Voilà le second chapitre ! Je crois que je posterai chaque samedi. Bonne lecture !


Jellal se réveilla après un sommeil agité. En s'apercevant qu'il était extrêmement proche d'Erza, il rougit et failli reculer. Mais elle le serrait contre lui, et de doute façon… il devait bien s'admettre que ça lui plaisait.

La jeune mage dormait encore. Les sourcils froncés, l'expression tendue, elle ne semblait pas faire des rêves agréables. Il décida donc de la réveiller.

- Erza, murmura-t-il. Réveille-toi.

Elle cligna des paupières et sourit en le reconnaissant. Puis ses souvenirs de leur situation lui revinrent et son sourire disparut.

- Nous devons trouver un moyen de sortir d'ici, déclara-t-elle.

- Et comment veux-tu que l'on y arrive ? Nous sommes enfermés dans cette pièce, nos pouvoirs ne fonctionnent pas, et nous n'avons absolument aucun moyen de contacter quelqu'un !

- Natsu, ou un autre dragon slayer, pourrait nous retrouver à l'odeur. Il nous suffit peut-être d'attendre.

- Il y a autre chose. Nous ne pouvons plus nous servir de nos pouvoirs, mais il est également possible que nous ne soyons plus réceptifs à la magie.

- Comment ça ? s'inquiéta Erza.

- Réfléchis. On ne nous a jusque-là torturé avec des moyens « naturels », basiques. Bref, sans magie. Pourtant, il existe tout un tas de méthodes de torture liées à la magie. Et si, en plus de nous retirer nos pouvoirs, on nous avait en quelque sorte « immunisés » contre la magie ?

- Pourquoi auraient-ils fait ça ?

- Je ne sais pas. Ils ne l'ont peut-être pas fait intentionnellement, c'est peut-être uniquement un effet secondaire.

Erza réfléchit quelques secondes.

- Oui, ton raisonnement tient debout… Mais tout cela ne nous aide pas à sortir d'ici. Nous sommes trop faibles pour nous battre contre eux, actuellement. Et si aujourd'hui se déroule comme hier, nous ne serons toujours pas capables de faire quoi que ce soit. Essayons de nous mettre debout et faisons le point sur nos blessures.

Sans un mot, ils s'écartèrent l'un de l'autre et tentèrent difficilement de se relever. Mais, ayant perdu beaucoup de sang, ils étaient affaiblis. Des courbatures les tiraillaient dans tout leur corps, tant à cause de la précédente journée de torture que de la nuit inconfortable qu'ils venaient de passer. Plusieurs de leurs os leur semblaient brisés, ou du moins en mauvais état. Ils finirent néanmoins par réussir à se tenir debout.

Le bilan fut douloureux. Ils avaient évidemment les os des auriculaires et des annulaires brisés. Partout sur leur corps, on pouvait voir de profondes coupures poisseuses de sang. À certains endroits, leur chair était mise à nue, leur peau ayant été arrachée. Plusieurs brûlures étaient également visibles. D'énormes bleus couraient sur leur peau, mais ce n'était pas le plus douloureux. Mis à part cela, la soif, et dans une moindre mesure la faim, les tiraillaient. Ils étaient épuisés, et l'atmosphère était froide et humide.

- Ça pourrait être pire, constata Jellal.

- Oui, approuva Erza. Et puis, ajouta-t-elle dans un sourire, au moins, nous sommes ensemble.

Il sourit à son tour, voulut dire quelque chose…

Ils entendirent des pas se rapprocher d'eux. Tous deux commencèrent à paniquer. Ils ne voulaient pas revivre une journée comme celle de la veille ! Ils ne voulaient plus entendre les cris de la personne qu'ils aimaient toute la journée ! Ils ne voulaient plus ressentir cette douleur quasi insoutenable à chaque minute, chaque seconde ! Ils ne voulaient plus ressentir cette atmosphère qui leur rappelait tellement celle de la Tour du Paradis et faisait remonter à leur mémoire tous ces souvenirs douloureux !

Mais ils ne pouvaient rien faire pour empêcher tout cela, car ils ne devaient pas révéler quoi que ce soit à leurs tortionnaires.

Erza fouilla du regard sa cellule pour trouver une arme, n'importe quoi, mais il n'y avait même pas une pierre. Juste des petits cailloux dont elle ramassa une poignée sous le regard interrogateur de Jellal. Puis il comprit ses intentions et l'imita. Ils allèrent se placer près de l'entrée de leur prison.

Les trois personnes qui arrivaient étaient les mêmes que la veille. N'y avait-il donc personne d'autre ici ? Ou alors étaient-ils les seuls habilités à les torturer ? Ou peut-être les seuls autorisés à les voir ?

Boris sortit son trousseau de clefs et ouvrit la porte. Aussitôt, Erza et Jellal lui lancèrent les petits cailloux d'apparence inoffensifs dans les yeux. Mais leur geste, ralenti par leurs doigts brisés et leur fatigue, ne fut pas assez rapide. Boris évita facilement les projectiles. Erza, qui était plus proche de lui que Jellal, ne se découragea et envoya son genou percuter la partie la plus fragile de son anatomie.

- Salope… articula Boris qui, recroquevillé sur lui-même, n'était plus bon à rien.

Alors que Jellal l'envoyait au fond de la pièce d'un simple coup de pied dans les côtes, Erza se retourna pour affronter Steven. Mais celui-ci était parfaitement alerte, et ne se laissa pas faire. Erza tenta quand même de l'envoyer à terre comme son camarade, mais même Titania ne pouvait rien faire contre lui, affaiblie ainsi. Elle fut rapidement plaquée sur le sol, tandis que Cassandre immobilisait Jellal et que Boris se relevait.

- Eh bien, eh bien, ma petite catin… susurra Steven contre l'oreille d'Erza. On se rebelle ? On pense pouvoir s'enfuir ? Comme c'est mignon…

- Je me suis bien enfuie de la Tour du Paradis, rétorqua-t-elle.

Elle n'eut qu'un rire malsain pour réponse.

Ils furent de nouveau trainés à la salle de torture. Les heures passèrent, ponctuées des cris des deux jeunes mages. Bien que tous deux mourraient d'envie de céder, aucun ne le fit. Ils pensèrent devenir fous. La douleur insupportable… L'atmosphère de mort si semblable à celle de la Tour du Paradis… Le visage torturé de l'autre juste en face de soi-même… C'était presque plus que ce qu'ils pouvaient supporter. Mais seulement presque. Alors, ils ne devaient pas céder.

En milieu d'après-midi, Cassandre sembla abandonner.

- On n'en tirera rien de cette manière, soupira-t-elle. On ne doit pas trop les abimer, donc nous nous retenons, et nos méthodes sont bien trop douces pour eux. On doit passer à l'étape supérieure. Emmenez-les à l'infirmerie. On pansera leurs plaies, on leur posera des attelles, on verra bien ce qu'on pourra faire pour eux. Comme ça, ils seront près pour demain. Steven, demain, ce sera à toi de jouer. Et pour ta… méthode… ils ne doivent pas être trop blessés, c'est bien cela ? Sinon, le risque qu'ils meurent est bien trop grand…

Un sourire étrange s'étira sur le visage de l'homme.

- Exactement… J'ai hâte d'être demain… Leurs cris seront sûrement exquis…

- N'y va pas trop fort, quand même, le tempéra Cassandre. Qu'ils se souviennent au moins de la manière de construire un R-Système.

- Ne t'en fais pas. Je me retiendrai. Tant que tu les entendras crier, cela voudra dire que je ne mettrai pas ma puissance maximale, car à ce moment-là, on est même incapable de crier. Mais entendre leurs cris… Non, leurs hurlements… j'ai tellement hâte !

Il s'approcha d'Erza et saisit son menton entre ses doigts.

- Et après, ma petite catin, on pourra s'amuser un peu, toi et moi, si tu vois ce que je veux dire…

Il se lécha les babines, comme un animal, une lueur perverse dans les yeux. Erza le fixa d'un regard assassin.

- Toi… et les deux autres… Vous paierez cher tout ce que vous nous faites subir. Quand nous serons rétablis, nous vous ferons payer. Et nos guildes seront avec nous pour ça. Quand nous en aurons fini avec vous, on ne pourra même plus vous reconnaître.

Alors qu'elle disait cela, les yeux d'Erza lançaient des éclairs. Devant elle, beaucoup auraient eu peur. Mais pas Steven.

Sans accorder la moindre importance à sa tirade, tout en la regardant dans les yeux d'un air provocateur, il posa sa main sur un sein d'Erza et commença à la peloter jusqu'à ce que cela lui fasse mal. Elle serra les dents, bien que des larmes de douleur lui montaient aux yeux. Elle devait encaisser. Se taire et encaisser.

- Ne pose pas tes mains sur elle, sale porc !

Le visage de Jellal était empli de colère et de haine. Malgré ses blessures, il se débattait pour tenter de se libérer de ses chaînes. Steven s'écarta d'Erza pour s'avancer vers lui.

- Et sinon quoi ? Tu me tues ? Tu me tabasses à mort ? Ne t'en fais pas, je ne lui ferai rien aujourd'hui. Mais quand elle sera un peu mieux rétablie physiquement, la seule façon de m'empêcher de m'amuser avec elle sera que tu parles. Et encore…

Erza paniqua. Elle ne voulait pas se faire violer. Mais Jellal devait se taire à tout prix. Elle devrait donc subir en silence, pour le bien de tous. Et lui, il ne devrait surtout pas parler… surtout pas… Mais en aurait-il la force ?

Le visage de Jellal était crispé de douleur, de peur et de haine.

- Eh, Steven, lança Boris. Tu m'en laisseras un morceau, ok ?

- Mais oui, pas de problème. On pourra même le faire en même temps, si tu veux. C'est très drôle aussi.

- JE NE VOUS LAISSERAI JAMAIS FAIRE ÇA !

Le visage de Jellal était méconnaissable. Poisseux de sang, tuméfié, déformé par la haine. Erza ne l'avait jamais vu comme ça, pas même quand il était encore possédé.

Steven eut un rire gras.

- Tu seras spectateur. Tu parleras.

§


Le soir, ils étaient de retour dans leur cellule. Ils avaient été emmenés à l'infirmerie, où Cassandre, Boris et Steven leur avaient administrés les premiers soins pour leurs blessures. Ils avaient également étés nourris. Physiquement, ils se sentaient bien mieux. Mais mentalement, ils étaient détruits.

Quand ils furent certains que Cassandre, Steven et Boris étaient loin, Jellal prit Erza dans ses bras.

- Je ne les laisserai pas faire, grogna-t-il. Je trouverai un moyen, n'importe lequel. Et si je ne trouve pas, je parlerai.

- Non, souffla-t-elle contre son torse. Non, tu ne dois rien dire. Il en va de la vie de centaines de personnes.

- Je sais ! Mais tu penses vraiment que je vais les laisser faire ? Ça me tue de les laisser te torturer, là, juste sous mes yeux ! Alors… si en plus, ils te violent devant moi… je ne pourrai pas me retenir.

- Mais tu ne peux pas les laisser construire un R-Système ! cria Erza en s'écartant de lui. Même si tu essayais de leur mentir, ils surexploiteraient et sacrifieraient quand même des gens. Peu importe que ce que tu leur dises soit la vérité ou un mensonge ! Si tu leur mens, ils ne s'en rendront sûrement pas compte. Alors bien sûr, dans ce cas-là, personne ne sera ressuscité. Mais des centaines d'innocents seront tout de même contraints de dépasser leurs limites pour construire un soi-disant R-Système selon les plans que tu leur fourniras ! Ce que nous avons vécu enfants… Plus personne ne devrait plus jamais avoir à le vivre.

Le visage de Jellal était empli de rage retenue.

- Et tu crois vraiment que tout cela changera quelque chose, quand je les verrai oser poser la main sur toi ? Tu crois vraiment que mon cœur écoutera ma raison ? La vérité, c'est que je ne suis qu'un égoïste ! Je ne pense qu'à ce que je ressens, pas à toutes les vies que je risque de gâcher ! Je ne peux pas supporter l'idée que quelqu'un d'autre que moi te touche ! Parce que… Parce que…

Sans prévenir, il plaqua ses lèvres sur celles d'Erza. La jeune fille écarquilla d'abord les yeux de surprise. Puis elle ferma les yeux et s'abandonna. Ils entrouvrirent leurs lèvres, et leurs langues se mêlèrent. Elle s'agrippa à lui du mieux qu'elle put, malgré les attelles posées à ses doigts. La main de Jellal passait maladroitement dans ses cheveux.

Enfin ! Enfin, il acceptait de céder à son désir! Enfin, il arrêtait de se retenir ! Dans ses bras, Erza se sentait libérée d'un poids. Elle avait beau savoir que leur situation était désespérée, elle avait l'impression que plus rien de mal ne pouvait lui arriver.

Mais tout d'un coup, il la repoussa.

- Non… bafouilla-t-il. Excuse-moi. Je ne voulais pas faire ça. Oublie ce que nous venons de faire, s'il te plait.

- Et que tout recommence comme la dernière fois ? s'énerva Erza. Ah, ça non ! C'est la deuxième fois que tu m'embrasses, et la deuxième fois que tu me repousses ! Je ne te laisserai pas faire ! Je sais que tu en meures d'envie. Arrête de te retenir. Laisse-toi perdre le contrôle, pour une fois ! Tu crois que c'est loin de toi que je serai heureuse, mais tu te trompes. C'est près de toi que je veux être. Et puis, tu en as déjà trop dit pour pouvoir prétendre que tu n'aimes pas ça.

Elle passa ses mains derrière son cou et se serra contre lui. Il tenta de s'écarter, mais elle ne voulait pas le laisser s'échapper.

- Vas-y, maintenant… murmura-t-elle à son oreille. Ose me dire que tu ne m'aimes pas. Essaie de me tenir loin de toi. Tu verras bien que tu n'y arriveras pas.

Il sentit des frissons parcourir son corps. Elle était si proche de lui… Tout son corps se serrait contre lui. Il voulait la prendre dans ses bras, l'embrasser. L'aimer comme elle le méritait. Mais une petite voix, tout au fond de lui, lui ordonnait de s'éloigner d'elle.

Alors qu'il allait tenter d'obéir à cette petite voix, elle l'embrassa encore une fois. Il sentit alors toute sa raison s'évaporer en un clin d'œil, et sa langue vint une fois de plus rencontrer celle d'Erza. Puis sa bouche descendit vers la mâchoire, la gorge et le cou de la jeune fille, qu'il couvrit de baisers. Erza passa ses doigts dans les cheveux de Jellal, puis sa main descendit vers son torse musclé, qu'elle caressa avec précautions, de peur de lui faire mal. Puis les lèvres de Jellal revinrent vers les siennes.

Tout en continuant de s'embrasser, ils s'allongèrent, Jellal au-dessus d'Erza. Il commença à lui caresser les jambes, mais elle l'arrêta.

- Attends… haleta-elle. Ni toi, ni moi ne sommes en état d'aller plus loin.

- Dommage…

Elle sourit.

- Tu l'avoues enfin.

Jellal s'allongea à côté d'elle et caressa la joue d'Erza du bout des doigts, en faisant attention à ne pas toucher ses blessures.

- Après ça, je risque encore moins de les laisser te prendre… Tu es à moi.

Le sourire d'Erza disparut de son visage au souvenir de leur situation. Elle ferma les yeux pour que Jellal n'y voie pas les larmes qui y montaient.

- Je ne veux pas les laisser me toucher… J'ai l'impression de te trahir. Je ne veux pas que ma première fois soit avec eux. De toute façon, je ne veux pas être avec eux, d'aucune manière. Mais si c'est inévitable… Alors, j'aimerais au moins… Pouvoir… Pouvoir te donner tout mon amour avant qu'eux ne prennent mon corps.

Elle enfuit son visage dans son cou. Il la serra plus fermement contre lui.

- Je te l'ai déjà dit, lui murmura-t-il à l'oreille. Tu es à moi. Ils ne te toucheront pas.

Il la sentit frissonner contre lui et déposa un baiser sur ses lèvres.

- Promets-moi juste une chose, lui demanda-t-elle.

- Oui ?

- Je… c'est délicat à dire…

Elle prit une profonde inspiration et lâcha tout d'une traite.

- Je n'ai jamais fait l'amour. Alors, s'il te plait, je voudrais que ma première fois soit avec toi. Pas avec eux, ou qui que ce soit d'autre. Juste toi. Si tu en as aussi envie, bien sûr.

Évidement qu'il en avait aussi envie ! Mais le pouvait-il vraiment ?

- Erza…

- S'il te plait.

Il l'embrassa sur le front.

- Tu es sûre ?

- Absolument.

- Alors c'est d'accord.

Elle lâcha un profond soupir.

- Merci.

- Tu n'as pas à me remercier. Je t'aime. C'est donc tout à fait normal que je fasse ça.

Un grand sourire éclaira le visage d'Erza.

- Enfin ! Enfin, tu te décides à me dire que tu m'aimes !

Jellal se rendit alors compte de ce qu'il venait de faire, de dire et, surtout, de promettre. En avait-il vraiment le droit ?

- Erza… Ce n'est peut-être pas une bonne chose… Tout ça…

- Rien à foutre que ce soit une bonne chose ou pas. Moi aussi je t'aime. C'est tout ce qui compte.

- Mais… Après tout le mal que je t'ai fait… J'ai tué Simon. Et là, tu ne peux pas dire que tu n'en as rien à foutre. Quelqu'un comme moi ne devrait pas être avec quelqu'un comme toi.

- Je t'ai déjà dit que je t'avais déjà pardonné. Ce n'était pas vraiment toi. Et puis, ça ne change pas mes sentiments… Tu crois peut-être que je les contrôle ? Que la raison a quelque chose à faire là-dedans ? Non.

- Mais…

En ayant assez de ses protestations, Erza lui ferma la bouche d'un long baiser. Jellal, d'abord réticent, l'accepta ensuite.

Elle savait qu'il avait en partie raison. Pourquoi l'aimait-elle ? Il avait tué Simon. Il avait séquestré ses amis et l'avait empêché de venir les sauver. Il l'avait fait souffrir. Quand elle l'embrassait, elle ne pouvait s'empêcher de penser à tout ça. Elle ne pouvait s'empêcher de songer qu'elle embrassait le meurtrier de Simon. Mais malgré tout, elle en voulait plus, toujours plus. Ils n'étaient jamais assez proches à son goût.

Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, enlacés.

§


Elle était de retour dans la Tour du Paradis. Elle fuyait, mais elle ne savait pourquoi. Mais elle était trop lente, elle ne parvenait pas à courir, elle était comme engluée. Soudain, elle tomba. Relevant la tête, elle se retrouva nez à nez avec deux Jellal. L'un avait un regard fou et voulait la tuer, l'autre était doux et lui tendait la main pour l'aider à se relever. Elle s'en saisit et, main dans la main, ils fuirent le Jellal « maléfique ». Ils coururent, coururent. Tout d'un coup, le sol se déroba sous leurs pieds, et ils atterrirent dans la salle de torture du R-Système de Cassandre. Erza se retourna pour vérifier si ils étaient toujours poursuivis, et eut un mouvement de recul.

Ce n'était plus un Jellal fou qui les poursuivait, mais Steven et Boris. Le Jellal à ses côtés se retrouva enchaînés et bâillonné sur le mur derrière elle. Elle tenta de se battre contre les deux hommes, mais ses mouvements étaient lents, lourds, imprécis. Elle fut rapidement bloquée au sol sous le regard impuissant de Jellal, tandis que Steven et Boris s'approchaient d'elle, une lueur sauvage dans le regard…

Elle s'éveilla en sursaut. Elle était toute collante de sueur. Devant elle, Jellal, endormi, semblait être comme elle la proie de cauchemars. Elle préféra le réveiller, sachant d'expérience que c'était souvent mieux que de continuer le mauvais rêve…

- Je… Erza ? C'est bien toi ?

Il passait nerveusement ses mains sur le visage d'Erza, comme pour vérifier si elle était bien réelle.

- Dieu merci… Tu es vivante… souffla-t-il en la serrant contre lui.

- Tu semblais faire un cauchemar, alors j'ai préféré te réveiller.

- Tu as bien fait. Merci. Mais toi, pourquoi étais-tu réveillée ? On est au beau milieu de la nuit !

- Tu n'es pas le seul à avoir des cauchemars…

Elle enfouit sa tête dans l'épaule de Jellal, qui commença à lui caresser les cheveux.

- Tu veux bien m'en parler ? lui demanda doucement Jellal.

Elle hocha la tête.

- Toi et moi, on était à la Tour du Paradis. On fuyait celui que tu étais… avant. Puis on s'est retrouvés dans la salle de torture du R-Système où nous nous trouvons en ce moment. Et ce n'était plus « toi » qui nous poursuivait, mais Steven et Boris. Tu étais attaché au mur, tu ne pouvais rien faire… Ils ont commencé à s'approcher de moi… Heureusement, je me suis réveillée.

Elle passa ses doigts sur son visage.

- Et toi ? De quoi as-tu rêvé ?

- … J'étais redevenu comme avant. Je les aidais à construire leur R-Système. De mon plein gré. Et je te tuais…

Il la serra dans ses bras.

- Jamais, jamais je ne redeviendrai comme avant ! Jamais je ne ferai ça !

Erza l'embrassa tendrement du bout des lèvres.

- Je sais… murmura-t-elle contre ses lèvres. Tu n'as pas à t'en faire pour ça. J'ai confiance en toi.

Erza saisit le visage de Jellal dans ses mains, et lui en fit de même. Ils se perdirent dans le regard l'un de l'autre, chacun y puisant la force et le courage nécessaire pour affronter ce qui les attendait dans le monde réel comme dans celui des songes. Puis ils sombrèrent dans un sommeil sans rêve.


J'espère que ça vous a plu ! Un avis ?