Cet OS se déroule tout à la fin de l'épisode 3 de TWAU ! (spoilers donc)

Bonne lecture :)


GIVE ME A REASON

Snow vit Bigby s'effondrer devant elle. Le loup venait de recevoir une balle en argent et avait titubé quelques secondes avant de s'écrouler. Snow recula et le choc put se lire sur son visage. Malgré le fait que Bigby était censé être plus imposant sous sa forme mi-homme mi-loup, il semblait à présent terriblement vulnérable et sans défense. Bloody Mary, quant à elle, affichait un air fier, tenant toujours le pistolet qu'elle avait pointé sur le shérif avant de tirer.

« C'était un chouette spectacle, susurra-t-elle d'une voix sarcastique, amusée par la situation. Mais, tu sais… Il faut savoir quand s'arrêter. »

Ces paroles prononcées, Bloody Mary ouvrit la portière de sa voiture et en sortit une gigantesque hache celle du Bûcheron. Elle commença à s'avancer vers Bigby, faisant grincer la lame de son arme contre le mur. Son regard était cruel et déterminé elle savait parfaitement ce qu'elle faisait.

Snow resta immobile, choquée et sans mots. Elle ne trouvait pas la force de s'interposer qu'aurait-elle pu faire de toute façon ? Elle ne prêtait plus aucune attention à Crane qui se trouvait derrière elle, le nez en sang et les yeux ternes.

« Tu sais… reprit Mary. On pourrait penser que les balles en argent sur tout sauf sur un pur loup-garou, mais en fin de compte… ce n'est pas le cas. N'est-ce pas Wolfy ? Je veux dire, hé, regardez, je sais que c'est ridicule mais… vraiment les gars, comment pouvez-vous contester ces résultats ? »

Elle fit rouler Bigby sur le dos d'un violent coup de pied, un sourire sadique sur les lèvres.

« Parce que je sais que moi, je ne peux pas. »

Bloody Mary leva la hache, prête à trancher net la tête du loup. Elle était sur le point d'abattre l'arme, mais la voix de Snow la stoppa.

« Attendez, arrêtez ! »

Bloody Mary releva la tête pour faire face à une Snow au bord des larmes. La jeune femme détourna le regard. Ses yeux bleus se posèrent sur Bigby et elle reprit d'une voix tremblante :

« Juste… prenez-le, d'accord ? Prenez Crane. Arrêtez… s'il vous plait. »

Bigby, toujours allongé au sol, couvert de sang, et tenta de regarder Snow dans les yeux.

« Snow… maugréa-t-il faiblement. Ne fais pas ça… »

Bloody Mary tourna la tête vers la voiture dont la vitre venait de s'ouvrir. Après un court instant, elle se remit en face de Snow et ricana.

« C'est ton jour de chance gamine. Le Crooked Man dit que c'est bon pour lui. »

La Fable fit mine de s'éloigner, laissant Snow se précipiter vers Bigby. Elle s'agenouilla devant le loup et posa une main sur son épaule. Elle se sentait impuissante et brisée son ami, l'homme à qui elle tenait surement le plus, était allongé au sol, baignant dans son propre sang. La pluie qui tombait faisait se mélanger eau et sang, et souillait le sol.

Crane, profitant de la situation, commença à s'éloigner. Il fut cependant rappelé par Bloody Mary, toujours aussi sarcastique.

« Hey Ichabod. Tu as mal au ventre ? »

L'intéressé fit demi-tour à contrecœur, passant devant Snow et Bigby pour rejoindre Bloody Mary.

« Oh, et juste parce qu'on est entre filles, ajouta Mary en s'adressant à Snow. Crane n'est pas le tueur. Je veux dire, regarde sa gueule. Il ne pourrait même pas embrocher un cochon même si sa vie en dépendait. »

Snow jeta un coup d'œil à Bloody Mary. Elle n'en avait que faire pour le moment, tout ce qui l'inquiétait était l'état du loup à ses pieds. Elle se mordit la langue lorsque Bloody Mary revint sur ses pas pour se rapprocher à nouveau de Bigby.

« Nan… pas comme ton petit-ami là. »

A ces mots, elle écrasa son pied contre le bras du shérif, qui se brisa instantanément. L'os ressortit, tranchant la peau et les tendons. Son bras était désormais tordu dans un angle improbable. Le sang se mit à gicler et Bigby hurla sous le coup de la douleur.

« Eh bien, ça va être… une magnifique relation qu'on va avoir avec vous les gars, vraiment. Je le pense. Je suis en kiffe total. Adieu l'ancien temps, bienvenue au nouveau. Vive la Reine. »

Bloody Mary recula pour s'avancer vers la voiture. Elle posa sa main sur la portière et se retourna une dernière fois vers Snow et Bigby.

« Je suis sure qu'on va se capter bientôt. On se voit plus tard. »

La Fable finit par monter dans la voiture et partir, laissant Snow impuissante avec un Bigby à demi-mort. Snow se pencha davantage vers le loup, sentant les larmes lui piquer les yeux.

« B-Bigby ? murmura-t-elle d'une voix faible. »

Aucune réponse. L'interpellé ne bougeait plus, ne gémissait plus. Plus rien ne laissait présager qu'il était encore en vie.

« Bigby… s'il te plait… »

Le shérif reprit peu à peu sa forme humaine, laissant apercevoir un homme mortellement blessé. Les yeux clos, il ne répondait plus, ne semblait plus rien entendre. Snow allongea correctement son collègue sur le dos, et en voyant tous les impacts de balles qui ornaient son torse, elle sentit sa gorge se nouer. Une personne normale serait déjà morte depuis longtemps. C'était une bonne chose que les Fables étaient dures à tuer, mais… Autant de blessures aussi graves, était-ce encaissable, même pour un loup ?

Snow ne savait pas si ce qui coulait sur ses joues était des gouttes de pluie ou des larmes. Elle suffoquait, paniquée, ne sachant que faire. Elle caressa la joue de Bigby, les lèvres tremblantes, le cœur battant la chamade. Qu'allait-elle faire si le loup la quittait ? Il était le seul qui la comprenait vraiment, qui savait comment gérer les choses et toujours résoudre les mystères les plus compliqués. Et même si beaucoup n'appréciaient pas Bigby, elle, c'était le cas. Et elle savait qu'elle ne pourrait pas supporter sa mort.

La jeune femme remarqua alors que le poitrail de Bigby ne se soulevait plus. Elle commença à secouer doucement le loup en criant presque son prénom, sans succès. Aucune réaction, aucun mouvement, aucun mot. Rien, à part le silence et la pluie qui tombait ardument sur le sol.

« Bigby ! Tu ne peux pas mourir ! S'il te plait, tu-tu ne peux pas… »

Snow tremblait de tous ses membres et s'étranglait avec ses sanglots. Ses mains et ses vêtements étaient désormais couverts de sang, mais elle s'en fichait. Elle commença à faire un massage cardiaque au loup, appuyant de toutes ses forces sur sa poitrine.

« Bigby, je t'en supplie ! Reviens ! Reviens-moi ! S'il te plait ! Putain, s'il te plait ! »

Ses hurlements de douleur résonnaient dans l'allée déserte et faisaient échos dans la rue. C'était le genre de cri qui pouvait briser le cœur de n'importe qui. Le genre de cri qui laissait entendre toute la peine et la souffrance qu'une personne pouvait ressentir. Le genre de cri qui ne laisse pas indemne.

Snow, épuisée et voyant que ses efforts ne payaient pas, lâcha prise et s'écroula contre le torse de Bigby, anéantie. Elle ne parvenait plus à respirer, son cœur lui faisait mal, sa tête menaçait d'exploser et sa poitrine la brûlait. Ses yeux étaient rougis par les larmes, ses cheveux étaient trempés et lui tombaient sur son visage ravagé par les larmes.

« Je t'en prie… je… ne peux pas continuer sans… sans toi. »

Et c'était vrai. Snow ignorait ce qu'elle ferait si Bigby perdait la vie ce soir-là. Comment serait-elle apte à gérer toutes les affaires de Fableville sans lui ? Comment pourrait-elle seulement continuer à faire comme avant ?

La jeune femme entendit subitement un bruit de pas derrière elle. Elle se redressa et hoqueta de surprise en voyant Nerissa, debout derrière elle. La prostituée avait les jambes tremblotantes, mais tenta de sourire à Snow.

« J'ai appelé Swineheart. Il… va arriver. »

Snow baissa les yeux et resta silencieuse. Etait-ce encore la peine ? Swineheart pouvait-il encore faire quelque chose pour réanimer le loup ? La jeune femme avait l'impression que Bigby était mort et qu'il ne reviendrait définitivement pas.

« Merci Nerissa… lança Snow à la femme aux cheveux roux, reconnaissante. »

Elle ignorait si Nerissa avait assisté à toute la scène, mais son appel pouvait se montrer précieux. Si le docteur arrivait rapidement, peut-être sera-t-il capable de ramener Bigby.

Snow se reconcentra sur le loup inerte, et soupira. Elle se pencha doucement et déposa un baiser sur son front.

« Ne me laisse pas. »