne semble pas concernée le moins du monde et trouve tout cela bien ennuyeux ; le capitaine Unohana revoit dans leur ensemble les plans d'agrandissement des quartiers de sa division. Seuls, les capitaines Ukitake, Kyôraku, Hitsugaya et Komamura se concentrent encore sur l'exposé. Quant au capitaine Kuchiki, yeux fermés et visage fermé, il reste impossible à déchiffrer. Noyé dans ces explications dont il ne retient que la menace grandissante de futurs combats éprouvants, Shûhei cherche en vain une raison à sa présence.

« ...trois points sont encore à résoudre :
Le premier : nous savons que Aizen a pu manipuler suffisamment de Arrancars pour nous tenir occupés pendant plusieurs semaines : comment et où a-t-il trouvé l'énergie nécessaire ?
Le second, notre bureau technique a pu pallier à l'alimentation irrégulière en énergie du Centre, rétablissant ainsi la protection et la surveillance de la Soul Society, il n'en reste pas moins vrai que nous ne sommes pas à l'abri des effets de l'onde artificielle lorsqu'elle se propage, et nous n'avons encore aucun moyen de la contrecarrer.
Le troisième et dernier point est de loin le plus intéressant et est ma plus grande interrogation : le phénomène d'attraction et de résonance. Aizen a prouvé qu'il pouvait l'utiliser comme bon lui semblait : lors des attaques que nous avons subies au Rukongai, les Hollows réussissant à traverser le passage entre les deux mondes ont été de plus en plus nombreux. Par contre leur force et leur type d'énergie n'avaient pas changé. Ces Arrancars n'avaient pas le profil révélant une intelligence élevée. Pourtant ils ont su de mieux en mieux profiter des failles de notre système de surveillance pour entrer au bon moment, et pallier à leur manque de puissance en s'alliant pour en combattre les pièges. A l'état naturel, une telle adaptation n'est pas possible. C'est donc grâce à la finesse de leur manipulation que cela a pu se faire. Cela va bien au delà de ce que j'ai entrepris en me basant sur leurs instincts. Et cela offre des perspectives qui me réjoui-

— Oui, nous avons compris, interrompit le shôtaishô. Je compte sur vous pour me faire un rapport dès que vous en saurez plus, et je vous déconseille fortement de vous servir à nouveau du Seireitei comme terrain d'expérimentation, rajoute-t-il. Pour le moment, dit-il ensuite, frappant le sol de son bâton pour obtenir l'attention dispersée de ses officiers supérieurs, nous devons nous préparer au pire. Veillez donc à l'entraînement de vos troupes plus que jamais. Et vous ! complète-t-il, pointant son bâton vers Shûhei, vous êtes chargé d'aider au moral de nos Shinigamis : ne négligez pas vos fonctions et assurez sans défaut l'édition du Journal du Seireitei. A ce sujet, j'ai reçu une plainte de la part de l'association des femmes Shinigamis, déposée par sa présidente elle-même, précise-t-il en levant ses sourcils longs et touffus vers Zaraki Kenpachi, aussi je vous prierai de m'épargner cela à l'avenir en prenant sérieusement en considération toute demande qui émane de ladite heu... femme. Est-ce clair ?

— Très clair, shôtaishô ! confirme Shûhei s'avouant vaincu par la ténacité de la petite demoiselle, et soulagé malgré tout que ce soit là la raison de sa présence.

Au final, c'est sur les rires que la réunion prend fin, malgré un avenir qui se fait de plus en plus sombre.

A la sortie, les capitaines profitent de ces rares moments qu'ils peuvent passer ensemble pour converser. Genryûsai Yamamoto retient Zaraki Kenpachi, et lui fait la leçon sur l'insubordination de son jeune vice-capitaine ; la minuscule Soi Foin et l'immense Sajin Komamura discutent des mérites d'une bonne tenue de camouflage ; Retsu Unohana s'enquiert de la santé de Jûshirô Ukitake et le sermonne sur la nécessité de venir passer sa visite médicale de contrôle ; Tôshirô Hitsugaya et Byakuya Kuchiki quittent la salle côte à côte et en silence ; Shûhei éclate de rire aux propos de Shunsui Kyôraku. Byakuya se fige et se retourne, laissant le jeune capitaine prodige continuer seul son chemin. A aucun moment les yeux du jeune homme au visage tatoué n'ont croisé son regard, et cette attitude rigide et peu naturelle le décontenance. Elle ne veut dire qu'une chose. Shûhei était sérieux ce matin et s'efforce de mettre de la distance entre eux. Et s'il doit s'y contraindre ainsi, cela signifie que cela lui est difficile.

Mais qu'importe, c'est son choix après tout, il ne va pas aller le supplier de revenir auprès de lui, non ?


Notions de l'univers de Bleach que j'ai utilisées et interprétées pour produire l'histoire des ondes à fréquences particulières :

Hollow : terme générique pour désigner un esprit maléfique. Les simples Hollows n'ont en général pas de conscience individuelle. Un Hollow est au départ l'âme d'un défunt (un "plus"), perdue dans le ressentiment ou restée attachée trop longtemps sur terre, elle subit alors la hollowmorphose.

Un "plus", qui se fait dévorer par un ou plusieurs Hollows, perd sa conscience individuelle à moins qu'il ne possède un très fort ego, auquel cas il les absorbe et devient un Hollow doté d'une individualité.

Menos grande: une multitude de Hollows qui fusionnent, d'où émergera peut-être une conscience plus forte que les autres

Trois types de Menos Grande existent :

1 - Gillian : sans intelligence a priori, les plus nombreux
Un Gillian qui a un fort ego (issu d'un Hollow qui a conservé sa conscience), mange les autres Gillian et devient Adjuchas

2 - Adjuchas : intelligent, pas très nombreux

3 - Vasto Lorde: intelligent et très puissant, peu nombreux ( la garde rapprochée de Aizen en est issue)

Arrancar : autre forme de hollowmorphose
C'est un Hollow qui a arraché son masque et obtient ainsi la force des Shinigamis et celle des Hollows. Ils existent à l'état naturel, sont peu nombreux et incomplets.

Aizen, en possession du Hôgyokû, à la possibilité de faire des Arrancars complets.