Été
Il fait chaud. il est allongé, près du lac ; le soleil brûle l'herbe, brûle sa peau, entoure d'une auréole dorée la silhouette noire qui arrive. Il bondit instantanément, se dresse, sourit timidement, ils s'approchent, puis s'embrassent, c'est le début. S'oublient, se perdent, tous les jours dans le ciel bleu.
Un an. Deux ans, trois ans.
Il l'aime. Il l'aime aussi. Ils n'y prennent pas garde.
Lorsqu'il fait beau, ils sortent. Le ciel bleu illumine l'été de leur vie. Le soleil dore l'herbe verte émeraude, passe à travers les feuillages, en fait de la dentelle. L'eau court sur les rochers, transparente ; il n'y a personne. La terre embaume, les fleurs se tournent vers eux lorsqu'ils passent, tellement leur beauté est grande. Ils se couchent entre les arbres, rien se semble pouvoir changer leur vie qui paraît éternelle. En tout cas, ce sont des éternités qui passent dans leurs regards où les mots semblent ne rien vouloir dire. Le soir, ils rentrent, ils voient la maison apparaître plus sombre, en contre-jour d'un soleil de sang qui se perce et répand sa substance sur tout l'horizon, il sont entourés de cette barrière rouge et protectrice, à part là, derrière, mais ils ne le voient pas.
Car derrière, la nuit à commencé à tomber, elle gagne, elle rampe sur l'herbe qui se rétrécit, eux, ils courent, ils ne voient rien.
Il ne semble pas y avoir de limite. Pourtant...
