Hermione avait du mal à réaliser ce qui se passait sous ses yeux. Elle était chez elle, à Londres, entourée de son mari, sa fille, ses parents et ses beaux-parents. En ce jour de Noël, le match des mamies était déclaré. D'un côté, Jean Granger, dentiste moldu, et de l'autre, Narcissa Malfoy, sorcière de Sang-Pur. En jeu ? L'affection de la petite Véga, onze mois.
Lorsque l'on connaissait leur passé, on pouvait se demander ce qui avait pu faire en sorte que l'ancienne Gryffondor finisse par se marier à son ancien ennemi mais finalement tout cela était plutôt simple : une fois la guerre terminée, Drago et Hermione avait tous les deux repris leurs études à Poudlard, puis avaient travaillé au Ministère. La jeune femme avait gardé en tête que s'ils étaient tous encore en vie c'était en partie parce que Narcissa et son fils avaient joué un rôle dans la Bataille de Poudlard et avait réussi à pardonner à l'ancien Serpentard toutes ses brimades passées. Tant et si bien que deux ans plus tôt, ils s'étaient mariés. La seule concession qu'Hermione avait bien voulu faire à l'éducation de sa fille, qu'elle voulait la plus normale possible, consistait en son prénom. Elle avait perpétué la tradition de la famille Black, dont sa belle-mère était issue, en donnant le nom d'une étoile à la petite. C'était aussi un petit clin d'œil à Sirius.
Des deux côtés de la famille, les appareils photos crépitaient pour immortaliser l'ouverture des cadeaux. Hermione aidait sa fille qui s'intéressait davantage au papier cadeau qu'à autre chose. Seul Lucius restait en retrait, assis très raide sur le sofa. On pouvait déjà presque considérer sa présence comme un miracle en soi… Si elle s'était montrée réservée au départ, maintenant Narcissa se montrait bien plus amicale. Sans doute parce qu'elle avait réussi à voir autre chose en sa belle-fille qu'une Sang-de-bourbe. Et puis son affection pour Véga jouait aussi énormément.
En jetant un regard à cette ensemble disparate qu'ils formaient tous ensemble, la jeune femme se dit que finalement, c'était peut-être ça la magie de Noël.
