Je tenais à tous vous remercier pour vos commentaires! C'est vraiment très encourageant et j'espère que la suite va vous plaire.

Bonne lecture!


Chapitre 2: un vol de culottes, des odeurs de cuisine, une perceuse et un loyer impayé

Dans la buanderie de Neverland, Rachel Blue que l'on surnommait parfois « mère supérieure » à cause de ses robes droites bleues marines strictes sortait ses habits du lave-linge pour les mettre dans le sèche-linge.

- C'est pas vrai !

Ce cri de désespoir venait de sa voisine du deuxième étage qui sortait ses habits de l'autre sèche-linge.

- Qu'y a-t-il Tink ?

- On a encore volé mes culottes ! Comme la semaine dernière et celle d'avant aussi, se plaignit la blonde.

- Tu en as parlé à la concierge ?

- Elle va me rire au nez la vieille bique.

- Vas voir Regina.

- Regina ? T'es sérieuse ? Elle va me dire d'aller m'en racheter quelques paires… et c'est d'ailleurs ce que je vais aller faire.

Elle prit sa corbeille et monta dans l'ascenseur qui s'arrêta au rez de chaussée sur sa voisine du quatrième étage qui avait relevé sa boîte aux lettres.

- Ça ne va pas ? demanda Kathryn Nolan en lisant la déception et la colère sur le visage de celle qui aimait s'habiller en vert.

- Ça recommence.

- Le vol de culottes ?

- Oui. C'était mes dernières.

- Je suis sûre que c'est ce pervers d'Arthur. Il a une paire de jumelles et observe les femmes de la Forêt Enchantée quand elles sont dans leur chambre.

- Il parait que Jones fait la même chose. Et c'est nous, les habitantes de Neverland qu'il matte !

Tink n'eut pas le temps de se plaindre du comportement de tous les hommes de la copropriété car elle était déjà arrivée au deuxième étage.


Soudain dans l'immeuble d'en face, une odeur nauséabonde emplit l'appartement d'Emma Swan. Elle ferma la porte-fenêtre de son balcon et espéra que la fumée qui montait de l'étage inférieur ne l'importunerait plus. Si Emma ne prit pas le temps de mettre un terme à ce problème d'odeurs de cuisine, Jefferson, habillé comme un dandy du XIXe siècle, qui habitait au 3ème étage alla frapper à la porte de l'appartement au fond du couloir d'où émanait les effluves écœurantes. La porte s'ouvrit sur sa voisine aux formes généreuses qui avait négligemment attaché sa tignasse avec un bandana.

- Tu veux quoi encore ? se plaignit-elle en faisant une moue.

- C'est la quatrième fois cette semaine que je frappe à ta porte Ursula. Elle schlingue ta friture de poissons !

- Friture de pieuvres, corrigea-t-elle.

- Tu ne peux pas cuisiner des trucs qui ne sentent rien ? Comme des nouilles instantanées ?

- Je ne bouffe pas de merde, rétorqua-t-elle.

- Ronge une carotte, alors ! lui gueula-t-il dessus.

- Je ne suis pas un lapin ! Tu te plains de moi, mais toi tu n'es pas irréprochable non plus. Ta gamine fait un boucan d'enfer avec son karaoké et je ne viens pas toutes les cinq minutes frapper à ta porte ! Alors un peu de tolérance.

Elle lui claqua la porte au nez.

- Putain de calamar trop cuit, répliqua-t-il avant de claquer sa porte en signe de contestation.

Sur le même palier, William Smee en avait assez. Il travaillait de nuit au port et ces chers voisins ne semblaient pas comprendre qu'il dormait en journée. Il avait à de nombreuses reprises pensé à déménager mais il n'avait pas le courage de tout mettre dans des cartons. Il se leva pour aller nourrir son rat et se servi un bol de chocolat chaud et se fit griller quelques toasts.


Dans le jardin, Robin de Locksley arrachaient les tulipes fanées de la platebande centrale sous le soleil et son jeune fils Roland poussait la brouette.

- Comme il est mignon !

Le jardinier effaça les perles de sueur de son front de sa manche taché en levant la tête. Il vit la maladroite de la Forêt Enchantée s'approcher de son fils à grands pas. Anna n'était pas une mauvaise personne mais elle pouvait devenir agaçante avec sa voix criarde et son enthousiasme débordant.

- Merci Anna ! Et toi, tu es très belle, répondit le garçon de huit ans, admirant la robe fleurie de sa voisine.

Anna et Elsa logeait au rez de chaussée de la Forêt Enchantée où elles n'avaient pas un balcon mais une terrasse qui donnait sur le jardin. Leur terrasse était toujours très fleurie et était le sujet de conversation préféré des deux sœurs avec leurs voisines. Depuis qu'Anna s'était fiancée, Kristoff vivaient avec eux. D'après elle, tout se passait bien. Mais lorsque les hommes de la Forêt Enchantée partageaient une bière, Kristoff semblait se plaindre du manque d'intimité dans leur logement. Robin aurait bien voulu offrir un appartement avec terrasse à sa famille, mais ils étaient hors de portée de sa bourse. Il avait dû se contenter de l'appartement du premier étage, juste au-dessus des sœurs d'Arendelle.

- Tu veux venir jouer avec moi ? proposa-t-elle. On peut aller faire la balançoire ou du toboggan.

- Non, j'aide papa. Je lui ai promis, répondit l'enfant en toute franchise.

- Roland ! cria Marian depuis le balcon. Viens manger ton goûter.

Sur le balcon d'à côté, Felix fabriquait un amplificateur de puissance pour le moteur de son drone télécommandé.

- Mais ta gueule pétasse, murmura-t-il, les yeux rivés sur ses petites pièces délicates.

Il bu la dernière gorgée de sa canette de bière et la balança par-dessus bord ! Il enfreignait très souvent la règle numéro 12 du règlement de la propriété. Mais il se consolait en se disant que tant que sa voisine du dessus le faisait, il continuerait. Pourquoi Cruella aurait-elle des passe-droits ?

La veuve Lukas qu'on surnommait Granny à cause de sa coupe de cheveux et de ses petites lunettes posées sur le bout de son nez râlait une fois de plus en collectant des canettes et bouteilles d'alcool abandonnées ci et là. Elle ne comprenait pas ce qu'il y avait de difficile de les mettre dans le container approprié dans le sous-sol. Chaque immeuble était équipé. Il fallait croire que certains avaient été élevés dans la forêt ! Comme des animaux !

- Madame Mills, dit cette dernière après avoir frappé à la porte du seul appartement du septième étage. Mme de Vil et d'autres énergumènes jettent leurs canettes et bouteilles dans toute la propriété. Appliquez le règlement !

- Je vais en parler à Mr Gold. Nous allons agir.

- Alors faites sinon je démissionne ! menaça la concierge.

Regina referma sa porte et retourna au salon où elle prenait un verre de vin avec Cruella, confortablement installée sur le divan. Elle avait revêtu une robe noire moulante de créateur comme si elle s'apprêtait à faire son entrée dans un prestigieux gala.

- Cette vieille sorcière me déteste, commenta celle qui avait les cheveux à moitié noirs et à moitié blancs. Et je te jure que je n'y suis pour rien. D'ailleurs, je ne bois que du champagne et du gin.

- On a déjà expulsé Will Scarlett, confia Regina, mais apparemment ce n'est pas suffisant. Je suis sûr que c'est cet ivrogne de Jones.

- Ou ce petit con de Felix.

- Celui qui a jeté de la terre sur ton manteau ?

- Ne m'en parle pas ! J'ai cru que j'allais le tuer. Si seulement je pouvais, se plaignit l'amatrice de fourrure.

Au quatrième étage de la Forêt Enchantée, Killian Jones tira son rideau de quelques centimètres et sortit sa longue vue qu'il braqua sur le balcon de Neverland juste en face. Il sortit son petit calepin, dégoupilla son stylo avec les dents et nota ses observations avec un petit sourire de satisfaction au coin des lèvres. Décidément, jamais il ne se lasserait d'une telle vue ! Tellement de grâce et de légèreté dans ses mouvements. Quand le spectacle fut fini, il se vautra dans son fauteuil en cuir fatigué et déboucha sa bouteille de rhum avec les dents et but une grosse gorgée qui lui réchauffa l'estomac.

Alors qu'il ne s'y attendait absolument pas, on frappa à la porte. Il espérait que ce n'était pas encore cet idiot de Smee qui voulait lui refourguer ses boites de sardines. Mais la vision qu'il eut lui coupa le souffle : une belle blonde au regard déterminé, à la poitrine généreuse bien mise en évidence dans son top gris moulant. Comme elle avait transpiré, ses cheveux collaient sur sa nuque et son front.

- Vous en avez une ? répéta-t-elle en voyant qu'il ne répondait pas.

- Vous n'avez pas idée.

Ce fut la seule réponse qu'il donna. Mais une quoi ? En voyant les sourcils de la blonde se froncer, il percuta de suite que sa réponse n'était pas la bonne. Dommage, elle ne savait pas ce qu'elle loupait !

- Désolé, j'étais… dans la lune, se justifia-t-il.

- Je voulais savoir si vous avez une perceuse. Je viens d'emménager et je voulais tout ranger le plus vite possible. Je n'aime pas vivre dans les cartons.

- Bien sûr. Si vous n'avez pas de lit, j'ai un canapé très confortable.

- Ça ira merci, rétorqua-t-elle en se mordant la lèvre.

Mais pourquoi donc avait-elle frappé à cette porte ? Cet homme certes séduisant, empestait le rhum et cherchait ouvertement à la draguer. Elle détestait ce genre de gros lourdauds imbus de leur personne.

- Elle est dans ma caisse à outils. Venez, je vais vous la donner.

- Merci, mais je préfère attendre sur le palier.

Non mais que croyait-il cet idiot ? Qu'elle allait entrer comme ça chez lui ? Elle n'était pas si naïve. Il revint quelques minutes plus tard avec l'outil tant convoité.

- Vous pouvez la garder. Je ne m'en sers plus.

- C'est très gentil mais je préfère vous la rapporter dès que j'ai fini, répondit-elle.

- Très bien, dit-il sans insister. Mais…

- Oui…

- Je vous invite boire un verre… un de ces quatre.

- Un de ces quatre oui.

Dans tes rêves mon coco ! Elle espérait bien ne plus jamais à avoir à frapper à sa porte.

Au premier étage de la Forêt Enchantée, Belle French consultait son compte bancaire sur son ordinateur portable. Elle mordit son crayon en constatant que son patron avait encore oublié de la payer. Si le virement n'était pas parti, elle serait incapable de payer son loyer ainsi que son abonnement de bus.

- Et si je ne renouvelle pas mon abo, dit-elle en sortant sa calculatrice. Flûte… Mais comment vais-je faire ?

Elle était dépitée, les joues enfoncées dans ses poings fixant son écran. Non, elle ne pouvait pas se morfondre ! Elle enfila une paire de sandalettes aux talons vertigineux et prit l'ascenseur pour descendre d'un niveau. Elle prit une grande inspiration et appuya sur la sonnette de Ruby Lukas.

- Belle ! accueillit Ruby avec un large sourire.

- Ruby, j'ai besoin de ton aide. Je suis dans la merde.

La grande brune invita sa copine à prendre place dans son canapé rouge et lui servit un verre de thé glacé et des fraises Tagada. Après un moment de silence à mâchouiller quelques bonbons, elle confia ses problèmes.

- Tu en as parlé à ton père ?

- Mon père ? s'étonna Belle. Il va rigolé en me disant « Belle chérie, je t'avais dit de ne pas prendre ton appartement. Tu aurais dû rester chez moi ».

Elle imita la voix de son père en allant dans les tons les plus graves de sa voix. Sa prestation fit légèrement sourire Ruby car la petite brune déformait son visage.

- C'est ton père, rappela Ruby. Il va t'aider.

- Et me reprocher ma mauvaise gestion pour les prochaines quarante années ? Non merci. Je n'aurais pas dû m'acheter la trilogie du Seigneur de Anneaux en version originale… Il faut absolument que je paie mon loyer aujourd'hui mais je n'ai plus rien sur mon compte.

Ruby s'approcha et fit un gros câlin à son amie.

- Essaie de t'arranger avec Mr Gold.

- Gold ? répéta Belle. Il va me mettre dehors ! Ce type n'a pas de cœur. Tu as vu ce qu'il a fait à Will ?

- Will n'avait pas payé son loyer depuis l'été dernier. Tu devrais essayer de lui parler. Je suis sûre qu'il comprendra.