Après quelques péripéties, j'ai réussi à tenir mes délais, voici donc la suite de ma version de l'épisode Terra Incognita! Je vais essayer de faire monter la température même si ce chapitre reste assez réfrigérant ! Toujours un grand merci pour ceux qui prennent le temps de lire ou de poster des commentaires. Spéciale dédicace à ma correctrice que j'ai embêté en cette soirée spéciale ! -_^
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Passé un moment de panique et d'effroi qui parut interminable, Finch reprit progressivement ses esprits. Avant toute chose, il devait mettre son partenaire à l'abri. Le chalet des Patterson paraissait la meilleure alternative. L'informaticien se pencha dans l'habitacle de la voiture, saisit son partenaire par la taille et tira de toutes ses forces. S'il réussit à le déloger de son siège, il ne put retenir sa chute dans la neige. Reese grimaça de douleur et laissa échapper un faible gémissement en heurtant le sol. Fronçant les sourcils, Harold soupçonna que son agent ne devait pas souffrir que d'hypothermie. Mais il décida de rechercher plus tard d'éventuelles blessures, car, pour l'instant, la priorité était de réchauffer l'ex-opérateur.
En effet, le génie savait que l'hypothermie avait la particularité de réduire le rythme cardiaque et donc la pression artérielle afin de protéger les organes nobles du corps. De ce fait, si Reese était blessé, sa blessure ne devait pas beaucoup saigner puisque le flux sanguin était ralenti par le froid. C'était bien là le seul point positif à cette terrible situation car le danger d'une température corporelle trop basse était tout simplement la perte de connaissance, ce qui semblait être le cas présent, le coma puis la mort…
Harold ferma les yeux quelques secondes, se forçant à repousser loin de son esprit cette idée morbide. Il lui était tout simplement inconcevable que John meurt, ici, dans le froid, dans ce coin perdu. Maintenant qu'il avait pris la décision d'avouer ses sentiments, il n'allait certainement pas laisser son partenaire succomber.
La brise glacée lui frappa le visage le ramenant à la terrible réalité. Ouvrant lentement les yeux, Finch contempla le visage cyanosé et immobile de son partenaire. Il paraissait tellement paisible, presque endormi. L'informaticien posa un genou à terre et caressa tendrement la joue froide de John, repoussant les cristaux de glace de ses lèvres et de ses cheveux. Non, il se battrait jusqu'à son dernier souffle pour sauver son ami, quitte à y laisser sa vie ! Après tout, John l'avait fait tant de fois pour lui…
Finch replaça donc ses mains sous les aisselles de l'agent puis le tira dans le chemin enneigé qui menait au chalet. S'il était compliqué pour un homme en pleine possession de ses moyens de soulever un autre homme de la carrure de Reese, la mission s'avérait presque impossible pour quelqu'un avec des limites physiques aussi importantes que lui. Mais on disait que l'amour pouvait soulever des montagnes donc Finch pouvait bien tirer son partenaire sur quelques malheureux mètres. Sa vie en dépendait… leurs vies pour être exact, car il ne supporterait pas de le perdre…
Si le parcours de la voiture au perron du chalet parut extrêmement difficile à Harold, se n'était rien comparé à l'épreuve qui l'attendait. En effet, un petit escalier de cinq marches menait à l'entrée de la bâtisse. Cinq malheureuses marches qui parurent infranchissables pour l'informaticien. Serrant les dents, les larmes aux yeux, Finch faisait fi de la douleur insupportable qui lui vrillait les reins et le cou. Prenant de longues respirations à chaque étape, il souleva Reese pour arriver enfin sur le perron. Une fois à proximité de la porte, le reclus allongea son partenaire avec précaution puis se tourna vers l'ouverture. Il fouilla dans la poche intérieure de son manteau et en sortit un trousseau de clés. Il choisit la plus petite qu'il plaça dans la serrure, d'un mouvement rapide du poignet, il déverrouilla puis ouvrit la porte.
-Vos mauvaises habitudes déteignent sur moi, Mr Reese… murmura-t-il en rangeant le trousseau pour se retourner vers l'intéressé.
Il ressaisit John sous les aisselles puis le traîna laborieusement à l'intérieur de la maison, laissant une trace de neige à moitié fondue sur le parquet. A bout de force, Finch le déposa le plus délicatement possible sur l'épais tapis du salon, en face d'une cheminée éteinte. L'informaticien, moulu de douleurs, se tint les reins un instant et fit des mouvements de la nuque, tant pour détendre ses muscles endoloris par le violent effort qu'il venait de faire que pour réfléchir un peu.
Il devait mettre de côté ses émotions et faire fonctionner son cerveau le plus rationnellement possible. Il décida de passer outre son angoisse et sa peur de perdre pour toujours son compagnon. La logique, la rationalité, le bon sens lui permettraient de réfléchir plus sereinement et de rendre ses actions plus efficaces. Car Harold commençait déjà à souffrir du froid. Ses idées, déjà perturbées par la santé vacillante de son ami, commençaient à s'embrouiller. Réfléchis, Réfléchis, Harold ! Que dois-je faire maintenant ?
Si les deux hommes étaient maintenant à l'abri, la température à l'intérieur du chalet était presque aussi basse qu'à l'extérieur. La première chose à faire était de réchauffer son agent donc de trouver des sources de chaleur. Finch balaya la pièce du regard, aucun radiateur. Il reporta alors son attention vers la cheminée qui semblait être la seule source de chauffage du logement. Du bois sec était sagement entassé dans une panière à côté de l'âtre. Des magazines et des journaux sans âge traînaient sur la table basse en face du canapé. Harold saisit les vieux papiers qu'il posa dans le foyer puis il plaça les branches de bois les plus petites par-dessus afin que le feu prenne plus facilement. En dernier, il déposa des bûches plus grosses. Une fois le combustible préparé, il se redressa pour chercher fébrilement dans les poches de son manteau, de sa veste puis de son pantalon. Du feu… du feu… Il me faut du feu…
Soupirant de frustration, Finch se leva et retourna dans le vestibule du chalet. A sa droite, il devina une cuisine et à sa gauche un couloir qui devait mener aux chambres. Il remarqua à côté de la porte d'entrée le panneau électrique. Il s'avança puis l'ouvrit. Il repéra rapidement le disjoncteur principal qu'il activa afin de rétablir l'électricité dans la maison. Il se dirigea ensuite vers la cuisine et entreprit de rechercher tout ce qui pouvait lui permettre d'allumer le feu de la cheminée.
S'avançant dans la pièce, Harold se figea, horrifié. Un autre corps se trouvait allongé près de l'évier. En s'approchant, l'informaticien reconnut leur numéro, Chase Patterson. Couché sur le dos, le jeune homme n'avait aucune trace visible de blessure. Mais ses yeux ouverts et sa bouche maculée de vomi indiquait qu'il était mort d'un empoisonnement… Peut être d'une overdose songea Finch en se rappelant le passé de toxicomane du jeune homme.
Ne perdant pas de vue son objectif, Finch contourna le corps et se mit à fouiller dans la cuisine, ouvrant les portes et les tiroirs tout en repoussant les ustensiles avec des gestes emplis de stress
-Ce n'est pas possible…Avec une cheminée pareille, il doit bien y avoir des allumettes ou des briquets quelque part ! Pesta l'informaticien, à bout de patience, ayant conscience que chaque minute qui passait pouvait être fatale pour son agent.
Il ne put retenir un petit cri de victoire lorsqu'il repéra un allume-feu pour gazinière rangé près des couverts. Il retourna à toute vitesse dans le salon, s'agenouilla près de l'âtre puis alluma le papier qui s'embrasa aussitôt. Très rapidement, les flammes prirent de l'ampleur et dévorèrent les feuilles avant de s'attaquer aux brindilles puis aux bûches. Lorsqu'Harold entendit le bois craquer, il sut que le feu était bien parti diffusant une douce chaleur dans la pièce.
Satisfait, Finch reporta alors son attention sur son compagnon. John était toujours inconscient, étendu par terre sur le tapis. Il n'avait absolument pas bougé. Son teint était toujours bleu et sa respiration, très faible, ne laissait présager rien de bon. Ses cheveux étaient figés par le givre et les cristaux de glace qui parsemaient ses cils, ses sourcils ainsi que ses joues prouvaient que l'agent n'avait pas encore bénéficié de la chaleur de la flambée.
Harold décida de chercher dans le chalet toutes les couvertures, draps et oreillers disponibles. Il fouilla fébrilement dans les armoires des chambres, jetant à terre les couvertures les plus chaudes et les cousins de plumes qui pourraient lui être utiles. Les bras chargés, il revint dans le salon dont la température montait trop lentement à son goût. On était encore très loin d'une ambiance rêvée mais l'informaticien remarqua avec satisfaction que la glace dans les cheveux de son partenaire avait fondu et que son visage paraissait moins bleu. En déposant les couvertures à terre, son attention fut attirée par une tâche rouge sur la chemise immaculée de l'agent, partiellement cachée par sa veste et son manteau.
Le sang du reclus se figea. Dans sa quête désespérée de chaleur pour sortir son compagnon de l'hypothermie, il en avait oublié sa blessure. Si la priorité était toujours de réchauffer l'agent, il fallait également s'occuper de ses blessures car plus sa température corporelle augmentait, plus le risque d'hémorragie était important. Il devait donc soigner les blessures de son agent au plus vite.
Finch se rendit alors dans la salle de bain à la recherche d'une trousse de secours ou, au pire, de coton et d'alcool. Farfouillant dans le placard sous le lavabo, l'informaticien repoussa d'un geste brusque les différentes boites de médicaments et autres flacons de sirop jugés inutiles. Il posa dans un petit panier d'osier les éléments qui pourraient lui être nécessaire : des compresses stériles, de la gaze, une bouteille d'alcool à 90°, des bandes chirurgicales. Satisfait, Finch se redressa les bras chargés du panier et de quelques serviettes de toilette. Il pouvait maintenant s'occuper pleinement de son agent.
Il retourna dans le salon où l'atmosphère était, à présent, agréable. Le bois crépitait doucement et les flammes éclairaient d'une lumière faible le salon. Après avoir posé le panier près de John, Finch posa ses mains tremblantes sur les joues de John et grimaça en constatant qu'il était toujours beaucoup trop froid. C'est alors qu'il réalisa que son compagnon était toujours transit car ses vêtements étaient humides et glacés de surcroît. Il devait donc le débarrasser de ses effets trempés tant pour le soigner que pour le réchauffer.
Harold repoussa le lourd manteau gorgé d'eau des épaules de l'agent avant de lui soulever le haut du corps pour faire glisser les manches d'un bras puis de l'autre afin de le débarrasser de son habit. Il le reposa ensuite délicatement sur l'épais tapis avant de reproduire la même opération pour lui ôter sa veste.
Une fois en chemise, Harold se raidit en réalisant l'ampleur de la tâche de sang qui souillait le vêtement blanc de l'agent. Les doigts tremblants, l'informaticien défit un à un les boutons puis souleva délicatement le pan de la chemise collé à la peau de l'agent. Ce dernier gémit faiblement au fur et à mesure que le tissu se séparait de la blessure. Il retira la chemise maculée en retenant son souffle. Une fois le torse de John exposé, Finch poussa un soupir de soulagement. La balle n'avait fait qu'effleurer l'abdomen de l'agent. Si l'entaille était profonde, elle n'était pas mortelle mais il fallait la nettoyer et la refermer au plus vite, avant que le saignement ne reprenne.
Il rapprocha la trousse de soin improvisée et commença à nettoyer la blessure, tapotant doucement avec une serviette humide afin d'enlever le surplus de sang et ainsi avoir une meilleure vue sur l'étendue des dégâts. Il posa ensuite une compresse imbibée d'alcool pour désinfecter la plaie. John réagit aussitôt en poussant un faible râle, fronçant les sourcils, grimaçant et en crispant les muscles de son ventre sous l'effet de la douleur. Finch fut, un peu sadiquement, soulagé de voir son partenaire réagir au mal. Il y voyait un bon signe. Une fois la blessure propre, Finch coupa avec un ciseau de fines bandes d'adhésif médical. Il n'avait pas le temps de recoudre son partenaire et estima que ces strips improvisés seraient suffisants pour maintenir la plaie fermée. Il protégea ensuite la blessure avec un large pansement.
Une fois les soins terminés, Finch se recula légèrement pour observer son partenaire. Il fut soulagé de voir son visage moins blême et sa respiration moins laborieuse. Mais il était toujours inconscient. En posant la main sur la joue de John, Finch poussa un nouveau soupir de frustration, elle était toujours beaucoup trop froide. L'informaticien retira les chaussures et les chaussettes de Reese puis s'attaqua à son pantalon. Il déboutonna le vêtement puis fit glisser la fermeture éclair. D'un mouvement ample, il fit descendre l'habit ainsi que le sous-vêtement en soulevant les hanches de l'agent pour le faire glisser le long de ses longues jambes.
Une fois son partenaire nu, Harold lui glissa un oreiller moelleux sous la nuque puis le frictionna énergiquement avec une serviette éponge afin d'éliminer toute trace d'humidité sur la peau du jeune homme. Si l'épiderme restait toujours glacé, il se teintait d'une encourageante couleur rouge. Mais le jeune homme ne réagissait toujours pas.
A genou à côté de John, Harold réfléchissait tout en l'observant. En temps normal, il aurait été plus que ravi de pouvoir contempler son partenaire en tenue d'Adam sans risquer de se faire surprendre. Son regard s'attarda sur son corps bien proportionné, sa poitrine qui se soulevait au rythme de sa respiration, son ventre plat partiellement caché par le pansement et plus bas encore…
Mais l'attention de Finch retourna rapidement à son principal sujet de préoccupation. Le feu avait permis de donner à la pièce une température normale mais ce n'était pas suffisant pour quelqu'un souffrant d'hypothermie. Il ferma les yeux et se remit à réfléchir. Il ne voyait plus qu'une solution pour sauver son ami. Il avait lu quelque part que la chaleur humaine était le seul moyen de réchauffer quelqu'un…
Finch inspira profondément puis ôta son lourd manteau. Il enleva sa veste puis son gilet. Il déboutonna sa chemise qu'il jeta sur le tas d'habits à côté de lui. Il délaça ensuite ses chaussures qu'il retira ainsi que ses chaussettes. Il se débarrassa de son pantalon puis hésita quelques instants, les mains sur l'élastique de son caleçon. Il se sermonna intérieurement. L'heure n'est pas à la pudeur ! D'un geste décidé, il enleva son dernier vêtement, puis s'allongea précautionneusement sur son compagnon.
Harold veilla à faire supporter l'essentiel de son poids sur ses coudes et sur sa jambe valide. Il jeta sur eux trois lourdes couvertures polaires puis pressa son corps contre celui de son agent. Il ne put réprimer un frisson lorsque sa peau entra en contact avec celle, glacée, de l'autre homme.
Il prit ensuite son partenaire dans ses bras, l'enveloppant dans sa chaleur. Il positionna d'un geste tendre le visage de John dans le creux de son cou, frissonnant lorsqu'il sentit son nez froid se presser contre sa peau. Emmitouflés sous les épaisseurs de laine, leurs têtes reposant sur un confortable oreiller de plumes, Harold était à l'écoute des moindres mouvements de son partenaire. Il était bercé par la respiration faible mais régulière de l'agent, son souffle, rassurant signe de vie, lui chatouillait le creux de l'épaule.
Étroitement enlacés, Finch caressait amoureusement les cheveux humides de Reese tout en le berçant dans ses bras. Il faisait tout son possible pour transmettre sa chaleur au corps froid et inerte de son ami. Conscient qu'il n'y avait plus rien à faire qu'attendre, Harold suppliait son compagnon de se battre.
-John… Accrochez-vous… Murmura l'informaticien tout contre l'oreille de son compagnon, fermant les yeux tout en le serrant de toutes ses forces.
A cet instant, il aurait tout donné pour sauver son partenaire, y compris sa propre vie. Soudain, toute l'émotion, contenue jusque là, submergea Finch comme un gigantesque raz-de-marée. Les larmes se mirent à inonder ses joues et son corps fut secoué de tremblements incontrôlables. L'informaticien sanglota de longues minutes tout en caressant les cheveux de Reese.
-S'il vous plait, John…Réveillez-vous… Pria Harold en déposant un baiser dans les cheveux de John.
-Ne me laissez pas…Si vous saviez combien je vous aime…Je ne pourrais pas vivre sans vous…
Après ces derniers mots, Finch sombra dans un sommeil profond, épuisé tant physiquement qu'émotionnellement par les événements. Mais malgré son assoupissement, Harold tenait toujours étroitement serré contre lui son agent, son ami, son amour…
