C'est à partir de ce chapitre que débute vraiment l'histoire. Je crois que je vais poster chaque samedi... J'espère que ce chapitre vous plaira !
Toshiro
Je regarde Hinamori, qui est endormie dans un lit de la 12e division. Je ne l'ai vraiment pas ratée en la transperçant…
La guerre est finie. Kurosaki a battu Aizen, et nous sommes tous rentrés à la Soul Society pour soigner nos blessés.
Dont Hinamori.
Je sais que ce n'est pas de ma faute, que j'étais sous l'emprise de l'hypnose d'Aizen, mais je ne peux m'empêcher de m'en vouloir. J'ai failli la tuer… J'ai failli tuer celle que je connais depuis que je suis tout petit…
Mes mains se crispent sur mes genoux. J'ai entendu dire que, au Hueco Mundo et à la Soul Society, un étrange phénomène s'est produit à quelques heures d'intervalle. Apparemment, tous ceux présents à ces endroits au bon moment y ont vu une sorte de vision du futur. Personne n'a compris d'où cette chose venait, et Kurotsuchi a décidé de mener des recherches là-dessus.
Mais évidemment, dans le monde des humains, il ne s'est rien produit… Enfin, aucune vision, en tout cas. Pourtant, en plantant mon épée dans un corps que je croyais être celui d'Aizen, j'aurais tellement voulu savoir que je portais ainsi un coup à ma meilleure amie…
Aizen… Si seulement on me laissait le tuer, celui-là ! Ma haine pour lui est sans égal. Mais la chambre des 46 a décidé de le laisser vivre et de l'enfermer… Quelle erreur ! Il trouvera forcément un moyen de s'échapper ! Nous aurions dû l'exécuter !
Les Arrancar sont restés à Las Noches, et aucune mesure contre eux n'a encore été décidée. Et puis, selon Kurosaki et le Quincy, l'humaine aux pouvoirs étranges, Inoue, serait toujours là-bas… de son plein gré. Je ne comprend pas, à vrai dire personne ne comprend, pas même ses amis, mais je ne m'en soucie pas vraiment. Ce ne sont pas mes affaires.
Les Vizard sont pour le moment toujours sur Terre, mais nous sommes en train de réfléchir à la place qu'ils méritent au sein du Seireitei. Après tout, ce sont d'anciens Shinigami hauts gradés, et ils nous ont aidés durant la guerre…
Le traître Tosen est mort, tué par Aizen lui-même. Quelle ordure, ce type ! Il s'en prend même à ses alliés ! Non, décidemment, je ne comprendrai jamais la décision de la chambre des 46.
Quand au traître Ichimaru… Eh bien, personne ne le sait. Ou alors, la seule qui sait ne veut rien dire.
Car je vois bien que Matsumoto cache quelque chose. Elle ne veut rien dire, pas même à moi, elle prétend ne pas en savoir plus que nous, mais je la connais bien. Elle sait où est Ichimaru.
De plus, les humains réveillés peu avant que Kurosaki ne battent Aizen, ainsi que le Shinigami qui était en poste à Karakura, ont tous affirmé que dans leur « vision », Ichimaru mourait après avoir tenté de tuer Aizen. Mais il ne s'est jamais montré. Seule Matsumoto est venue vers eux. Alors qu'elle était avec ce traître quand les autres ont vu le futur.
Il s'est donc forcément passé quelque chose… Mais quoi ?
J'espère juste qu'elle ne s'est pas faite manipulée par ce serpent…
- Shiro-chan ?
Je redresse la tête, interrompant le cours de mes pensées. Hinamori, réveillée, a tourné la tête vers moi. Je me lève de la chaise sur laquelle j'étais assis et me penche vers elle, tellement soulagé qu'elle se réveille enfin que je ne relève même pas le surnom qu'elle m'a encore donné.
- Hinamori ? Comment te sens-tu ?
- Je… Je ne sais pas… fatiguée, je crois…
- Attend, ne bouge pas ! Je vais chercher Kurotsuchi !
Elle tend la main vers moi et attrape le manche de mon kimono avant que je ne puisse partir.
- Attend, Shiro-chan ! Qu'est-ce que je fais ici ?
Mon cœur rate un battement. Évidemment, l'esprit embrumé par le sommeil, elle ne se souvient pas de la bataille contre Aizen…
Je me rassois sur la chaise à côté de son lit.
- Nous nous sommes battus contre Aizen, lui rappelé-je Enfin, nous pensions nous battre contre lui, mais en réalité, c'est toi que nous attaquions. Et j'ai failli te tuer… En pensant m'en prendre à lui… Tu étais inconsciente, aux portes de la mort. Dès que la guerre s'est terminée quelques heures plus tard, nous t'avons transportée ici, à la 12e division, pour qu'ils puissent prendre soin de toi.
- Et… Qu'est-il arrivé à Aizen Taicho ?
Je serre les poings. Elle persiste à l'appeler « Taicho »…
- Kurosaki l'a battu, et il est à présent en prison.
- Je vois… Je me rappelle, maintenant. Je me rappelle de cette bataille…
Je plonge mon regard dans le sien, désespéré.
- Hinamori… Je suis désolé pour ce que je t'ai fait ! Je pensais que c'était Aizen, je ne réfléchissais plus, je ne savais pas que c'était toi ! Mais malgré toutes ces raisons, j'aurais dû te reconnaître ! Mais je n'ai pas pu ! Alors… Si tu ne pouvais pas me pardonner après ce que je t'ai fait… Sache que je le comprendrais.
Je ne détourne pas mon regard, prêt à faire face à sa rancune. Mais contrairement à ce à quoi je m'attendais, elle sourit.
- Ne t'en fais pas pour ça, Shiro-chan. Je sais bien que ce n'est pas de ta faute. Et puis, je t'aime trop pour pouvoir t'en vouloir !
Gêné, je me détourne pour qu'elle ne voie pas mes joues se teinter de rouge.
- Ne… Ne dis pas n'importe quoi, idiote ! m'énervé-je pour dissimuler mon embarras. Tu ne peux pas dire quelque chose comme ça sur un ton aussi léger !
Elle me regarde, surprise. Mais quel imbécile ! Si je voulais cacher mon trouble, je pouvais le faire bien mieux que… ça !
Je me lève et me dirige vers la sortie.
- Repose-toi bien, marmonné-je.
Et je sors de la pièce.
Ichigo
Rukia et moi sommes assis côte à côte, juste devant chez elle. Je me suis réveillé à peine quelques minutes plus tôt, et bientôt, j'aurai perdu mes pouvoirs. Peut-être dans quelques heures, peut-être demain, peut-être l'année prochaine, qui sait ? Peut-être est-ce ma dernière conversation avec elle.
- Inoue a fini par nous convaincre de la laisser au Hueco Mundo, ragé-je. Et nous sommes partis ! Nous l'avons abandonnée ! Au Hueco Mundo ! A Las Noches ! Avec les Arrancar !
Je prend ma tête à deux mains, désespéré.
- Tu pouvais difficilement faire autrement… tente de me consoler Rukia. Avec Inoue qui t'affirmait vouloir rester, et votre état à Ulquiorra et toi… Et puis, tu savais que tu devais te rendre dans le monde des humains pour te battre contre Aizen…
Je frappe le sol de mon poing.
- Mais j'aurais dû l'emmener avec moi ! explosé-je. J'aurais dû ne pas l'écouter ! Qui sait ce qu'elle fait actuellement ? Comment elle se sent ? Si elle va bien ? Si les Arrancar prennent soin d'elle ? Franchement, Rukia, que peut-il lui arriver de bien au Hueco Mundo ?
Une pensée terrifiante me saisit alors.
- Et si… Et si ça avait un rapport avec ce que m'a dit Grimmjow ? Il m'a dit que je ne savais pas ce qu'elle avait comme blessure intérieure…
Je jette un regard affolé à Rukia.
- Qu'ont-ils bien pu lui faire, à ton avis ?
Je vois dans son regard qu'elle pense aux mêmes choses horribles que moi.
- Calme-toi ! tente-t-elle de me rassurer. Ce n'est peut-être pas aussi grave que ça ! Ça ne sert à rien de s'affoler comme ça ! Attendons un peu. Peut-être que les capitaines prendront une décision au sujet du Hueco Mundo… Et donc d'Inoue. Attendons avant de nous y précipiter tête baissée une fois de plus. Et puis, tu es sur le point de perdre tes pouvoirs…
Mes pouvoirs… Ces putains de pouvoirs qui me trahiront bientôt… Je ne pourrai plus défendre et protéger mes amis correctement, je ne pourrai plus voir les fantômes, je ne pourrai plus voir les Shinigami, je ne pourrai plus venir à la Soul Society…
Je ne pourrai plus voir Rukia…
À cette pensée, sous une impulsion, je prends les mains de Rukia dans les miennes. Elle sursaute comme si je l'avais brûlé, mais je parle avant qu'elle n'ait pu les retirer.
- Rukia… Quand j'aurai perdu mes pouvoirs… Tu viendras toujours me voir, hein ?
Elle sourit. Enfin quelque chose de positif dans cette journée désespérante.
- Bien sûr ! Ne t'attend pas à pouvoir te débarrasser de moi si facilement ! Dès que je le pourrai, je viendrai dans le monde des humains !
- Merci, Rukia, souris-je à mon tour.
Si elle m'avait dit non, j'aurais tout perdu…
Gin
Qu'est-ce qu'on s'ennuie, au Rukongai ! Nul part où aller, rien à espérer, rien à faire, personne avec qui se lier… Enfin, je dis ça, mais petit, c'est bien au Rukongai que j'ai rencontré Rangiku. Et puis, il n'y a pas « personne ». Au contraire, le Rukongai est rempli d'âmes, mais… Ces gens ne m'intéressent pas. À vrai dire, à part Rangiku, je n'aime personne. Ah, si. J'ai quand même de l'affection pour Izuru.
C'est Rangiku qui a proposé que je me fonde dans la masse du Rukongai. Je dissimule mon reiatsu, il faudrait donc une malchance incroyable pour qu'on me retrouve dans ce troupeau d'âmes.
Je ne suis finalement pas allé voir les humains, Rangiku y est allée seule. Si ils m'avaient vu, cela aurait pu être problématique, si je voulais me cacher du Gotei 13… Je me suis donc fait discret dans un coin de la ville, et j'ai attendu, en dissimulant mon reiatsu, bien sûr. Puis je me suis rendu dans le Rukongai.
Seule Rangiku le sait. Tous les autres se demandent ce qui m'est arrivé. Mais ça n'a pas d'importance. De toute façon, je doute fort qu'une seule personne puisse m'apprécier, mise à part Rangiku… Et Izuru, peut-être. Mais ça, ça reste encore à vérifier.
Je sens alors le reiatsu familier de Rangiku se diriger vers moi. Elle tente tant bien que mal de le cacher, mais j'arrive quand même à la remarquer. Néanmoins, elle a fait des progrès par rapport à sa dernière visite, et à ce train-là, même moi ne pourrai bientôt plus la repérer.
Elle tente de se fondre dans la foule, mais avec sa beauté naturelle, même sans son uniforme de Shinigami, elle ne passe pas inaperçue. Je l'attends sur le perron de la baraque qui me sert de maison, les bras croisés, mon habituel sourire aux lèvres.
- Salut, Rangiku, lancé-je. Tu entres ?
- Qu'est-ce que tu crois ? râle-t-elle. Je ne vais quand même pas rester comme ça, dehors !
Je ne réponds pas, me contentant de sourire en lui ouvrant la porte. Elle entre et s'assoie sur une des deux seules chaises, sortant de sous son kimono un petit paquet. Elle le pose sur la petite table de bois et l'ouvre. Comme lors de ses autres visites, elle m'a apporté des vivres.
Sans elle, serais-je, comme autrefois, obligé de voler pour vivre ? Ou bien serais-je capable de devenir un homme respectable, banal, qui gagnerait honnêtement sa vie ?
- J'ai réussi à te prendre un peu plus de nourriture que la dernière fois, annonce-t-elle. Ça te va, comme dose ?
- Oui, merci beaucoup.
C'est à son tour de prendre soin de moi et de me nourrir… D'une certaine manière, je trouve ça assez ironique.
Je m'assois face à elle.
- Comment ça se passe, au Seireitei ?
- Bah, la routine se réinstalle doucement… soupire-t-elle. De la paperasse, encore et encore…
- Je plains ton pauvre Taicho, ricané-je. Pour rien au monde je ne voudrais t'avoir comme Fukutaicho.
- Méchant ! fait-elle semblant de se vexer en croisant ses bras.
Je me lève, faussement attristé par sa colère factice, et la prend dans mes bras. Elle se fige, mais je fais comme si je n'avais rien remarqué.
- Oh, Rangiku ! dis-je d'une voix désolée. Boude pas comme ça ! Je plaisantais !
- Gin…
- Bah qu'est-ce qu'il y a, Rangiku ?
- Arrête ça ! s'énerve-t-elle, pour de bon cette fois.
Elle se lève et me repousse. Je lui lance un regard surpris. Enfin, en réalité, je m'attendais un peu à ce qu'elle réagisse comme ça. Elle se méfie toujours de moi, quelque part. Quoi de plus normal, après tout ce que je lui ai fait subir ? Néanmoins, je sais que, malgré tout, elle m'aime autant que je l'aime. Mais elle ne semble pas encore être prête à m'accepter… Cependant, rien ne m'empêche de tenter le coup.
- Ne joue pas avec moi comme ça, continue-t-elle.
- Mais Rangiku…
Je m'avance doucement vers elle, comme pour ne pas la faire fuir, comme on s'approche d'un animal peureux. Elle recule, légèrement tremblante. Ça me fait de la peine de la voir comme ça devant moi. Vraiment. Je voudrais qu'elle saute dans mes bras en me répétant qu'elle m'aime, je voudrais qu'elle m'embrasse, je voudrais qu'elle me fasse confiance. Et je sais qu'elle ne souhaite que la même chose que moi. Nos vœux sont les même, alors pourquoi ne les réalisons-nous pas ?
Parce que je l'ai trahie. Tout simplement.
À cause de moi, nous nous imposons cette distance, cette distance que nous devons à présent franchir, cette distance que nous devons à présent briser. Mais le passé ne pouvant pas s'effacer, nous sommes condamnés à nous contenter de rêver.
J'aimerais l'aider à passer outre cette distance, mais je ne sais comment m'y prendre. Lui laisser le temps de se réhabituer à moi ? Ou au contraire, faire le premier pas ?
Dans le doute, je choisis cette deuxième solution. Je continue à avancer, elle continue à reculer, et fatalement, dans cette pièce étroite, elle finit rapidement dos contre le mur. Je positionne mes mains de part et d'autre de son visage, de sorte à ce qu'elle ne puisse s'échapper. Elle me regarde, une lueur d'effroi dans les yeux. Peut-être n'était-ce pas la bonne solution, finalement… Mais je peux difficilement reculer, désormais. Alors, autant aller jusqu'au bout.
- Pourquoi continues-tu de me fuir, Rangiku ?
Je connais la réponse, bien sûr. Si je lui pose cette question, c'est uniquement pour la bousculer.
- Tu crois vraiment que je vais oublier si facilement ta trahison ?
Bon, je l'ai mérité. Là encore, ça me fait mal, mais je n'en laisse rien paraître.
- Si ce n'est que ça… Tout peut s'oublier, Rangiku. Même si je préférerais largement que tu n'oublies aucun des souvenirs que tu as de moi, y compris les plus horribles.
C'est vraiment moche de dire ça. Je lui en demande trop. Je lui ai fais du mal, je devrais comprendre qu'elle veuille m'oublier, je m'y étais même préparé quand je suis parti avec Aizen, mais au final, je ne peux m'y résoudre.
Je ne veux pas la perdre…
Je suis du regard une goutte de sueur tracer sa route le long de sa tempe. C'est à ce point…?
Je décolle une de mes mains du mur et caresse son visage. Je peux lire toutes ses émotions défiler dans son regard : hésitation, peur, tentation, résistance, abandon…
Amour…
Elle ferme les yeux et me laisse m'approcher plus près, jusqu'à ce que nos fronts se touchent. Nos souffles se mêlent l'un à l'autre, je peux sentir que son cœur bat à cent à l'heure, et je suis sûre qu'elle sent que le mien va au moins aussi vite. Je suis si près d'elle… Si près que, rien qu'en tendant un peu mes lèvres, je pourrais enfin l'embrasser. Aurais-je finalement choisi la bonne solution ? Mais j'ai trop peur de briser cet instant magique, j'en ai tellement peur que je n'ose même plus bouger. J'ai envie d'aller plus loin, j'ai envie d'être encore plus près d'elle, mais j'ai bien trop peur de sa réaction.
- Gin…
Je frissonne à la simple entente de mon nom. L'instant est brisé. Nous n'avons pas bougé, elle a juste murmuré, mais l'instant est brisé, je le sens.
- Comment puis-je savoir que tu ne me manipules pas ? Que tu ne m'abandonneras pas une fois de plus ?
Je sens mon cœur rater un battement. Elle se dégage de moi et sort de la maison sans dire un mot de plus. Je n'essaie pas de la retenir, trop bouleversé pour pouvoir faire autre chose que la regarder partir dans les rues du Rukongai.
Alors voilà ce que ça fait, de voir l'autre partir sans une explication…
Grimmjow
Rien ne va, aujourd'hui ! D'ailleurs, rien non plus n'allait hier, ni avant-hier, ni les jours d'avant… En fait, depuis que ce connard de Kurosaki m'a battu, rien ne va plus. Quand je me suis réveillé après avoir été laissé pour mort par Nnoitra, le seul point positif, c'était qu'Aizen avait débarrassé le plancher ! Je pouvais plus le supporter, ce type, avec son orgueil incroyable ! Franchement, si il était resté, j'aurais monté une rébellion contre lui !
À part ça… Non. Rien de bien, vraiment. À présent, Hallibel règne sur Las Noches. Bon, ça, encore, je peux à la limite le supporter. Mais un jour, je prendrai sa place ! Je serai le roi ! Enfin bref… La guerre étant finie, je ne pourrai plus me battre contre ces connards de Shinigami ! Sauf peut-être si je vais les provoquer… Ou si eux-mêmes viennent ici… À méditer ! Si vraiment, je m'ennuie trop, je pourrais m'arranger pour provoquer une petite guerre, ça mettrait un peu d'ambiance ! Enfin, en tout cas, ça me détendrait. Parce que l'ambiance, en ce moment, c'est pas vraiment ce qui manque… mais ce n'est pas du tout une ambiance qui me plait.
Franchement, pourquoi cette humaine est restée parmi nous ? !
Enfin, on m'a expliqué que c'est son propre souhait, mais… C'est insensé ! Et pourquoi la plupart des Arrancar ont accepté ça sans broncher ? C'est pas leurs affaires, qu'ils disent ! Mais je leur en ficherai, moi, des affaires ! Et le pire, c'est Ulquiorra ! Il est aux petits soins avec elle, c'est pas possible ! Enfin, « être aux petits soins », avec Ulquiorra, ça veut dire que c'est lui qui lui apporte à manger, comme quand Aizen était là. Mais, contrairement à avant, il passe du temps avec elle. Personne ne sait ce qu'ils font, tous les deux, enfermés dans la chambre de cette humaine… Alors évidemment, on s'imagine plein de trucs ! Une fois, je suis allé écouter à la porte, mais je n'ai rien entendu d'intéressant. Je les entendais juste parler. Enfin, c'est surtout elle que j'entendais. Ulquiorra n'a jamais beaucoup parlé, et franchement, il ne changera pas comme ça du jour au lendemain pour les beaux yeux d'une putain d'humaine à la con !
Non, vraiment, je vais pas pouvoir supporter cette ambiance encore longtemps. Je vais foutre la merde, c'est obligé ! Il faut juste que j'y réfléchisse un peu…
Byakuya
Je rentre dans mes quartiers, songeur. Je sors tout juste d'une réunion avec les autres Taicho, où nous avons discuté des problèmes liés aux derniers évènements.
Pour commencer, la perte prochaine des pouvoirs de Kurosaki Ichigo. Franchement, j'espère que ce moment est proche. Je n'en peux plus de le voir traîner autour de ma sœur et de l'entendre m'appeler familièrement par mon prénom. De toute façon, nous ne pouvons pour le moment rien faire pour lui. Il est rentré chez lui, dans le monde réel, dans l'incapacité totale de faire quoi que ce soit d'autre que d'attendre qu'il perde définitivement ses pouvoirs. Mais ce n'est pas notre responsabilité.
Ensuite, la mystérieuse disparition d'Ichimaru Gin. Nous ne savons pas encore ce que nous ferions si nous réussissions à lui mettre la main dessus, mais pour ça, il nous faudrait d'abord savoir où est-ce qu'il se cache. Soi Fon a pour mission d'envoyer ses hommes enquêter un peu partout, que ce soit à la Soul Society ou dans le monde humain. Mais elle a pour ordre de ne pas chercher dans le Hueco Mundo pour le moment. Cet endroit est bien trop dangereux, le risque qu'elle perde inutilement ses hommes est encore trop grand.
Nous avons également été informés de la décision de la chambre 46 concernant les Vizard. Un petit groupe de Shinigami, dirigé par un Taicho qui n'a pas encore été désigné, sera envoyé dans le monde réel pour inviter les Vizard qui le souhaitent à nous rejoindre. Après tout, ils nous ont aidé durant la guerre, ils ne s'en sont jamais pris à nous, et ce sont d'anciens Shinigami. Et puis, Kurosaki Ichigo lui-même est un Vizard, à présent, et malgré tout ce que je peux penser de lui, je dois reconnaître que nous lui devons beaucoup.
La question de l'étrange vision du futur qu'ont eue plusieurs personnes a également été abordée. Kurotsuchi a affirmé ne pas avoir beaucoup avancé dans ses recherches, et donc, faute d'éléments, nous avons rapidement abandonné ce sujet.
Pour finir, nous nous sommes interrogé au sujet de l'humaine Inoue Orihime. De toute évidence, sa place n'est pas au milieu des Hollow, au Hueco Mundo, qu'elle s'y plaise ou non. Si même les humains, à présent, font ce qu'ils veulent, jusqu'où irons-nous ? À mes yeux, elle doit être ramenée sur Terre le plus vite possible. Mais ce n'est pas aussi facile que ça… Les Arrancar n'ont aucune raison pour la retenir, mais aucune raison pour la relâcher non plus. Nous sommes à peine remis d'une première guerre, nous n'allons pas nous lancer dans une deuxième pour une simple humaine trop têtue pour rester à sa place… Nous avons donc décidé d'envoyer, pour commencer, un espion pour déterminer la situation exacte. Nous n'avons pas encore décidé qui serait chargé de cette mission, mais cela ne saurait tarder.
En entrant dans ma chambre, je jette un œil à ma photo de Hisana, comme d'habitude. Elle me manque tellement…
Rangiku
Je vide la dernière bouteille de saké et m'étale sur le sol du bureau de mon Taicho. Oups. Ça tangue. C'est rigolo. Oh, non. Je vais vomir.
Je rends le contenu de mon dernier repas, tandis que Kira, Hisagi, Ikkaku, Yumichika et Renji se moquent de moi, aussi ivres que moi. C'est pile à ce moment là que mon Taicho entre et nous découvre, tous plus bourrés les uns que les autres, son bureau rempli de cadavres de bouteilles, complètement sale…
Oups. Il va s'énerver. Je sais que c'est pas bien, mais j'éclate de rire.
- Taicho… Hic ! Vous êtes… Hic ! Trop mignon !
Et je lui saute dessus sans prévenir, l'étouffant entre mes seins. Mais je suis emporté par mon élan, et lui avec moi, et nous tombons à la renverse pour nous retrouver par terre. Les autres se moquent de plus belle, ce qui énerve encore plus mon Taicho, qui se relève tant bien que mal et nous crie dessus.
- Matsumoto ! Combien de fois t'ai-je dis de ne pas te saouler dans mon bureau ? ! Et vous, là ! Qu'est-ce que vous faites ici ? Sortez immédiatement !
J'ai une grimace douloureuse. Pendant ce temps, les autres partent, plus ou moins discrètement… Les traîtres ! Ils m'abandonnent à mon sort ! Tiens, ça me rappelle quelqu'un… Encore et toujours lui…
- Taicho… Vous criez trop fort… C'est pas drôle…
- Ce n'est pas censé l'être, idiote ! Tu vas me nettoyer tout ça dès que tu seras remise sur pied ! Qu'est-ce qui te prend, de boire autant ?
- Mais Taicho… J'en avais besoin…
Il se tourne vers moi, un air que je n'arrive pas à déchiffrer sur le visage.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Je comprends plus rien, Taicho…
Toujours allongée par terre, je me mets soudainement à pleurer. Je suis sous l'emprise de l'alcool, je ne contrôle plus rien. Une petite, toute petite voix, au fond de moi, me murmure que je vais le regretter. Mais je n'y peux rien, je parle, je parle.
- C'est Gin… Je veux qu'il arrête… Mais je veux pas… Je comprend plus rien, Taicho…
- Gin ? Tu parles d'Ichimaru Gin ?
Il s'accroupit à mes côtés, et je hoche la tête. Il sert les poings.
- Bah ? m'étonné-je. Vous êtes fâché, Taicho ?
- Je… Non, non, pas du tout. Continue. Tu sais où est Gin ?
Je mets un doigt devant ma bouche.
- Ça, c'est un secret… murmuré-je.
- Et… Que veux-tu qu'il arrête ?
Mes larmes se remettent à couler.
- Je sais pas, Taicho… Je sais plus rien du tout… Tout à l'heure, je voulais qu'il m'embrasse, mais je voulais pas… Mais je l'aime, Taicho !
Ça, c'est dit…
Toshiro
Hier soir, après sa confession, Matsumoto s'est endormie. Je l'ai portée à sa chambre, et j'ai attendu que la nuit fasse son boulot. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'à son réveil. Elle en a trop dit pour pouvoir prétendre ne rien savoir sur Ichimaru. J'arriverai à la faire parler.
En attendant, c'est finalement moi qui ai fait le ménage dans mon bureau. Comme d'habitude. Vraiment, je vais finir par en parler aux Taicho responsables de ceux avec qui elle a bu ! Enfin, pour Kira et Hisagi, ce ne sera pas vraiment possible pour le moment… Mais je suis sûr que Zaraki et Kuchiki seraient ravis de savoir que leurs subordonnés se saoulent dans leur dos !
Un bruit de pas me fait lever la tête de ma paperasse. Matsumoto est enfin debout, et me regarde, encore à moitié dans les vapes. Mais à présent, elle devrait être assez lucide pour pouvoir répondre à mes questions…
- Taicho…
- Assieds-toi, Matsumoto.
Elle s'exécute et s'affale lourdement dans le canapé. Je retiens un soupir devant son attitude nonchalante et passe directement à mon « interrogatoire ».
- Tu te souviens de ce qu'il s'est passé hier soir ?
- Euh… Ouais.
Elle grimace, peu fière d'elle. Et il y a de quoi.
- Tu m'as avoué aimer Ichimaru et savoir où il se trouve, entre autres. Tu m'as également dit à demi-mots qu'il avait failli t'embrasser… Tu te doutes que je ne vais pas laisser passer ça sans en savoir plus.
Elle baisse la tête. Je sens qu'elle regrette ses paroles de la veille et qu'elle aurait voulu ne pas en parler, mais je me dois de la questionner. Pour son propre bien, et pour notre bien à tous.
- Où est-il ?
Elle hésite, fuyant mon regard. Puis elle se redresse, comme pour faire face à une épreuve difficile.
- Je ne dirai rien.
- Ne joue pas à ce petit jeu avec moi, Matsumoto ! m'emporté-je. Tu dois me dire où se trouve ce traître ! Après tout ce que tu m'as avoué hier soir, tu penses vraiment pouvoir t'arrêter là ? Je ne te laisserai pas tranquille tant que tu ne m'auras pas révélé l'endroit où il se cache !
- Mais Taicho… tente-t-elle de se justifier. Si je vous le dis, vous les direz aux autres Taicho, et ils iront le capturer… peut-être même le tuer… Je ne veux pas de ça, Taicho ! Je sais que vous ne me comprendrez sans doute jamais sur ce point-là, mais comme je vous l'ai dit hier soir, je l'aime ! Je me dois de le protéger au moins un minimum, non ? Là où il est, il ne fait de mal à personne ! Pourquoi voulez-vous tellement le capturer ?
- Tu me poses vraiment la question, Matsumoto ? As-tu déjà oublié tout ce qu'il a fait ? Il a trahi le Seireitei ! Il nous a tous trahi, et surtout, il t'a trahi toi, n'est-ce pas ? Ne me dis pas que tu lui as déjà pardonné tout ça ?
Elle soupire.
- Non, je n'ai ni oublié, ni pardonné, et j'en serai sans doute à tout jamais incapable. Mais vous êtes au courant qu'à la Soul Society, un phénomène étrange s'est produit, projetant une image du futur dans la tête d'un certain nombre de personnes, n'est-ce pas ? Et vous savez également que j'ai eu cette vision. C'est difficile à décrire, Taicho, mais je vais tenter de faire en sorte que vous compreniez. Je n'ai pas imaginé voir Gin mourir. Je l'ai vu. Cette scène ne s'est jamais réellement déroulée, mais je l'ai vécue, j'en suis sûre et certaine. Elle est encore présente très clairement dans mes souvenirs, vous savez…
Elle frissonne, et je me demande s'il lui arrive même d'en faire des cauchemars, la nuit. Elle n'est plus vraiment avec moi, plongée dans ses souvenirs. Je ne dis rien, la laissant continuer, pour ne pas qu'elle perde le fil de ses pensées.
- J'ai ressenti toute la tristesse qui m'aurait envahie, si il était réellement mort. Et croyez-moi, je n'avais jamais rien ressenti de tel… Alors même que cette scène ne s'est jamais vraiment déroulée. J'ai alors tout fait pour qu'il ne meurt pas, pour qu'il reste avec moi… J'ai réussi à éviter sa mort, j'ai donc fait en sorte qu'il se cache, pour ne pas risquer d'être exécuté par les autorités du Seireitei. Vous comprenez, Taicho ? Si je vous dis où il est, je le perds à tout jamais… Pourquoi le voulez-vous à ce point ? Qui vous dit qu'il est encore dangereux ?
- Et qui te dit qu'il ne l'est plus ?
Elle se fige. Je crois que j'ai compris ce qu'elle a essayé de m'expliquer, mais je déteste toujours autant Ichimaru. Après tout, et si il la manipulait ? Si toute cette histoire n'était qu'un mensonge destiné à plonger la Soul Society dans le chaos ? Personne ne sait ce qu'il se passe réellement dans la tête de cet homme.
- Que t'a-t-il fait, Matsumoto ? Continué-je.
- Que voulez-vous dire ?
- Tu as dit qu'il a failli t'embrasser. Tu as également dit que tu voulais qu'il arrête, mais que tu ne le voulais pas. Que t'a-t-il fait, concrètement ?
- Taicho ! s'indigne-t-elle. C'est personnel !
- Je sais, et crois-moi, ça ne me plaît pas plus qu'à toi.
Je n'ajoute rien, me contentant de la regarder jusqu'à ce qu'elle cède.
- Je vous l'ai dit, Taicho… marmonne-t-elle. Il a seulement essayé de m'embrasser. Et encore, il n'est pas allé jusqu'au bout de sa manœuvre. C'était comme si… il jouait avec moi. J'avais l'impression qu'il attendait que ce soit moi qui vienne vers lui. Mais je l'ai repoussé.
J'acquiesce discrètement. Au moins, elle ne se laisse pas totalement faire. On parle de Matsumoto, quand même. Cette femme a du caractère, parfois à mon plus grand désespoir…
- Tu ne veux toujours pas me dire l'endroit où il est ?
- Non.
- Tu le vois régulièrement, n'est-ce pas ? Toutes tes petites escapades, dernièrement, c'était pour lui rendre visite, non ?
Elle se tortille sur le canapé, mal à l'aise, et acquiesce. Elle ne pensait tout de même pas sérieusement que je n'aurais rien remarqué ? Je soupire.
- Je suppose que c'est inutile de te dire de ne pas retourner le voir ?
Elle me jette un regard soupçonneux, et acquiesce lentement.
- Fais attention, alors.
Elle écarquille les yeux, plus que surprise. Ça me fait mal. Vraiment.
- Que… bafouille-t-elle.
- Je fermerai les yeux le plus longtemps possible sur cette affaire. Fais juste attention. Ne te fais pas manipuler ou quoi que ce soit, d'accord ?
- Merci, Taicho !
Elle me saute littéralement dessus et m'étouffe une fois de plus. Vraiment, je déteste quand elle fait ça !
- Dégage de là, idiote ! M'emporté-je.
Elle s'écarte en riant, puis s'installe derrière son bureau et, fait exceptionnel, commence à remplir sa paperasse.
Ça fait mal. Vraiment.
Mais je vais devoir la trahir.
C'est mon devoir. Je dois la protéger. Même si pour ça, je dois la trahir et perdre sa confiance. Maintenant que je suis sûre qu'elle voit régulièrement Ichimaru, je ne peux rester sans rien faire. Je vais devoir le dire aux autres Taicho et la faire suivre par un membre du Corps Mobile Secret. Et ainsi, nous connaîtrons la position du traître.
Comment pourrais-je la laisser le voir en toute liberté ? Je ne veux pas qu'il lui arrive le moindre mal. Et puis, Ichimaru a déjà tenté de tuer Hinamori… À ce moment-là, si Matsumoto n'avait pas été là pour l'arrêter, j'aurais perdu la personne la plus chère à mes yeux.
Ça fait mal. Vraiment. Mais je vais devoir la trahir.
Est-ce ce qu'a également pensé Ichimaru, avant de la quitter pour Aizen ?
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