Hey ! Je vous retrouve pour le deuxième chapitre de The Meeting qui j'espère vous plaira toujours

Warning : mention de violence mais aucune scène explicite.

Rating : M pour plus tard, ce chapitre n'en a pas tellement besoin (quelques mots grossiers par ci par là sinon)

Paring : Casmund (Caspian x Edmund) et Lucy x OC

Bêta : Toujours Colette ! kiss sur toi si tu passes par là !

Disclaimer : Je ne fais qu'emprunter les personnages de C.S Lewis

Je crois avoir tout dis, bonne lecture alors !


6h30. Se lever.

6h33. Prendre sa douche et ramasser les vêtements délaissés de Susan au sol pour les jeter dans le bac.

6h48. S'habiller avec l'uniforme de l'école en essayant de ne pas lever les yeux au ciel devant l'emblème sur son pull.

6h50. Arriver dans la cuisine sans croiser Peter et manger son petit déjeuner rapidement.

6h51. Saluer Lucy pour éviter d'avoir un café salé le lendemain.

6h58. Fuir la cuisine et enfiler ses chaussures rapidement.

6h59. Attendre Lucy.

7h00. Partir pour l'école.

Le programme d'Edmund le matin était réglé comme du papier à musique. Une chorégraphie qu'il avait l'habitude d'effectuer depuis plusieurs années maintenant, une danse qu'il n'abandonnait jamais et qui le laissait à moitié réveillé pendant la demi-heure à se préparer. Un état de semi-conscience dont Ed avait besoin pour supporter les moments où il ne pourrait plus faire semblant d'être réveillé.

Sa routine était la même, chaque matin, chaque journée et pourtant il y avait un côté rassurant à savoir à quoi s'attendre malgré tout.

C'est sûrement pourquoi Edmund ne s'attendait pas qu'une journée aussi routinière que celle-ci finisse aussi étrangement pour lui.

Sa journée s'était passée sans incident, rien qui ne sortait de l'ordinaire à l'école, rien qui ne le conduise à penser que l'école était pire ou meilleure que les autres jours. Les mêmes profs chiants avec les mêmes élèves bruyants et inutiles. La même dernière balade avec Lucy alors qu'ils rentraient ensemble à l'appartement. Le même Peter qui les attendait devant l'entrée les bras croisés.

Non, attendez. Peter ne les attendait jamais comme ça. Il les attendait parfois, oui mais dans ces cas-là, il restait dans le salon pour bondir dès que la porte s'ouvrait. Là, il donnait juste l'impression d'être resté ainsi pendant des heures dans l'attente de voir son petit frère et sa petite sœur rentrer de l'école.

Inconsciemment, Edmund déglutit devant le regard sombre de Peter. Que s'était-il passé ? Pourquoi est-ce qu'il ne le sentait pas ? Et pourquoi son misérable instinct de survie réagissait de la seule manière qu'il connaissait ? En lui ordonnant de courir loin.

Toutefois, Edmund résista à l'envie folle de courir loin d'ici pour comprendre ce qu'il se passait avec son frère. Il resta là, planté devant la porte d'entrée désormais fermée, avec Lucy à côté de lui, prête à l'aider. Au moins il pouvait s'estimer heureux d'avoir sa petite sœur comme soutien, avec un peu de chance Peter tenait suffisamment à Lucy pour ne pas provoquer le chaos devant elle.

Peine perdue. Peter était toujours devant eux et désormais il s'approchait, menaçant et rempli de rage au vu de ses tremblements. Il lui suffirait d'avancer d'encore un pas pour être collé à Edmund mais le grand frère décida de briser la distance autrement. Il attrapa le bras d'Edmund et le tira derrière lui jusqu'à sa chambre où il claqua la porte. Un message clair pour tout le monde et qui indiquait l'interdiction de les déranger.

La chambre de Peter était grande, sûrement la plus grande de l'appartement, et ce n'était pas le lit, le bureau et l'armoire qui allait briser cette impression de grandeur. Composé seulement de ces trois meubles, la chambre était pourvue d'espace vide qui rendait terrifiant chaque pas : aucune endroit où se cacher ou à utiliser pour se sortir d'un mauvais pas.

Edmund était seul, et il commençait à s'en rendre compte difficilement. Il ne put s'empêcher de déglutir pour cacher sa nervosité alors qu'il faisait face à son frère qui n'avait pas quitté son aura menaçante.

Edmund attendit. Il attendit les premiers mots de son frère. Il attendit ses premiers gestes pour comprendre ce qui allait lui arriver. Il attendit la fin de tout ceci.

Le temps semblait s'écouler lentement alors que les deux frères se jaugeaient du regard, pourtant un coup d'œil en direction de l'horloge murale suffit au plus jeune pour se rendre compte de la demi-heure passée. Trente minutes à attendre que le temps passe et sans aucune possibilité de fuir quoi que ce soit.

Si Edmund se plaignait de la lenteur du temps passé depuis son entrée dans cette chambre, ce ne fut pas le cas pour la demi-heure qui suivit. Il n'avait passé qu'une heure dans la chambre dont la moitié à fixer un point sur le visage de Peter. Pourtant quand Edmund en ressortit, il boitait et donnait l'impression d'avoir passé la nuit entière dans une mauvaise position après une journée bien malheureuse.

Il boitait et le bleu presque noir à son genou n'était pas étranger à ce phénomène alors que le brun tenait ses côtes douloureuses en se traînant dans la salle de bain. La seule pièce accessible avec un verrou dans l'appartement et qui lui permettrait de fuir son frère pendant un instant.

Le temps de se déshabiller et de se retrouver face au miroir pour assister à son reflet couvert de bleus et de traces rouges où la poigne trop serrée de Peter avait laissé des marques. Encore tremblant de peur du temps passé avec Peter, Edmund rentra dans la douche en espérant que l'eau chaude suffise à détendre ses muscles crispés de l'attente du prochain coup.

L'eau chaude ne lui fit pas du bien mais au moins elle n'aggrava pas son cas et quand il sortit de la salle de bain, habillé d'un jean qui traînait là et de sa chemise d'uniforme, rien ni personne ne pouvait deviner ce qu'il cachait en dessous.

Heureusement pour lui, Edmund rentra dans la cuisine où l'attendait Lucy avec une assiette encore fumante du repas qu'elle avait tenu à préparer et conserver pour lui. D'un sourire crispé, il la remercia avant de s'asseoir délicatement sur la chaise dure tout sauf confortable.

Il n'avait pas besoin de parler pour que Lucy sache ce qu'il s'était passé, néanmoins elle ne dit rien. Avec un peu de chance, si rien n'était dit à voix haute, Edmund pourrait oublier plus facilement ce qu'il s'était passé durant cette dernière heure.

Un seul regard vers sa sœur suffit à Edmund pour comprendre qu'elle avait compris le vrai problème : mal soignés, les bleus allaient le faire souffrir douloureusement pendant un trop long laps de temps. Malheureusement pour le moment, Edmund ne pouvait rien faire, il n'y avait plus aucune pommade ni crème dans l'armoire à pharmacie et il était hors de question d'envoyer sa petite sœur se promener dans Londres de nuit pour un pot de crème qu'il trouverait bien le lendemain.

Sûr de cette idée, Edmund aida sa petite sœur comme tous les soirs avant d'aller se coucher. Pour une fois, il ne chercha pas à parler à Purple pendant des heures, au contraire, il coupa court à la conversation. Edmund ne souhaitait qu'une chose, c'était de dormir et d'oublier pendant quelques heures le regard fou que lui avait lancé son frère.

Couché sur le dos, les bras ballant de peur de la douleur provoquée quand il les relevait vers le dessus de sa tête, Edmund regardait le plafond d'un air absent. La pièce était plongée dans le noir, Lucy dormait profondément et lui attendait que le temps passe. Un coup d'œil sur les nombres rouges du réveil indiqua l'heure à Edmund : 23h04. Et la douleur ne le quittait pas une seule seconde : son genou, ses côtes et son ventre servaient d'aiguillon pour l'empêcher de sombrer dans un sommeil réparateur.

Grognant devant la seule décision qu'il lui restait, Edmund se leva et retira rapidement son pyjama pour enfiler un boxer suivi d'un jean, d'un tee-shirt et d'un sweat à capuche. Utilisant la lumière de son portable comme lampe-torche, le brun récupéra de l'argent et ses clés avant de sortir sur la pointe des pieds de la chambre.

Tout aussi discrètement, Edmund atteignit la porte d'entrée devant laquelle il récupéra ses baskets, qu'il préféra enfiler sur le palier pour ne rien risquer de la colère de Peter ou de Susan.

Enfin habillé pour sortir, Edmund fila dehors pour prendre une grande inspiration d'air frais et profiter du doux vent sur son visage. Toujours boiteux, il prit la direction de la pharmacie qui était ouverte 24h/24 et 7j/7, elle se trouvait dans un quartier dont la réputation n'était plus à faire et où parfois une bande de gaze et un désinfectant en urgence pouvait sauver la vie d'un jeune délinquant.

Si d'ordinaire, Edmund avait l'habitude de ne pas traîner dans ce quartier ni de jour et encore moins de nuit, mais à situation désespérée, mesure désespérée.

La capuche rabattue sur son visage et les mains dans ses poches, Edmund se faisait le plus discret possible et marchait aussi rapidement que sa jambe blessée pouvait le lui permettre. Il se doutait bien que dans son état, si quelqu'un cherchait à lui extorquer quelque chose, il ne pourrait que le lui donner tremblant ou il risquait d'aggraver encore un peu plus son état.

Avec un peu de chance, Edmund boitait suffisamment pour qu'on croit qu'il avait déjà été volé et on lui ficherait la paix jusqu'à la pharmacie.

Enfin, après une bonne quinzaine minutes de marche, Ed aperçut le néon vert représentant le caducée de la pharmacie. Avec un petit sourire victorieux, le brun traversa la route pour rejoindre son objectif. C'est sûrement à cause de sa focalisation sur la boutique qu'Edmund ne vit pas la voiture noire sortir d'un passage pour foncer droit sur lui.

Il ne pensa à rien de particulier quand ses yeux captèrent la lumière aveuglante des phares de la voiture et qu'il bondit sur le côté pour s'éviter une fin de soirée encore plus pourrie que son commencement.

Sa rencontre avec le sol du trottoir fut brutale et son genou le lui fit bien payer en le lançant sévèrement et le forçant cette fois-ci à s'asseoir quelques minutes pour l'étendre et espérer calmer la douleur.

Au moins il n'allait pas faire dans le cliché et avoir le droit à une rencontre fracassante avec le chauffeur de la voiture ou avec un sauveur inconnu pour qui il aura des sentiments passionnés et destructeurs. Nan, au lieu de ça, il était son seul sauveur et le seul objet de ses sentiments passionnés serait son corps tout entier qui lui faisait payer son acrobatie.

Grommelant dans sa barbe inexistante, Edmund finit par se relever péniblement puisqu'il semblait incapable de plier son genou droit qui devrait être complètement noir de bleus maintenant.

Les quelques secondes qu'il lui fallut pour finir debout sur ses deux jambes parurent bien longue à Edmund, encore plus quand il se rendit compte qu'un homme l'observait à quelques pas.

Génial, il était devenu l'attraction de la soirée pour un illustre inconnu. Edmund tapota ses mains sur ses cuisses pour retirer la poussière et les quelques gravats qui s'étaient incrustés dans sa peau avant de remettre sa capuche, tombée en même temps que lui.

Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers l'inconnu avant d'accomplir sa mission de sa soirée : acheter sa putain de pommade à la pharmacie et rentrer chez lui pour dormir. Las de cette soirée, Edmund expédia ses courses, il prit la pommade la moins chère et s'en alla à la caisse sans un regard pour l'ombre devant la pharmacie qui semblait attendre quelque chose.

Une fois ses courses bien à l'abri dans la poche ventrale de son sweat, Edmund sortit aussi rapidement que son genou le lui permettait. Bordel il devait faire pitié à voir. La tête basse et fatiguée, Edmund sentit trop tard que quelqu'un avait attrapé sa capuche et le retenait.

La brusque tension sur son sweat et son équilibre précaire sur ses jambes firent qu'Edmund se sentit tomber en arrière. Enfin la sensation de chute ne dura que quelques secondes avant qu'il ne sente un torse chaud et vivant le retenir d'un bras autour de sa taille et d'une main sur sa capuche.

- Tut…tut… ne t'en vas pas si vite gamin.

Et merde. L'inconnu n'attendait pas n'importe qui devant la pharmacie mais il l'attendait lui. Lui, Edmund Pevensie, un foutu gosse pas assez intelligent pour se dire que sortir après vingt-trois heures c'était peut être une mauvaise idée.

Il était devenu une marionnette entre les mains de cet inconnu alors que celui-ci le bougeait pour qu'Edmund se retrouve face à lui sans qu'il n'ait besoin de lâcher sa capuche.

Son inconnu était grand, au moins une bonne tête de plus que lui et plus large aussi mais ça c'était sûrement dû aux muscles qui tendaient le tee-shirt sous sa veste. Grand, bronzé, cheveux longs et yeux sombres, bordel son inconnu pouvait très certainement faire parti des prétendants de Susan s'il avait l'argent avec son joli minois.

Sur cette pensée, Edmund releva la tête qu'il avait tenu à garder baissée pour ne pas risquer d'aggraver son cas encore plus. Toute son observation s'était faite à travers ses cils et le plus discrètement possible, il l'espérait du moins. Leurs regards se croisèrent et le temps ne s'arrêta pas, Edmund avait toujours aussi froid et toujours aussi mal.

- Alors dis-moi quel est ton nom, gamin ?

- D-Digory … et toi ?

Avec un peu de chance, son ravisseur prendrait son hésitation pour de la peur et non pour un mensonge flagrant. Intérieurement, Edmund remercia Digory Kirke, l'oncle fou de la famille dont il usurpait le nom pour la soirée.

Néanmoins Edmund ne pouvait s'empêcher de provoquer ceux avec qui il parlait et il se retrouva à apostropher son inconnu pour obtenir un nom.

- Moi, gamin, c'est Caspian.


Et voilà c'est tout pour aujourd'hui, promis le prochain chapitre sera un chapitre Casmund !

N'oubliez pas de me laisser une review pour me dire ce que vous en pensez,

Bises