Caïus Volturi, jusque-là plongé dans la transe qui est aux vampires ce que le sommeil est aux humains, se redressa d'un bond sur son siège en hurlant. Aussitôt, une petite dizaine de visages aux pupilles écarlates emplies de curiosité se tournèrent vers lui. Le vampire blond mis quelques minutes à remarquer ce publique intrigué. Un voile de fureur couvrit ses yeux.

-Vous n'avez rien de mieux à faire ?! Fichez-moi le camp ! hurla-t-il, furibond.

Aro, l'un des deux autres maitres de Volterra, posa une main rassurante sur son épaule.

-Calme toi donc, mon frère, lui murmura-t-il d'une voix mielleuse. Que s'est-il donc passé qui puisse te mettre dans un état pareil ?

Le vampire se rassit, se dégagea de la main de l'importun, et se contenta de pousser un grognement frustré. Devant l'absence de réponse de son entêté de frère, Aro soupira et posa son regard sur les immenses portes de bois qui bloquaient l'accès au couloir principal.

-Sourit donc ! Le repas semble être sur le point d'arriver !

Effectivement, les babillements émerveillés des visiteurs commençaient à se faire entendre, accompagné du chuchotement, plus faible mais parfaitement audible, d'une vingtaine de cœurs pulsant le délicieux liquide grenat en cadence. Caïus se pourlécha les lèvres, impatient de débuter le festin. Dans les couloirs jouxtant la salle du trône, la garde des Volturi commençait également à se rassembler, appâtée par l'odeur sucrée des humains. Enfin, Heidi poussa les portes, tout en continuant ses explications, fidèle à son rôle de guide.

-Nous pénétrons maintenant dans la salle du trône. Celle-ci fut construite il y a bien longtemps de cela, sous le règne du roi Marcus 1er du nom. En levant la tête, vous apercevrez…

L'air semblait électrique. Les gardes n'attendaient qu'un simple geste, une seule parole pour pouvoir se jeter sur les visiteurs et étancher enfin la soif qui les taraudait. Aro adoraient cela. La sensation d'être surpuissant. Savoir que la vie des hommes ne dépendait que de lui. Posséder des pions réagissant au moindres de ces gestes. Oui, être seigneur de Volterra était un rôle plutôt jouissif. Son regard croisa celui de Caïus, et un sourire naquit aussitôt sur ses lèvres. Avec la grâce propre aux vampires, il se leva et frappa dans ses mains pour attirer l'attention.

-Mes amis, la visite se termine maintenant. Je vous remercie de votre présence. Malheureusement pour vous, votre voyage prendra fin dans cette salle même.

Il adressa un signe de la tête en direction de ses gardes, bouillant d'impatience.

-Allez-y.

La panique générale gagna le groupe humain en quelques secondes. Les trois rois ne se pressèrent pas pour choisir leur déjeuner. Ils savaient que les meilleurs morceaux leurs seraient réservés. Le seigneur aux cheveux blonds se dirigeait justement vers une jeune femme à l'allure (et surtout à l'odeur) plutôt plaisante. Celle-ci s'était recroquevillée dans un coin de la pièce, et menaçaient quiconque osait l'approcher d'une vulgaire bombe de poivre. Un sourire narquois étira les lèvres de l'immortel. Il s'approcha d'elle à la vitesse de l'éclaire et lui arracha sans difficulté son « arme » des mains.

-Bouh 3

Avant même qu'elle n'ait eu le temps de hurler, les crocs du vampire fouillaient sa gorge à la recherche de la veine à percer. Le sang chaud apaisa aussitôt le brasier de la faim. Grognant de plaisir, son repas ne pris fin que lorsque la dernière goutte écarlate quitta le corps de sa victime. Poussant un grondement de frustration, il secoua le cadavre quelques instants, avant de se décider à aller chercher une secondes proie.

Le carnage ne dura qu'une dizaine de minutes. Les servantes vinrent immédiatement débarrasser le sol jonché de corps exsangues et nettoyer les restes de sang .Repus, Aro et Marcus s'étaient affalés sur leurs trônes aux teintes sombres. D'un revers de la main, Caïus effaça les dernières traces sombres s'étirant sur ses lèvres et pris la direction des chambres.

-Je vais dans mes appartements. Tâchez de ne pas me déranger.