Rémus ne gagnait pas beaucoup d'argent, mais il avait la faculté d'être quelqu'un de particulièrement économe ce qui faisait que même si ses revenus n'étaient pas réguliers, son coffre à Gringotts était bien plein. D'autant plus qu'il lui restait le coffre de feu ses parents qui lui aussi, avait été remplis par plusieurs années de travail.
Alors, pour la première fois, Rémus Lupin se lança dans des investissements. Le petit appartement qu'il louait à Loutry Ste Chaspoule, il s'arrangeait pour que son propriétaire le lui vende. Ça ne fut pas vraiment facile mais il y arrivait.
Il faut dire que, maintenant qu'il y pensait, cet appartement était plus que convenable. Il ne se l'était jamais représenté ainsi mais il était assez spacieux pour accueillir plus de monde que le seul célibataire qu'il était.
Il se débrouillait pour ne pas demander de comptes à Severus Rogue même si c'est vrai que pour les premiers temps, ç'aurait peut-être pu aider à faire passer la pilule. Il fit en sorte de parfaire l'aménagement qu'il n'avait pas encore commencé, et il se décidait -enfin- à écrire une lettre au ministère de la magie pour se présenter comme candidat à l'adoption de Juliette Potter.
Le service des adoptions sorcier était un service particulier. Il n'était pas vraiment dans les coutumes sorcières d'adopter car les taux de stérilité sont particulièrement bas grâce aux potions et, surtout que depuis qu'il y avait eut cette guerre civile entre sorciers, beaucoup d'enfants placés en orphelinat étaient des enfants de mangemorts. Ce qui faisait que les trois personnes qui travaillaient dans ce service n'avait pas grand chose à faire d'autre, vraiment, que de s'occuper vaguement des orphelins selon un schéma précis. Le jour de leur arrivée à l'orphelinat, on ouvrait un coffre à Gringotts à l'orphelin et ils recevaient chaque mois un peu d'argent. Chaque année, chaque enfant recevait un paquetage contenant un nécessaire de vêtements pour l'année à venir. Lorsque l'enfant rentrait à l'école de sorcellerie, le ministère offrait la baguette, la valise, les fournitures et un animal de transport. Bien souvent, c'était le moins coûteux. Ainsi, en Angleterre, les orphelins avaient des rats, aux états unis ils avaient des furets.
Quand la dame qui s'occupait de l'orphelinat de Salem reçut la lettre de Rémus Lupin, elle fit une brève enquête sur le personnage à travers des coupures de presses, elle envoyait un hibou postal à Dumbledore pour lui demander si Rémus Lupin vivait bien malgré sa lycanthropie.
Une autre personne vint inspecter l'appartement récemment aménagé de Rémus Lupin sans qu'on le prévienne auparavant.
Puis, elle fit son rapport à la responsable des adoptions. La responsable enquêta ensuite sur l'enfant, sur son passé, sur les raisons que Lupin pouvait avoir de vouloir subitement s'occuper de la fille de son meilleur ami.
Le quinze juillet, Rémus Lupin reçu un courrier très bref.
Cher professeur Rémus John Lupin,
Après une minutieuse enquête et plusieurs prises de renseignements auprès de vos contacts, les services d'adoptions du ministère de la Magie vous accordent la garde de Juliette Potter à compter de ce jour.
Puisqu'elle sera considérée dorénavant comme votre fille légitime, elle répondra au nom de Juliet Potter-Lupin.
Pour confirmer votre prise de décision et pour nous assurer que la petite n'ait aucune réticence à venir vivre avec vous, nous vous invitons, monsieur à une première prise de contact au ministère de la magie le seize juillet à 10 heures.
Aussi, ayant connaissance de votre pathologie, les services d'adoptions du ministère s'assureront les premiers temps au moins, de votre capacité à veiller sur l'enfant en l'interrogeant brièvement sur sa qualité de vie (à raison d'une fois par an).
Pour motif d'adoption, vous recevrez une bourse de mille gallions le jour où l'enfant viendra vivre chez vous.
Cordialement et avec toutes nos félicitations,
le service d'adoption.
Rémus, même s'il ne se l'était pas avoué, avait attendu ce moment dans la plus grande impatience. Le hibou du ministère repartit visiblement content d'avoir eu à apporter une missive qui rendit heureux quelqu'un. Dans la minute qui suivit, un hibou de Poudlard s'engouffra dans la même fenêtre, une lettre ornée du sot officiel de l'école.
Cher Rémus Lupin,
Notre vieux Rusard commençant à fatiguer doucement mais sûrement, l'équipe pédagogique de Poudlard vous a choisis pour être le grand intendant du collège. Vos compétences et les résultats que vous avez obtenu par le passé conviennent parfaitement au poste.
Albus Dumbledore.
PS : Comme la rentrée a lieu le 1° septembre, nous attendons votre réponse au plus tard le 31 Août.
PS 2 : Félicitations.
Décidément tout le monde semblait avoir été mis au courant parce qu'un autre hibou arriva :
Félicitations! Je passerai voir Juliette au cours du mois d'août!
Minerva.
Rémus ne parvint pas à se détendre de toute la soirée. Il se sentait fébrile et euphorique, aussi, quand les Diggory (ses voisins) lui proposèrent de venir boire un verre chez eux, il leur expliquait la situation. Et Cédric lança au cours de la conversation :
-C'est très bien qu'elle vive ici, comme ça nous pourrons faire connaissance, elle ne sera pas seule à Poudlard.
-Il y a aussi les Weasley juste en bas, de l'autre côté du village.
-Oui mais je crains que les Weasley ne soient pas de très bonne compagnie en ce moment. À ce que j'ai entendu dire, leurs garçons et Arthur vont chercher Harry Potter d'ici quelques semaines... et Molly est déjà assez... sur les nerfs.
-Ce que j'ai... omis de vous dire... murmura Lupin c'est que... enfin... Juliette est... Juliette est la fille de James Potter. Mais pas de Lily Potter... Juste de …
-C'est la demie-sœur de Harry?
-Oui.
La nouvelle rendit euphorique les Diggory. Peut-être même plus que ce que Rémus l'était lui même.
-Je suis vraiment... content qu'il arrive quelque chose d'agréable à ce petit Potter, dit Amos Diggory en souriant de toutes ses dents. Ça fait vraiment plaisir de savoir que parfois la chance tourne pour ceux qui le valent bien.
Cédric Diggory reprit :
-Je savais que vous étiez un enseignant fabuleux mais je ne savais pas que vous étiez quelqu'un d'aussi... bienveillant.
C'était le premier compliment qu'on lui faisait depuis que sa lycanthropie avait été rendue publique.
-Merci, Cédric.
-Alors, Demain, vous voulez bien que je vous accompagne? Reprit-il vu l'état dans lequel se trouvent vos nerfs, il vous faudrait quelqu'un sans quoi vous pourriez lui faire peur dans votre état de nerfs...
-Ce n'est pas une mauvaise idée, ça! Se réjouit Rémus Lupin.
Lupin parvint toutefois à trouver le sommeil dans la nuit (grâce à huit gouttes de sommeil sans rêve) et se réveilla à neuf heures. Il se vêtit, allait chercher Cédric Diggory et ils transplanèrent derrière le ministère, du côté de l'entrée sorcière.
Le service des adoptions se trouvait au troisième étage. Ils avaient conscience qu'ils arrivaient en avance de vingt minutes, mais Rémus ne pouvait pas se résoudre à attendre dans le hall. Alors ils toquèrent à la porte.
-Ah, vous êtes le nouveau papa?
-Oui.
-Et vous?
-Je suis un voisin.
-Très bien, vous êtes entouré et c'est d'autant plus rassurant. Bon, alors je vais vous mettre au courant des modalités complémentaires.
La secrétaire se tourna et prit une boite à chaussure de sous son bureau.
-Voici les effets personnels de votre enfant.
La secrétaire fit ensuite la liste de ce que la boite contenait : La lettre avec laquelle nous l'avons trouvée, les photos prisent par l'orphelinat chaque année, sa baguette magique, son dossier scolaire, quelques friandises pour son furet (elle a l'animal avec elle) et … et c'est tout.
-Comment ça, « c'est tout » s'étonna Cédric Diggory, elle suivait une scolarité, elle devait avoir des manuels, du matériel...
-Ui ui, approuva la secrétaire, mais le jour de l'adoption, tout est rendu au ministère. C'est le règlement.
Cédric et Rémus se dévisagèrent un moment. Ce règlement n'avait vraiment pas grand chose de plaisant.
-Où est-elle? Demandait Rémus en prenant la boite en carton sous son bras.
-Dans la pièce d'à côté. Quand vous lui aurez acheté des vêtements, il faudra que vous pensiez à renvoyer les effets qu'elle porte au ministère.
-D'accord.
-Donc, là, votre prime à l'adoption.
La secrétaire se levait, et allait ouvrir la porte.
-Viens, entre Juliette, ton père est arrivé. Il est venu avec un petit voisin de ton âge.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la photo que MacGonagall avait offerte à Rémus Lupin datait d'au moins un siècle. Juliette Potter n'avait qu'un an de plus que Harry ce qui lui faisait aux alentours de quinze ans. Elle était grande, mince, elle avait déjà un corps de femme. Des yeux noisettes assez grands cachés sous une paire de petites lunettes rondes des cheveux assez courts qu'elle ébouriffa d'une main.
James.
-Bonjour.
Elle avait une besace en toile qu'elle portait en bandoulière. Elle était habillée de l'uniforme de l'orphelinat, le col de sa chemise négligemment ouvert, sa cravate mal nouée. Une main dans la poche, l'autre, jouant avec un vif d'or.
-En fait, je n'ai pas que cette boite à chaussures. J'ai aussi cette petite chose, dit-elle en montrant la petite balle de Quidditch et ma paire de lunettes m'appartient aussi. J'ai aussi ce coffre à Gringotts que le ministère m'a ouvert et sur lequel chaque année on a versé cinq cents gallions. Sans oublier bien sûr, la clé du coffre.
Rémus fut soudain très soulagé. Financièrement, il n'aurait pas de problèmes, même s'il venait à refuser le poste que Dumbledore lui offrait à Poudlard (ce qu'il ne comptait pas faire mais sait-on jamais?). Et l'aspect financier, c'est bien la seule chose qui l'avait inquiété jusqu'ici. Donc, une fois cette petite contrariété réduite à néant, il put sourire franchement et la prendre dans ses bras d'une étreinte chaleureuse, quoiqu'un peu gênée.
Ainsi enlacé avec elle, il ne s'aperçut pas que pendant une fraction de seconde que les deux adolescents s'étaient dévorés des yeux.
-C'est fabuleux que tu sois de retour en Angleterre!
-Oui, je trouve aussi.
Un petit museau sortit de sa besace en toile.
-Je vous présente Musty, mon furet albinos.
Le fait que tous ses vêtements dussent être rendus au ministère compliqua légèrement les plans de Rémus Lupin qui comptait sincèrement sur l'aspect familier des effets personnels qu'elle aurait pu posséder pour que l'intégration se passe vite et bien.
-Par Merlin! S'exclama une voix derrière eux, oh, je suis sincèrement désolée, Rémus, je vous avais promis que je passerai vous voir pendant les vacances une fois que vous serez installés convenablement mais je n'ai pas pu... Par Merlin, répéta Minerva MacGonagall en apercevant Juliette. Vous ressemblez vraiment à... à James, Juliette!
-Hey, Professeur MacGonagall ! S'écria la jeune femme en se précipitant vers elle, j'avais tellement hâte de vous voir pour de bon ! J'ai conservé toutes vos lettres et... Et vraiment c'est fabuleux de savoir que... que nous allons pouvoir nous voir tout le temps!
-Et nous pourrons vraiment papoter métamorphose toutes les deux! Rit à la limite de l'hystérie la directrice de Gryffondor
Rémus se demandait ce qui le choquait le plus. L'idée qu'il allait vraiment être père et qu'il avait trouvé (un peu grâce à ça, s'il fallait être honnête) un emploi à temps plein à contrat non limité dans le temps, ou le fait de voir sa collègue réputée pour être l'incarnation du flegme britannique dans toute sa splendeur, en train de littéralement jubiler.
Ils sortirent du ministère et Rémus transplana avec Cédric, Minerva avec Juliette jusqu'au chemin de traverse où ils s'assirent chez Florian Fortârome pour déguster une de ces fameuses glaces.
-Étant donné que tu dois rendre tes vêtements au ministère, Jules (= diminutif anglais de Juliet (se prononçant jul'z) d'ailleurs, à partir de maintenant, Juliette s'appellera Juliet parce que c'est vrai que j'avais oublié qu'il y avait un équivalent en anglais), et puisque nous sommes en plein Londres, que penses-tu d'aller te chercher quelques affaires?
-Je veux bien. Mais la seule chose dont j'ai réellement besoin ce serait d'un balai. J'ai économisé assez d'argent pour...
-Tu as économisé de l'argent, comment ça?
-Bah, je fais des paris sur les matchs de Quidditch à l'école. Je parie sur moi, et vu que c'est moi qui gagne...
La lueur d'arrogance si particulière aux Potter s'illumina dans les yeux de Juliet.
-Mais... Des paris entre adolescents, il ne doit pas y avoir de quoi s'offrir un balai! S'étonna MacGonagall qui n'était même pas fâchée contre Jules (c'est pour dire si elle l'appréciait elle qui était habituellement très rigide sur les règlements)
-Et bien, en tout...j'ai économisé...275 gallions, 14 mornilles et 19 noises.
-Tant que ça?
-Oui, je gagne souvent, rajouta-t-elle en faisant un clin d'œil complice à Cédric
