Coucou tout le monde, tout d'abord merci à Regina lily Swan pour sa review.

Ensuite, je tiens à m'excuser à l'avance de ce chapitre qui ressemblera un peu trop au chapitre du livre à mon gout. Le chapitre trois par contre sera très différent et à l'exception du tome I, je considère m'être beaucoup éloigné de l'intrigue canon. Il faudra me dire ce que vous en pensez.

Petit coup de coeur du moment : Elisabeth Bishop et le monde des sorciers, lisez, aimez, commentez.

Encore une fois, je ne suis malheureusement pas J.K Rowling.

Tom Jedusor - Ben Barnes


2) Poudlard

01.09.1991, Angleterre, Surrey, Little Whining, 4 privet drive, 05:03

Lorsque le premier Septembre arriva, Harry se réveilla dès cinq heures du matin, trop excité pour rester endormi plus longtemps. Sa sœur par contre, elle, était allongée à côté de lui à plat ventre, un bras sur son ventre, sa tête tournait contre vers lui. Ayant partagé un lit toute leur vie, Harry et Rosemary avaient appris à se pelotonner l'un contre l'autre de plus en plus à mesure qu'ils grandissaient et qu'ils manquaient d'espace. Ca ne les avait jamais dérangés plus que ça… de plus, ça les tenaient chaud en hiver.

Il se dégagea doucement de l'étreinte de sa sœur pour se relever et s'habilla d'un jean. Inutile de se faire remarquer en revêtant une robe de sorcier ! Il se changerait dans le train.

Il jeta un coup d'œil à sa liste pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié, vérifia qu'Hedwige était bien enfermée dans sa cage puis fit les cent pas dans la chambre pendant au moins une heure avant d'essayer de réveiller sa sœur.

Harry n'était pas du tout surpris de devoir la réveiller, mais il avait naïvement cru que l'excitation d'aller dans une école de magie la ferait se réveiller plus tôt que d'habitude, il aurait dû se douter que c'était un combat perdu d'avance

-Rosie…Rosie...Rosie, réveilles-toi. C'est la rentrée… On va enfin aller à Poudlard.

Aucune réaction.

-Ne m'oblige pas à te chatouiller, Rose.

Elle grogna quelque chose qui ressemblait à une menace, toujours endormi. Harry soupira avant de la secouer, il s'apprêtait à mettre sa menace à exécution quand Rose, toujours endormi, sortit sa baguette de sous l'oreiller qu'ils partageaient et la pointa sur lui.

-N'y penses même pas, le prévint-t-elle.

-Ça t'apprendra à passer toute la nuit à lire, réveilles toi, tu pourras dormir dans le train.

Rose ouvrit ses grands yeux verts émeraude et fusilla son frère du regard. Elle se leva lentement, l'esprit toujours embrumé. Elle jeta un coup d'œil à la chambre, les affaires d'Harry parfaitement rangé alors que les siennes étaient toujours éparpillées un peu partout. Elle pointa sa baguette sur ses livres et prononça la formule :

-Failamalle !

Satisfaite du résultat, elle ignora le visage incrédule de son frère et s'habilla vite fait de sa jupe d'uniforme qui lui arrivait jusqu'aux genoux, sa chemise blanche dont elle remonta les manches et une épaisse paire de bas noir avec les chaussures assortis. Elle complèterait son uniforme une fois dans le train.

Deux heures plus tard, Harry et Rose rejoignirent les Dursley dans la voiture de l'oncle Vernon, leurs deux valises étaient rétrécies grâce à Rose à la taille de deux petites boites et soigneusement rangés dans leur poches, et ils prirent la direction de Londres après que la tante Pétunia eut convaincu Dudley qu'il n'y avait aucun danger à s'asseoir à côté des jumeaux. A dix heures et demie, ils étaient devant King's Cross. L'oncle Vernon accompagna Harry et Rose jusqu'à l'entrée des voies.

-Et voilà, les enfants, dit-il. La voie 9 est ici, la voie 10 juste à côté. J'imagine que la vôtre doit se trouver quelque part entre les deux, mais j'ai bien peur qu'elle ne soit pas encore construite.

Il avait raison, bien sûr, pensa Harry. Il y avait un gros chiffre en plastique au-dessus de chacun des deux quais et rien du tout au milieu.

-Bon voyage !

Et l'oncle Vernon repartit vers la voiture sans ajouter un mot. Harry se retourna et vit les Dursley repartir dans leur voiture en éclatant de rire. La gorge sèche, Harry se demanda ce qu'ils allaient bien pouvoir faire. La chouette enfermée dans sa cage intriguait les autres voyageurs et il sentait des regards se tourner vers lui. A ses côtés, sa sœur ne semblait pas plus inquiète que ça.

-Qu'est-ce qu'on va faire ? Demanda Harry inquiet.

-Je mangerais bien quelque chose, dit-elle en zyeutant un salon/café à proximité.

-Rosie !

-Je plaisante. Suis-moi. J'ai demandé à Tom comment trouver le Poudlard Express.

-Tom ? Tom Jedusor ? Demanda Harry perplexe.

Rose rougit jusqu'à la racine des cheveux en repensant au beau professeur qui avait touché sa magie avec la sienne, avant d'adresser un regard furieux à Harry qui se contenta de rire.

-Non, idiot. Tom, le barman.

S'il y avait bien une personne en qui Harry avait confiance, c'était Rose. Il la suivit donc docilement, dépassant une large famille de rouquin à qui il sourit timidement, et lorsqu'il la vit trottinait vers le mur qui séparait les voit 9 et 10, il n'hésita pas à la suivre. C'est les mains liés, que les jumeaux Potter traversèrent la barrière magique.

Au plus grand soulagement d'Harry, il n'y eut pas de choc. Il continua de courir sans rencontrer aucun obstacle et lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit une locomotive rouge le long du quai où se pressait une foule compacte. Au-dessus de leurs têtes, une pancarte signalait: « Poudlard Express—11 heures ».

En regardant derrière lui, Harry vit une grande arche de fer forgé à la place de la barrière et des tourniquets. Un panneau indiquait: « Voie 9 ¾ ». De la fumée s'échappait de la locomotive et se répandait au-dessus de la foule, des chats de toutes les couleurs se glissaient çà et là entre les jambes des passagers et la rumeur des conversations était ponctuée par le bruit des valises traînées sur le quai et des ululements que les hiboux échangeaient d'un air grognon. Les premiers wagons étaient déjà pleins d'élèves. Certains, penchés aux fenêtres, bavardaient avec leurs parents pendant que d'autres se battaient pour une place assise. Harry suivit sa sœur, le long du quai, à la recherche d'une place libre. Il passa devant un garçon au visage joufflu qui disait :

-Grand-mère, j'ai encore perdu mon crapaud.

-Neville ! Soupira la vieille dame.

Un petit groupe se pressait autour d'un garçon coiffé avec des dreadlocks.

-Allez, montre-nous ça, Lee, vas-y.

Le garçon souleva le couvercle de la boîte qu'il tenait dans les mains et tout le monde se mit à hurler en voyant surgir une longe patte velue. Harry et Rose se frayèrent un chemin parmi la foule jusqu'au dernier wagon où ils trouvèrent enfin un compartiment vide.

-Tu devrais laisser Hedwige sortir de sa cage, je suis sûre qu'elle n'aura aucun problème à trouver Poudlard, dit enfin Rose alors qu'elle retransformait leurs malles à leurs tailles normales.

Mais Harry ne l'écoutait pas, il était trop occupé à regarder les familles qui arrivaient sur le quai, dire au revoir à leurs enfants.

Rose soupira et s'apprêtait à léviter les valises jusqu'à leur compartiment lorsqu'elle fut interrompu par une voix inconnu.

-On peut t'aider ? demanda un garçon roux.

-Je veux bien, répondit Harry poliment, avant que Rose ne puisse l'en empêcher.

-Hé, Fred, viens nous donner un coup de main.

Un garçon identique arriva, son frère jumeau de toute évidence, et vint l'aider ainsi qu'Harry à hisser la valise jusque dans un coin du compartiment libre. Ils avaient l'air plus âgé d'au moins deux ans, et Rose irritée, d'avoir été ignoré par son frère, se demanda pourquoi les deux rouquins n'utilisaient pas tout simplement leurs baguettes.

-Merci, dit Harry en relevant d'un doigt une mèche de cheveux trempés de sueur.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda soudain l'un des jumeaux en montrant la cicatrice en forme d'éclair.

-Ça alors ! s'exclama l'autre frère, ce ne serait pas...

-Si, c'est sûrement lui, dit le premier jumeau. C'est bien ça ? ajouta-t-il à l'adresse de Harry.

-Quoi ? demanda celui-ci.

-Harry Potter, dirent en chœur les deux frères.

-Oui, oui, c'est lui, répondit Harry. Enfin, je veux dire... c'est moi.

Rose leva les yeux au ciel et sentit son irritation augmentait.

Les deux frères le regardèrent bouche bée et Harry se sentit rougir.

-Vous avez finit de le dévisager ? Demanda Rose qui poussa son frère derrière elle.

Si jamais les deux frères demandaient un autographe ou quelque chose dans le genre, Rose ne répondrait plus de rien. Elle n'hésiterait pas à leur lancer un sort. Harry se sentait mortifié, et à son plus grand soulagement, une voix retentit à la porte du wagon.

-Fred ? George ? Vous êtes là ?

-On arrive, M'man.

Après avoir jeté un dernier coup d'œil à Harry, les jumeaux se hâtèrent de redescendre sur le quai.

Harry s'assit dans le coin près de la fenêtre. A demi-caché, il pouvait observer et entendre la famille aux cheveux roux sans être vu. Rose leva les yeux au ciel avant de faire léviter sa propre malle oubliée dans le compartiment. Elle s'allongea ensuite sur la banquette, sa tête reposait contre les cuisses de son frère et sortit son manuel de Potions de sa poche qu'elle se mit à relire. Pendant ce temps, la mère des jumeaux qu'ils venaient de rencontrer sortit son mouchoir.

-Ron, dit-elle, tu as quelque chose sur le nez.

Le plus jeune des trois frères essaya de se dérober mais sa mère l'attrapa par le bras et se mit à lui frotter le bout du nez.

-M'man ! Laisse-moi tranquille ! dit-il en parvenant à se dégager.

-Ma parole, le petit Ron à sa maman a quelque chose sur son nez ? dit l'un des jumeaux.

-Ferme-la, répliqua Ron.

-Où est Percy ? demanda leur mère.

-Il arrive.

L'aîné des garçons apparut, la démarche décidée. Il avait déjà revêtu la robe noire de Poudlard et Harry remarqua, épinglé sur sa poitrine, un petit insigne brillant qui portait la lettre P.

-Je ne peux pas rester très longtemps, Maman, dit-il. Je dois aller à l'avant du train, les préfets ont un compartiment réservé.

-Tu es préfet, Percy ? dit l'un de jumeaux avec surprise. Tu aurais dû nous prévenir, on n'en savait rien.

-Attends, je crois bien qu'il nous en a soufflé un mot, une fois, dit l'autre jumeau.

-Peut-être même deux fois.

-Maintenant que tu me le rappelles, je crois même qu'il nous en a parlé pendant une minute entière.

-Et même pendant tout l'été, à bien y réfléchir...

-Ça suffit, dit Percy le préfet.

-Comment ça se fait que Percy ait une robe neuve ? S'étonna l'un des jumeaux.

-Parce qu'il est préfet, répondit leur mère d'une voix émue. Fais bon voyage, mon chéri, et envoie-moi un hibou quand tu seras arrivé.

Elle embrassa Percy sur la joue et celui-ci s'éloigna. Elle se tourna ensuite vers les jumeaux.

-Vous deux, vous allez être sages, cette année ! lança-t-elle. Si jamais je reçois un hibou qui me dit que vous avez fait exploser les toilettes...

-Faire exploser les toilettes ? On n'a jamais fait ça.

-Mais c'est une bonne idée. Merci, M'man !

-Et occupez-vous bien de Ron.

-Ne t'en fais pas, le petit Ron à sa maman n'aura rien à craindre avec nous.

-Ça suffit, dit Ron.

Il était presque aussi grand que les jumeaux et son nez était tout rose à l'endroit où sa mère l'avait frotté.

-Hé, M'man, devine qui on vient de voir dans le train ? dit l'un des jumeaux.

Harry se blottit un peu plus dans son coin pour être sûr qu'ils ne le voient pas et remarqua avec soulagement que Rose était trop engrossé dans son livre pour suivre la conversation de la famille d'à côté.

-Tu as vu, le petit brun qui est arrivé juste avant nous, à la gare ? Il était accompagné d'une fille. Tu sais qui c'est ?

-C'est qui ?

-Harry Potter !

Harry entendit la voix flûtée de la petite fille.

-Oh, M'man, je peux monter dans le train pour aller le voir ? demanda-t-elle.

-Tu l'as déjà vu, répondit sa mère, et d'ailleurs, ce pauvre garçon n'est pas une bête curieuse qu'on va voir au zoo. Comment tu sais que c'est lui, Fred ?

-Je lui ai demandé. J'ai vu sa cicatrice. Elle a vraiment la forme d'un éclair.

-Pauvre petit, pas étonnant qu'il soit tout seul, je me disais bien.

-Tu crois qu'il se souvient de la tête de Grindelwald ?

Leur mère devint soudain grave.

-Je t'interdis de lui poser cette question, Fred. Il n'a vraiment pas besoin qu'on lui rappelle ça pour son premier jour d'école.

Un sifflet retentit.

-Dépêchez-vous, dit la mère.

Les trois garçons montèrent dans le wagon. Percy, l'aîné, était déjà parti s'installer en tête du train. En voyant partir ses frères, la petite fille se mit à pleurer.

-T'en fais pas, lui dit l'un des jumeaux par la fenêtre ouverte. On t'enverra plein de hiboux.

-Et un siège de toilettes de Poudlard, ajouta son frère.

-George ! s'indigna sa mère.

-C'était pour rire, M'man.

Le train s'ébranla. Harry vit la mère des garçons faire de grands signes de la main tandis que la petite sœur, pleurant riant à la fois, courait le long du quai pour suivre le wagon. Lorsque le train prit de la vitesse, Harry regarda la mère et la fillette devenir de plus en plus petites, puis disparaître. Les maisons qui bordaient la voie défilaient devant la fenêtre du compartiment. Harry éprouvait un sentiment d'excitation. Il ne savait pas ce qui l'attendait, mais c'était certainement mieux que ce qu'il laissait derrière lui. Et puis il avait sa sœur, tant qu'il avait Rosie, rien ne lui arriverait. Il caressait distraitement les cheveux de sa sœur lorsque la porte du compartiment s'ouvrit et le plus jeune des frères aux cheveux roux entra.

-La place est libre ? demanda-t-il en montrant le siège en face de Harry. Les autres compartiments sont pleins.

-Bien sûr, s'empressa-t-il de dire avant que sa jumelle ne puisse répondre. Il avait beau adorer sa sœur, il était conscient que cette dernière n'était pas très sociable.

Quant à Rose, elle se contenta de soupirer. Evidemment que son frère n'allait pas le laisser dehors, si ça ne tenait qu'à elle par contre…

-Hé, Ron.

Les jumeaux étaient de retour. Les sourcils froncés, Rose les ignora.

-On va dans le wagon du milieu, dit l'un. Lee Jordan a une tarentule géante, on va aller voir ça.

-D'accord, marmonna Ron.

-Harry, dit l'autre jumeau, je ne sais plus si nous nous sommes présentés. Fred et George Weasley. Et lui, c'est Ron, notre frère. A plus tard.

Les jumeaux s'en allèrent après avoir refermé la porte du compartiment.

-C'est vrai que tu es Harry Potter ? demanda brusquement Ron.

Harry confirma d'un signe de tête.

-Je m'étais dit que c'était peut-être une blague de Fred ou George. Et tu as vraiment cette... tu sais, la...

Il pointa le doigt vers le front de Harry. Celui-ci releva sa mèche pour lui montrer la cicatrice en forme d'éclair. Ron la contempla avec des yeux ronds.

-Alors, c'est là que Grindelwald...

-Oui, dit Harry, mais je ne m'en souviens pas.

-Vraiment pas ? demanda avidement Ron.

-Je me souviens d'une lumière verte éblouissante, c'est tout.

-Maintenant que tu as finis de nous rappeler comment nos parents sont morts et que nous n'avons aucun souvenir d'avoir un jour eu des parents, tu veux bien changer de sujet et arrêter de te mêler de ce qui ne te regardes pas ? Demanda Rose d'un ton cinglant en se relevant.

Elle était furieuse que ce garçon ait l'audace de venir et de se permettre de poser ce genre de questions, mais plus encore, elle était furieuse qu'Harry y répondes comme si de rien était.

Ron rougit jusqu'à la racine des cheveux, il sembla désolé pendant un instant avant que sa fierté ne prenne le dessus.

-D'abord, t'es qui toi ? Demanda-t-il les poings serrés.

-Ca ne te regarde pas !

Malheureusement, Harry répondit au même moment :

-C'est Rose, ma sœur jumelle.

Cette dernière se demanda pendant une seconde si cet idiot partageait vraiment le même ADN qu'elle.

-Je ne savais pas qu'Harry Potter avait une sœur, dit Ron ébahis.

Rose décida de les ignorer l'un comme l'autre. Elle était heureuse qu'Harry se fasse des amis, mais elle aurait préféré que son frère se lie d'amitié avec quelqu'un possédant un peu plus de tact. Elle se rallongea sur la banquette et les écouta d'une oreille distraite alors qu'ils parlaient de Poudlard, de Quidditch, de la famille de Ron et de plein d'autres choses. Rose était trop obnubilé par son livre pour réellement payait attention, par ailleurs, elle n'avait pas réellement dormit cette nuit, incapable de s'endormir. Elle ne sortit le nez de son bouquin que lorsque Harry lui proposa des friandises.

Une fois lasse de son livre de potions, elle étouffa un bâillement et se releva. Elle sortit sa baguette magique qu'elle pointa sur sa malle.

-Wingardium Leviosa.

Elle fit léviter sa malle jusqu'à elle et y rangea soigneusement son manuel de potions avant de la remettre à sa place.

-Wow ! S'exclama Ron impressionné, malgré lui.

Avant de pouvoir ajouter quoique ce soit, quelqu'un frappa à la porte du compartiment et le garçon joufflu que Harry avait déjà vu sur le quai 9¾ entra. Il avait l'air de pleurer.

-Vous n'auriez pas vu un crapaud ? demanda-t-il.

Ils firent « non » de la tête.

-Je l'ai perdu, se lamenta le garçon. Il n'arrête pas de s'échapper.

-Il va sûrement revenir, dit Harry.

-Oui, soupira le garçon d'un air accablé. Mais si tu le vois...

Et il sortit.

-Je me demande pourquoi il s'inquiète tellement, dit Ron. Si j'avais un crapaud, je ferais tout mon possible pour le perdre. Remarque, je n'ai rien à dire, avec Croûtard.

Rose grimaça de dégout face au rat qui dormait sur les genoux de son maitre et qu'elle n'avait pas remarqué jusque là

-Il pourrait aussi bien être mort, on ne verrait pas la différence, soupira Ron. Hier, j'ai essayé de lui jeter un sort, je voulais changer sa couleur en jaune pour le rendre un peu plus drôle, mais ça n'a pas marché. Je vais vous montrer. Regarde...

Il fouilla dans sa valise et en sortit une vieille baguette magique tout abîmée. Quelque chose de blanc brillait à son extrémité.

-Elle est tellement vieille que le poil de licorne commence à sortir.

Au moment où il brandissait sa baguette, le garçon qui avait perdu son crapaud revint à la porte du compartiment, accompagné d'une fille vêtue de sa robe de Poudlard.

-Vous n'auriez pas vu un crapaud ? Neville a perdu le sien, dit la fille.

Elle avait d'épais cheveux bruns ébouriffés, de grandes dents et un ton autoritaire.

-On n'a rien vu du tout, répondit Ron.

Mais la fille ne l'écoutait pas. Elle regardait la baguette magique qu'il tenait à la main.

-Tu étais en train de faire de la magie ? demanda-t-elle. On va voir si ça va marcher.

Elle s'assit sur la banquette. Ron sembla pris au dépourvu. Il s'éclaircit la gorge.

-Bon, dit-il, allons-y:

Soleil, jonquille et canari,

Que ce gros gras rat gris

En jaune soit colorié

De la tête jusqu'aux pieds.

Il agita sa baguette, mais rien ne se produisit. Croûtard était toujours aussi gris et n'avait même pas ouvert un œil.

Rose haussa un sourcil, peu impressionnée. Apparemment, l'autre fille partageait son avis.

-C'est ça que tu appelles jeter un sort ? Dit la fille. Pas très brillant, comme résultat. Moi, j'ai essayé de jeter des sorts pour m'entraîner et à chaque fois, ça a marché. Personne n'est sorcier dans ma famille, j'ai eu la surprise de ma vie en recevant ma lettre, mais j'étais tellement contente ! On m'a dit que c'était la meilleure école de sorcellerie. J'ai déjà appris par cœur tous les livres qui sont au programme, j'espère que ce sera suffisant pour débuter. Ah, au fait, je m'appelle Hermione Granger, et vous ?

Elle avait dit tout cela très rapidement, sans reprendre souffle. Harry jeta un coup œil à Ron et fut soulagé. Son expression stupéfaite montrait que lui non plus n'avait pas appris par cœur tous les livres du programme contrairement à sa sœur. Il jeta un coup d'œil à cette dernière et du étouffer un rire en voyant l'expression irritée qu'elle arborait.

-Je m'appelle Ron Weasley, marmonna Ron.

-Moi, c'est Harry Potter, dit Harry.

Rose s'apprêtait à ouvrir la bouche, mais Hermione ne lui en laissa pas l'occasion.

-C'est vrai ? s'exclama Hermione. Je sais tout sur toi, j'ai lu quelques livres supplémentaires pour ma culture générale et je peux te dire qu'on parle de toi dans Histoire de la magie moderne, Grandeur et décadence de la magie noire et Les Grands Evénements de la sorcellerie au XXe siècle.

-Grandeur et décadence de la magie noire ne fait que théoriser les évènements qui se sont produits il y a dix ans, et Les Grands évènements de la sorcellerie au XXe siècle raconte n'importe quoi, c'était du pur gâchis de papiers, cracha Rose.

Hermione laissa échapper un cri indignée.

- Qui es-tu d'abord ? Tu ne t'es pas présenter et puis c'est écrit dans les livres je te signale, ils en savent un peu plus que…

-Tu ne m'en as pas laissé l'occasion, je crois connaitre mon frère un peu mieux que toi, tu as lu trois livres ou le nom d'Harry est mentionné, et tu penses tout connaitre sur lui ? S'exclama Rose.

-Harry Potter n'a pas de sœur, dit Hermione confuse. Et puis, il est dit dans les livres…

-Apparemment tu ne sais pas tout sur lui, que c'est étonnant. Les livres sont écrits par des hommes. Des hommes qui n'étaient pas présent ce jour-là, aux dernières nouvelles. A moins que Grindelwald n'ait eu le temps de répondre à une interview avant de disparaitre, ces livres ne font que théoriser.

Peu habituée à rencontrer quelqu'un de son âge qui arrivait à la suivre dans un débat, Hermione ne savait pas si elle détestait la sœur d'Harry Potter ou souhaitait devenir son amie.

-Comment ça se fait qu'aucun livre n'ait jamais mentionnée qu'Harry Potter avait une sœur ? Se contenta de répondre Hermione.

Rose leva les yeux au ciel.

-Parce que je n'ai fait disparaitre personne et donc ne suis pas digne d'intérêt ? Parce que les auteurs de tes précieux livres ne connaissent pas mon existence ? Va savoir, déclara Rose, tout à coup lasse.

Hermione se sentit rougir de colère avant de décider que cette fille ne méritait pas son attention. Finalement, elle reporta son attention vers les garçons qui les avaient observés avec un mélange d'amusement et d'incrédulité.

-Vous savez dans quelle maison vous serez ? Moi, j'espère bien aller chez les Gryffondor, ça m'a l'air d'être la meilleure. On m'a dit que Dumbledore y a fait toutes ses études, mais les Serdaigle ne doivent pas être mal non plus. Vous saviez aussi que le descendant de Salazar Serpentard nous enseignerait ? J'ai tellement hâte ! Tom Jedusor est une célébrité, il est connu pour être l'un des plus puissants et brillants sorciers de toute l'Europe.

Rose se renfrogna à la mention de Tom Jedusor, encore gênée par leur première rencontre.

-Enfin, bon, on va essayer de retrouver le crapaud de Neville. Vous feriez bien de mettre vos robes de sorcier, on ne va pas tarder à arriver.

Et elle s'en alla en emmenant le garçon joufflu abandonné par son crapaud.

-J'espère en tout cas qu'elle ne sera pas dans la même maison que moi, celle-là, dit Ron en rangeant sa baguette magique dans sa valise.

-Complètement idiot, ce sortilège. C'est George qui me l'a appris, il devait savoir que ça ne marchait pas.

Rose leva les yeux au ciel.

-La formule du sortilège de changement de couleur est Colovaria, au moins, les rimes étaient bonnes, dit-elle.

S'étant déjà changer. Rose décida de manger quelques chocogrenouilles que son frère avait achetés. Elle avait tellement hâte d'arriver à Poudlard.

-Tes frères, ils sont dans quelle maison ? Demanda Harry.

Rose lui avait déjà expliqué le fonctionnement des maisons, elle n'avait pas apprécié le commentaire d'Hagrid qui disait que beaucoup d'idiots finissaient à Poufsouffle. Comment Harry et Rose étaient censés se sentir s'ils finissaient dans cette maison ?

-Gryffondor, dit Ron.

Cette fois encore, son visage s'assombrit.

-Mon père et ma mère y étaient aussi. Je me demande ce qu'ils diront si jamais je n'y suis pas. J'imagine que ce ne serait pas trop grave si je me retrouvais chez les Serdaigle, mais si jamais ils me mettent chez les Serpentard... C'était là qu'étaient les partisans de Grindelwald et son apprenti.

Rose fronça les sourcils. Malgré tous les livres qu'elle avait lu, elle n'avait toujours pas trouvé énormément d'information sur Grindelwald, et encore moins sur son apprenti qui avait été vaguement mentionné. Pourquoi personne ne leur offrait ce genre d'information ? Leurs parents étaient morts à cause de ce Grindelwald, Harry avait supposément vaincu ce sorcier lorsqu'il n'était qu'un bébé. C'était quelque chose qui les concernait, non ?

-C'était il y a très longtemps, continua Ron en se laissant aller contre la banquette.

La conversation sur les maisons de Poudlard semblait le démoraliser complètement.

-On dirait que le bout des moustaches de Croûtard a un peu jauni, dit Harry pour changer de sujet.

Rose lui adressa un regard incrédule, qu'il décida d'ignorer.

Elle décida à son tour de les ignorer et se laissa aller contre l'épaule de son frère. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par leurs voix. Elle crut entendre Ron informait Harry que Gringottes avait été cambriolé mais ne trouvait pas la force en elle de s'en soucier, elle commençait à peine à s'endormir lorsque la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau.

Cette fois-ci, ce n'était ni Neville, ni Hermione Granger. Trois élèves de Poudlard entrèrent. Harry reconnut parmi eux le garçon au teint pâle dont il avait fait la connaissance dans la boutique de vêtements de Madame Guipure. Cette fois, il regardait Harry avec beaucoup plus d'intérêt que lors de leur première rencontre.

-C'est vrai ? lança-t-il. On dit partout que Harry Potter se trouve dans ce compartiment. C'est toi ?

-Oui, dit Harry.

Il regarda les deux autres garçons. Tous deux étaient solidement bâtis et avaient l'air féroce. Debout de chaque côté du garçon au teint pâle, ils avaient l'air de gardes du corps.

-Lui, c'est Crabbe et l'autre, c'est Goyle, dit le garçon d'un air détaché. Moi, je m'appelle Malfoy, Draco Malfoy.

Ron eut une toux discrète qui ressemblait à un ricanement, Rose ne pouvait pas lui en vouloir, il avait réellement un nom ridicule. Draco Malfoy tourna les yeux vers lui.

-Mon nom te fait rire ? Inutile de te demander le tien. Mon père m'a dit que tous les Weasley ont les cheveux roux, des taches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir.

Il se tourna à nouveau vers Harry.

-Fais bien attention à qui tu fréquentes, Potter. Si tu veux éviter les gens douteux, je peux te donner des conseils.

Malfoy lui tendit la main, mais Harry refusa de la serrer.

-Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux, dit-il avec froideur.

Les joues pâles du garçon rosirent légèrement, et Rose se sentit enflée d'affection et de fierté pour son frère. Elle lui serra la main pour le lui faire comprendre.

-Si j'étais toi, je serais un peu plus prudent, Potter, dit-il lentement. Si tu n'es pas plus poli, tu vas finir comme tes parents. Eux aussi ont manqué de prudence. Si tu trames avec de la racaille comme les Weasley ou ce Hagrid, ils finiront par déteindre sur toi.

Harry et Ron se levèrent en même temps mais Rose était plus rapide.

-Allez-vous en, dit-elle la respiration saccadée.

Ses mains tremblaient, comment osait-il ? Comment osait-il ?! Elle faisait son possible pour contrôler ses pouvoir, il aurait été si facile de laisser le feu qu'elle avait en elle exploser et bruler jusqu'au cendres tout sur son passage…

-Et tu es ? Demanda Draco Malfoy de toute évidence peu impressionné.

La fille en face de lui ressemblait étrangement à Harry Potter. Elle était petite, maigrichonne et pas particulièrement jolie, ses cheveux noirs et emmêlés étaient court, et elle semblait sur le point de pleurer.

Elle le fixa de ses grands yeux verts sans cligner des yeux, la seule chose dans son esprit était à quel point, il aurait été facile de lui faire du mal.

-J'ai dit : Allez-vous-en.

Elle sortit sa baguette et la pointa vers eux. Sa main tremblait toujours, donnant l'impression qu'elle paniquait mais la raison était tout autre. Ce n'était pas sa main, mais sa baguette qui tremblait. Sa jolie baguette qu'elle avait poli la veille au soir alors qu'elle avait du mal à dormir, palpitait littéralement comme un cœur qui battait ! Sa baguette avait envie d'être utilisée. Elle avait hâte d'arrivé à Poudlard.

Draco Malfoy, convaincu d'avoir à faire à une née-moldue, et ses deux larbins éclatèrent de rire. De toute évidence, ils ne la prenaient pas au sérieux. Qu'à cela ne tienne.

-Flipindo !

Les trois garçons se firent éjecter du compartiment sans ménagement.

-Au plaisir de ne plus vous revoir, déclara-t-elle.

-Magnifique ! S'exclamèrent Harry et Ron.

Harry éclata de rire tandis que Ron l'a regardait avec quelque chose qui ressemblait à de l'admiration pendant qu'elle observait le visage impassible les trois garçons s'en allaient en courant tout en la traitant de folle.

Sa baguette continuait de palpitait dans sa main, et elle avait presque envie de les voir revenir pour qu'elle puisse se défouler encore un peu.

A peine quelques secondes plus tard, Hermione Granger revint dans le compartiment avec son air autoritaire.

-Qu'est-ce qui se passe ? J'ai entendu du raffut…

Elle s'arrêta en voyant les trois enfants debout, Rose avec sa baguette toujours à la main.

-Tu le connaissais déjà, ce Malfoy ? demanda Ron à Harry.

Harry lui raconta sa rencontre avec lui sur le Chemin de Traverse.

-Ou est-ce que j'étais ? Se demanda Rose qui essayait de se souvenir de sa première visite chez Madame Guipure.

-J'ai entendu parler de sa famille, dit Ron d'un air sombre. Ils ont été parmi les premiers à revenir de notre côté quand Grindelwald a disparu. Ils ont prétendu qu'ils avaient été victimes d'un mauvais sort, mais mon père n'y croit pas. Il dit que le père de Malfoy n'a pas besoin de mauvais sort pour se mettre dans le camp des forces du Mal.

-Vous feriez bien de vous changer, dit Hermione. Je suis allée voir le machiniste dans la locomotive et il m'a dit que nous étions presque arrivés. Vous ne vous êtes quand même pas battus, j'espère ? Vous cherchez les ennuis avant même qu'on soit là-bas !

-C'est Rose qui s'est battu, pas nous, répliqua Ron en lui lançant un regard noir.

-C'est Rosemary ! Siffla la concernée.

Elle n'appréciait pas que les gens se permettent d'être familier avec elle, sans même la connaître.

-Et puis, ce n'était pas vraiment une bagarre, elle les a mis K.O avec un seul sort ! Continua Ron comme si de rien était. Ça ne t'ennuierait pas de nous laisser tranquilles pendant qu'on se change ?

-D'accord, je m'en vais, dit Hermione d'un air hautain. J'étais venue vous voir parce que les autres ne font que des bêtises, ils courent dans le couloir comme des idiots et toi, tu as une saleté sur le nez, si tu veux savoir.

Ron lui adressa un regard féroce tandis qu'elle sortait du compartiment. Rose sortit également afin de les laisser se changer tranquillement.

A sa plus grande déception, Hermione était toujours là.

- On n'est même pas encore à Poudlard que tu te bats déjà ? Tu as de la chance qu'aucun préfet n'ait été là.

-Si un préfet avait été là, les trois idiots ne seraient pas venus chercher la bagarre, ton argument est invalide, répliqua Rose en ignorant le visage rouge de l'autre fille.

Dehors, la nuit commençait à tomber. Des montagnes et des forêts défilaient sous un ciel pourpre et le train semblait perdre de la vitesse. Ron et Harry enfilèrent leur robe de sorcier. Celle de Ron était un peu trop courte pour lui, on voyait ses chaussures et le bas de son pantalon. Une voix retentit alors dans le train :

-Nous arriverons à Poudlard dans cinq minutes. Veuillez laisser vos bagages dans les compartiments, ils seront acheminés séparément dans les locaux scolaires.

Harry sentit son estomac se contracter et il vit Ron pâlir sous ses taches de rousseur, il rejoignit vite sa sœur et après avoir rempli leurs poches des dernières friandises qui restaient, ils rejoignirent tous les trois la foule des élèves qui se pressaient dans le couloir. Lorsque le train s'arrêta enfin, tout le monde se précipita vers la sortie et descendit sur un quai minuscule plongé dans la pénombre.

L'air frais de la nuit fit frissonner Harry qui se rapprocha de Rose pour se réchauffer. Une lampe se balança alors au-dessus de leur tête et Harry entendit une voix familière :

-Les premières années, par ici. Suivez-moi. Ça va, Harry ? La grosse tête hirsute de Hagrid, le regard rayonnant, dominait la foule des élèves.

-Les premières années sont tous là ? Allez, suivez-moi. Et faites attention où vous mettez les pieds. En route !

Rose ne sembla pas se vexer qu'Hagrid l'ait complètement oublié mais Harry se sentit néanmoins gêné. Il tenait fermement la main de sa jumelle, à moins que ce ne soit elle qui le tenait. Le fait est, les jumeaux Potter suivirent ensemble la grosse silhouette d'Hagrid sur le terrain glissant. Au plus grand dam de Rose, ils étaient suivis de près par Ron Weasley et pire encore, Harry semblait apprécier le rouquin.

Hagrid les firent traverser un grand lac qui menait jusqu'au château Poudlard.

C'était une vue que les jumeaux Potter étaient persuadés de ne jamais oublier.

De l'autre côté du lac, perché au sommet d'une montagne, un immense château hérissé de tours pointues étincelait, de toutes ses fenêtres dans le ciel étoilé.

Harry et le reste des premières années étaient émerveillés par le majestueux château, mais Rose, elle, était ivre de la magie qu'émanait du dit château. Elle frissonnât de plaisir, exactement comme lorsque Tom Jedusor avait touché sa magie à l'aide de la sienne. C'était du pouvoir, des émotions, de l'énergie, de la magie à l'état pur et elle en aurait presque pleuré de joie.

-C'est magnifique, murmura Harry.

-C'est notre nouvelle maison, lui répondit sa sœur.

Derrière eux, Hermione et Ron étaient tout aussi impressionnés.

Quelques minutes plus tard, Neville retrouva son crapaud et le géant frappa à la porte du château.

Rosemary dont les yeux étaient à moitié fermés, son corps extrêmement sensitif mais ses sens engourdi, mit du temps à réaliser que quelqu'un avait ouvert les portes du château.

Ecosse, Location introuvable, Poudlard, 18 :29

-Bonsoir.

Harry lança un coup de coude à sa sœur lorsqu'il remarqua qu'elle ne prêtait pas attention à son entourage. Cette dernière grimaça avant de remarquer pour la première fois Tom Jedusor à quelques pas d'elle. Il était aussi beau que dans son souvenir, le bougre ! Grand de taille, il avait un corps fin et de longues jambes. De long cheveux, d'un noir de jais qui contrairement aux cheveux des jumeaux Potter semblaient dociles et étaient noués en une lâche queue de cheval. Ses yeux noirs comme des onyx balayèrent les enfants en face de lui avant de s'arrêter sur Rose.

Lorsqu'il la vit froncer les sourcils, un rictus amusé s'empara de ses traits.

-Je suis le professeur Jedusor et également directeur adjoint du collège Poudlard. Dans quelques instants, vous serez répartit dans les quatre maisons fondatrices de Poudlard. Serdaigle. Poufsouffle. Gryffondor. Et Serpentard.

Tom Jedusor, alias Lord Serpentard, descendant d'un des quatre fondateurs de l'école. Après avoir lu sa mini biographie dans Les Grands Evénements de la sorcellerie au XXe siècle, Rose s'était plaint à son frère pendant une bonne demi-heure qu'il était impossible qu'un bellâtre tel que Jedusor soit l'un des plus puissants sorciers du Royaume Uni. Mais elle mentait, elle savait que c'était vrai. Elle avait senti le pouvoir qui se dégageait de lui lors de leur première rencontre, elle savait que derrière ce beau visage, se cachait quelqu'un d'infiniment plus puissant qu'elle, et c'était un fait qui l'agaçait prodigieusement.

-Je reviendrais dans une minute le temps que vous soyez préparés. En attendant… j'apprécierais que vous ne parliez pas.

A peine quelques secondes plus tard, Rose sentit une paire d'yeux rivés sur elle. En se retournant, elle croisa les yeux gris et froid de Draco Malfoy la fixait comme s'il pouvait la faire disparaitre par la simple force de son esprit… Maintenant qu'elle y pensait, c'était peut être possible. Elle regrettait de n'avoir jamais essayé ça sur Vernon.

-Comment font-ils pour décider de notre maison ? Demanda Harry à sa sœur.

Elle haussa les épaules.

-J'imagine qu'ils vont nous faire passer des tests. Fred m'a dit que ça faisait très mal, mais je crois que c'était pour rire.

Rose était mitigé entre éclater de rire et lever les yeux au ciel, mais en voyant la mine inquiète de son frère et en entendant cette embêtante Hermione Granger récitait tous les sorts qu'elle avait mémorisé, elle eut plutôt envie de frapper Ron Weasley.

Elle serra la main de son frère pour le réconforter mais ne dit pas un mot.

Rose aussi était inquiète. Elle n'avait que onze ans, l'idée de passé un test pour lequel elle n'était pas préparée devant un public la rendait nauséeuse, mais contrairement à son frère, elle était capable de garder un visage impassible, et à part un léger froncement de sourcil, elle ne laissait rien échapper. Elle se mit donc à compter combien ils étaient, pour faire passer le temps.

Quarante élèves. Ils étaient quarante. Le château était censé recueillir plus, tellement plus. Mais la guerre qui avait pris fin il y a dix ans avait duré tellement longtemps que la population magique ne s'en était pas encore remit.

Tout à coup, des cris s'élevèrent derrière elle. Elle se retourna et resta bouche bée, comme les autres. Une vingtaine de fantômes venait d'apparaître en traversant le mur du fond. D'un blanc nacré, légèrement transparents, ils flottaient à travers la salle sans accorder un regard aux élèves rassemblés.

Ils paraissaient se disputer. L'un d'eux, qui ressemblait à un petit moine gras, lança:

-Oublions et pardonnons. Nous devrions lui donner une deuxième chance.

-Mon cher Frère, n'avons-nous pas donné à Peeves toutes les chances qu'il méritait ? répondit un autre spectre, vêtu de hauts-de-chausse et le cou entouré d'une fraise. Il nous fait une horrible réputation alors que lui-même n'est pas véritablement un fantôme. Tiens, qu'est-ce qu'ils font ici, ceux-là ?

Il venait de remarquer la présence des premières années qui se gardèrent bien de prononcer le moindre mot. Rose se retourna et décida de les ignorer, elle ferait sa crise existentielle plus tard, en attendant elle préférait paniquer en paix.

Tom Jedusor revint et leur ordonna de se mettre en ligne.

Rose se plaça derrière une jolie fille d'origine asiatique et son frère se plaça derrière elle

La file des élèves quitta la salle, traversa à nouveau le hall, puis franchit une double porte qui ouvrait sur la Grande Salle. L'endroit était étrange et magnifique. Des milliers de chandelles suspendues dans les airs éclairaient quatre longues tables autour desquelles les autres étudiants étaient déjà assis, devant des assiettes et des gobelets d'or. Au bout de la salle, les professeurs avaient pris place autour d'une autre table. Dans la clarté incertaine des chandelles, des visages les observaient telles des lanternes aux lueurs pâles. Dispersés parmi les étudiants, les fantômes brillaient comme des panaches de brume argentée.

Le professeur Jedusor posa un chapeau pointu de sorcier sur un tabouret face à tout le monde. Le chapeau était râpé, sale, rapiécé.

- Tu crois qu'ils vont nous demander d'en faire sortir un lapin ? Marmonna Harry à sa sœur.

Celle-ci faillit s'étrangler de rire avant d'adresser un sourire à son frère auquel il répondit. Tout le monde, à présent, avait les yeux fixés sur le chapeau pointu. Pendant quelques instants, il régna un silence total. Puis, tout à coup le chapeau remua. Une déchirure, tout près du bord, s'ouvrit en grand, comme une bouche, et le chapeau se mit à chanter:

-Je n'suis pas d'une beauté suprême

Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit

Je veux bien me manger moi-même

Si vous trouvez plus malin qu'moi

Les hauts-d'forme, les chapeaux splendides

Font pâl'figure auprès de moi

Car à Poudlard, quand je décide,

Chacun se soumet à mon choix.

Rien ne m'échapp'rien ne m'arrête

Le Choixpeau a toujours raison

Mettez-moi donc sur votre tête

Pour connaître votre maison.

Si vous allez à Gryffondor

Vous rejoindrez les courageux,

Les plus hardis et les plus forts

Sont rassemblés en ce haut lieu.

Si à Poufsouffle vous allez,

Comme eux vous s'rez juste et loyal

Ceux de Poufsouffle aiment travailler

Et leur patience est proverbiale.

Si vous êtes sage et réfléchi

Serdaigle vous accueillera peut-être

Là-bas, ce sont des érudits

Qui ont envie de tout connaître.

Vous finirez à Serpentard

Si vous êtes plutôt malin,

Car ceux-là sont de vrais roublards

Qui parviennent toujours à leurs fins.

Sur ta tête pose-moi un instant

Et n'aie pas peur, reste serein

Tu seras en de bonnes mains

Car je suis un chapeau pensant !

Lorsqu'il eut terminé sa chanson, des applaudissements éclatèrent dans toute la salle. Le chapeau s'inclina pour saluer les quatre tables, puis il s'immobilisa à nouveau.

-Alors, il suffit de porter le chapeau ! murmura Ron à l'oreille de Harry. Fred m'avait parlé d'un combat avec un troll... J'ai bien envie d'aller lui casser la figure !

Harry eut un faible sourire. Essayer un chapeau valait beaucoup mieux que d'être obligé de jeter un sort, mais il aurait préféré ne pas avoir à le faire devant tout le monde. Le chapeau l'impressionnait et Harry ne se sentait plus le moindre courage. S'il avait existé une maison pour les élèves au bord de la nausée, il y serait allé tout de suite. Rose, elle, sembla beaucoup plus soulagé par contre et il ressentit une pointe de jalousie en pensant à quel point sa sœur était courageuse. Elle avait l'étoffe d'une Gryffondor.

Le professeur Jedusor s'avança l'air incroyablement las, mais toujours aussi élégant en tenant à la main un long rouleau de parchemin.

-Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence: Abbott, Hannah !

Une fille au teint rose avec des nattes blondes sortit du rang d'un pas mal assuré. Elle alla mettre le chapeau qui lui tomba devant les yeux et s'assit sur le tabouret.

-POUFSOUFFLE ! Cria le chapeau après un instant de silence.

Des acclamations et des applaudissements s'élevèrent de la table située à droite et Hannah alla s'y asseoir, parmi les autres étudiants de Poufsouffle. Harry vit le fantôme du moine gras lui faire de grands signes enthousiastes.

-Bones, Susan !

-POUFSOUFFLE ! Cria à nouveau le chapeau.

Susan se hâta d'aller s'asseoir à côté d'Hannah.

-Boot, Terry !

-SERDAIGLE ! Cria le chapeau.

Cette fois, les applaudissements s'élevèrent de la deuxième table à gauche. Des élèves de Serdaigle accueillirent Terry en lui serrant la main. Brocklehurst, Mandy fut également envoyée à Serdaigle. Brown, Lavande fut la première à se retrouver à Gryffondor. Une ovation monta de la table située à l'extrême gauche. Les jumeaux Weasley se mirent à siffler d'un air joyeux pour saluer son arrivée. Bulstrode, Millicent fut envoyée à Serpentard. Peut-être était-ce dû à son imagination, après tout ce qu'on lui avait dit sur eux, mais Harry éprouva une impression désagréable en regardant les élèves de Serpentard. Il commençait vraiment à avoir la nausée, maintenant. Il se souvenait des séances pendant lesquelles on composait les équipes sportives dans son ancienne école. Il était toujours le dernier à être choisi, non parce qu'il était le plus mauvais, mais parce que personne ne voulait prendre le risque de lui manifester la moindre sympathie en présence de Dudley. Rose était généralement choisit juste avant lui, elle avait beau être tout aussi maigrichonne que lui, tout le monde savait que Rose était plutôt forte.

-Finch-Fletchey, Justin !

-POUFSOUFFLE !

Plusieurs élèves furent ainsi répartis dans les différentes maisons. Harry remarqua que le chapeau prenait parfois le temps de la réflexion avant de se décider.

-Granger, Hermione !

Hermione courut presque jusqu'au tabouret et enfonça frénétiquement le chapeau sur sa tête.

-GRYFFONDOR ! Cria le chapeau.

Ron émit un grognement. Harry eut soudain une de ces horribles pensées qui accompagnent généralement les états de panique. Et s'il n'était pas choisi du tout ? S'il restait là avec le Choixpeau sur la tête sans que rien ne se passe et que le professeur Jedusor finisse par lui annoncer qu'il y avait une erreur et qu'il devait rentrer chez lui par le prochain train ? Lorsque Neville Londubat, le garçon qui ne cessait de perdre son crapaud, fut appelé, il trébucha et tomba en s'approchant du tabouret. Le Choixpeau mit longtemps à se décider. Enfin, il cria: « GRYFFONDOR. »

Neville se précipita aussitôt vers ses camarades sans enlever le chapeau de sa tête et dut revenir le donner à MacDougal Morag sous les éclats de rire. Lorsque son nom fut appelé, Malfoy s'avança d'un pas conquérant vers le tabouret. Dès qu'il lui eut frôlé la tête, le chapeau s'écria: SERPENTARD ! La mine satisfaite, Malfoy alla rejoindre ses amis Crabbe et Goyle qui avaient été envoyés à Serpentard, eux aussi. Harry ne savait pas si c'était un effet de son imagination, mais en tout cas, il trouva que les élèves de Serpentard n'avaient pas l'air très sympathique. Il ne restait plus grand monde dans la file des nouveaux.

Le professeur appela les noms qui commençaient par « P ». Parkinson... les jumelles Patil... Perks, Sally-Anne... et, enfin...

- Potter, Harry ! Lorsqu'Harry sortit du rang, des murmures s'élevèrent dans toute la salle. —Elle a bien dit Potter ?

-Le Harry Potter ?

-Bonne chance, murmura Rose.

Rosemary observa son frère se dirigeait lentement vers le Choixpeau magique. Son visage était dissimulé par les rebords larges du chapeau mais elle arrivait presque à sentir sa raideur. Elle aurait aimé pouvoir le rassurer, mais elle avait elle-même besoin d'être rassuré sur le moment. Son regard croisa pendant un instant le regard sombre du professeur Jedusor, elle ne savait pas si c'était son imagination, mais elle avait l'impression qu'il voulait qu'elle aille à Serpentard. Elle décida de se reconcentrer sur son frère juste à temps pour que le chapeau se décide : -GRYFFONDOR !

Rose sourit. Son frère faisait partie des braves. Elle lui sourit quand il l'a dépassa mais son sourire se dissipa bien vite lorsqu'elle entendit ces idiots de Weasley scandait :

-Potter avec nous ! Potter avec nous !

Tom Jedusor ignora les cris de la table des Gryffondor et continua à appeler :

- Potter, Rosemary!

Elle avança lentement vers le tabouret, les jambes flageolantes et le cœur qui battait à toute allure.

-Potter ? Entendit-elle.

-C'est la sœur d'Harry Potter ?

-Tu savais toi qu'Harry Potter avait une sœur ?

Rosemary serra les poings, avant que le chapeau ne lui tombe sur la tête, obscurcissant tout le monde de sa vue.

-Je dois dire que tu as un esprit fascinant, dit une voix dans sa tête.

Elle se sentit grimacer.

« Vous arrivez à voir dans ma tête ?! »

-En effet, n'ait crainte, tout ce que j'apprendrais restera entre toi et moi. Je suis littéralement incapable de dévoiler tes secrets.

Rose se sentit se relaxer presque instantanément. Non pas, qu'elle ait énormément à cacher, elle tenait néanmoins à son intimité.

« Comment ça marche ? Vous êtes une vraie personne, ou juste un objet animé, doté d'intelligence ? Sans vous insulter bien sûr, c'est juste que vous êtes le premier chapeau avec qui j'ai eu le loisir de discuter… »

Rose sentit le fil de sa pensée la quittait et se sentit rougir.

-Je ne suis pas une personne. Je suis le résultat d'un puissant enchantement réalisé par les quatre fondateurs. Ils m'ont donné un peu d'eux même et un peu de leur magie. Ce que j'arrive à faire c'est voir dans les pensées les plus profondes de celui qui me porte et refléter ce qu'ils pensent. Mais nous ne sommes pas là pour parler magie. Tu as sept ans d'études devant toi, petite Rosemary. Largement le temps de devenir une grande sorcière.

Rose se détendit légèrement.

-Tu es encore plus difficile à répartir que ton frère, du courage, tellement de courage dans un si petit corps, et un esprit si brillant qui ne demande qu'à être encourager… Je vois beaucoup de talents inexploités et un énorme potentiel. Ça ne fait aucun doute que Serpentard t'aiderait le mieux à évoluer pour devenir la brillante sorcière qui sommeille en toi…

Rose se sentit déçu à l'idée de ne pas être avec son frère. Le Choixpeau le comprit.

-Je pourrais également t'envoyer à Gryffondor, ou ton intellect ne sera pas encourager, ou tu brilleras moins, éternellement dans l'ombre de la célébrité de ton frère, tu tiens ton frère en grande estime et l'aime profondément, mais laisses-moi-tu poser une question petite Rosemary, souhaites-tu être connu pour ton courage, ou souhaites-tu réellement être courageuse.

Rosemary ne répondit pas tout de suite. Evidemment qu'elle voulait être courageuse, mais sa réponse aurait des conséquences et elle songea à ses conséquences. Serpentard n'était pas un choix facile, mais c'était un choix qui lui apporterait plus sur le long terme.

« Je veux être brave »

-SERPENTARD ! S'exclama le Choixpeau.

-Bonne chance, Rosemary Sage Potter. Un grand destin t'attend.

Un grand destin… N'était-ce pas ce qu'Ollivander avait dit lorsqu'il lui avait vendu sa baguette magique ?

Harry qui s'était sentit si heureux quelques minutes plus tôt, se sentit tout à coup gelé comme s'il avait plongé dans lac noir avant de traverser tous les fantômes de Poudlard. Il arrivait à entendre son cœur battre contre sa cage thoracique, mais n'arrivait plus à entendre les sons avoisinants. Non pas, qu'il y ait beaucoup de son, aucun Serpentard n'applaudit pour sa sœur. Il fallut quelques instants à son cerveau pour comprendre ce qui venait de se produite. Rosie à Serpentard ? Sa sœur Rosie ? Avec les Serpentard ? Pendant un instant, il eut envie de demander à ce qu'elle repasse ce fichu chapeau parlant, ou même encore que lui-même aille chez ces maudits Serpentard. Il n'aurait jamais refusait d'aller à Serpentard s'il avait su que sa sœur irait la bas, malheureusement il était passé avant elle. Mais il ne comprenait pas… Pourquoi ? Le Choixpeau ne lui avait-il pas laissé le choix ? Pourquoi alors, est-ce qu'elle le laissait seul à Gryffondor ?

Harry serra les poings et observa pendant un instant sa sœur, assise seule à la table vert et argent. Personne ne lui adressait la parole et mis à part Draco Malfoy qui ne l'avait pas quitté des yeux depuis qu'ils étaient descendus du train, tout le monde l'ignorait.

Il était partagé entre l'envie de la ramener contre lui et de la protéger, et de la laisser se débrouiller pour l'avoir abandonné.

Au bout d'un moment, Ron le rejoignit à la table des Gryffondor et il décida de ne plus penser à sa sœur pour ce soir.

Ecosse, Location introuvable, Poudlard, La grande salle, 20 :12

Rosemary écouta d'une oreille distraite les élèves de son année partageaient des plaisanteries, échangeaient des salutations lorsqu'ils se connaissaient et parlaient des accomplissements de leurs familles pour les riches. D'un commun accord qu'elle avait complètement manqué, personne ne lui adressa la parole. Elle avait bien sûr remarqué Draco Malfoy lui jetait des regards furtifs. Il n'était pas le seul, mais il était le moins subtil.

Pansy Parkinson la fille la plus bruyante qu'elle ait jamais eu le malheur de rencontrer était pendu au bras de Malfoy. Elle avait très vite insinué qu'un contrat de mariage lié leurs deux familles et Rose était partagé entre le dégout « ils n'ont que onze ans, bon sang ! » et l'amusement face à la mine renfrogné du pauvre garçon.

Mis à part lui, elle recevait pas mal de mauvais regard de la part d'à peu près tout le monde y compris, d'élèves plus âgés. Quant à ses pairs, Daphné Greengrass et Blaise Zabini semblaient faire partie des rares élèves de la maison Serpentard à ne pas la détester pour la simple raison qu'elle existait.

Après avoir fini sa délicieuse tarte au citron, elle jeta un coup d'œil à la table des Gryffondor. Son frère participait à différentes conversations et semblait allait bien. Elle en était heureuse.

Elle contempla un instant sa cravate nouvellement verte, rayée d'argent, avant de portait son attention vers les table des professeurs avant de soupirer. Elle espérait ne pas regretter sa décision d'aller à Serpentard.

Lorsque les desserts eurent disparu, le directeur de l'école Albus Dumbledore, se leva pour la seconde fois de la soirée et le silence se fit dans la salle.

-Maintenant que nous avons rassasié notre appétit et étanché notre soif, je voudrais encore dire quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école. Les première années doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir.

Dumbledore tourna ses yeux étincelants vers les jumeaux Weasley.

-Mr. Rusard, le concierge, m'a également demandé de vous rappeler qu'il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs entre les cours. La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. Ceux qui souhaitent faire partie de l'équipe de leur maison devront prendre contact avec Madame Bibine. Enfin, je dois vous avertir que cette année, l'accès au couloir du deuxième étage de l'aile droite est formellement interdit, à moins que vous teniez absolument à mourir dans d'atroces souffrances.

Rose ouvrit de grands yeux, stupéfaite.

-Et maintenant, avant d'aller nous coucher, chantons tous ensemble l'hymne du collège ! s'écria Dumbledore.

Rose remarqua que le sourire des autres professeurs s'était soudain figé, tandis que Tom Jedusor grimaçait ouvertement. Dumbledore donna un petit coup de baguette magique, comme s'il avait voulu faire partir une mouche posée à son extrémité, et il s'en échappa un long ruban d'or qui s'éleva au-dessus des tables en se tortillant pour former les paroles de la chanson.

-Chacun chantera sur son air préféré, dit Dumbledore. Allons-y ! Et toute l'école se mit à hurler :

-Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,

Apprends-nous ce qu'il faut savoir,

Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve

Ou qu'on ait les jambes en guimauve,

On veut avoir la tête bien pleine

Jusqu'à en avoir la migraine

Car pour l'instant c'est du jus d'âne,

Qui mijote dans nos crânes,

Oblige-nous à tout étudier,

Répète-nous c'qu'on a oublié,

Fais de ton mieux, qu'on se surpasse

Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce.

Rose qui ne s'était pas donné la peine de chanter comme beaucoup d'élèves de Serpentard ne savait pas si elle devait rire ou pleurer grâce au nom de ses pauvres tympans. Elle se contenta de glousser doucement, tout à coup fatiguée, et impatiente de pouvoir s'endormir.

Tout le monde termina la chanson à des moments différents. Les jumeaux Weasley furent les derniers à chanter, au rythme de la marche funèbre qu'ils avaient choisie. Dumbledore marqua la cadence avec sa baguette magique et lorsqu'ils eurent terminé, il fut l'un de ceux qui applaudirent le plus fort.

-Ah, la musique, dit-il en s'essuyant les yeux. Elle est plus magique que tout ce que nous ne pourrons jamais faire dans cette école. Et maintenant, au lit. Allez, tout le monde dehors.

Rose suivit docilement la préfète, une jolie fille blonde aux yeux noisettes qui expliquait le chemin le plus simple pour se rendre jusqu'à leur salle commune. Elle ne remarqua même pas les autre premières années échangeaient des messes basses entre eux.

La préfète dont elle ne connaissait pas le nom, emmena les onze petits nouveaux de premières années jusqu'au sous-sol et les fit traverser plusieurs couloirs avant de s'arrêter devant un mur vierge qu'elle n'aurait pas remarqué sans aide extérieur. Rose remarqua qu'à première vue, tout était banale mais qu'en plissant les yeux, elle pouvait remarquer une faible lueur verte et noir de la forme d'une porte. Aux alentours, il y avait plusieurs tapisseries aux couleurs vertes et argent d'où elle pouvait voir des serpents qui les fixaient silencieusement.

-Le mot de passe pour le moment est : Runespoor. Vous feriez mieux de le retenir, dit la préfète.

Rose entra parmi les derniers mais fut poussé par une fille plutôt large qui s'appelait Millicent Bulstrode si ces souvenirs étaient exacts.

-Fais gaffe Potter !

Rose fronça les sourcils, mais retint sa langue et s'avança lentement jusqu'au milieu de la salle commune. La salle était vaste et la principale source de lumière venait du lac qu'ils avaient traversé afin de venir au château et qui donnait une lueur verte à la pièce. Les murs et le plafond étaient faits en pierre brute. Des lampes rondes, verdâtres y étaient suspendues à des chaînes. La salle était également dotée d'une cheminée au manteau gravé de diverses figures compliquées et ouvragées on y trouve quelques fauteuils en cuir de couleur noire eux aussi ouvragés. La pièce était décorée de crânes posés sur des piliers et contre les murs de pierres reposaient divers portraits de sorciers et sorcières ainsi que plusieurs armes comme des arbalètes, des arcs, des épées et des lances. D'épais rideaux de velours couleur émeraude décoraient également la pièce ou étaient brodés des serpents avec du fil doré. Rose pouvait entendre des murmures venir des rideaux et pendant un court instant se demanda si des gens étaient coincés à l'intérieur mais son attention fut vite reportait vers un énorme python qui semblait plus épais que sa cuisse, qui se prélassait devant la cheminée.

Elle ouvrit la bouche mais n'osa pas demander qui avait égaré un serpent de cette taille.

-Bonjour et félicitations d'avoir été accepté dans la maison la plus géniale et provocatrice de Poudlard. Je m'appelle Gemma Farley. Tout d'abord, je tiens à vous prévenir qu'il ne faut pas se fier aux rumeurs qui circulent sur notre maison. Vous entendrez beaucoup dire que nous autres à Serpentard pratiquons tous la magie noire, que nous sommes de visqueux serpents sans âme, que nous n'hésiterons pas à poignarder nos camarades dans le dos pour gagner et que nous n'adressons la parole qu'à ceux et celles qui viennent de grandes lignées. Et bien c'est faux. Bien sûr, Serpentard n'acceptait jadis que les sorciers de grandes lignées, mais ce n'est plus le cas à présent, et certes, nous avons été la maison de plusieurs mages noirs, mais nous ne sommes pas les seuls. Les trois autres maisons ont également eu leur lot, seulement nous sommes les seuls à l'admettre. Par ailleurs il y a une différence entre être un mage noir et être maléfique. Comme vous devez le savoir, Merlin, le plus grand sorcier de tous les temps était lui-même à Serpentard, et ça c'est quelque chose que les autres maisons oublient souvent. La simple vérité c'est que nous sommes craints. Nous imposons le respect, et souvent par la crainte ce qui n'est pas obligatoirement une mauvaise chose. Ici, nous prenons soins les uns des autres, nous nous protégeons, car nous ne pouvons pas faire confiance aux autres pour nous protéger ou pour nous traiter équitablement. Surtout ne soyez jamais seuls dans les couloirs, les Gryffondor n'hésiteraient pas à vous lancer un ou plusieurs maléfices. Godric Gryffondor et Salazar Serpentard étaient peut être meilleure amis pendant la majeur partie de leurs vies, nos relations avec les Gryffondor s'est plus que détérioré. Savez-vous ce que recherchait le grand Salazar Serpentard quand il choisissait ses élèves préférés ? Les graines de la grandeur. Le Choixpeau vous a envoyez ici car vous avez le potentiel d'être grands, au sens le plus noble du terme. Vous êtes l'élite. Vous remarquerez sans doute une ou deux personnes dans notre salle commune qui ne semblent pas correspondre à cette définition, mais évitez de vous poser trop de questions sur elles. Si le Choixpeau les a envoyés ici, c'est pour une raison.

Rose sentit près d'une dizaine de pair d'yeux se poser sur elle et fit de son mieux pour ne pas donner signe d'impatience.

-Notre emblème est le serpent, la plus sage des créatures. Alors faites preuves de sagesse. Ne désobéissez pas aux règles et si vous le faites quand même, ne vous faites pas prendre. Si vous perdez votre chemin, demandez de l'aide à notre fantôme, le baron sanglant, mais un conseil ne demandez pas comment il s'est retrouvé couvert de sang. Si vous avez un problème, notre directeur de maison est le Maitre de potions, le professeur Rogue. Vous avez également rencontré aujourd'hui, l'un des plus grands sorciers de tous les temps et un ancien élève de Serpentard, Lord Serpentard en personne, qui est directeur adjoint et professeur de défense contre les forces du mal. Evitez de le déranger, il n'aime pas ça, et surtout évitez son familier, finit Gemma en pointant du menton le gros serpent qui se prélassait devant la cheminée.

Le python leva la tête un instant avant de la reposer. Rose était certaine qu'il comprenait tout ce qui se disait autour de lui.

-Ce sera tout, vos dortoirs sont par ici, les filles à gauche et les garçons à droite. Sur ce, bonne nuit.

La préfète alla rejoindre ses amis autour d'une table et ne prêta plus aucune attention aux premières années.

Rose se retourna. Elle s'apprêtait à se rendre dans son dortoir sans plus tarder mais le demi-cercle qui s'était fait autour d'elle l'en empêcha.

En face d'elle, Draco Malfoy se tenait les bras croisés comme un mafioso amateur. Ses deux gorilles étaient derrière lui.

-Rosemary Potter… Le Choixpeau a du faire une erreur en t'envoyant ici, je ne vois pas d'autre explications. La sœur du survivant dont personne ne connaissait l'existence, n'a rien à faire ici.

Rose ne répondit pas. Elle faillit sortir sa baguette de sous sa manche par précaution mais préféra se montrer patiente. Elle regarda autour d'elle, déterminée à ne pas donner d'importance à Malfoy. Les Serpentard prennent soin les uns des autres, avait dit Gemma Farley… Elle avait omit de préciser que c'était uniquement en dehors de la salle commune.

-Fille d'une sang-de-bourbe, et d'un traitre à son sang, partisans de Dumbledore, et en plus de ça, elle et son frère ont vécu toute leur vie avec des saletés de moldue ! Les Potter sont peut-être une ancienne et noble maison, mais nous savons tous reconnaitre… Je t'interdis de m'ignorer, quand je te parle ! Cria Draco lorsque Rose lui tourna le dos.

Rose, en constatant qu'aucun élève plus âgé n'allait intervenir (Ils semblaient même apprécier le spectacle, et quelques-uns d'entre eux les avaient même rejoint) lui refit face et répondit de son ton le plus glaciale :

-Je me demandais juste pourquoi un élève de onze ans qui n'a même pas commencé son éducation se permettait de prendre la parole au nom de tous comme si l'endroit lui appartenait.

-Mon père…

-Ah, je vois. C'est grâce à ton papa. Tu n'as aucun pouvoir spéciale ni rien…tu n'as rien. Tu es juste un gamin, simplement froissé que mon frère ait choisit Ron Weasley comme ami plutôt que toi.

Lorsqu'ils levèrent leurs baguettes, Rose ne réfléchit pas et réagit de l'instinct. Elle rassembla toutes ces émotions, toute sa rage, sa peur, et son inquiétude et deux énormes boules de feux surgirent de ses mains.

Elle ne le savait pas mais elle offrait un tableau impressionnant. Dans la salle commune presque tout était vert, y compris le feu de la cheminée, en comparaison, elle brillait telle une flamme dans l'obscurité. Tout le monde recula précipitamment, le visage bouche bée. Tout à coup, Rosemary Potter n'était plus, simplement la sœur de garçon qui a survécu. Elle n'était plus une simple sang-mêlé sans talent particulier. Elle n'était plus banale avec des cheveux emmêlés et trop maigre. Rose Potter était puissante et impressionnante. Ses yeux verts brillaient de manière presque fluorescente tandis qu'elle les regardait avec un mélange de fureur et de mépris.

- Si vous pensez que je suis faible et que vous pouvez vous en prendre à moi, que je vais me laisser faire… vous vous trompez lourdement sur mon compte. Je vous préviens, je n'hésiterais pas à attaquer quiconque s'en prendra à moi.

Le feu dans ses mains rétrécit légèrement tandis qu'elle continuait.

-Draco Malfoy, tu as peut-être un certain avantage mais ça n'a aucune importance. Je reste plus puissante et tu ferais mieux de te le rappeler.

Le feu dans ses mains s'éteignit et Rose prit le chemin de son dortoir.


Le chapitre trois sera posté dans une semaine si tout se passe bien, en attendant, dites-moi ce que vous pensez de Rosemary.

Bisous,

LS.