Genre ; science-fiction

Raiting ; K

Disclaimer ; vous connaissez la chanson, quoi…

Note navrée pour le retard, mon ordi a rendu l'âme, et j'avais paumé la clé usb où j'avais sauvegardé le texte…

Ode à l'au-delà

Epilogue

Solène

Ce que je sais

Terre, Washington, terrasse d'un café

Le ciel est clair, le soleil est haut et chaud pour cette fin d'automne. Soazig se prélasse, assise les jambes tendues, elle est ravie.

Un homme avance d'une démarche militaire, blouson de cuir, lunette opaques, il passe devant les tables du café en les regardant une par une avant de laisser tomber ses yeux sur Soazig. Cette dernière sourit, amusée, quand il la regarde par-dessus ses lunettes.

« Alors, mademoiselle, dit-il d'une voix grave et d'un ton séducteur, on attend quelqu'un ?

_Vous vous la jouez John Sheppard, Major ? Répond la française en pouffant.

_Je ne sais pas comment il fait, dit Lorne en reprenant sa voix habituelle et en s'asseyant. Il lui suffit d'apparaître en public et toutes les filles lui courent après.

_Il a un tout petit peu plus de prestance que vous. Mais ça ne se joue pas à grand chose, regardez, il n'est pas là et toutes les filles vous regardent, pas seulement les filles d'ailleurs. »

Le major lance un coup d'œil circulaire tandis que l'autre poursuit ;

« Ils voudraient me lancer leur cafés à la figure !

_Oh, mais je ne les laisserait pas faire, plaisante-t-il en gonflant ses pectoraux.

_Ne dites pas ça, répond Solène sur le même ton, ils vont vouloir me lancer le sucre en plus. »

Les deux éclatent de rire alors que tout le monde les regarde comme s'ils étaient habillés en père noël.

Ils reprennent leur sérieux et le militaire demande :

« Comment allez-vous ? Cela doit bien faire deux mois qu'on ne s'est pas vus.

_Oh, eh bien, j'ai pu reprendre ma vie, un peu difficilement, il faut retrouver ses marques, mais globalement, ça va.

_J'imagine qu'en retrouvant votre nom vous avez pu récupérer vos biens et votre place.

_Oui. Ma famille m'a sauté dessus, mes amis aussi, ils ont fêté mon retour. J'ai vendu mon appart, que mes amis avaient continué à payer, et j'en ai trouvé un à Philadelphie avec mon compagnon.

_C'est très bien tout ça, j'en suis ravi pour vous. Mais je ne savais pas que vous aviez quelqu'un.

_Un médecin, il avait été réquisitionné par le parrain qui m'a protégée, maintenant il travaille à l'ONU, comme moi en fait.

_Alors vous avez accepté l'emploi finalement.

_Il faut bien, je ne peux pas vivre de mes œuvres.

_Pourtant elle doivent avoir du succès maintenant. »

Soazig rit doucement puis fixe sont regard dans le ciel.

« Oui, c'est vrai, les journalistes, soupire-t-elle. Tout ce qui les intéressent c'est ma version des faits, savoir où j'étais.

_Comme tout le monde. »

Elle le regarde droit dans les yeux, puis lui répond très sérieusement.

« Peut-être qu'un jour je vous direz ce qu'il s'est passé, mais pas maintenant. Oui je pense qu'un jour le monde connaitra mon épopée, jusqu'à mon arrivée dans l'expédition, bien entendu, mais pas tout de suite. Aujourd'hui je dois m'occuper de ma vie, de mon avenir, de moi. J'ai donné jusqu'à mon nom pour cette planète, mais je ne suis pas le messie, finit-elle dans un sourire.

_Non, vous vous êtes comme Sheppard, vous faites ce qui vous semble juste. Sans tuer.

_Euh, ouais, c'est pas mon truc ça. »

Les deux éclatent de rire.

« Enfin, tout va bien pour vous, c'est l'essentiel, résume le major en se reprenant.

_Merci, dit-elle. Au fait, vous avez des nouvelles de Tania ?

_Je ne pensais pas que vous aviez besoin qu'on vous le dise, avec votre capacité, finit-il en pointant sa tempe du doigt.

_Oh, fait-elle en prenant un air faussement hautain, c'est juste pour engager la conversation. »

Encore une fois, les deux rigolent.

« Sérieusement, répond Lorne, elle va bien aux dernières nouvelles, elle est sur le vaisseau de Todd et les réparations vont bon train. Mais très franchement, je ne m'attendais pas à ce que ce soit elle qui y reste. Si l'on m'avait posé la question, j'aurais plutôt misé sur vous.

_C'est parce qu'il vos manque des éléments.

_Des éléments ?

_Oui, comme par exemple, ce qu'ils ont vécu sur le vaisseau avant qu'elle n'arrive sur Atlantis. Et aussi… »

Elle soupire. Lorne décide de lui tirer les vers du nez :

« Et aussi quoi ?

_C'est un peu dur à concevoir, même pour les nôtres.

_Mais quoi ? »

Soazig plante ses yeux dans ceux du militaire.

« Tania s'est vue mourir quand elle avait six ans. C'est la première vision qu'elle ait eu.

_Ah ouais, dur à croire. Vous pensez que c'est vrai, que ce n'est pas un futur possible?

_J'ai vu Adrian mourir deux fois, la première avant qu'il ne meure vraiment, alors, je crois en ce qu'elle a vu. Sans oublier, bien entendu, qu'elle bien plus douée que moi.

_Vraiment ? lui demande Lorne avec ironie.

_Oh, ça va, laissez-moi, c'est déjà assez dur comme ça, répond-elle en s'affalant, dépitée, sur son siège. »

Il y a quelques instants de flottement pendant lesquels un groupe d'adolescent investi les lieux bruyamment. L'un des employés leur fait comprendre qu'ils ont tout intérêt à se taire tandis que Lorne se demande si Soazig est sérieuse ou si elle pensait à autre chose en disant cela. La jeune femme soupire et reprend :

« En fait, je me rend compte que ma vie va être très calme et je n'y suis plus habituée. Je m'occupe toujours de tout le monde, c'est instinctif, alors là, juste moi et mes proches d'un coup, ça me fait bizarre.

_Oui, je comprends. Si l'on me disait de prendre ma retraite du jour au lendemain, je pense que je serais troublé aussi. »

La française lui envoie un sourire reconnaissant.

« J'aimerais vous demander, commence le major.

_La vision de Tania ?

_Oui, c'est ça.

_Elle a vu la scène de sa mort, avec qui elle serait et ce qu'elle dirait. Elle a surtout vu celui qui l'accompagnerait. Vous savez, sa famille lui a toujours dit de vivre heureuse, d'accomplir ses rêves et tout ça…

_Oui, american dream, c'est fréquent.

_Très juste. Ses grands-mères sont mortes assez jeunes, et elle n'a jamais connu ses grands-pères qui étaient morts au combat. Ses propres parents sont décédés peu avant Adrian, d'un accident de voiture. Comme elle est fille unique, elle n'a eu personne avec qui partager sa souffrance. Et nous étions tous si meurtris que nous n'avons appris que tard ce qu'il était arrivé. Tania n'a jamais compris pourquoi ses grand-mères, malgré ce qu'elles lui disaient, continuaient d'avoir envie de vivre seules et de travailler dans des domaines qui ne leurs plaisaient pas. Je pense qu'elle a compris maintenant.

_Grâce à vous, à votre combat pour revenir auprès des vôtres ?

_Je voudrais pas me vanter, mais… fit-elle avec un sourire gêné. Enfin, malgré tous les efforts faits pour lutter contre ce genre de clichés, elle et moi avons été éduquées dans l'idée qu'on ne peut être heureux qu'en étant en couple, avec des gosses, un chien, une maison en banlieue. Ce n'est pas forcément vrai, je vous l'accorde, mais ce n'est pas forcément faux non plus. Alors quand en plus on sait que l'on va mourir auprès d'un homme visiblement plus jeune que soit, ça doit causer un léger trouble émotionnel.

_Oui, je crois que je vois ce que vous voulez dire, même si je ne comprends pas bien où vous voulez en venir.

_Et bien, Tania est plus forte que moi, naturellement, alors imaginez qu'elle reçoive un entrainement plus poussé…

_Elle serait capable de faire plus que de voir l'avenir ?

_Beaucoup plus, dit Soazig en hochant vivement la tête. Vous savez, quand elle était aux mains de la Confrérie, elle voyait chaque être vivant sur cette planète, parce que ses pouvoirs étaient boostés, moi je pense qu'elle pourrait y arriver sans drogues, avec un bon entrainement.

_J'imagine que ça prendra du temps.

_Correct. Mais je lui fais confiance. Elle atteindra un stade que nous, pauvres mortels, ne pouvons atteindre.

_Quelque chose comme abandonner son enveloppe physique pour n'être que pure énergie ?

_Quelque chose comme l'ascension, oui.

_Wouah, souffle Lorne, époustouflé.

_Comme vous dites, répond Soazig en souriant. »

L'un des adolescent précédemment cité se lève brusquement, menaçant de faire tomber une autre cliente, arguant qu'ils devraient déjà être partis depuis longtemps, et que voilà le bus au loin, le dernier avant de rater l'heure. Tous se lèvent, râlant, faisant racler leurs chaises au sol, et courant rattraper le bus qui n'est plus qu'à une dizaine de mètres de l'arrêt.

« En plus, personne ne le verra, malgré tous ceux présents, personne ne la remarquera s'élever, ajoute Soazig. Et ceux qui la verrons mettrons ça sur le compte du soleil ou de l'émotion, pas d'un effet plus ou moins surnaturel.

_Mais l'ascension fait disparaitre les corps, personne ne pourrait rater ça ! »

Soazig lui envoie un sourire malicieux puis conspirateur

« Sauf si quelqu'un s'occupe de ça.

_Remplacer un corps comme ça ? Ca demanderait beaucoup de temps.

_Pas forcément, il suffirait juste de faire croire qu'il est là, au moment où il disparait, jusqu'à l'enterrement. Une illusion suffisante pour que tout le monde y croit.

_Un hologramme ? Il vous faudrait voler les technologies de la zone 52 pour ça.

_Oh, je pense que nos propres technologies auront bien évoluées d'ici là, mais je pensais à quelque chose de plus officiel.

_Il faudrait demander aux hauts gradés pour ça, et même si je ne doute pas que vous ayez de l'influence, je ne pense pas qu'ils vous aident pour masquer un fait qu'ils ne seraient pas sûrs de voir arriver. Sauf si l'un d'entre eux vous croit sur parole. »

La française pouffe un peu puis reprend

«Imaginez que l'un d'entre eux ne l'est pas encore.

_Pardon ?

_Imaginez qu'un simple major de l'Air Force finisse par devenir général ? Après tout, c'est dans l'ordre des choses.

_Euh, oui, souffle Lorne quelque peu surpris par l'information. Je croyais que vous ne voyiez plus l'avenir.

_Je ne vois plus le mien, ce qui signifie que je ne suis plus en danger. Par contre, je vois quelques petites choses qui vont me permettre d'aider d'autres personnes.

_Ok, le major soupire, cherchant ses mots. Imaginez que ce major ait du mal à vous croire, qu'est-ce que vous diriez ?

_Que c'est bien normal, répond-elle en riant. Et aussi que si un jour Tania vient le voir en lui demandant de l'aider à rentrer chez elle, là il se souviendra peut-être de ce que j'ai dit, mais que jusque-là, toute cette histoire n'est pas bien importante.

_Je vois, et bien disons que le futur général essayera d'y penser. »

Les deux se regardent, soulagés.

« Vous voyez l'avenir d'autres personnes encore ? demande le major.

_Oui. Je sais qu'une de mes élèves a quelques soucis en ce moment, alors je vais l'aider un peu, mais de loin, pour le reste, je lui fais confiance. Et je vois aussi l'avenir de Yashi, qui va avoir beaucoup de problèmes, mais malheureusement je ne pourrais rien faire pour elle.

_L'avenir est bien sombre, alors.

_Ça dépend pour qui, dit-elle dans un sourire, puis elle lève la tête vers un nouvel arrivant. Moi, je vais me marier, l'expédition vogue vers son âge d'or ainsi que celui de ses pires ennemis, paradoxalement. »

Elle se lève embrasse son fiancé, puis Lorne se lève à son tour et serre la main au nouveau venu.

« Garth, j'imagine ?

_Très juste. Et vous êtes le major Lorne ?

_Affirmatif. Je n'ai pas demandé, mais puis-je savoir où vous vous êtes rencontrés ?

_Au Texas. Ce n'est pas très glorieux mais j'ai dû aider des délinquants.

_Moi aussi, ajoute Soazig, mais ça n'a pas empêché les grands de me donner une médaille. »

Les fiancés se sourient. Le militaire comprend qu'il est de trop.

« Bon, dit-il, je crois qu'il est temps que j'y aille. »

Tous trois se saluent, puis au moment où ils vont s'en aller, Soazig finit :

« Major Lorne, pour ce qui est de Seely, le moment venu, ne vous en faites pas, lui aussi il atteindra l'ascension. »

Laissant Lorne le souffle coupé, elle et son fiancé s'en vont.

Après quelques instants où le militaire se remet de ses émotions, il regarde le ciel et constate une légère déformation, il sourit et se dit que, finalement, même en vacances, le colonel Sheppard fait des siennes. Et puis, non, bien sûr que non, l'avenir n'est pas sombre…

Fin