Salut la compagnie !
Oui, je sais... cela fait à peu près trois mois que je n'ai rien publié. Pourquoi cela ? Pris de court par la rentrée. Trop de devoirs... Et puis j'avais eut de gros problèmes à rédiger ce chapitre. Notamment au choix des POV. Alors, s'il y a un "me", à la place d'un logique "se", c'est juste parce qu'au départ, je voulais écrire à la première personne. Puis finalement, je me suis rétractée. Et j'ai dû réemployer correctement tous les adjectifs possessifs, etc.
En plus, je n'aime pas ce chapitre. Il est trop...culcul la praline ? Certains personnages trop OOC ? Bref. On change de ton avec ce premier chapitre. J'ai essayé de mettre un peu "d'angoisse" ici... mais est-ce que ça a réussit... mystère et boule de gomme. À part ça, peut être pas mal de fluffy sans en être totalement. Avec une connerie au milieu. Bref, un chapitre bizarre. Une sorte de 2ème prologue en plus calme.
Sinon, merci pour vos commentaire, vos fav' et vos suivis ! Je remercie également Ruize-chan pour ses petites remarques/corrections au précédant chapitre.
Shakespeare:Contente de constater que tu y étais à fond ! J'espère que je reproduirais le même effet, dans la suite. Et effet, écouter Simple and Clean, c'est vraiment à se taper le cul par terre. Dans ce contexte là bien entendu ! xD. D'ailleurs, cette musique commence à me saouler. Il faudrait vraiment qu'ils pensent à changer de registre chez Kingdom Hearts... Héhéhé. J'adore faire des fin sadiques. Il y en aura souvent...
Allez, pour finir, une petite playiste par partie, chose que j'oublie toujours de faire :
1ère partie : "Fairyland" de Angelzoom/ 2ème : "Distant from you", puis "Ever After" de Kingdom Hearts 3D/3ème: rien/4ème partie : "Le Printemps" de Vivaldi/ 5ème partie : "Xehanort" de Kingdom Hearts birth by sleep.
En vous souhaitant une agréable lecture...
Chapitre 1 : Départ.
L'Obscurité… Elle est partout.
Je n'y vois rien. Mes yeux ne peuvent percer le noir sans lumière.
L'air est glacé.
J'ai froid. Il n'y a aucune source de chaleur.
Et une chose est sûre…c'est que je suis seul.
Ou peut-être pas.
Car un murmure résonne dans la nuit pour me briser.
« Dépèce-le, immole-le, torture-le. »
Non…Pourquoi ?
« Dépèce-le, étripe-le, supprime-le. »
Pourquoi devrais-je faire cela ?
« Dépèce-le, poignarde-le, égorge-le. »
Non…pourquoi devrais-je t'écouter ? Toi qui te caches dans l'Ombre ?
« Dépèce-le, lapide-le, extermine-le. »
Arrête ! Arrête de dire de telles sottises !
« Tue-le…Allen. »
Arrête… Pourquoi devrais-je tuer ?
« Tue-le Allen. Car tu es…
Stop ! Fini les absurdités !
Un ******.
Non !
Une silhouette se dessine dans les Ténèbres qui m'entourent. Elle porte une cape rouge. La même cape écarlate que cette nuit là.
Une nuit de cauchemar.
Une nuit de sang.
Une nuit de feu.
Une main fine et pâle sort du tissu maudit. Elle serait presque belle s'il n'y avait pas ce signe maudit gravé sur le dos.
Ce maudit pentacle. Quel laid symbole.
Elle se dirige vers moi afin de m'attraper.
Je recule vivement. Enfin je crois. Car dans ces Ténèbres Absolues, il y est difficile de s'y repérer.
La main réussit à agripper mon poignet.
Des frissons parcourent ma colonne vertébrale.
Le contact est glacé, encore plus gelé que le froid polaire du Nord.
La froideur d'un cadavre.
La froideur de la mort.
Non.
Je veux m'échapper. Je veux revoir la Lumière du Soleil et de la Lune. Je veux ressentir le vent qui souffle sur mon visage. Je veux ressentir la chaleur sur ma peau. Je veux écouter les chants des oiseaux.
Je veux vivre dans un monde coloré ! Mon monde ! Pas celui-ci !
Pas un monde d'Abysse où il n'y a rien….si ce n'est le froid et la solitude. Avec un démon cadavérique comme seule compagnie.
Non… Je dois m'échapper.
Car je veux les revoir. Je veux rire avec eux. Je veux regarder encore leurs sourires. Je veux entendre le son chaleureux de leur voix.
Car ils sont mes précieux amis.
Car ils sont ma famille.
Car ils me sont importants.
Car ils sont tous ce qui me reste…
La créature s'est emparée de mon cou de ses deux mains sans que je ne la remarque.
Elle serre.
Elle serre.
Elle serre de toutes ses forces.
J'étouffe.
J'étouffe.
J'étouffe.
Mes forces me quittent.
Je vais mourir asphyxié.
Je vais mourir dans un monde incolore.
Je vais mourir dans un monde glacé.
Je vais mourir sans vous avoir dit « good bye ».
Non.
Je ne veux pas mourir.
Je ne vais pas mourir.
Je vais vivre.
Dans un dernier effort, je lève mes bras. Je les pose sur celles de la créature.
Encore ce contact glacial.
Je serre difficilement. Et je pousse. Je pousse loin de moi la chose.
Elle n'a pas beaucoup de force.
Mais en contre partie…le froid gagne en intensité. Pourquoi ?
Mon souffle se fait court. Mon cœur gèle.
Je ne sens plus mes membres. Ni mes mains, ni mes pieds.
Encore un effort… s'il vous plait !
« Réveille-toi ! »!
S'il vous plait…
« Allen ! »
Aidez-moi à me réveiller…
OoOoO
Il ouvrit brutalement ses yeux argentés, la respiration haletante. Il avait mal à la gorge. Comme si quelqu'un avait essayé de l'étrangler. Et à chaque fois qu'il inspirait ou expirait, une douleur sourde se propageait dans son cou. Punaise…ce qu'il avait du mal à respirer…
« Allen ! »
Il tourna la tête vers la personne qui l'avait appelée. Assis sur le rebord du lit, la main sur son épaule, un rouquin le regardait de ses yeux verts avec inquiétude. Lavi Bookman, son meilleur ami. Spontanément, les sourcils froncés, Lavi mit sa deuxième main au niveau de la hanche d'Allen, et l'aida à se relever. L'albinos hocha la tête en guise de remerciement.
En observant vaguement les lieux, il reconnu sa chambre, plongée dans la pénombre. Les murs étaient recouverts d'une de ces tapisseries à l'ancienne, avec comme motif des fleurs des champs, et du lierre faisait office de jointure entre les fleurs dessinées. Si on se pressait le nez sur le mur, on pourrait ressentir l'odeur caractéristique des vieilles habitations, celles qui sentaient le renfermé et la poussière. Le parterre était fait de bois sombre, qui avait tendance à grincer quand on marchait dessus. Un lit en fer forgé, sur lequel il dormait, se trouvait sur le côté droit de la pièce. Au milieu de la chambre, un matelas était négligemment posé sur le sol, la couche de Lavi. Se situait sur l'extrême gauche, un bureau imposant en bois de chêne. Dessus, dans une organisation presque militaire était rangée dans chaque tiroir la paperasse, les livres scolaires étaient posés en colonnes parfaites et une rangée de mangas et de BD prenait place sur une étagère fixée sur le plan de travail, afin de gagner de la place.
La voix, légèrement chuchotée, de son ami retentit dans la pièce :
« Encore un cauchemar… N'est-ce pas ? »
Allen acquiesça avec sa tête, toujours en haletant, son corps voulant retrouver le souffle qu'il avait perdu. Bon sang de bonsoir, qu'est-ce qu'il n'aurait pas donné pour que cette crise passe plus vite ! Oh, comme il détestait tant de montrer de telles faiblesses !
Lavi remarquant que l'état de son ami ne s'améliorait guère, le prit dans ses bras dans une accolade réconfortante. Guère surpris par son geste, Allen enfuit instantanément sa tête dans le cou halé, et inspira à fond l'odeur de thé vert et de jasmin qui se dégageait de mon ami. Doucement, à chaque inspiration, à chaque inhalation de cet arôme propre au rouquin, sa respiration se calma. C'était cela qu'il appréciait le plus chez Lavi. Sa présence contre lui, cette main dans son dos qui faisait des allers-retours en suivant la colonne vertébrale par-dessus sa chemise de nuit blanche, cette étreinte ni trop serrée, ni trop lâche… Sa compagnie toute entière le détendait. Surtout après ses cauchemars. Et le rouquin était bien le seul, qui le plongeait dans cet effet salvateur.
Au fil du temps, c'était devenu un peu comme une sorte de rituel entre eux deux. Depuis cette tragique nuit d'il y a deux ans, lorsqu'il s'était réveillé dans une chambre blanche et aseptisée à l'extrême un mois plus tard, ses souvenirs confus se mélangeant à mon imaginaire venaient le hanter chaque nuit. Et cela, à son plus grand regret.
Lavi avait été là à son réveil, assis sur un fauteuil, la main gauche et chaude sur sa main droite et froide, la tête penchée sur le côté, les yeux fermés, les cils emprisonnant sûrement quelques gouttes de larmes, et un peu de bave coulant de sa bouche entrouverte. Il faisait encore nuit. L'aube n'allait pas tarder à se lever. Allen avait pu le remarquer grâce à la grande fenêtre qui se situait derrière son ami assoupi. Les quelques lueurs orangées et rosées avaient apparu à l'horizon, et s'étaient reflétées sur les cheveux de feu de Lavi. Ce fut ainsi que ce dernier s'était réveillé à son tour, avec comme cadeau, le réveil de son compère endormi.
Visiblement soulagé, Lavi s'était levé de son fauteuil et avait enlacé si fortement l'albinos, que ce dernier avait cru qu'il allait s'étouffer. Mais le miraculé s'était laissé faire. Car il ne comprenait que trop bien les émotions néfastes qui s'étaient emparé du rouquin... Et quelque part, il s'en voulait un peu d'être la cause de tels sentiments. De cette peur…
Mais…sa voix fatiguée avait retenti doucement dans la pièce :
« Nous sommes en vie. »
C'était tout ce qu'il y avait à dire. Et Allen savait que c'était le bon moment, pour se rendre compte de l'importance de cette mystérieuse force qu'est la vie. Il avait encore tant de choses à accomplir, tant d'opportunités à saisir, et tellement de temps à partager. Non, même s'il s'était retrouvé au Paradis, la sensation amère d'avoir raté quelque chose l'aurait tenaillé et dégoûté.
Il était heureux d'être vivant. Il était heureux d'être en chair et en os, de pouvoir se mouvoir, de parler, de rire…de vivre tout simplement. Et il l'était d'autant plus que Lavi ne s'était pas blessé grièvement. Les brûlures au second degré du rouquin avaient vite guéries. Ce fut l'affaire de deux mois. Tandis que lui, d'après les médecins, il avait eut une sacrée chance que la blessure causée par la dague ne fut pas si profonde. Aucun organe n'avait été touché. Il lui avait fallu encore un bon mois après son réveil, pour pouvoir se lever correctement sans aucunes douleurs, ni gènes.
Les policiers n'avaient trouvé que le cadavre carbonisé de Mana. Mort par pendaison. Le corps de Robin n'avait jamais été retrouvé, et pas plus de trace d'Alice, de cette mère indigne qui avait sombré dans la folie. Le cottage avait été réduit en un tas de cendre, et il ne restait guère que les murs du rez-de-chaussée qui étaient encore debout. Allen était donc devenu orphelin et sans abri en une seule nuit.
Après son séjour à l'hôpital, se fut Neah qui se chargea de s'occuper d'Allen. L'oncle de l'adolescent avait préféré déménager en ville, plutôt que de rester dans cette campagne, là où les souvenirs affluaient sans cesse. Lavi avait souhaité les suivre, afin de les accompagner dans cette dure épreuve. Il avait fait pieds et mains pour convaincre son vieux grand père, un brin trop autoritaire. Ce dernier sachant que le rouquin était peu enclin à ce genre de caprice, avait fini par agréer à la demande de son petit fils.
Ils vivaient désormais en appartement, près du parc de la Citadelle à Lille.
Le temps passa… Et les vieux évènements morbides ne se gênaient pas pour venir narguer Allen chaque nuit. Sous la forme de cauchemars. Et il n'y avait rien de plus détestable, que de traîner toute sa vie, de tels fardeaux. Ces souvenirs, ces regrets, ces sensations d'impuissance… ils poursuivaient l'adolescent partout, le dévoraient et le consumaient. Point de répit. Comme si les Furies; ces cruels esprits vengeurs voulaient le châtier de son inaptitude de protéger les siens, en lui murmurant de douces paroles emplies de poison pour le rendre fou.
Il n'y avait plus qu'une seule échappatoire. Les ignorer. Et au final, essayer d'oublier le passé. Mais cela était bien plus facile à dire qu'à faire. Car ses mauvais rêves ne voulaient pas le quitter. Sans cesse, il replongeait dans cette histoire morbide, digne d'un film d'horreur. Morphée n'était guère magnanime.
Pourtant, Allen se forçait de continuer à avancer. Malgré son passé devenu néfaste, malgré le fait qu'il était le seul survivant avec Lavi de cet enfer sur terre, il devait aller de l'avant. Sinon, ce serait comme déshonorer l'acharnement dont avait fait preuve son meilleur ami pour le sauver. Et ça, il se le refusait.
Un doigt se posant à la base de son cou près de la clavicule, le fit revenir au présent. Intrigué, Allen releva sa tête vers celle de Lavi, lui demandant silencieusement du regard ce qui ne collait pas. Le rouquin ne répondit pas tout de suite, ses yeux étant concentrés sur un point que seul lui semblait voir. Son index commença à tracer une ligne imaginaire sur la jonction entre le cou du cadet et le reste du corps, en une douce caresse. Allen se figea un instant. Jamais auparavant son meilleur ami n'avait prit l'initiative d'un contact aussi rapproché avec lui. Qu'est-ce qu'il lui prenait ?
« Je crois que… Tu devrais te regarder dans une glace Allen », murmura Lavi.
Il relâcha son étreinte afin de libérer son ami. Et plus qu'intrigué par les paroles de son rouquin préféré, Allen sauta du lit, ouvrit à grande volée la porte en bois de sa chambre, et se précipita jusqu'à la salle de bain au fond du couloir à droite de sa chambre. Il entra prestement dans la pièce, et se dirigea vers le miroir en face de lui. Il reconnut sans mal son reflet dans la glace, avec des cheveux blancs en bataille, un visage pâle, des yeux gris légèrement dans les vagues, et surtout… des traces violacées sur son cou. Des marques de strangulation.
Ah. Ce n'était que ça. Juste de simples bleus.
Cela expliquait l'étrange douleur à sa gorge lors de son réveil. Par automatisme, Allen posa une de ses mains sur ces traces, comme pour s'assurer qu'elles étaient bien présentes. Mais… comment avaient-elles pu apparaître ?
« C'est effrayant… N'est-ce pas ? »
Lavi venait d'entrer dans la pièce, et se tenait juste derrière son ami en fixant le cou reflété sur le miroir. Le cadet acquiesça machinalement à ses paroles. Lui, il n'était pas plus effrayé que ça. Bien que ce n'était pas normal. Il était juste curieux de comment cela avait pu se produire. Pourtant, lorsque c'était au tour d'un de ses proches de recevoir une blessure, il était plutôt du genre à s'inquiéter, et à être aux petits soins de la personne concernée.
Peut-être parce qu'il ne voulait pas être un poids, et qu'il savait ô combien la sensation d'inquiétude est désagréable. Il voulait au moins épargner cela aux autres.
Lavi enchaîna :
« C'est dingue. Je suis sorti de ta chambre pour aller boire quelque chose, et quand je suis revenu, tu étais en train d'agoniser en gémissant dans ton lit pour je ne sais quelle raison. J'avais tout de suite songé à un nouveau cauchemar de ta part, alors je t'ai réveillé. »
Il fit une pause, afin de se gratter l'arrière de son crâne. Puis, les yeux toujours posés sur l'image de la nuque d'Allen qui n'avait pas bougé d'un pouce, il reprit la parole :
« Ces ecchymoses… Tu ne les avais pas hier. Pourtant, à part toi, il n'y avait personne dans cette chambre. Je ne vois pas comment et qui à part un fantôme aurait pu te les faire… »
Allen acquiesça de la tête. Il était vrai qu'en y repensant plus profondément, il était clair que c'était bizarre. Et surtout inquiétant. En effet, comment sa peau avait pu être marquée de la sorte pendant son sommeil, alors qu'il n'y avait personne d'autre que lui dans la pièce ? Finalement, son ventre se noua un peu face à cette réalité…un peu beaucoup irréelle.
Allen secoua sa caboche de consternation. Impossible de comprendre le pourquoi du comment. Et le comment du pourquoi. Et puis… :
« Allons Lavi. Les fantômes…ça n'existent pas… Pas vrai ?
- Ben figure toi qu'avec cette mésaventure, je commence à me poser des questions. »
Des fantômes ? N'importe quoi ! L'albinos se retourna vers son ami, en levant ses yeux vers le plafond et en soupirant. Lavi pouvait être désespérant parfois. Mais c'était ce qui faisait son charme. Un charme qui lui plaisait bien d'ailleurs.
« Ben ouais, à part des esprits mal attentionnés, qui aurait pu te faire ça ? Bon, si tu veux, on peut échanger les fantômes par des petits hommes verts qui possèdent la faculté de se rendre invisible. Qu'en penses-tu ?, railla Lavi.
- Je ne sais pas. Oh mais si ! J'en vois un juste derrière toi !, se prit Allen au jeu. Il est invisible, mais ce n'est pas grave, je l'vois quand même !
- Oh mon Dieu ! Il me veut me prouver toute son affection, en me mangeant à l'armoricaine ! »
Ils se regardèrent dans le blanc des yeux, puis éclatèrent de rire. Il y avait de quoi ironiser. Quelques secondes auparavant, les deux compères flippaient limite devant un évènement incompréhensible, puis ils en venaient à délirer sur des martiens invisibles. Pour un témoin extérieur, cela aurait été consternant.
Pourtant, ce genre de situation n'était pas rare. Il leurs arrivait parfois souvent même d'être atteint par une crise de rire hystérique et autres idioties de ce genre. "Cela permet de garder le moral", comme le disait souvent Lavi.
Quoi qu'il en fût, leurs rires ont dû fortement se répercuter sur le carrelage blanc qui tapissait les murs de la salle de bain, et se propager dans tout l'appartement de l'oncle d'Allen. En effet, Road la fille de Neah ouvrit brutalement la porte derrière Lavi avec son pied, l'assommant presque au passage. Sa silhouette menue apparue sur le pan de la porte, avec sa robe de nuit blanche à bretelles et arrivant jusqu'à la moitié de ses cuisses, ses bras croisés sur sa poitrine, une mine boudeuse sur son visage et les cheveux bleutés encore plus en pétards qu'à l'accoutumé.
« Vous ne pouvez pas faire un peu plus de bruits ? Histoire que demain, on soit aussi crevé que des rats d'égouts écrabouillés par des bagnoles sur la chaussée ?! »
Charmante comparaison. Et bien la petite cousine du blandinet âgée quatorze ans n'en manquait pas. "À force de vivre avec elle, on s'habitue à ses expressions hautement littéraires", s'évertuait à déclarer Tyki, le frère aîné de Road.
« Désolé Road, s'excusa Allen entre deux rires. On va arrêter... bientôt.
- Ah et pour toi, bientôt, c'est trois heures ?, répliqua-t-elle.
- Allons Road, déclara Lavi venant d'amortir le choc de la porte contre son crâne. Tu ne vois pas les petits martiens invisibles qui hantent cette pièce ?
- Bordel, c'que tu peux être con Lavi…, marmonna Road. »
Sur ce, elle tourna les talons, et alla surement se coucher dans sa chambre. Du moins, ce fut ce que supposa Allen.
Après avoir réussi à calmer leurs fous rires, les deux inséparables regagnèrent leur chambre commune pour tenter de rattraper les minutes de sommeil qu'ils avaient perdues en se réveillant. Arrivé à destination, Lavi se jeta d'un bond sur son matelas par terre, et s'écrasa la face sur son oreiller. Il soupira d'aise, et marmonna qu'il avait hâte d'être demain. Allen rigola doucement devant la décontraction dont le rouquin faisait preuve. À son tour, il s'installa dans son lit, sous ses draps. Alors que Lavi allait se couvrir avec sa couverture et s'enfoncer un peu plus profondément dans la chaleur du matelas, il s'écria et sauta de la même façon que Pat Hibulaire lorsqu'il se prend une bonne raclée hors de sa couche :
« Mais que foutent ici les crottes de Timcampy ?! »
Allen ne put empêcher un nouveau fou rire prendre possession de son corps et de son âme. Il y avait désormais un nouveau mystère à résoudre. Et de la plus grande importance.
Mais qui avait donc mit les excréments du chat dans la couche de Lavi ?
Ce fut sur cette joyeuse et idiote pensé, que les deux compères s'endormirent finalement. Avec Lavi qui squattait finalement le lit d'Allen bien entendu.
OoOoO
« Allez ! Dépêche Lavi ! Il y a encore les valises à boucler, le petit dèj' à prendre, et pour finir, il faut chercher Lenalee et cet idiot de Kanda !
- Attends Allen ! Laisse-moi finir ! Pas la peine de t'énerver !
- Evidemment que je m'énerve !, cria le cadet de l'autre côté de la porte de la salle de bain. Ça fait une demi-heure que t'es là-dedans à te pomponner. T'es pire qu'une fille ma parole ! »
Allen entendit vaguement un grognement, du genre « même pas vrai » de la part de ce cher Lavi. Tous les matins, c'était la même chose. Monsieur Bookman Lavi Junior prenait tout son temps pour peaufiner sa toilette. La BGA, soit la « Beau Gosse Attitude », ça s'entretenait d'après lui. Et comme Monsieur ne supportait pas de sortir négligé, et de ne pas briller de Sex appealdevant des fans inexistants… cela devenait très vite galère pour le blandinet.
Autant quand ils n'avaient pas de rendez-vous important, ce n'était pas bien grave si Lavi prenait le temps de se faire beau. Mais quand il y avait des impératifs, alors là, Allen râlait. Comme à ce moment là.
En effet, avec Lenalee Lee et Yuu Kanda, Lavi et lui avaient décidé de partir ensemble en voyage d'une semaine à Strasbourg. Ils seraient hébergés par Howard Link, le correspondant alsacien de Lavi. Et pour entreprendre ce voyage, le rouquin et Allen avaient un emploi du temps surchargé. Terminer leurs toilettes, boucler les valises, s'empiffrer d'un bon petit déjeuner, retrouver et embarquer Timcampy, chercher leurs amis à la gare, et enfin se manger les cinq/six heures de route qui séparait Lille et la ville du siège du Parlement Européen. Et c'était Tyki qui les emmènerait dans sa vieille Renault Laguna. Neah n'avait pas voulu laisser partir son neveu sans un adulte à peu près responsable avec lui.
Un vaste programme donc. Et c'était donc pourquoi après la douce nuit, sainte nuit que lui et Lavi avaient passé ensemble, Allen s'acharnait à tambouriner comme un bourrin sur la fameuse porte de la salle de bain :
« Bordel Lavi ! J'aimerais bien me doucher ! Alors si tu pouvais accélérer le mouvement… Merci d'avance ! »
Il entendit du mouvement derrière cette affreuse barrière en bois. Quelques secondes plus tard, le rouquin dans son peignoir vert kaki et les cheveux encore débrayés, déverrouilla la porte, l'ouvrit, et répliqua d'une voix doucereuse :
« Ecoute mon p'tit Allen. Etant donné que j'en ai encore pour un quart d'heure, t'as qu'à prendre la douche en même temps que je finalise mes soins de beauté. »
Allen le regarda de travers. Nan, mais c'était quoi cette nouvelle idée totalement intelligentede son meilleur ami ?
« Hum. Ce n'est pas que je ne t'aime pas, rétorqua-t-il, mais le mot intimité tu connais ? »,
Lavi leva les yeux au plafond, signe qu'il pensait que son cadet avait énoncé une ânerie. Toujours avec sa voix doucereuse, il lui déclara :
« Il existe ce que l'on appelle un rideau de douche. Donc, tu peux te laver en toute tranquillité.
- Très bien. Mais quand est-il pour le déshabillage ? »
Il haussa les épaules, avant de répondre :
« On est des mecs, non ? Et puis si tu tiens à perdre encore un bon quart d'heure parce que t'es pudique… »
L'albinos lui lança un regard agacé. Ben oui, à qui la faute s'ils étaient en retard ? Et il n'y pouvait rien s'il n'aimait pas exhiber son corps devant n'importe qui ! C'était cette espèce de lapin crétin qui était trop exhibitionniste !
Allen lâcha un soupir, et décida finalement d'accepter la si généreuseproposition de Lavi. Il n'avait pas trop le choix, s'il voulait gagner du temps. Et du temps, ils en manquaient cruellement. Voyant qu'il avait finalement obtempéré, Lavi s'écarta du chemin pour lui laisser la place de passer. Et conscient des réticences de son ami, il déclara :
« T'inquiète, je ne te regarderai pas ! J'ai suffisamment à faire de mon côté ».
Le cadet risqua un coup d'œil au lavabo sur sa droite, et put apercevoir pas moins de cinq…dix produits plus ou moins éparpillés dans la cuve et sur la petite étagère au-dessus du lavabo.
Conclusion : Lavi était vraiment pire qu'une fille.
Allen se dirigea vers le fond de la pièce, là où se trouvait la fameuse cabine de douche. Avant d'enlever son pyjama, il vérifia que Lavi ait réellement détourné la tête, et qu'il s'affairait à son toilettage quotidien. Et effectivement, il était en train de se barbouiller avec application d'une lotion, servant surement à rehausser le teint de son visage. Très intéressant à regarder.
Rassuré, Allen put s'atteler à la difficile tâche qu'était de se déshabiller. Évidement, ce n'était pas le geste en soit qui était ardu à accomplir. Non. La difficulté n'était nulle autre que la présence d'autrui dans la même pièce que lui. Et bon Dieu, qu'est-ce qu'il détestait ça. Sentir le regard des gens sur lui… sur sa peau … herk. Un traumatisme qui datait…d'il y avait deux ans. Depuis cette…hum… bref.
Ah… ce qu'il regrettait les vestiaires du lycée. Au moins là-bas, les élèves avaient chacun leur cabine, et pouvaient se changer à l'abri des regards indiscrets. Que du bonheur.
Mais bon, son besoin minutieux d'être perfectionniste, en long, en large, et en travers, devait normalement surpasser ses plus grandes phobies. Ce n'était pas cette peur irrationnelle qui allait le faire flancher, et le mettre en retard dans le gros programme de la journée.
En effet pour Allen, être ponctuel était une chose primordiale. Voir même la plus importante. Et il le faisait bien sentir. Gare à vous, si vous n'étiez pas à l'heure. Il trouvera toujours de quoi vous le faire payer un jour.
Donc, courageux et minutieux comme il l'est, Allen se fit violence pour ne pas courir hors de la salle d'eau, la queue entre les jambes.
Alors qu'il avait enfin ôté sa chemise de nuit, après quelques secondes de délibération du style « je le fais, ou je ne le fais pas », Lavi le stoppa net dans son élan en déclarant :
« Tu comptes faire quoi pour tes bleus ? »
Allen se retourna vivement vers le rouquin, en fronçant les sourcils. Ce dernier était justement en train de le mater sans aucune pudeur, et regret. Et le pire, c'était que ce crétin de lapin, possédait le même sourire insolent que celui du Chat Cheshire dans Alice aux Pays des Merveilles version Walt Disney. Et cela mit Allen en rogne. Lavi savait pourtant qu'il détestait qu'on le regarde lorsqu'il était aussi…vulnérable !
Allen posa lourdement ses yeux sur ceux de Lavi et un grognement sourd sortit de sa gorge :
« Lavi… »
Il lui sembla que le sourire du rouquin avait perdu de sa prestance. Mais ça, il n'en était pas certain. Puisque Lavi ne prêta guère attention à sa protestation, et préféra répliquer :
« Tu sais, tu peux le dire ! »
Le cadet ne fit aucun commentaire, et se retourna de manière hostile de son ami perturbateur. Il avait du mal à croire que son ami venait de lui faire un coup pareil. Et dire qu'il croyait qu'il pourrait lui faire confiance. Et ben non.
Ah moins que… Non. Ce ne serait pas possible ! Enfin peut-être que si, Lavi était suffisamment fourbe pour faire un plan aussi tordu. Parce que, le connaissant, il était sûr que la motivation du rouquin n'était nulle autre que la curiosité. Ou le besoin de lui faire cracher le morceau.
L'enfoiré.
Allen se retourna brusquement vers Lavi :
« Tu sais Lavi, tes plans à la con pour que j'me confie, tu peux t'les garder ! »
Lavi fit la grimace, et haussa les épaules. Et Allen comprit qu'il avait vu juste. Le rouquin avait surement pensé que s'il abordait l'air de rien le sujet sur les ecchymoses d'hier soir, alors qu'il les avait juste sous son nez, peut-être que le cadet se confierait enfin à quelqu'un ! Mais il s'était bien fourvoyé. Lavi prit la parole, d'un ton amer :
« Tu sais, le jour, tu es toujours aussi muet qu'une tombe. »
Cela sonna comme une pathétique tentative d'excuse, aux oreilles d'Allen. Il prit une inspiration, et envoya un regard sombre à son ainé :
« Et ça le restera. »
Allen se retourna. La discutions était close.
OoOoO
Le son des violons en parfaite harmonie retentissait dans la vieille Laguna grise de Tyki. La mélodie sonnait à ses oreilles comme le glas de la perfection. La portée légère de la musique laissait place à l'imagination. Tout en s'enfonçant plus profondément dans le siège confortable, et surtout, en fermant les yeux, il pouvait apercevoir dans une clairière, des arbres en fleurs, des oiseaux qui volaient dans les airs, des insectes qui zigzaguaient dans le ciel bleu. Une brise légère faisait tournoyer les branches de pommiers, et des oisillons piaillaient dans leurs nids, demandant leurs rations de nourriture. Les bourgeons des Tulipes, s'ouvraient pour laisser place à de beaux pétales colorés. Des Jonquilles se balançaient au grès du vent, et un petit ruisseau coulait en serpentant entre les pommiers et les cerisiers.
Décidément, le concerto numéro un en mi majeur, plus connu sous le nom « Le Printemps », était une vraie ode à la renaissance de la nature. Et ça, Tyki, l'appréciait grandement. Bien qu'étant un jeune adulte aimant la musique électronique, il restait toujours une part de lui qui était charmée par les grands compositeurs de musique classique. Par exemple, Beethoven, Mozart, ou encore Vivaldi, pour ne citer qu'eux. Cette passion devait surement provenir de son père, qui lui, était fasciné par la culture générale.
En même temps, pour être professeur agrégé en lettre, il valait mieux avoir de solides connaissances dans tout ce qui abordait la culture...
Si seulement les gens possédaient le savoir de savourer toutes les subtilités que pouvait offrir la musique ! Il était sûr que le monde se porterait bien mieux. Et lui le premier. Il ne savait ni pourquoi, ni quand, cette logique s'était imposée à lui. Mais elle était là, un point c'est tout. Tout comme la logique de tricher pour réussir plus rapidement, et plus sûrement.
Le bruit d'un coup contre du verre, fit sortir Tyki des rêveries. Un petit soupir désabusé s'échappa de ses lèvres. C'était toujours comme ça, lorsqu'il écoutait de la musique. Il y avait toujours quelqu'un ou quelque chose, pour l'interrompre au bon moment. Un coup d'œil sur le rétroviseur central lui indiqua le coupable. Son cousin et Lavi étaient derrière le coffre de la Laguna, attendant le déverrouillage de celui-ci.
Le jeune adulte prit le trousseau de clefs posé sur le tableau de bord, orienta la clef qui servait à une meilleur utilisation de la voiture vers la vitre arrière, et appuya sur le bouton permettant d'ouvrir le coffre. Immédiatement après le son du déverrouillage, Allen ouvrit le coffre d'un geste brusque, tellement chargé de violence que Tyki crut que l'adolescent allait faire sortir de ses gonds cette pauvre porte qui n'avait rien demandé à personne.
Ah.
Tout en suivant de loin la progression du « déménagement », l'adulte sortit de la poche de son pantalon une boite en carton contenant ses précieuses cigarettes, en prit une au hasard, et la mit en bouche. Il farfouilla dans le bazar qui s'amoncelait à ses pieds, afin de trouver son briquet en plastique bleu. Après avoir fait le tri entre les vieilles canettes de sodas, et les vieux emballages de sandwichs de piètres qualités que l'on trouvait à foison sur les aires d'autoroutes, Tyki mit enfin la main sur son Saint Graal, qu'était le briquet. Et il put enfin allumer sa cigarette bien aimée.
Le temps que dura son manège, Allen et Lavi avaient terminé de fourguer leurs valises dans le coffre, et de s'installer dans la voiture. Allen sur le siège passager avant, Timcampy sur ses genoux, et Lavi derrière lui. Les deux avaient des visages maussades. On aurait qu'il y avait comme un froid entre les deux meilleurs amis.
Tyki prit sa clef, la brancha sur le contact et alluma le moteur.
« Où avez-vous trouvé le chat ?, s'enquit-il en espérant de dissiper un peu cette atmosphère morbide. »
Ce fut Lavi qui répondit d'un air sombre :
« Chez Road. »
Bizarrement Allen eut un sourire que Tyki qualifierait de psychopathe. Et il décida de ne pas en savoir plus sur cette affaire. Bien qu'il trouvait étrange ce froid qui régnait en permanence entre les deux acolytes. Cela n'était plus arrivé depuis un an au moins. Il haussa les épaules. Ce n'était pas son problème après tout. Si les deux adolescents voulaient pourrir leurs vacances en se prenant la tête, ça les regardait.
Il fit reculer la Laguna, sortit de la petite cour ombragée par chêne centenaire, s'engagea dans la rue peu fréquentée, et prit la direction de la gare. Il inspira une nouvelle bouffée d'air toxique de sa clope. Puis il questionna Allen :
« T'as pensé aux cartes ? »
L'adolescent tapota la poche avant de son jeans noir, d'où on pouvait apercevoir les contours d'une boite de forme rectangulaire, et répondit :
« Evidemment. »
Les vacances démarraient bien. En théorie.
OoOoO
Dans une sombre ruelle, elle enrageait. Sa victime toute désignée lui filait encore entre les doigts… Cet imbécile d'ange l'avait encoreprotégé. Ne pouvait-il pas comprendre que l'humain qu'il défendait était voué à autre chose ? Quelque chose de beaucoup plus grand, de plus important ? Apparemment non.
Mais peu importait. Elle le retrouverait. Sa Geistige Unterschriftse révélerait bien un jour. Elle achèverait ce qu'il aurait dû se dérouler il y a deux ans. Durant cette nuit de sang, de feu et d'agonie. Et quitte à perdre son amitié factice et complice avec la Vie.
Cependant, il faudrait bien plus qu'un bête accident pour arriver à ses fins.
« Combien de temps vas-tu encore courir… Allen Walker ? »
En attendant, la petite ruelle sombre va droit dans une impasse.
À suivre...
"Geistige Unterschrift" =Signature spirituelle/mentale en Allemand.
Voili voilou !
Bon et bien... Espérez qu'aux prochaines vacances j'aurai le temps d'écrire la suite ! xD
Sinon, j'ai deux O.S en cours de développement, et 2 chapitres de Guys and secret qui pourraient sortir avant... si j'ai le temps.
Bon, ben en espérant que vous ayez passé une agréable lecture, que vous commen... bref. Je ne dois pas faire de chantage. Pas de chantage. Pas de chantage...
Héhéhé. Bon maintenant, il est temps que je retourne à ma compo de géo moi. Et tout ça, pour demain... fuck.
Bye !
