Bonjouuuuur. Comment allez-vous ? Je reviens pour poster la suite ! J'espère qu'elle va vous plaire. N'hésitez-pas à me dire s'il faut vraiment que je fasse une suite. Ou je mette une sorte de petit prologue, mais lié à cette partie. Je pense que se serait une bonne idée ... Merci de laissez votre avis ! Excusez-moi d'avance pour les fautes, aussi. Sur ce, tchous~!
La pluie te frappe le dos et tu peux la sentir dégouliner le long de ton t-shirt. T'as même pas eu le temps d'enfiler une veste et tu frissonnes quand le froid mordant s'infiltre sous le tissu et vient épouser ta peau.. Tes yeux sont fermés et ta joue est contre lui et là, tu peux sentir une fois de plus comme son parfum est merveilleux. Tu sens la moto vrombirent doucement sous toi et tu ressens sa vitesse jusque dans tes veines. Tu te dis que vous roulez un peu plus vite que tout à l'heure et t'essaye de regarder le paysage. Mais c'est comme tout à l'heure. Une grande route de campagne, bordée d'arbre, et derrière, des champs. Et la pluie. Ça te fait bizarre, mais tu l'entends même pas, cette pluie, tu la sens, tu la vois, mais elle est silencieuse. Alors tu décides de l'ignorer pour te focaliser sur le mec sur lequel tu t'agrippe comme une bouée de sauvetage. T'as pas peur de tomber, où quoi que ce soit, t'as juste envie de le serrer dans tes bras, parce que t'aime ça. Tu sais pas depuis combien de temps vous roulez, et d'un côté, t'aimerai que jamais ça ne s'arrête. Loin de tout, des problèmes, des pleurs, des autres, juste avec lui, juste dans ses bras, juste cette vitesse, juste toi et lui.
Mais cette harmonie, celle qui s'est construite depuis que vous êtes partie, partie de ta chambre ce jour, tu sens qu'elle se brise au fur et à mesure que les mètres soient parcourus, tu sens qu'Akashi est tendu, et tu crois même un instant qu'il a peur.
Et toi aussi, tu te mets à douter de ce que tu fais là, mais tu lui fais confiance, il sait ce qu'il fait.
Tu te souviens encore quand vous étiez au collège, il était toujours sûr de lui et avait cette assurance que seuls les gagnants avaient. Oui, Seijuro est un gagnant. Alors, tu chasses cette peur qui te paralyse et tu te détends, en profitant, encore une fois, du voyage.
Son appartement n'est pas très grand, mais tu peux constater qu'il est spacieux et grandement décoré, tout en restant dans les tons clairs et crème. Tu ne vois pas la trace d'un adulte, soit ses parents sont partis, soit il en a pas, ce qui serait un peu bizarre, vu qu'il a son propre appartement.
T'es arrivé là sur sa moto, après avoir quitté ton foyer, pour venir habiter chez un type que t'avais pas revu depuis des mois. Mais qui connait la vérité. Là, ça change tout.
T'as les mains moites et tu te forces pour ne pas trembler, mais c'est plus fort que toi, t'arrives à peine à ne pas pleurer. La tête baissée et le cœur qui cogne dans ta poitrine, t'attend juste qu'il dise quelque chose. Tu te prévois à rien, tu ne sais pas trop ce qu'il va te dire, alors t'attend juste, faisant ton possible pour te retenir de fondre en larmes.
« Tiens. » T'oses à peine relever le visage et à travers tes mèches, t'entrevois un comptoir, lui derrière et dans sa main qu'il te tend, une tasse blanche. Tu ne sais pas d'où il sort ça, mais tu ne te poses pas de question. Tu t'avances doucement et en tremblant, tu enveloppe la tasse de ta paume.
Et d'un coup, tu es secoué d'un frisson. Ça te parcourt le long de la colonne vertébrale et tu peux ressentir tes poils se dresser sur tes avant-bras. Ton cœur palpite fort dans ta poitrine (encore plus), que ça te fait mal et dans ton esprit, plus rien ne fonctionne, ne réagis.
Le contact de ses doigts.
Ça te fait l'effet d'un électrochoc, mais en même temps, c'est tellement doux que ça te transporte ailleurs. Et tu fixes ces deux yeux qui sont plongé dans les tiens et tu t'y perds, tu t'y noies, tu t'évades de la réalité, tu t'échappes de cette prison, juste en sautant dans ses yeux, comme tu sautes dans un rêve, comme tu sautes d'un immeuble.
Et c'est ce fracassement, ce gong qui te fait sortir de ta transe. Tu sursautes, tu recules d'un pas et les larmes glissent en silence sur ta peau porcelaine. Un regard à tes pieds et tu vois la boisson brûlante former une mare, et le récipient qui le contenant en morceaux. Tu paniques et tes pleurs redoublent d'intensité. Tu es perdue, tu sais même plus ce que tu fous là et t'as juste envie de te recroquevillé sur toi-même et tu t'effaces lentement vers la sortie, sans même le regarder. T'es prêt à courir, tu prends ton élan, quand tu sens deux bras t'enlacer par derrière. Tu t'entends, malgré toi, hoqueter de surprise.
« J'aurai dû te prévenir que c'était aussi chaud. Excuse-moi, Tetsuya. »
Tu sens une goutte de sueur dégouliner le long de ta nuque, tes jambes tremblent, alors tu prends une grande inspiration, essayant de calmer ta respiration saccadée. Inspire. Expire. Mais t'arrive pas à accumuler et tu sens, avant de sombre, ton corps qui doucement, glisse, tes yeux, lentement, se ferme et ton esprit qui, petit à petit, s'envole.
L'air est lourd, l'ambiance sinistre et la scène sombre. Garé à côté d'un arbre, en face d'une grande baraque, tu regardes avec effroi le lieu.
La maison n'est pas effrayante en soi, elle est même plutôt chaleureuse, mais tu la sens pas, t'as soudainement envie de repartir en courant et de ne plus jamais revenir. À côté de l'habitation, il y a une sombre forêt qui te fait froid dans le dos.
Tu sens qu'Akashi est tendu lui aussi. Mais quand tu le regardes, il semble calme et serein.
Mais tu peux le voir, cet invisible frisson. Mais quand il te lance son légendaire sourire, tu te sens immédiatement rassuré et maladroitement, tu lui rends du mieux que tu peux.
« N'ai pas peur, je suis là, il ne peut rien t'arriver. » Sa voix est assurée. Oui, il a raison. Il ne peut rien t'arriver, ce n'est qu'une maison, après tout !
Mais tu ne sais toujours pas pourquoi tu es là, pourquoi vous êtes là et ça te déstabilise un peu, il faut le dire.
Les bruits de ses pas marchant sur le gravier te fait revenir à la réalité et avec empressement, tu le rattrapes, avant de marcher à une allure plus calme. T'oses pas parler et seul le son de la pluie s'écrasant avec fermeté sur le sol parvient à tes oreilles.
Vous montez doucement les marches du perron et par habitudes peut-être, ta main cherche la sienne.
Et sa chaleur te réconforte, même si quand la sonnette retentit, tu sens une pression entre tes doigts.
Tu peux entendre des pas.
Ton cœur s'accélère.
Tu vois la poignée tournée.
Ton cœur s'accélère encore.
La porte s'ouvre.
Ton cœur s'arrête.
Il se tient devant vous, dans toute sa hauteur, habillé simplement d'un jean et d'une veste blanche passée par-dessus un t-shirt noir, ses cheveux bruns coiffés à leur habitude et cette expression de stupéfaction mélangée à l'effroi que son visage affichait sans retenu.
Et là, t'as juste envie de le détruire. De l'atomiser, oui, de le faire disparaître de cette planète dans les pires souffrances. Mais t'as aussi peur. Un peu.
Tu sens la rage montée en toi et t'es prêt à lui sauter au cou pour l'étrangler, lui arracher les yeux et les dents, quand tu sens sa main se détacher de la tienne.
Tu peux sentir un fil se briser, le temps s'arrête et tu peux voir dans les moins détails la scène qui se joue sous tes yeux. Tu le vois, lui, ses cheveux flamboyants qui volent avec la vitesse, s'élancer sur Kiyoshi et mettant la main que tu tenais dans sa poche.
Tu n'es qu'un spectateur, un spectateur de la vie, depuis toujours et tu ne peux pas agir, tu ne peux pas l'empêcher d'agir.
Les ciseaux se plantent dans un bruit sourd dans la poitrine (au niveau du cœur) du roi découronné et tu as à peine le temps de voir le sang gicler à travers la pièce que tu es emporté à l'extérieur.
L'incompréhension pouvait se lire sur ton visage. L'incompréhension, le désarroi, la confusion, le trouble et la détresse. T'as pas vraiment enregistrer ce qu'il venait de se passer et tu veux pas te rencontrer encore une fois au mur de la réalité. Car du moment qu'elle n'existe plus, cette putain de réalité, tout est possible, et n'existe seul ce que tu veux. Et tu ne veux pas, tu ne veux pas que l'instant précédent en fasse partie, tu veux juste être avec Akashi, c'est tout.
« Cours ! » Il te le crie, encore et encore et tu fais ton possible pour ne pas te laisser distancer.
Au loin, tu entends vaguement une alarme, des cris, des aboiements.
Mais tu t'aperçois d'un truc. Vous ne courrez pas vers la moto, votre seul possible échappatoire. Non, vous courrez vers la forêt et quand tu t'y engouffre, tu sais que maintenant, y aura plus de retour arrière.
Mais de toute façon, il n'y en a jamais eu.
T'es réveillé depuis à peu près deux minutes, peut-être plus, peut-être moins, tu ne sais pas trop, mais tout t'es revenu en mémoire facilement. Et c'est peut-être pour ce qu'il s'est passé que tu ne veux pas bouger.
La honte surement, ou bien l'embarras, faut dire que ce n'est pas commun qu'un mec s'évanouisse comme ça.
Après quelques instants à réfléchir, tu te décides enfin à te lever. Au pire, tu mettras ça sur le dos de la fatigue. En même temps, t'as pas dormi (ou presque) depuis deux jours, ça passera facilement.
Tu regardes machinalement le réveil et tu remarques que tu dors depuis la veille. Ton évanouissement remonte à 16 h la veille (à peut-près, t'es pas sûr) et il est actuellement 11 h 46. T'as jamais dormi autant et c'est un peu amusé que tu sors dans le couloir. Mais pas totalement, parce que t'as gorge est serrée. Tu ne sais pas vraiment comment ça va se passer maintenant et puis, malgré que t'es eu un sommeil tranquille et reposant, t'as toujours ce mal être qui te bouffe. Même si, bizarrement, tu sens que la souffrance s'est atténuée. Elle n'est pas partie, tu sens qu'elle est toujours là, prête à surgir, plus meurtrière que jamais, mais au moins, t'as plus envie de pleurer et de te rouler en boule.
Et c'est les mains moites et les genoux tremblants que tu pénètres dans la salle principale. Mais seul le silence t'accueille.
Tu jettes des regards inquiets dans tous les coins, allant jusqu'à aller le chercher dans les autres pièces le cœur battant, et ta gorge se serrant encore plus, mais la triste vérité est là : tu es seul.
Aussitôt, tu cours te recroquevillé dans un coin, la tête enfouie entre tes mains. Tu ne veux pas, tu ne peux pas rester seul. Pas seul avec toi. T'as besoin de lui, t'as besoin Akashi, tout de suite, comme tu aurais besoin d'eau dans un désert ou de chaleur en Antarctique. Tu trembles et bientôt, tu es secoué de lourds sanglots, renforçant ce poids dans ta poitrine. Il te faut de l'aide, tu peux ne pas t'en sortir seul, tu peux ne pas être seul et ça te fait chier.
Cette souffrance que t'avais réussi à repousser te prend subitement, comme si tu étais sur un lac gelé et que la glace se brisait. Sauf que la glace, c'est toi.
Tu sens que tu te brises, que t'es prêt à t'effondrer et t'as peur. Tu ne veux pas être dans le même état qu'hier, tu veux ne pas ressentir cette agonie, tu ne veux pas avoir mal comme t'as pu avoir mal.
Mais t'as beau te démener, ça prend de l'ampleur, tu sens cette déchirure en toi se rouvrir sans que tu puisses rien faire. Telle une balle, aussi vite et aussi destructive, la douleur se propage en toi et t'as soudainement envie de vomir, comme si laisser tes larmes coulées ne suffisait pas, ton corps a besoin de faire aussi sortir tes entrailles. Et tu te gêne pas, t'es prêt à tout pour refermer cette cicatrise.
Ton torse se contracte mais t'as rien à sortir, t'as à peine mangé la veille.
Et t'as beau te forcer, encore et encore, y a juste un peu de sang qui coule dans ta bouche, mais rien de plus.
Le sang. Ça te vient comme une évidence. Tu te maudis de pas y avoir penser avant. Le sang. C'est ça la solution. La solution à tous tes mots, tous tes malheurs. Laisser couler tes larmes ne sert à rien, c'est le sang qu'il faut faire tomber.
Et tant pis pour ta famille et tes amis et tant pis pour Akashi et son bel appart', il comprendra que t'en avais besoin. Qu'il n'y avait pas d'autres issus. Pas d'autre porte de secours.
Même avec toute sa volonté et son amitié, il n'aurait jamais pu effacer tes souvenirs et tes cris, il n'aurait jamais pu retenir tes larmes dans le noir et il aurait jamais pu combler ce gouffre en toi.
Doucement, sans te presser, étrangement serein, presque en souriant, tu ouvres le tiroir que tu crois être celui des ustensiles de cuisine. Ta main plonge, non glisse, à l'intérieur pour extirper ce que tu sais comme ton remède. Bien tranchant, bien aiguisé, mentalement, tu remercies Akashi d'avoir autant bien pris soin de ses couteaux. Tu l'observe d'un œil expert, le faisant tourner dans ta main, avant de le reposer, presque en soupirant.
Non, tu ne mourras pas comme ça.
Tu es confiant, tu vas mourir, mais pas besoin de l'être d'adieu pour expliquer la vérité ton ami aux cheveux rouges la connaît. L'autre bâtard sera jugé pendant que toi, tu es confortablement assis dans les cieux. Oui, cette idée te plaît bien.
Tu retournes dans le couloir pour arriver dans sa chambre. Tu ne prends pas le temps de l'observer, tu files vers la commode et d'entrebâiller le petit compartiment, avant de le refermer tout de suite. Une ceinture. Non, trop de trucs te reviennent, mais tu dois garder ton calme.
Et soudainement, tu fais un bond de côté, tes yeux écarquillés tournés vers la porte. Tu te mets même à trembler, avant de te ressaisir.
Ce n'est que l'interphone.
Tu vas rapidement vers l'entrée de l'appartement avant de saisir un détail : le temps. Et si c'était Akashi, en bas ? Non, il n'aurait pas pris le risque de te réveiller.
Ce n'est pas Seijuro et tu n'as pas envie de savoir qui c'est. De toute façon, il est parti. Tu ne sais pas où et t'as pas envie de le savoir.
Il savait que tu ne saurais pas affronter la solitude, il n'aurait pas dû te laisser.
Alors, en ignorant royalement celui qui sonnait désespérément, tu avises la fenêtre. Voilà, c'est parfait. En t'approchant, tu peux constater que tu te trouves au quatrième étage. La mort n'est peut-être pas assurée, mais si tu tombes la tête la première...
Simple, rapide, tu as décidé de ta mort.
Et c'est le cœur léger que t'orientes vers le vide. Tu vas enfin abandonner cette existence minable !
Ta main emprisonne la clenche d'une poigne décidée et tu es prêt à la baisser, afin d'ouvrir la porte fenêtre qui donne sur un petit balcon, quand celle-ci refuse de s'abaisser.
Et tu as beau te déchaîner dessus, rien n'y fait. Tu peux sentir une fureur monter en toi, et du mieux que tu peux, tu t'apaises en serrant les poings.
Non, si Seijuro est parti, c'est juste parce qu'il te fait confiance. Mais tu t'en fiches, tu t'en bas les couilles comme certains disent élégamment. Tu crèveras aujourd'hui et ce n'est pas une foutu porte qui t'arrêtera.
Alors, tu avises une simple fenêtre.
« Il me fait confiance. Il a seulement fermé les portes, il croit que je me découragerais. » Mais il a tort, alors tu t'élances vers ta sortie. Mais elle aussi est fermée.
Et alors que tu allais essayer une autre, tu entends soudainement des pas dans le couloir.
« Merde. » Ton juron s'échappe de tes lèvres dans un murmure, mais t'as plus le temps. Tu défonces au plus vite avec ton poing le verre qui te sépare du gouffre, avant d'enjamber le cadre de la fenêtre.
La porte s'ouvre et tu lui jettes à peine un regard. Juste le temps de voir son regard emplit d'effroi et t'attrape maladroitement les rebords.
A ce moment, tu ne ressens rien. Ni la joie de partir, ni la peur de partir, ni la tristesse de partir. Rien du tout, t'es juste poussé par ce vide en toi, ce trou béant, qui te dis de sauter.
Tu te penches, penches, penches, attendant que ton autre jambe suit et que tu tombes, tombes, tombes.
« Lâche-moi. » Tu chuchotes ça, mais le ferme ton de ta voix indique clairement que c'est un ordre. Mais pourtant, il ressert son étreinte.
T'es là, au-dessus du vide, t'as pas la jambe, mais le pied sur le rebord et t'as ses bras autour de ta taille.
Tu fixes du regard le sol calmement, puis tu te répètes, mais sans bouger pour autant.
« Non. » Sa réponse sonne clair et il te tire vers lui. Étrangement, tu ne fais rien. Pas la force, pas le temps, ou p't'être pas l'envie. Tout ce que tu sais, c'est que deux secondes plus tard, t'es dans son appart', par terre, la main en sang, tandis qu'il te sert contre lui, son torse contre ton dos. Et bizarrement, t'as une impression de déjà-vu.
T'es pas mort. Et t'es dans les bras d'un mec. Trop de ressemblance, tu te mets à te débattre violemment, même à crier pour qu'il te lâche. Qu'il te lâche pour que tu sautes, qu'il te lâche pour que t'arrête de vivre ça, vivre ce que tu vies.
Mais il fait rien, il te tient, c'est tout, pas avec force, t'as pas mal, mais assez pour que tu ne partes pas.
Les larmes ont recommencé à souiller tes joues et t'as fini par t'avouer vaincu.
De toute façon, t'as toujours été un perdant, tu te dis.
Et c'est seulement à ce moment-là que tu retrouves la liberté de tes mouvements. Mais au lieu de courir pour t'échapper de la vie, la seule chose que t'ai capable de faire, c'est t'effondrer au sol, pour pleurer, encore et encore. A la fin, ça te fait chier de chialer tout le temps, mais tu ne sais pas vraiment quoi faire d'autre.
A ce moment, tu crois que tu t'es à moitié évanoui, parce que tu ne sais pas trop ce qu'il s'est passé. Ou peut-être que tes pleurs ont fini par te rendre abruti et t'étais même pas capable de te rendre compte de ce qu'il se passe autour de toi.
Tout ce que tu sais, c'est que quand t'as repris tes esprits, t'étais allongé dans une baignoire et que l'eau commençait à monter autour de toi.
T'as commencé par paniquer à l'idée qu'Akashi est pu te déshabiller, mais tu portes encore tes vêtements. T'ose à peine tourner la tête pour fixer son dos.
Il semble fouiller dans une petite armoire de salle de bain, surement la boite pharmacie. Il te faut que l'eau dépasse tes genoux pour comprendre que c'était pour ta main.
Tu ne sais pas trop quoi faire, alors tu te plonges dans une sorte de pseudo-mort. Tu fermes les yeux, et tu te laisses aller. C'est vrai que c'est bizarre, d'être dans un bain habillé, mais c'est pas désagréable.
Les yeux fermés, t'essayes de penser à rien, juste te concentrer sur la sensation de l'eau qui s'infiltre dans tes vêtements pour venir caresser ta peau. T'oublie les actions du type qui est dans la même pièce que toi, t'oublie ce qu'il s'est passé y a trois jours, t'oublie qu'il y a même pas cinq minutes, t'étaient au-dessus du vide et tu vas dans ton monde, ton univers.
Comme ce jour, sous la douche. Et après la douche, ce qu'il s'est passé ...
Ta bulle éclate soudainement et ta respiration s'accélère.
« Merde. » Tu peux juste penser ça en essayant de te calmer, mais c'est trop tard, les larmes te montent aux yeux et la panique te gagne.
Jusqu'à l'instant où une pression se fait sur ta main. Celle qui n'est pas meurtrie.
Tu sens juste une caresse mais qui te donne l'effet d'un électrochoc.
Lentement, tu tournes ton visage, pour te confronter au sien. Celui d'Akashi.
Ta respiration commence à ralentir et vous restez là, à vous fixer, sa main enveloppant la tienne, pendant que l'eau continuait de couler.
Elle est presque arriver à la hauteur de ta taille et c'est le seul prétexte que tu trouves pour détourner le regard.
Tu peux sentir quelques rougeurs naissant sur tes joues, mais tu les ignores et de ta main ensanglantée, tu tournes le robinet, t'arrachant un gémissement de douleur.
Aussitôt, tu sens l'autre se tendre et son regard se poser sur le sang qui tombe dans l'eau.
« Donne ta main. » Tu le regardes sans comprendre, alors que son ordre est clair.
« Donne ta main. » Cette fois-ci, il te désigne un rouleau de bandage. Alors, tu obéis, et patiemment, repoussant la mince douleur, tu l'observes soigné ta blessure.
Ses gestes sont précis et doux et un instant, t'oublies tout.
Quand il repose ta main sur le bord de la baignoire, tu lèves ton regard afin de croiser le sien, mais celui-ci te fuie. Tu veux l'obliger à te regarder, mais tu sais pas comment faire, alors tu ne peux que le regarder se lever, puis se retourner et commencer à partir.
« Pars-pas. » Tu demandes ça d'une voix suppliante et tu peux le voir stopper son pas. Tu tends alors ta main (celle en bon état) et d'un geste hésitant, lui empoignes le t-shirt.
« S'il te plait. »
Il tourne la tête vers toi, alors tu monte ton regard, avant de te lever entièrement, dégoulinant de l'eau du bain.
Cette fois-ci, sans hésiter, tu lui prends son haut par le col et tu le rapproches un peu de toi (mais pas trop). Tu détournes un peu les yeux, gêné. Tu ne comprends pas trop pourquoi tu fais ça, mais t'as pas envie qu'il parte, tu veux juste qu'il reste près de toi.
Soudain, lui aussi te prend le col pour te rapprocher de lui et abaisse ton visage au même niveau du sien (tu étais surélevé vu que tu es dans la baignoire).
« Et après ? » Tu demandes en chuchotant.
« Après ... » Un doux sourire se dessine sur ses lèvres, avant qu'il ne rapproche, rapproche, rapproche ...
La scène aurait pu être étrange. Deux types du même sexe qui s'embrasse, l'un complètement trempé et habillé, y a une fenêtre cassée dans le salon et la porte est grande ouverte.
Elle aurait pu être comique si une petite fille s'était glissée par cette même porte ouverte et les aurait observés. Mais non, elle était juste belle.
Parce que c'était juste deux individus qui s'embrassaient, mêlant fougue passion et amour. Parce que c'était juste deux personnes qui ne pouvaient pas vivre l'une sans l'autre, parce que c'était juste deux personnes qui vivaient l'histoire qu'ils avaient choisie de vivre, sans savoir que cette histoire allait bientôt se finir.
Tu n'entends pas grand-chose et tu ne vois presque rien non plus. T'as l'impression que tout est flou, t'arrive à discerner quelques formes, quelques couleurs, mais rien de très concret et aussitôt que t'arrive à fixer ton esprit sur un point, ton monde change et plus rien n'est comme avant. Ton monde tourne sur lui-même, tout bascule, puis tout se reconstruit, avant de s'effondrer une nouvelle fois.
Tu ne comprends pas ce qu'il se passe.
Tous les bruits autour de toi ne sont que fond, que cascade de son, qui arrive à tes oreilles avant de filer à la vitesse d'une formule 1. Sous tes doigts, ton corps, tu ne sens rien. Enfin, si, il y a quelque chose ; mais c'est juste un appui qui te permet de ne pas tomber. Et tu ne pourras jamais dire ce que c'est.
En gros, tu ne captes rien à ce qu'il se passe. T'as juste l'impression d'avoir été shooté et t'as soudainement l'envie de vomir.
T'es où ? On est quand ? T'es qui ? Ouai, même cette question te traverse l'esprit. T'arrive même plus à savoir ta personne que tu es. Et ça t'effraie. Parce que si tu ne sais pas qui t'es, est-ce que au moins, t'existe encore ? Mais tu trouves cette situation complètement conne et t'es décidé à retrouver ta mémoire.
Alors, t'oublie l'univers qui t'entoure et tu te focalises sur ta propre personne. T'as mal au crane depuis t'as l'heure (même si le t'as l'heure signifie depuis le début et que le début, tu ne pourrais pas le situer dans le temps).
Tout s'embrouille dans ta mémoire et te souviens vaguement d'un type aux cheveux bleus. Bleu ciel, oui, c'est ça. Et ses yeux. Couleur du firmament en été. Ouai, c'est toi ce type. Ce type faible et chétif à la carrure frêle.
Kuroko. Kuroko Tetsuya. Voilà comment tu t'appelles.
« J'ai l'impression qu'il se réveille, ce n'est pas trop tôt ! » Une voix. Tu ne l'as connais pas, mais entendre une voix te fait parcourir d'un frisson. De joie ou de peur, tu ne sais pas vraiment.
« Appelez le chef, au lieu de rester là à rien faire ! »
Non, ne faut pas que tu te concentres sur les voix.
Les lumières aveuglantes derrière toi, les chiens qui vous poursuivaient, les sirènes qui hurlaient et ... Akashi.
Aussitôt, tu sens ton cœur s'affole. Et tu rentres dans la réalité comme dans un mur. Et ça fait mal.
Tu paniques, t'as peur, t'es fou de haine et t'es fou de chagrin.
T'es yeux s'ouvrent soudainement et t'as le rayon d'une lampe qui te crame la pupille. Mais tu t'en fiches, tu plisses à peine les yeux.
Oui, tout te reviens. Malheureusement. Tu ne sais pas si c'étai ou trois ans. Mais tu préférerais que ça est jamais existé. T'entend pleins de voix qui s'affolent, il y en a qui doivent t'être destiné, mais tu tournes vaguement la tête pour épouser la pièce du regard, mais sans vraiment la voir. Sombre au coin et clair au centre. Tu es au centre. Elle est de forme carré. Tu vois un miroir au fond.
« Comme dans les films. » Tu penses.
Y a deux hommes aussi. T'es assis, ils sont debout. Ils te gueulent dessus et tu dis rien. Ils bougent dans tous les sens et tu sens le gout du sang dans ta bouche.
Tu les vois sans comprendre. Sans chercher à comprendre. Parce qu'il y a qu'un seul truc qui t'importe. C'est où il est. Seijiro. Tu ne le vois pas et tu t'affoles. Tu ne te souviens pas de ce moment.
T'entendais les chiens au loin, tu voyais les éclats bleus et rouges, mais une chose te préoccupait. Lui qui te poussait à courir, lui et sa jambe en sang, lui qui te gueule de continuer à courir. Lui qui tombe. Toi qui t'arrête et qui le porte. Et lui et toi en cavale, dans la forêt, dans la boue, dans l'obscurité. Et ce trou. Ce puits. Ce dérobement inattendu sous ton poids. Et tes os qui se brisent contre les parois et ta peau qui s'arrache et ta voix qui hurle ta douleur.
Et tu sens contre ta poitrine, ton cœur qui bat. Et qui te fait mal. Qui se sert, qui se tord, qui se consume. Tout le sang, tout ce pourpre, tu le revois, autour de toi et tu revois encore sa silhouette là-haut, qui te regardait avec désarroi et tristesse, tu vois encore la lueur de ses larmes qu'il a versées quand t'as gueulé « Casse-Toi ! Casse-toi bordel ! » et son ombre qui s'en va, t'entend les pas qui se rapprochent, mais t'as toujours l'espoir qu'il arrive à fuir. Et ses halos en haut, qui t'éclate le cerveau. Tu les revois encore, qu'ils te regardent mais, lui il est parti, il s'est échapper et s'est tout ce qui compte. Il t'a fait confiance. Il a su que tu t'échapperas. Dommage, t'as pas pu satisfaire ses attentes, mais au moins, lui, il est libre.
Et sans t'en rendre compte, tu te mets à sourire bêtement, fixant un point invisible sur le sol. Tu pourrais presque rire, si t'avais encore la mâchoire qui fonctionnait.
Certains personne lui en voudront d'être parti, mais pas toi. Il a tenu sa promesse. Y a pas à lui en vouloir. Il est libre, tu ne sais pas où il est, mais tu sais qu'il est dehors, dans une ville, sûrement en train de boire tranquillement un café, dans un bar et tu continues d'afficher ton air d'imbécile heureux, tellement la pensée qu'il est réussi à fuir t'es agréable.
« Oh ! Tu m'entends ? » Le cri retentit dans tes oreilles en faisant écho et tu crispes tes épaules sous cette petite douleur sonore. Tu relèves le visage, une expression de haine sur le visage en fixant dans les yeux un type de la trentaine. Cheveux court, à la militaire, une barbe naissante et un petit morceau de bois dans la bouche (surement un cure-dent qu'il a mis là pour ce faire un genre). Tu lui réponds pas, juste pour le faire chier et quand tu vois ses sourcils se froncer et ses dents grincer, tu es plutôt satisfait.
Mais lorsque que tu rencontres durement le sol, tu l'es un peu moins. Ta joue est brûlante et le son de la claque résonne dans tes oreilles pendant une bonne minute. T'aimerai te relever, mais tu remarques que des menottes attachées à la chaise t'en empêche. Tu pousserais bien un juron, mais c'est à ce moment que la douleur surgit. Ta chute (dans le trou, pas celle à cause de la gifle) ne t'a pas laissé sans séquelles et c'est à peine si t'as été soigné. Tes cotes brisées te font un mal de chiens, tellement que t'en a les larmes aux yeux. Mais tu fermes vivement les paupières pour empêcher les gouttes de couler.
Et tu repense à lui. Akashi. Son visage heureux apparaît dans ton esprit et te remplit d'une douce chaleur. Mais malgré cela, t'as pu t'empêcher de pousser un gémissement de douleur. Et ça te met en rogne.
Dans ton dos, tes poings se serrent et alors que t'entend des pas se rapprocher, t'ouvre soudainement les yeux, avant de rapidement te racler la gorge et cracher sans ménagement sur les chaussures de l'homme qui t'a frappé.
Quand tu penses que c'était peut-être une mauvaise idée, il est trop tard, il t'a empoigné le t-shirt pour rapprocher ton visage du sien. Tu peux voir son poings se former à côté de sa tête (sa destination doit être la tienne), et la seule chose que t'es encore capable se faire, ses fermer tes yeux, comme ci cela pouvait empêcher la douleur de t'atteindre.
Tu sens son coup arriver, la vitesse a créé une petite bourrasque qui t'as soufflé dans les cheveux (cheveux que tu sais sales et poisseux), mais rien n'est jamais venu.
Peut-être grâce au « Stop ! » qui a éclaté dans la pièce. Prudemment, tes paupières se lèvent, une à une et tu as en face de toi le visage de ton agresseur, de profil, qui fixe avec effroi un point à ta droite. Surement celui qui vient de lever la voix.
« Remets-le sur pied. » Tu tressailles quand tu entends la voix plus calme et ferme, mais tu es de nouveau assis normalement (même si normalement veut dire dans un état pitoyable et enchaîné).
T'oses pas tourner ton visage pour faire face à celui qui vient de pénétrer dans la salle, parce que t'as peur de ce que tu risques de voir. En silence, tu pris pour que ça ne soit pas lui, mais tu sais que t'as peu de chance pour que ta pensée soit exaucée.
C'est lui et un frisson d'épouvante d'échappe.
Il te domine de toute sa hauteur et tu n'oses pas lever ton visage (sale) pour regarder ses yeux noisette, ses cheveux bruns et ce visage que tu détestes plus que tout. Ton teint est livide et tu essayes de déglutir, mais ta gorge est sèche.
Tu peux sentir son regard de braise sur toi et pour rien au monde tu as envie de le croiser. Mais il n'est pas du même avis que toi.
Et avant que tu aies pu esquisser le moindre geste, Kiyoshi te prend fermement le menton dans sa grande main pour te placer le visage en face du sien.
Vous restez là, à vous regarder dans le blanc des yeux pendant quelques instants avant que t'arrive à murmurer, juste pour briser le silence :
« T'es pas mort ?
- On dirait que tu es déçu, Tetsuya. »
Tu ne réponds pas, te contentant de le foudroyer.
«Et tu vas gentiment m'expliquer pourquoi tu as fait ça, Tetsuya. Tu es mien, est-ce clair ? A moi et rien qu'à moi, alors tu vas me répondre. Qui est ce type pour toi ?»
Tu n'aimes pas trop la façon dont il a craché sa question, avec haine et dégout mélangée.
« J'ai besoin de voir un médecin. »
Tu ne veux pas lui répondre et il le sent.
« Tu en verras hein quand tu auras répondu.
- Pourquoi tu as fait ça ? »
Tu discerne une grimace sur ses lèvres et sa main renforce sa prise en descendant dans ton cou.
« Répond moi. Qui est ce mec, non ... Cette merde, pour toi ? »
Tu peux le sentir, il est agacé. C'est assez étrange, mais t'as l'impression qu'il est jaloux. Et tu laisses apparaître une mine amusée. Mais ta gorge est resserrée aussitôt, alors tu te décides à réfléchir à ta réponse.
« Il ne comprendra pas. » T'as tout de suite pensé ça. Non, il ne comprendra pas que t'ai pu aimer Akashi, il pense que tu es à lui, corps et âme. Alors tu réponds simplement, dans un murmure rauque, en te penchant en avant, un sourire triste sur les lèvres.
« Celui qui m'a sauvé. »
