Chapitre Deux
Dans le présent, quelque part dans l'univers
« Tu es sûre que ça devrait faire ça ? » demanda Ian à sa sœur.
« Mais oui, ne t'inquiète pas ! » répliqua Donna, sans prêter attention aux bips alarmants du TARDIS.
Elle continuait à appuyer sur divers leviers lorsque soudain, une vive lumière blanche envahit le vaisseau et celui-ci fit une embardée. Les deux enfants se retrouvèrent projetés en arrière et entendirent un bruit étrange et inquiétant, comme si l'univers lui-même gémissait. Pendant un moment qui leur sembla durer des heures, ils ne purent pas se relever tant le TARDIS les ballottait en tous sens.
« Je pense quand même que ça n'était pas censé faire ça ! » hurla Ian en s'agrippant fermement à la console du vaisseau.
« Tu parles, c'est à peine pire que quand c'est papa qui conduit ! » rétorqua Donna.
Un grand choc ébranla toute la structure du TARDIS, et le vaisseau s'immobilisa enfin. Les deux enfants se relevèrent péniblement et s'approchèrent de la porte, tandis que l'interface maugréait dans son coin au sujet des adolescents et de leur irresponsabilité. Ignorant les grommellements du TARDIS, Donna et Ian entrouvrirent la porte et regardèrent à l'extérieur.
Ils se trouvaient au beau milieu de l'espace, à des années-lumière de la planète la plus proche pourtant, ils s'étaient encastrés dans une cabine de police qui flottait là.
« Attends un peu, Donna… ça ne serait pas le TARDIS originel, ça ? Tu sais, celui qui appartient au double de papa ? » demanda Ian.
« Mais qu'est-ce qu'il ferait dans notre dimension ? Tu sais bien qu'il n'y a plus aucun moyen de passer d'un univers à l'autre ! » répondit Donna, perplexe.
Pendant ce temps, dans l'autre TARDIS…
« Qu'est-ce que tu as encore fait, Jack ?! » s'écria le Docteur lorsqu'une violente secousse agita le TARDIS.
« Mais rien ! Et pourquoi ce serait de ma faute, d'abord ? Ce n'est pas moi qui conduis je te signale ! Je n'étais même pas dans la salle de commandes ! » répliqua Jack en entrant dans la salle principale du vaisseau.
« Qu'est-ce que ça peut bien être, alors ? » s'interrogea le Docteur.
« Ça venait de dehors, non ? » fit remarquer Jack.
Le Docteur acquiesça.
« On devrait aller voir. »
Il se saisit de son long manteau brun, posé négligemment dans un coin, avant d'ouvrir la porte du TARDIS de façon théâtrale. Il s'arrêta net lorsqu'il vit la raison du choc : un autre TARDIS, semblable à un voilier, avec deux jeunes adolescents à son bord, les avait heurtés. Mais que faisait donc un autre TARDIS dans cette dimension ? Cela n'était pas normal, pas plus que l'âge de ses pilotes ils étaient bien trop jeunes pour savoir diriger un vaisseau.
Il y eut un long moment de silence, durant lequel le Docteur et les deux enfants se regardèrent, stupéfaits. Ce fut Jack qui le brisa :
« Salut ! »
Le Docteur fit volte-face.
« Ne t'avise même pas d'y penser ! » s'écria-t-il vivement.
« Mais… Je disais juste bonjour ! » répliqua Jack, vexé. « Je ne flirtais pas ! Ils sont un peu trop jeunes pour moi, quand même, » ajouta-t-il en plaisantant.
« Pa… Papa ? » lâcha Ian, qui venait tout juste de recouvrer l'usage de la parole.
« Quoi ? » s'exclama le Docteur.
Jack se tourna vers son ami : « On dirait bien que tu m'as caché des choses, Doc… »
Le Docteur l'ignora et regarda plus attentivement les enfants. C'est alors qu'il comprit : il devait s'agir des enfants de Rose et de son 'double' – cela expliquait à la fois le « papa », les traits familiers des jeunes adolescents, et le TARDIS-voilier. Mais que faisaient-ils donc dans cette dimension ?
Le Seigneur du Temps eut un mauvais pressentiment qui se confirma lorsqu'il aperçut la déchirure dans l'espace-temps, derrière l'autre vaisseau. Voilà pourquoi il ne fallait jamais confier son TARDIS à des enfants, pensa-t-il. Ça finissait par mettre en péril l'univers tout entier. En soupirant, le Docteur fit entrer les deux enfants à bord de son propre vaisseau. Ils devraient avoir une petite discussion au sujet de leur arrivée dans cet univers.
« Donc, vous êtes les enfants de Rose et de… du Docteur ? » demanda le Docteur lorsque les enfants eurent fini de se présenter et de raconter rapidement leur histoire. « Et vous avez décidé de partir seuls à bord du TARDIS de vos parents ? »
« En résumé, oui, » admit Donna.
« Mais est-ce que vous vous rendez compte de votre irresponsabilité ? » s'écria le Seigneur du Temps. « Vous avez créé une faille dans le tissu de l'espace-temps ! Et vous mettez tous les univers en danger à cause de ça ! »
« On ne savait pas, » s'excusa piteusement Ian.
Le Docteur soupira.
« Il va falloir que je règle tout ça, maintenant. »
Il hésita un instant, puis demanda : « Au fait… Comment vont vos parents ? »
Il ne pouvait pas ne pas poser la question. La dernière fois qu'il avait vu Rose remontait à une dizaine d'années, mais il continuait de penser à elle presque quotidiennement. Il avait beau se dire qu'elle était heureuse avec son double dans leur dimension parallèle, elle lui manquait toujours autant.
« Ils vont bien, » répondit Donna.
« Enfin, ils allaient bien avant de découvrir qu'on était parti avec le TARDIS, » chuchota Ian en grimaçant.
Le Docteur voulut poser d'autres questions, demander des détails, mais il ne savait pas par où commencer. Il finit par soupirer et dit aux enfants :
« Bon. Il faut qu'on répare votre bêtise. Pour cela, j'aurais besoin que vous alliez me chercher tous ces objets… »
Il sortit une liste de sa poche et la tendit à Donna, tout en lui indiquant rapidement où ils pourraient trouver les différents objets. A la vérité, il n'en avait pas tellement besoin, mais souhaitait simplement se retrouver seul quelques instants pour assimiler tout ce qu'il venait de se passer.
« Mais… » commença Ian.
« Pas de discussion, » l'interrompit le Docteur. « On a déjà perdu assez de temps comme ça. »
Donna prit son frère par le bras et le traîna à sa suite dans le dédale de couloirs du TARDIS, laissant le Docteur et Jack seuls dans la salle de commandes.
Dès que les deux enfants furent partis, le Docteur s'appuya lourdement sur la console du TARDIS.
« Ça va, Docteur ? » demanda Jack en s'approchant de son ami.
« Oui, tout va bien, » répondit ce dernier, d'un ton fort peu convaincant.
« Doc… » soupira Jack. « A d'autres peut-être, mais pas à moi. »
Le Capitaine voyait bien que ça n'allait pas – ce qui était compréhensible : le Docteur avait toutes les raisons d'être bouleversé. Voir les enfants que l'on aurait pu avoir si l'histoire s'était déroulée autrement, cela perturberait n'importe qui.
« Ils lui ressemblent tellement, » lâcha le Docteur. « Et ils… ils me ressemblent aussi. Enfin, ils ressemblent à mon double. »
Il poussa un long soupir.
« Ils me la rappellent. En fait, ils me rappellent ce que… ce que j'aurais pu avoir. C'est plus dur que ce que je pensais. »
Jack posa sa main sur l'épaule du Docteur, dans l'espoir de le réconforter. Il savait que son ami ne s'était jamais vraiment remis de la perte de Rose, et il aurait aimé pouvoir faire plus pour le consoler mais il ne savait pas vraiment comment s'y prendre et avait peur de se faire rejeter si jamais il essayait de prendre le Docteur dans ses bras.
« Je suis désolé, » finit-il par dire.
Les mots sonnaient creux, mais le Docteur hocha la tête avec reconnaissance.
« Merci. »
Merci de nous lire !
Pour l'instant, l'histoire est prévue en onze chapitres (ça évoluera peut-être au fil de l'écriture).
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