CHAPITRE 2

Publication initiale : 2010

Version corrigée/remaniée : 11 décembre 2013

Notes : J'avais oublié le « disclamer ». Coucou, JKR ! Je n'oublie pas que tout ça est à toi, t'inquiète !


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Charlie sut en l'espace d'une seconde que c'était ce qu'il fallait faire et il répondit donc à la proposition de sa mère par un :

-C'est d'accord! Callisto, marions-nous!

Callisto sursauta et lança à Charlie un regard perplexe, montrant qu'elle ne savait pas si elle devait rire ou s'il attendait une réponse sérieuse.

-Écoute, dit Charlie. Nous sommes amis. Je t'aime bien et je n'ai pas envie que tu t'exiles et encore moins que tu te retrouves à la merci de cette saleté de Mulciber junior. Ça me paraît une excellente solution.

-Mais tu..., balbutia-t-elle, enfin un mariage même blanc ça entraîne beaucoup de contraintes!

-Je t'assure ce n'est vraiment pas un problème pour moi.

-Je trouve que c'est une bonne idée, intervint Bill. Vous êtes amis, vous vous connaissez bien, vous avez même déjà vécu quelques temps ensemble!

Il jeta un regard à George qui opina.

-Si Charlie est d'accord pour te rendre service, tu n'as pas à te sentir gênée d'accepter, Callisto! ajouta Mrs Weasley.

La jeune femme examina très sérieusement Charlie. Voyant qu'il semblait fermement décidé, elle acquiesça lentement.

-Franchement, ça me gêne... souffla-t-elle. T'imposer un tel poids ! Et si tu rencontrais quelqu'un ?

-Il sera toujours possible de divorcer, intervient Percy.

Mrs Weasley lui lança un regard noir mais tout le monde avait tourné la tête vers son troisième fils et personne ne s'en aperçu.

Callisto eut une mimique qui semblait dire « certes ».

-Cela me semble être la meilleure solution pour te mettre efficacement à l'abri à moindre effort, dit Mr Weasley. Et bien sûr, nous allons travailler à faire sauter cette loi... Pas vrai, Percy ? Hermione ?

Les deux jeunes gens hochèrent très sérieusement la tête, déjà plongés dans les méandres d'un raisonnement juridique.

-Okay, souffla alors Callisto. Si tu es vraiment sûr de toi, Charlie...

Ce dernier hocha fermement la tête.

Plus tard, alors qu'une grande partie de la famille avait déjà pris congé, Charlie se tourna vers Callisto qui s'apprêtait à partir elle-aussi.

-Si nous allions prendre un verre quelque part? Proposa-t-il.

-Bonne idée, répondit-elle aussitôt.

-Aux Trois Balais?

-Oui, d'accord!

Ils prirent congé et transplanèrent l'un après l'autre, sous le regard ravi de Mrs Weasley.

A Pré-au-lard, ils choisirent une table et commandèrent chacun une bièraubeurre.

-Mulciber était un rafleur, pas vrai? Demanda Charlie.

-C'est ce que j'ai dit à l'idiote qui m'a reçue au bureau des mariages. Mais par on ne sait quel « miracle », elle imita des guillemets avec ses doigts, le Magenmagot a innocenté cette belle ordure. Donc à leurs yeux, il est blanc comme neige en plus d'être un excellent parti...

Charlie secoua la tête, dégoûté.

-Il violait des filles, Charlie, lui confia la jeune femme.

-Quoi?! s'exclama-t-il.

-Je n'ai pas voulu en parler à ta mère pour éviter de l'inquiéter outre mesure. Mais, tu te souviens du groupe de nés-moldus qui avait réussi à échapper aux rafleurs en mars? Fred et George les avaient ensuite évacués en France.

-Oui, oui je m'en souviens parfaitement.

-Il y avait trois filles parmi eux. Elles m'ont toutes les trois raconté exactement la même histoire. Je préfère te passer les détails.

Elle frissonna.

-Elles ont formellement reconnu Mulciber? Demanda Charlie.

-Eh bien non, malheureusement. Elles n'ont, au contraire, pas vu le visage de leur agresseur. Par contre, elles ont vu sur lui quelque chose qui me permet de t'affirmer que c'est lui. Un tatouage, expliqua-t-elle devant l'air interrogateur de Charlie. Un dragon. Un énorme dragon sur une bonne moitié de son torse. J'ai vu ce tatouage. De mes propres yeux. Juste après qu'on ait passé nos BUSES. Il faisait très beau. Il s'est baigné dans le grand lac juste devant moi. George s'en souvient aussi. Mais cette preuve n'était soit-disant pas valable pour le Magenmagot, justement parce qu'il s'est souvent baigné devant tout le monde et que ces filles auraient pu voir le tatouage à ce moment-là et l'accuser ensuite parce qu'elles savent que son père est un mangemort. Je sais qu'elles n'ont pas menti. Elles se sont confiées à moi, juste après ce qui leur est arrivé. Crois-moi, c'est quelque chose dont je me souviendrais jusqu'à ma mort.

D'un geste protecteur, Charlie recouvrit de la sienne la main que la jeune femme avait posé sur la table.

-Ne t'inquiète pas, lui dit-il. Pas de Mulciber et pas d'exil. On ira au bureau des mariages dès que possible et tout ira bien.

-Je te remercie Charlie, souffla Callisto.

Il sourit.

-On va bien s'amuser, tu verras. Déjà, l'atmosphère sera bien plus joyeuse que quand on était chez mes frères!

-C'est sûr. On y a passé de bons moments quand même! Sourit-elle. Tu te souviens quand on préparait les Potterveilles?

Il sourit.

-Oh! Et la semaine où Mondingus s'était réfugié chez nous!

Ils éclatèrent de rire.

-Mon dieu, tous les soirs, j'implorais la providence pour qu'il s'en aille! Et puis finalement, il m'a presque manqué quand il est parti...

-Presque, souligna Charlie.

-Oui, bon, n'exagérons rien!

-On a déjà cohabité ensemble à Poudlard, aussi, reprit Charlie après un moment de silence.

-Oui! Je me souviens que tu me faisais lever à des heures impossibles pour des séances d'entrainement de Quidditch... Finalement ça a payé puisque tu nous a fait gagner!

-On a gagné tous ensemble! rappela modestement le jeune homme. Combien de buts avais-tu marqué lors de notre final contre les Serdaigles?

-Quelques-uns.

Charlie sourit devant la modestie de sa toute nouvelle fiancée.

-On s'amusait bien à cette époque, sourit-il. Je me rappelle comme si c'était hier de la salle commune de Gryffondor avec la grosse dame,...

-Avec tes frères, on l'a bien fait tourner en bourrique ! On rentrait à des heures impossibles et elle était furieuse contre nous. Mais elle ne nous a jamais balancé à Rusard, ni à quiconque d'ailleurs, ajouta Callisto, pensive.

-Peut-être qu'au fond, elle vous aimait bien, répondit Charlie, tout en se demandant en quoi avaient consisté les balades nocturnes de ses frères et de Callisto.

-Oh oui, sûrement, ironisa Callisto, un peu comme Ginny, qui apprécie beaucoup Fleur, tout au fond d'elle-même.

Charlie éclata de rire.

-Je te rappelle que par notre mariage, toi aussi tu vas devenir la belle-sœur de Fleur!

-Merlin me préserve de cette infamie...! plaisanta la jeune femme.

Charlie finit par raccompagner Callisto jusqu'à son studio situé dans un quartier modeste de Londres, puis il retourna lui-même chez George avec qui il continuait d'habiter.

Le lendemain, Callisto se réveilla assez tôt avec en tête le projet assez déplaisant d'aller rendre visite à sa mère. La veille, Charlie et elle avaient décidé que leur mariage blanc aurait lieu au début des vacances de noël. C'est-à-dire dans deux semaines. Il fallait que Ginny puisse être présente. Ils voulaient à tout prix éviter que tout le monde comprenne que leur mariage était un mariage blanc et il aurait été louche qu'ils ne s'organisent même pas pour que la propre sœur de Charlie puisse assister à la cérémonie. Seulement, ce raisonnement était le même pour la mère de la future mariée, c'est pourquoi celle-ci s'était résolue à aller réclamer sa présence, même si elle n'avait aucun doute sur l'accueil que cette demande allait recevoir.

La mère et le père de Callisto étaient tombés amoureux peu de temps après avoir quitté Poudlard et avaient vécu ensemble jusqu'à l'arrestation de ce dernier, survenue alors que Callisto avait 3 ans. Ce n'était pas un mangemort à proprement parlé. Plutôt ce que les moldus aurait appelé un « collabo ». Callisto n'aimait pas trop penser à lui. Il était mort à Azkaban. Son arrestation avait eu des conséquences douloureuses pour la mère de la jeune femme. Rejetée, traitée en paria car elle était la femme d'un traître, elle avait fui. Étant née de parents moldus, elle n'avait eu aucun mal à trouver refuge dans le monde moldu et avait définitivement tourné le dos à la communauté sorcière, cessant même de pratiquer la magie. Callisto était restée pour elle l'enfant de la honte, qu'elle avait eu avec un salaud. La preuve vivante de sa stupidité pour être tombée amoureuse d'un être méprisable. Auprès de cette mère aigrie, l'enfance de Callisto n'avait pas été très heureuse. Jamais, elle n'avait reçu le moindre amour de la part de sa mère. C'est pourquoi, à 17 ans, elle lui avait définitivement tourné le dos, et s'était réfugiée chez les jumeaux Weasley alors que la seconde guerre commençait.

Trois ans après, Callisto se sentait très mal à l'aise de venir frapper à la porte de sa mère dont elle n'avait plus eu aucune nouvelle. La petite maison de banlieue était en tous points conforme à ses souvenirs. La femme qui vint lui ouvrir n'avait pas changé non plus : toujours le même air revêche, puis la même expression dégoûtée à la vue de sa fille unique.

Sans un mot, elle fit entrer Callisto dans la maison et la conduisit jusqu'au salon.

-Qu'est-ce que tu veux? Attaqua-t-elle, sans attendre.

-Moi aussi, je suis contente de te revoir, maman.

-Viens-en donc au fait.

-Eh bien, il semble que tu aies reçu la visite de fonctionnaires du ministère de la Magie, ces derniers temps, n'est-ce pas?

Pour toute réponse, Jane Barton fronça le nez de dégoût.

-J'imagine qu'ils t'ont expliqué pourquoi ils venaient te poser des questions?

-Oui, cette stupidité de loi sur le renouvellement de la population sorcière.

-Oui, c'est ça. Je suis concernée par cette stupidité comme tu le dis si bien. Ils veulent me marier à un sale type. D'ailleurs, à ce propos, je te remercie de leur avoir dit que tu avais rompu tout lien avec notre communauté. C'est grâce à ça qu'ils ont pu me faire entrer dans le champ d'application de leur loi malgré le fait que j'ai une mère sorcière encore vivante.

-Je n'ai fait que dire la vérité, se renfrogna son interlocutrice.

-Je vais me marier avec quelqu'un d'autre, lança Callisto de but en blanc. Pour échapper au fiancé que le ministère m'a choisi.

-Et alors, en quoi ça me concerne?

-C'est un mariage arrangé, maman. Mais on voudrait que ça ne se sache pas trop. C'est pour ça que ça serait bien que tu y assistes, toi, ma propre mère. Pour que ça fasse plus vrai, tu comprends?

Sa mère lui renvoya un de ses horribles sourires sarcastiques qui la faisait ressembler étrangement au très peu regretté Severus Rogue.

-Tu plaisantes, j'espère? Hors de question que je participe à cette mascarade! Qu'est-ce que ça peut me faire que tu te maries au premier idiot qui passe?

-Eh bien, ça te concerne parce que si je ne le fais pas, je vais être exilée pour avoir refusé de me marier avec l'autre idiot qu'ils m'ont réservé! S'exclama Callisto qui commençait à être agacée par la totale indifférence de sa mère. Tu es prête à m'accueillir sous ton toit, si je suis exilée du monde sorcier pour 5 ans? demanda-t-elle sur un ton brusque.

Jane Barton éclata de rire, se leva et alla ouvrir la porte d'entrée.

-Tu as quitté cette maison définitivement il y a trois ans, il me semble? Et bien, débrouille-toi donc, pauvre idiote! Tu n'as jamais rien compris à la vie, ma pauvre fille! Je ne veux plus te voir traîner ici!

Au lieu de sortir par la porte que sa mère tenait grande ouverte, Callisto préféra transplaner pour mettre le plus de distance possible entre elle et cette vieille folle.

Elle atterrit dans l'arrière boutique du magasin de farces et attrapes Weasley et Weasley, où elle travaillait encore quelques jours par semaine, pour emballer les colis. Il était tôt et ni Georges, ni Ron n'étaient arrivés.

Cela lui laissa le temps de se calmer un peu. Elle tremblait encore de rage.

Depuis bien longtemps, elle ne se faisait plus d'illusions à propos de sa mère, que de longues années passées à se complaire dans la rancœur avaient rendu terriblement aigrie. Mais chaque rencontre avec elle n'en était pas moins difficile. Rien ne pourrait plus venir adoucir le ressenti de cette feùùe envers les sorciers qui l'avaient rejetée et envers Callisto qu'elle avait eu sous les yeux chaque jour pendant 8 ans pour lui rappeler son humiliation.

-Qu'elle reste donc terrée chez les moldus à ressasser ses vieilles rancœurs, pensa à haute voix Callisto. Vieille aigrie !

-Toi, tu as été voir ta mère, dit une voix derrière elle, la faisant sursauter.

-On ne peut rien te cacher ! répondit à la jeune femme en souriant à Georges qui venait d'entrer dans la boutique sans qu'elle ne l'ai vu.

-Alors, comment se porte la vieille harpie?

-De plus en plus vieille et de plus en plus harpie … soupira Callisto.

-Je crois qu'il y a une malédiction qui pèse sur la famille Barnton : toutes ses membres féminins sont condamnés à devenir de vieux dragons désagréables, à peine passée la trentaine !

Callisto éclata de rire.

-Salaud ! Protesta-t-elle en lui lançant un carton à la figure.

Plus tard, Callisto était en train d'emballer les centaines de commandes qui devaient partir ce jour-là, pour la plupart à destination de Poudlard, lorsque Charlie entra dans l'arrière boutique.

-Tiens! Bonjour! Le salua-t-elle. Déjà rentré du boulot?

Charlie avait soutenu Georges après la mort de Fred en travaillant avec lui à la boutique de farces et attrapes pendant quelques mois. Puis il l'avait laissé aux bons soins de Ron et, désireux de ne pas trop s'éloigner de sa famille, s'était trouvé une place dans une réserve de dragons au Pays de Galles, où il se rendait en transplanant tous les matins.

-J'ai pris un après-midi de congé, expliqua le jeune homme. En fait, je leur ai dit que je viens de me fiancer. Ils sont tous très contents.

-Ah bon? C'est gentil de leur part.

Charlie éclata de rire.

-Ils ne sont pas seulement contents pour moi, expliqua-t-il. En fait, je suis le premier éleveur de dragons qu'ils connaissent qui ne va pas finir vieux garçon, alors ça leur donne de l'espoir!

Callisto rit à son tour.

-On pourrait peut-être leur présenter quelques bons partis, suggéra-t-elle.

-Ah oui, qui donc?

-Oh Mimi Geignarde, ça me paraît bien pour commencer.

Charlie pouffa.

-Dis donc, ça rigole beaucoup par ici mais ça en fait pas des masses, intervint Ron venu s'approvisionner dans l'arrière boutique.

-Pas d'inquiétude, patron, répondit Callisto en lui faisant un salut militaire moldu. Charlie va m'aider, pas vrai Charlie?

L'intéressé approuva vigoureusement, la perspective de passer l'après-midi en compagnie de celle qu'il allait bientôt épouser lui faisant vraiment plaisir. Charlie se sentait bien en présence de la jeune femme.

Il avait fréquenté pas mal de filles, à Poudlard et après, notamment quand il travaillait avec son père au ministère avant de partir en Roumanie, mais jamais il n'avait autant apprécié la compagnie de quelqu'un. Elle était amusante, spontanée et capable de soutenir n'importe quel style de conversation. Il l'avait déjà vu parler gestion avec Ron et plaisanter quelques secondes après avec Georges sur les fesses d'une jolie cliente. Elle pouvait parler pendant des heures de cuisine avec la mère de Charlie, bien qu'il ne l'ait jamais vu elle-même cuisiner. Elle pouvait discuter pendant des heures avec Hermione à propos d'obscurs sujets tels que la révolte des gobelins ou la législation sorcière au Pakistan. Même Percy ne semblait jamais mal à l'aise en sa compagnie, fait rarissime.

En plus de cela, il aimait son côté débrouillard, le fait qu'elle soit aussi à l'aise sur un balai pendant un match de quidditch que brandissant sa baguette magique face à des mangemorts aux intentions meurtrières. Elle n'avait besoin de personne pour s'en sortir dans la vie mais était toujours prête à venir en aide aux autres. Charlie essaya de ne pas la regarder trop amoureusement quand elle commença à lui parler de l'appartement qu'ils feraient bien de louer ensemble. En effet, ils ne pouvaient pas continuer à habiter chez Georges alors qu'ils étaient censés être un couple marié et le studio qu'habitait la jeune femme était vraiment trop petit pour y vivre confortablement à deux.

-Ce serait quoi, l'appartement idéal pour toi? Lui-demanda-t-elle, tout en continuant d'emballer d'un geste expert des filtres d'amour commandés par de jeunes étudiantes en fleur.

-Hum, réfléchit le jeune homme, j'en voudrais un assez grand pour pouvoir y abriter un dragon.

-Un mâle ou une femelle? Demanda-t-elle en entrant dans son jeu.

-Les deux! Comme ça on pourra faire un élevage! Et toi, qu'est-ce que tu voudrais dans notre appartement?

-Un jacuzzi! Un immense jacuzzi qui fait plein de bulles! Comme celui de la salle de bain des préfets à Poudlard!

-Tu as été préfète? S'étonna Charlie.

-Non, répondit-elle d'un air amusé avec un petit sourire en coin.

Après avoir fini les emballages de la journée, ils épluchèrent les petites annonces de la Gazette du sorcier à la recherche d'un logement.

Le soir, lorsqu'ils se séparèrent après avoir envoyé plusieurs hiboux à des propriétaires d'appartements, Callisto était contente. Charlie était la personne idéale pour ce faux mariage, se dit-elle. Il était facile à vivre, plein d'humour et et de fantaisie et elle se sentait toujours à l'aise en sa compagnie. Elle se dit que la vie avec lui ne risquait pas d'être désagréable.

Le soir-même alors qu'elle venait de s'asseoir dans son fauteuil avec un bon livre, un magnifique hiboux grand duc vient frapper à sa fenêtre. Lorsqu'elle le fit entrer, il se posa sur l'un des rebords du fauteuil et lui tendit la patte, où était attachée une lettre adressée à la jeune femme. De plus en plus stupéfaite à mesure qu'elle en découvrait le contenu, Callisto l'a lu.

Chère Callisto,

C'est avec ravissement que j'ai appris aujourd'hui que c'est toi que le ministère de la magie a choisi de me donner pour femme. Je ne te cache pas que j'éprouve un grand plaisir à la perspective de notre union future. Tu présentes en effet toutes les qualités qu'un homme de ma condition peut espérer trouver chez son épouse : tu as une apparence très séduisante, tu as une intelligence suffisante et surtout tu es d'une lignée très noble, la dernière descendante de l'intéressante famille des Gamp! D'ailleurs, j'ai bien réfléchi et je pense qu'il serait judicieux que l'on donne ton nom de jeune fille à notre future progéniture plutôt que le mien, ils ne pourront qu'être honorés de porter un nom entouré d'ancienneté et prestige.

Il serait souhaitable que nous nous rencontrions au plus tôt pour fixer les modalités de notre future union. J'ai d'ores et déjà réservé une table au Trois Balais, à Pré au Lard pour demain, je t'y attend à partir de 13 heures.

Bonne soirée, chère future épouse, je me languis de m'afficher à tes côtés!

Yardley Mulciber.

-Non mais quel imbécile, celui-là! S'exclama-t-elle lorsqu'elle eut fini de lire la missive de celui avec lequel le ministère voulait tant la marier. Tant de stupidité dans une seule et même personne, ce n'est pas humain! Bougonna-t-elle. Donner mon nom à notre future progéniture... Je ne porte même pas le nom de mon père, imbécile ! Éructa-t-elle.

Elle replia la lettre de Mulciber et appela sa propre chouette. Elle écrivit ensuite une courte lettre et la confia à la chouette avec ordre de l'apporter à Charlie Weasley.

Quelques minutes plus tard, ce dernier recevait le courrier suivant :

Cher Charlie,

S'il te plait, lis la lettre que je t'envoie sous ce plis et que je viens de recevoir. Tu comprendras pourquoi je tiens à te dire: MERCI, merci de tout cœur! Je mesure encore mieux l'ampleur de l'enfer dont tu me sauves et je t'en serai éternellement reconnaissante !

Callisto.

Puis, la jeune femme dut à nouveau prendre sa plume car le messager de Yardley Mulciber s'était installé dans son salon, apparemment pas du tout décidé à en bouger avant qu'elle ne lui ait confié une réponse à apporter à son maître. Elle rédigea donc la missive suivante :

Salut Yardley,

Navrée, mais je me vois contrainte de décliner ton invitation pour demain. Il y a deux raisons pour lesquelles je refuse ce rendez-vous et tout autre que tu pourrais avoir l'idée de me proposer.

La première, c'est que je me suis fiancée hier, avec Charlie Weasley. Et, parce que j'entends d'ici tes protestations, je me permet de t'expliquer que je suis parfaitement en droit de faire cela car la loi qui a servi au ministère à nous fiancer dispose que nous avons un délai de 5 mois avant de décider d'accepter ce mariage arrangé ou de choisir l'exil et que durant ce délai nous avons tout loisir de nous marier avec quelqu'un d'autre, ce qui rend les fiançailles arrangées caduques. Je t'annonce donc par la présente que Charlie et moi allons nous marier courant décembre et qu'à cette occasion, le ministère te trouvera une autre fiancée, qui, et j'en suis désolée pour toi, appartiendra sûrement à une famille non encore décimée par la consanguinité ! Crois-moi, je compatis à ta déception.

La seconde raison pour laquelle je décline toute invitation de ta part, c'est que même si je n'avais pas eu la chance de pouvoir me marier avec quelqu'un d'autre dans le délai de 5 mois qu'on m'a laissé, j'aurais préféré l'exil plutôt que de me retrouver liée à un être tel que toi. Sache que je suis au courant de toutes les horreurs que tu as commises pendant l'année des Ténèbres et que même si la justice magique a eu la faiblesse de te blanchir, à mes yeux tu n'es qu'un mangemort qui mérite le même sort que tous les autres.

Je te serais gré de ne plus m'importuner.

Callisto Barnton (qui n'a jamais portée le nom de Gamp...)

C'est en oscillant entre le dégoût en pensant à Yardley Mulciber et un soulagement infini à l'idée que c'est avec Charlie qu'elle allait s'unir, même si c'était pour de faux, que Callisto alla finalement se coucher, épuisée.

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, dans un appartement sur le chemin de Traverse, deux hommes étaient penchés sur les deux lettres que la chouette de la jeune femme venait d'apporter à l'un d'eux. Les poings serrés, Charlie manifestait une forte envie d'aller sur le champ refaire le portrait à Yardley Mulciber. Contrairement à son habitude, George entreprit de le calmer. Le seul de ses arguments qui fit mouche était le fait que c'était avec Charlie que Callie allait finalement se marier et qu'à partir de là, ce dernier pourrait la protéger contre des abrutis de la trempe de Mulciber. Charlie en oublia immédiatement sa rage contre Mulciber, ses pensées dérivant vers sa future vie aux côtés de la fille dont il était fou amoureux.

Depuis qu'ils s'étaient mis d'accord la veille sur cette histoire de faux mariage, Charlie avait pris la décision de ne pas lui dire ce qu'il ressentait pour elle, de continuer à jouer la carte de l'amitié. En effet, il craignait plus que tout de la mettre mal à l'aise ou pire que tout qu'elle se sente obligée, par reconnaissance envers lui, de feindre des sentiments qu'elle n'éprouvait pas. Ils avaient convenu de rester mariés 5 ans, au-delà desquels leur mariage blanc permettrait à Callisto de ne plus être concernée par la loi sur le renouvellement de la population sorcière. Charlie se dit qu'en 5 ans, il aurait bien le temps d'aviser...

A SUIVRE ...