Bon, eh bien, mes frères et mes soeurs, pardonnez-moi, car j'ai péché à nouveau... on va tous finir en enfer de toute façon.

O*O*O*O*O*O*O*O*O

C'était devenu leur quotidien depuis une semaine, en quelque sorte. Continuer de réparer la machine dimensionnelle de jour, aller chez Muffet's le soir pour prendre quelques verres, et la nuit…

Papyrus n'aurait pas trop su dire comment décrire leurs activités sexuelles. Du réconfort? Du défoulement? Il y avait un peu de ça, mais pas seulement.

Il passait distraitement ses phalanges sur le crâne de Red qui dormait contre lui. C'était encore un matin très doux qui suivait une nuit torride. Red s'habituait à se laisser toucher ailleurs qu'à l'âme, et à toucher aussi. Même s'il avait plus l'air d'aimer la douleur que la douceur. Papyrus ne savait pas si Red était simplement masochiste, ou s'il y avait quelque chose de plus profond que ça. Ils n'en parlaient pas vraiment.

Red commençait à s'agiter dans ses bras. La journée allait bientôt commencer, il fallait travailler sur cette machine, et retrouver son frère.

Les pupilles magiques de Red s'illuminèrent au fond de ses orbites. Papyrus lui sourit doucement en continuant de lui flatter le crâne.

-Bon matin, chéri.

Red se renfrogna aussitôt, repoussant la main de Papyrus et se levant du lit. Il fila hors de la chambre, et Papyrus entendit bientôt le son de la douche qui coulait. Il se leva en soupirant, et descendit à la cuisine après avoir enfilé un t-shirt à peu près propre et un boxer dans le même état. Café, toasts, c'était la routine matinale qui commençait.

C'était un peu dommage. Il aurait bien voulu en profiter pour se coller un peu plus contre Red… comme si le sexe était réservé aux nuits d'ivresse, et qu'il n'y avait pas de place pour de l'affection. Papyrus aurait bien voulu simplement en parler, mais Red évitait soigneusement le sujet et se défilait à chaque fois. Il aurait juste voulu savoir… à quoi s'en tenir, finalement.

Parce qu'il aimait bien Red, il ne s'en cachait pas. Il serait définitivement triste de le voir repartir vers son monde. Ce n'était pas le grand amour, rien d'aussi intense, mais sans parler de l'attirance physique, il ressentait une affection bien réelle pour le petit squelette aux cicatrices. Ils étaient sur la même longueur d'ondes sur tellement de points… et Papyrus aurait juste aimé savoir s'ils l'étaient sur ce point-là aussi.

O*O*O

L'eau froide de la douche coulait à travers les os de Red, mais même avec ça il n'arrivait pas à se calmer. Pourquoi est-ce que ce Papyrus lui faisait toujours des trucs comme ça? Il ne méritait pas ça, il ne méritait pas de se réveiller aussi doucement dans les bras de quelqu'un d'aussi gentil avec lui, de se faire appeler "chéri" même en blague.

Il avait l'habitude de se faire réveiller par son frère que le jetait en bas de son matelas. Il avait l'habitude d'être traîné en laisse dans des patrouilles inutiles. Il avait l'habitude d'être frappé, d'être engueulé. Pas d'être réveillé avec un sourire et des caresses. Pas de s'entendre aussi bien avec qui que ce soit. C'était tellement étrange. Déstabilisant.

Et ça le mettait dans un tel état qu'il en était là à se toucher l'âme sous une douche froide. C'en était pathétique, et même ça, ça l'excitait. Il était sûr que Papyrus aurait certainement voulu avoir du sexe avec lui même le matin, mais il ne pouvait s'y résoudre. Pas avec autant de douceur. Pas sans alcool, et pas sans le voile obscur de la nuit. Alors il se branlait l'âme dans la salle de bains, comme un idiot.

Finalement il vint, et le liquide magique se mêla à l'eau et disparut. Red prit quelques instants pour reprendre son souffle. Non, ce n'était pas lui l'idiot, c'était Papyrus. Il ne voulait pas s'attacher à lui, pas s'il était destiné à retourner dans son monde. Ça allait juste rendre les choses plus difficiles.

Il se sécha bien les articulations, avant de s'habiller et de sortir de la salle de bains. Papyrus avait préparé de quoi manger, et il lui servait une tasse de café. Encore trop de douceur pour ce qu'il méritait. Mais ça il n'avait pas trop le choix de l'accepter. Papyrus était assis en face de lui, et ils discutaient de choses sans importance. Bientôt ils retourneraient travailler sur cette machine. La routine.

Red avait déjà hâte à la nuit.

O*O*O

Cela faisait déjà deux semaines que Blue était apparu, mais Papyrus n'arrivait toujours pas à s'habituer à cette présence dans son lit. Blue était toujours aussi charmant, serviable et adorable le jour, et il avait tenu sa promesse et n'avait plus jamais tenté de le toucher de façon inappropriée pendant la nuit… mais…

Mais Papyrus sentait bien les regards que Blue lui jetait alors qu'ils étaient allongés ensemble. Lorsqu'il se réveillait le matin, il sentait le petit squelette niché contre lui, il voyait son sourire éclatant et ses pupilles étoilées… et il y avait un tel désir dans ce regard, un désir qui ne se camouflait même pas, un désir qui contrastait tellement avec sa nature généralement innocente…

… qu'il ne pouvait pas s'empêcher de le frapper. Pas trop fort, juste assez pour lui rappeler sa place.

Ça n'avait pas trop l'air de le décourager. C'était comme frapper dans du caoutchouc de toute façon. Et Blue continuait de lui sourire, il lui souhaitait un bon matin, il allait préparer le petit déjeûner. Et le reste de la journée se déroulait normalement, ou à peu près.

Blue avait bien l'air de voir le malaise de Papyrus, et il l'agaçait. "Tu es tout rouge, tu as chaud, boss?" "Si tu te laissais faire au lieu de frapper, boss, ça serait sûrement plus plaisant pour nous deux!" "De quoi tu as peur?" Papyrus avait beau lui dire de fermer sa gueule, les remarques continuaient, et s'insinuaient dans son esprit.

Pourquoi est-ce qu'il ne se laissait pas faire, finalement? Il ne s'était jamais laissé faire. C'était un mode de survie pour lui. Se laisser faire, c'était avoir perdu.

Et il ne voulait pas perdre contre ce petit squelette minable venu d'un monde pacifique. Il ne voulait surtout pas admettre qu'il aimait se réveiller en sentant ce corps lisse et rond lové contre le sien. Et encore moins s'avouer que ses coups devenaient de moins en moins forts, et qu'il aurait bien voulu que la sensation perdure.

O*O*O

Même si son monde, sa maison et son frère commençaient à lui manquer, Blue s'amusait toujours autant avec le boss. Ils faisaient toujours des patrouilles, ils inventaient de nouveaux puzzles, de nouvelles recettes de cuisine. Depuis qu'il le laissait dormir dans son lit, Blue se sentait beaucoup mieux, bien plus reposé! Même s'il se faisait frapper à tous les matins, et qu'il ne comprenait pas trop bien pourquoi, mais ça ne faisait pas trop mal de toute façon. De moins en moins mal en fait. Comme si la résistance du boss faiblissait…

Ce monde sombre avait brisé le boss comme il avait brisé Red, Blue le voyait bien. Quelque chose d'aussi simple et normal qu'un calin leur était totalement inconnu, et apparaissait comme une menace. Blue ne s'était jamais autant battu pour vrai: contre des chiens errants et enragés, contre certains monstres qui s'étaient pris dans les pièges de la forêt… tout le monde avait des LV assez élevés, et c'était difficile de les épargner. Et Blue savait trop bien comment on faisait pour faire monter ses LV à ce point. Mais ça il ne s'y résoudrait jamais, même dans un monde comme celui-ci où c'était normal.

Le boss avait des LV particulièrement élevés. Il était tellement fort! Et tout le monde le respectait. Mais Blue savait que plus les LV sont hauts, plus la distance avec les autres s'agrandit. C'était peut-être pour ça qu'il ne se laissait pas toucher. Mais Blue voulait réduire cette distance entre eux… pour le réparer, peut-être bien?

Nan. Juste pour s'amuser. Parce qu'il aimait bien le boss, parce qu'il était tellement sexy avec ses vêtements moulants, et parce qu'il était trop mignon quand il rougissait alors que Blue l'agaçait. Faudrait pas voir plus loin. Ou peut-être juste un peu?

Encore une fois, après une journée bien remplie, il allait rejoindre le boss dans son lit. Il dormait tout habillé, sous prétexte d'être prêt "en cas d'attaque", et il lui tournait le dos. Blue avait trouvé un grand t-shirt dont il se servait comme pyjama. Il grimpa dans le lit, et s'allongea à côté du boss en faisant bien attention à ne pas le toucher.

Bientôt le boss s'endormirait, et il se tournerait vers lui, et il le serrerait contre lui dans son sommeil. Et rien ne rendrait Blue plus heureux, et ne faciliterait autant son passage vers le monde des rêves.

O*O*O

Il faudrait s'y résoudre, se disait Papyrus en fouillant dans les ultimes recoins des tiroirs. Il ne restait plus d'argent. Il fallait s'y attendre, il n'était pas rentré au travail depuis que Red était arrivé puisqu'il bidouillait la machine dimensionnelle, et il ne pouvait même plus compter sur le revenu d'appoint de son frère. La notion de "congé payé" était totalement inconnue pour Alphys, et Muffet était très stricte en ce qui concernait l'argent.

-Red, on pourra pas aller boire chez Muffet's ce soir, j'ai plus un rond.

-Ah ben merde… on fait quoi alors?

-Pas trop le choix de rester à la maison, je suppose…

Le petit squelette détourna le regard en marmonnant, regarda la porte d'entrée comme s'il lui en voulait, puis il alla s'installer sur le divan. Papyrus le suivit et prit la télécommande. S'il n'y avait vraiment rien de mieux à faire…

Ils regardèrent les derniers clips musicaux de Napstablook, et c'était pas mal, puis ce furent les nouvelles. Jamais rien d'intéressant en dans les souterrains, c'était ennuyeux à mourir. Red baillait de plus en plus. Papyrus se rapprocha de lui, et passa un bras sur ses épaules. Il voyait la sueur couler sur le crâne de Red, comme s'il était mal à l'aise… pourtant ce n'était pas comme s'ils n'avaient pas déjà fait bien plus que ça...

Papyrus décida d'en rajouter, et il prit le menton de Red de sa main libre pour tourner sa tête vers lui et poser ses dents contre les siennes dans un baiser de squelette.

-Qu'est-ce que tu fous…?

-Puisqu'on doit sauter l'apéritif, on peut aller direct au plat principal, non?

Red essayait de détourner le regard de son mieux, mais Papyrus le retenait toujours par la machoire inférieure.

-Ça te dérange tant que ça d'avoir du sexe lucide? Moi j'ai juste envie de le faire avec toi.

-C'est pas ça… je…

Le petit squelette s'agitait de plus en plus, et Papyrus, pas trop du genre à vouloir se battre, le lâcha. La sueur dégoulinait sur son front, et il avait agripé ses shorts de ses deux mains crispées.

-Est-ce que tout ce temps tu t'es forcé pour le faire avec moi? Tu buvais pour mieux faire passer ça?

-Non Paps... c'est pas ça...

-Alors pourquoi tu te rebiffes maintenant?

-Je… je…

Papyrus lui sourit gentiment, sans rien ajouter. Il allait le laisser trouver les mots, maintenant qu'ils parlaient finalement de leur… situation…

O*O*O

Papyrus lui souriait gentiment, et Red trouvait ça de plus en plus insupportable. Mais comment lui dire… comment lui avouer… ce qu'il voulait vraiment?

Il le désirait tellement, en cet instant, il le sentait dans tous ses os. Mais il ne voulait pas de sa douceur, il ne voulait pas de son stupide sourire, pas s'il n'était pas saoul pour le supporter! Finalement, il finit par articuler les mots qu'il tentait de retenir depuis des jours:

-Fais-moi mal, Papyrus.

-... hein?

Bon, la bombe était lâchée, aussi bien aller jusqu'au bout.

-Fais-moi mal, merde! Si j'ai pas bu je ne supporterai pas ta tendresse, alors frappe-moi, écrase-moi, brise-moi et baise-moi! J'en peux plus!

Papyrus semblait désorienté pendant un moment, mais il finit par se reprendre.

-Ok, ok, attends… t'es vraiment un masochiste?

-Ouais, un problème avec ça?

-Non, pas vraiment… juste… que je suis pas vraiment un sadique, ni particulièrement violent ou quoique ce soit, dit Papyrus en se grattant le crâne. Mais… tu m'as donné ce que je voulais pendant tout ce temps, alors je suppose que je peux te donner ce que tu veux aussi, maintenant que tu as pris la peine de me le dire…

Red agripa l'encolure du hoodie de Papyrus avant qu'il ait fini sa phrase et le tira vers lui pour l'embrasser violemment. Il fallut un petit moment avant que l'autre lui réponde finalement avec la même violence, mais il le sentait s'ajuster peu à peu. Finalement Papyrus le repoussa brusquement et le poussa sur le divan avant d'appuyer fermement sa main contre ses vertèbres cervicales. S'il avait eu une gorge, il aurait complètement étouffé, mais même en tant que squelette, il se sentait très inconfortable et le souffle court.

Et il adorait ça.

De sa main libre, Papyrus arracha le short de Red, avant de lui griffer le fémur, puis la crête iliaque. Il se pencha ensuite sur lui pour commencer à lui mordre les côtes, et comme Red s'agitait, il retira son chandail et en fit un noeud autour de ses poignets. Finalement, après beaucoup de morsures qui laissaient des marques de plus en plus profondes, Papyrus alla prendre l'âme de Red et la ramena devant lui.

-Je t'ai jamais vu aussi mouillé… tu aimes donc vraiment ça on dirait…

Red se contenta de répondre par un ricanement. Putain oui qu'il aimait ça.

O*O*O

Papyrus n'était pas trop sûr de ce qu'il faisait au début, mais plus il prenait le rythme, et plus il voyait l'extase se dessiner sur les traits de Red, plus il avait envie de continuer. Ce n'était pas trop son genre, mais ça faisait changement pour sûr.

Il caressait violemment l'âme entre ses doigts, la mordant de temps à autre, et il voyait la bave qui coulait de plus en plus de la bouche de Red. Ce n'était pas normal pour un squelette de baver, mais ce n'était pas normal de pouvoir suer non plus, et il faisait visiblement les deux abondamment. Faut pas chercher à expliquer la magie, non? Papyrus saisit sa propre âme dans sa cage thoracique et l'enfonça dans la bouche de Red, qui s'étouffa un peu. La sensation de la bave et des dents pointues contre son âme était irrésistible.

-Occupe-toi de moi un peu, Red.

Et il poussa son âme de plus en plus loin entre les machoires de Red, tout en continuant de caresser celle de celui-ci. Il était littéralement en train de se liquéfier entre ses doigts tellement il avait du plaisir à se faire forcer par la bouche. Ses pupilles magiques roulaient dans ses orbites, et après peu de temps, il vint en poussant des cris étouffés par l'âme entre ses dents. Papyrus retira son âme de là, et se caressa un peu, finissant par éjaculer son liquide magique sur le visage de Red qui orgasmait encore.

Papyrus retomba sur le divan, épuisé. Les deux squelettes reprirent leur souffle pendant un moment, puis Red se releva et alla chercher un linge pour s'essuyer le visage et… le reste. Papyrus remarqua que ses jambes tremblaient alors qu'il marchait. Il se demandait si tout allait bien…

Mais quand il revint vers lui après s'être essuyé, Red glissa sa tête sous son hoodie et se nicha contre lui. C'était tellement adorable et inattendu, Papyrus ne pouvait pas s'empêcher de sourire.

-Merci Paps, c'était génial.

-Hm mmm.

-On se remet ça?

-Hm mmm. Demain.

Et il s'alluma une cigarette et se tourna vers la télé, qui jouait encore. C'était vraiment épuisant comme façon d'avoir du sexe, mais si Red en était aussi heureux, ça en valait l'effort…

O*O*O

Blue avait enfilé son grand t-shirt de nuit et il s'était assis sur le lit, attendant que le boss vienne le rejoindre. Il remarquait bien comment le grand squelette détournait le regard en voyant ses clavicules dépasser de son encolure trop grande, et Blue faisait exprès pour en montrer le plus possible. Il ne se sentait vraiment pas fatigué, et il aurait voulu… il aurait vraiment voulu…

Sans dire un mot, Papyrus grimpa dans le lit et s'installa au fond, tournant le dos à Blue comme d'habitude.

-Tu me dis même pas bonne nuit, boss?

-Je te souhaite le sommeil le moins agité et dérangeant possible.

Soupirant, Blue s'installa de son côté du lit, tourné vers le boss. Il voyait l'arrière de son crâne fêlé, les lignes de son corps élancé, et même le haut des os de son bassin. Il passa quelques minutes à admirer cette jolie silhouette, et n'y tenant plus, il finit par se redresser dans le lit.

-Diiiiiiiiiis, boss?

-QUOI? J'essaie de dormir!

-Est-ce que tu pourrais me laisser te retoucher à des endroits pervers ce soir?

Un moment de silence passa, puis le boss se tourna, l'air furieux.

-QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE GENRE DE QUESTIONS?!

-J'en ai vraiment envie, mais s'il faut ta permission, je la demande?

-Eh bien je te ne la donne pas!

-S'il te plaît, boss… Tu es tellement beau, tellement irrésistible, tellement sexy, j'ai vraiment envie de te toucher…

-T-tu… Arrête tes salades! Tu n'as qu'à te toucher toi-même si tu as tellement envie de ce genre de choses stupides!

-Ok, boss…

Et le boss lui tourna à nouveau le dos. Blue hésita un moment. Le boss n'avait clairement pas compris ce qu'il venait de lui dire… mais l'occasion était trop belle.

Il glissa une main sous son t-shirt de nuit et caressa son sacrum de ses phalanges encore hésitantes. C'était totalement malaisant de se toucher à côté de quelqu'un, mais c'était aussi très excitant, et bientôt il faisait des va-et-vient de plus en plus rapides sur son coccyx. Il sentait son âme se manifester, et il glissa son autre main sous son t-shirt pour la caresser aussi. Il sursauta en se touchant, il n'en avait pas vraiment l'habitude…

… et le boss se tourna vers lui et lui jeta un regard surpris, limite horrifié.

-MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS LÀ, SALE PERVERS?

-Tu m'avais dit que je n'avais qu'à me toucher si j'en avais envie… alors je me touche.

Et le boss le poussa violemment hors du lit. Mais Blue ne voyait que la rougeur qui s'étendait sur son visage qui se détournait de lui autant que possible.

O*O*O

Aaaaah mais quel idiot! Pas moyen de dire quoi que ce soit sans que…

Non, c'était sa faute. Il savait déjà qu'il devait se surveiller en la présence de Blue. Il avait encore relâché sa vigilance, et maintenant il avait cette… chose… pleine de désir qui le regardait, et c'était insupportable.

-Tu ne pouvais pas faire ça dans les toilettes, ailleurs, n'importe où? s'exclama Papyrus.

-Tu n'en avais pas parlé, boss, tu m'as juste dit de me toucher. Et puis…

Blue se redressa et remonta sur le lit, rapprochant son visage du sien.

-Et puis, j'avais envie que tu me voies avoir du plaisir en pensant à toi.

Et avec horreur, Papyrus le vit repasser sa main sous son t-shirt pour saisir son âme. Tous les os de son bassin étaient exposés, et il ne savait plus où regarder pour ne pas voir ça, l'autre était si proche…

Blue avait sorti son âme de sa cage thoracique, et il se continuait de se caresser. Il était si près que Papyrus sentait son souffle saccadé contre son crâne.

-A-arrête de te toucher comme ça devant moi…

-Pourquoi, ça t'excite trop?

-NON! C'est juste… pervers…

-Tu as envie de me toucher, boss?

Et Blue lui tendit son âme dégoulinante de liquide magique. Papyrus le repoussa à deux mains.

-Tu ne devrais pas donner ton coeur à n'importe qui comme ça!

-Tu n'es pas n'importe qui, boss. C'est à toi que j'ai envie de le donner.

Bouche-bée, Papyrus cessa finalement de se débattre, et il regarda Blue dans ses pupilles étoilées. Le petit squelette poursuivit, lui tendant à nouveau son âme:

-Je te fais vraiment confiance, boss. Je sais qu'ici, c'est très risqué d'exposer son âme comme ça. Mais j'ai envie de te la donner, j'ai envie que ce soit toi qui me touches. Toi, de toutes les personnes que j'ai rencontrées de toute ma vie.

Hésitant, les phalanges tremblantes, Papyrus finit par saisir l'âme de Blue. Celui-ci frissonna, avant de s'asseoir sur le lit et de se coller contre lui. Le coeur était humide et palpitant, brillant d'une douce lumière bleue. Il ne savait pas trop quoi en faire, alors il le frotta doucement. Blue se mit à gémir, et il arrêta aussitôt.

-Ça te fait mal?

-Mais non, boss, au contraire… continue.

Alors il continua ses caresses maladroites. Il ne comprenait pas très bien ce qui se passait, il ne savait pas si l'expression de Blue était du plaisir ou de la douleur, il ne savait pas trop comment interpréter ses gémissements et ses petits cris, mais il continuait, comme s'il était en transe.

O*O*O

Blue se sentait si bien, collé contre le boss qui caressait son âme. Il était tellement délicat, son toucher était tellement doux, comme s'il avait peur de le briser, et c'était vraiment plaisant. C'était la première fois qu'il sentait le toucher de quelqu'un d'autre sur son âme, et c'était complètement différent que lorsqu'il se touchait lui-même.

Au bout d'un moment, il vit une lumière rougeâtre qui brillait près de sa tête. C'était l'âme du boss qui se manifestait si fort que sa lumière traversait ses vêtements. Blue tendit la main… puis il retint son geste.

-Boss… est-ce que je peux aussi te toucher… s'il te plaît?

Il leva son regard vers le visage de Papyrus. L'expression de celui-ci était indéchiffrable, mais il finit par faire un petit signe de tête. Fou de joie, Blue lui sauta au cou et posa ses dents sur les siennes. C'était presque étrange de ne pas sentir le boss lui résister et le repousser. Il était très calme sous lui, répondant docilement à son baiser. Blue se promit de faire très attention pour ne pas le faire changer d'avis. L'instant lui semblait si magique! Presque miraculeux!

Il glissa gentiment ses mains sur les côtes du boss, avant de passer une main dans sa cage thoracique pour y cueillir délicatement l'âme qui brillait d'un éclat rouge vif. Le boss frissonna, et son souffle se fit rauque lorsque Blue passa gentiment ses doigts sur le coeur cicatrisé d'un peu partout. Il suivait les cicatrices du bout de ses phalanges, et bientôt le coeur se mit à lui couler de plus en plus entre les doigts. Blue posa une main sur celles du boss, qui tenaient toujours son âme.

-On fait ça ensemble, ok?

Le boss hocha la tête, et ils se caressèrent mutuellement. Blue déposait de temps à autres de petits baisers sur les clavicules du boss, mais celui-ci semblait trop concentré pour répondre. Au bout de quelques longues minutes de plaisir mutuel, ils finirent par jouir à peu près en même temps. Blue trouvait l'expression d'extase du boss absolument magnifique.

Ils se laissèrent tomber sur le lit, reprenant leur souffle. Blue tendit la main et flatta le côté du crâne du boss, et pour une fois celui-ci ne repoussa pas sa main.

-Alors, c'est pas si mal de se laisser toucher, hm?

-C'est étrange, c'est répugnant, c'est déstabilisant.

Blue détourna le regard. Il se sentait soudainement mal, d'avoir causé autant de malaise à son boss alors qu'il en profitait! Mais le boss posa une main sur son temporal et le fit le regarder dans les pupilles.

-Mais je suppose que ce n'était pas déplaisant.

-Boss!

Trop heureux, il se jeta au cou du boss et l'enlaça. Celui-ci ne tentait que mollement de se dégager.

-ESSUIE-TOI LES MAINS, C'EST DÉGOÛTANT!

-Ah oui, pardon!

Et Blue sauta hors du lit pour aller chercher des mouchoirs. Il se sentait très heureux, et très fatigué. Lorsque lui et le boss eurent terminé de s'essuyer les phalanges, ils s'allongèrent tous les deux dans le lit. Pour une fois, le boss s'était tourné vers lui. Blue en profita pour se nicher confortablement contre lui. Il fut particulièrement content de sentir un bras se poser sur lui.

-Bonne nuit, boss.

-Hm. Bonne nuit, Blue.

O*O*O*O*O*O*O*O*O

Finalement je sais pas quel couple est le plus intense... vous me direz ce que vous en pensez!