Bonjour à toutes.

Voici donc le premier chapitre de Rédemption. Je n'en dis pas plus concernant l'histoire, vous découvrirez les choses en temps voulu. Les chapitres seront relativement courts, c'est un choix.

Si tout va bien je publierais un chapitre par semaine, mais vu que je prépare le bac cette année je ne promets rien.

Sur ce bonne lecture et n'hésitez à laisser une trace de votre passage pour me donner votre avis !


.

.

« Maman… Maman. Maman réveille toi ! »

« Mmm… »

Je sens une petite main tapoter ma joue.

« Maman debout ! »

L'esprit embrumé j'ouvre un œil et vois la petite bouille souriante de ma fille.

« Allez maman, viens. »

Puis elle repart en courant. Je reste dans mon lit et fixe bêtement le plafond, pas vraiment motivée à me lever.

La musique retentit alors soudainement dans tout l'appartement, Good feeling de Flo rida.

Je tourne la tête en direction du réveil, 7h. De mauvaise grâce je sors de mon lit bien chaud.

Notre rituel du matin commence alors.

Après m'être rafraîchie dans la salle de bain je quitte ma chambre et me rends dans le salon. Leah saute et gesticule au rythme de la musique, attendant de pouvoir remplir son estomac. Je reste quelques secondes à l'observer, un petit sourire aux lèvres puis me dirige vers la chaîne hifi pour baisser le volume.

Nous prenons ensuite le petit-déjeuner sur l'îlot séparant la cuisine du salon. Oui, notre appartement n'est pas grand.

Leah me raconte sa nuit peuplée de rêves farfelus, comme tous les matins je me demande s'ils ne sortent pas plutôt de son imagination.

Puis, nous allons nous préparer dans la salle de bain. Comme une grande elle se lave et s'habille mais me laisse comme d'habitude la coiffer, je suis la seule à pouvoir le faire. Ne me demandez pas pourquoi.

Quelques minutes plus tard nous sommes prêtes à partir, emmitouflées pour se protéger du froid polaire sévissant depuis peu dans notre petite bourgade de Forks, dans l'Etat du Washington.

L'école de ma fille n'est qu'à quelques kilomètres de chez nous, il nous faut moins de 5 minutes pour arriver à destination.

Leah est en troisième année de maternelle, je l'accompagne alors jusqu'à sa classe, avec pour escorte toujours les mêmes regards. Je salue sa maîtresse, Jane Williams, avec qui j'ai sympathisé. Après avoir échangé quelques mots je fais un gros bisou à ma puce et quitte l'école, direction le travail.

Là encore il ne me faut que quelques minutes pour arriver au Rose's. Le seul restaurant de la ville, j'y fais office de serveuse et parfois je cuisine aussi.

Cet endroit appartient à Rosalie Hale McCarthy, une amie que j'ai rencontrée quand j'étais au lycée. Ma seule amie, un peu plus âgée que moi. Elle s'est mariée avec Emmett McCarthy quand ils étaient en âge de le faire puis a repris ce restaurant qui appartenait à sa mère. Elle m'a proposée ce travail au même moment alors que je traversais une période difficile.

Je commence mon service. A cette heure ce sont surtout des cafés que je sers, accompagnés de gâteaux et assiettes d'omelettes et bacon. Les journées ici sont relativement calmes, exceptées peut-être à l'heure du déjeuner.

Ce n'est pas un boulot très palpitant mais vu ma situation je n'ai pas trop le choix. A 22 ans, sans diplôme et dans un coin aussi paumé, y'a pas 36 solutions.

Mais bon, tant qu'ça paie les factures…

Entre deux clients je discute avec Rosalie, elle me parle de son homme et du garage qu'il possède, de la maison qu'ils projettent de construire ainsi que de son père qui a encore du mal à accepter Emmett. Moi je lui parle de Leah, ses folles histoires, son attitude casse-cou, ses débuts prometteurs dans la gym…

Je crois que ma fille est mon seul sujet de conversation. En même temps je n'ai qu'elle.

Et comme tous les jours ou presque Rosalie me sermonne sur mon absence de vie sociale.

« Tu devrais sortir un peu ça te ferais du bien, ta fille t'en voudra pas tu sais ! »

« Sortir pour aller où ? Honnêtement j'suis bien avec Leah, j'ai pas besoin de ça. »

« C'est bien de te préoccuper autant d'elle mais pense un peu à toi. Tu n'as que 22 ans Isabella ! »

Je soupire, lasse. « Je connais mon âge, merci. Et arrête de m'appeler Isabella ! »

« D'accord Bella, peut-être qu'un jour tu seras moins têtue. Le couple Newton vient d'entrer, j'te laisse t'occuper d'eux ! »

Après cette conversation quasi hebdomadaire j'accueille les clients. Il est déjà 13h.

Je leur sers à chacun leur repas habituel : salade pour madame Newton et steak-frites pour monsieur, accompagné de leur dose de café.

Puis je sers les autres clients.

Les journées se ressemblent malheureusement toutes, que se soit dehors ou au travail.

Aux mêmes heures on retrouve les mêmes clients, les mêmes têtes. Gros désavantage des petites villes, surtout lorsqu'on est une victime privilégiée des ragots et autres messes basses.

Ma journée de travail terminée, je quitte le restaurant pour aller chercher la petite.

Au lieu de me raconter sa journée elle me parle du grand arbre qu'il y a dans la cours de l'école, cela fait déjà quelques jours qu'elle m'en parle, une sorte d'obsession. C'est comme ça avec elle, la chose la plus banale peut la fasciner.

A la maison je lui sers son goûter, qu'elle expédie en vitesse. Je m'installe ensuite devant la télévision pendant qu'elle joue avec son ballon.

Après des centaines de rebonds et des dizaines de chaînes zappées, Leah me demande de l'aider à finir le dessin qu'elle avait commencé plus tôt, je lui montre comment dessiner un petit chien mais le résultat n'est pas très concluant, elle est déçue mais je l'encourage.

Nous dessinons jusqu'au moment du diner.

C'est souvent le moment qu'elle choisit pour me poser tout un tas de questions, de toutes sortes, je me demande comment elles lui viennent d'ailleurs. Heureusement ce sont, la plupart du temps, des questions auxquelles il est facile de répondre à un enfant de 4 ans.

« Maman ? Pourquoi on voit jamais les loups qui sont dans la forêt ? »

Je la regarde un peu incrédule alors qu'elle fait rouler les petits pois dans son assiette.

« Hum… Et bien tu sais la forêt est très grande, et puis les loups sont de nature peureuse. Ils préfèrent éviter les hommes. »

« Ah bon ! Mais papy il m'a dit qu'il en avait déjà vu. »

« Oui, beaucoup de personnes ici en ont vu mais ils ne restent jamais aux abords des forêts. »

« On peut avoir un chien ? »

Comment passer d'un sujet à un autre selon Leah Swan…

« Je te l'ai déjà dit ma puce, on vit dans un appartement trop petit. Quand on vivra dans quelque chose de plus grand peut-être mais pour l'instant ce n'est pas possible. T'as le chien de papy, non ? Même si tu ne le vois pas souvent. »

Elle me répond par un haussement d'épaule.

Nous avions eu cette conversation de nombreuses fois et comme à toujours je culpabilisais un peu même si elle n'insistait jamais. Leah n'est pas du genre à faire des caprices.

Après le diner, nous avons comme pour le matin notre petit rituel.

Nous allons dans la salle de bain où nous nous préparons pour la nuit et enfin nous nous installons dans son lit pour sa petite histoire.

Pour la énième fois elle exige que je lui lise Peter Pan, son personnage de fiction préféré après Bob l'éponge ! Je fais attention à soigner mon intonation pour chaque personnage ce qui l'amuse beaucoup puis, l'histoire terminée, je la borde et lui fais le gros câlin qu'elle réclame.

« Comment il fait Peter Pan pour pas grandir ? »

« Il continue de grandir, c'est juste qu'il ne le veut pas. Il veut rester enfant. »

Leah me fixe avec sa petite moue interrogative.

« C'est vraiment compliqué quand on est un adulte ? »

Je souris face à sa question naïve mais pleine de bon sens pour son âge.

« A des moments oui. Ce sont toutes les responsabilités d'adulte que Peter Pan cherche à éviter. On doit s'occuper de beaucoup de choses, des choses parfois vraiment difficiles et pas très amusantes. C'est beaucoup plus amusant d'être un enfant ! »

« C'est pour ça que t'es tout le temps fatiguée ? A cause des reponsablités ? »

Si seulement ce n'était que ça…

« On dit responsabilité ma puce. C'est juste le travail qui me fatigue un peu mais c'est normal tu sais. »

Je tente un sourire pour la rassurer et lui fais un dernier bisou avant de me lever.

« Bonne nuit ma puce. »

« Bonne nuit maman. »

Je quitte sa chambre et me rends directement dans la mienne. Je me glisse sous les draps trop épuisée pour m'installer devant la télévision ou pour ouvrir un livre.

Malgré l'épuisement il me faut un certain temps pour trouver le sommeil.

Seule, dans l'obscurité de ma chambre, ce sont toujours les mêmes inquiétudes et pensées qui parasitent mon esprit, bien que mon quotidien soit si morne.

Avant que le sommeil ne m'emporte j'ai le même souhait de voir toutes ces inquiétudes s'envoler et vivre des jours différents, plus sereins.

.

.