Auteur : Yami Flo

Personnages principaux : OC Claudius Hadley

Personnages secondaires : Amycus et Alecto Carrow, OC Clara Carr, autres personnages non nommés.

Epoque : 1997-1998

Résumé : Claudius Hadley aurait baissé la tête et rentré les épaules, sans un certain incident…

Prise de Notes

Claudius Hadley n'aime pas se faire remarquer, ce qui peut paraître étrange chez un adolescent de quatorze ans. Mais Claudius aime bien rester dans l'ombre, là où personne ne vient lui chercher des Ciseburines dans la tête. Il aime rester en retrait, et il aime observer. Et ce qu'il observe, entre le 1er Septembre 1977 et la fin Avril 1998, ne lui plait pas. Non, ça ne lui plait pas du tout.

Les Carrow sont dangereux. Trop dangereux. Ils ne devraient pas se trouver là.

Claudius est un Sang-Pur. Sa famille se tient à l'écart de toute agitation politique. Elle ne se déclare jamais pour personne, mais elle suit le flot.

Claudius n'a jamais eu à faire aux méthodes disciplinaires particulières des Carrow – il est trop intelligent pour se faire punir, après tout – mais autour de lui, il voit les gens souffrir. Et c'est intolérable.

Poudlard n'est plus une école. C'est une prison. Un camp de redressement pour les enfants de ceux qui ne suivent pas les enseignements de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Et pour les autres également, si Claudius est honnête avec lui-même.

Certes, plus d'un Serpentard se pavane avec de grands airs, et suit avec diligence et joie la politique des Carrow, mais Claudius voit aussi les autres. Les inquiets. Les modérés. Les opposants silencieux. Ceux qui échangent des regards sombres, ceux qui masquent des grimaces de dégoût devant les châtiments corporels mis en place par les nouveaux professeurs. Ceux qui croient à une idée du Sang supérieur, mais ne voit pas l'intérêt de martyriser des enfants pour l'appliquer.

Ceux qui sont venus pour étudier, mais voient encore une fois leurs études tronquées par la faute d'enseignants incompétents.

Claudius suppose que leur place n'est pas vraiment enviable. Même dans leur Salle Commune, ils ne sont pas à l'abri des Carrow, des fanatiques et des délateurs.

Mais ce n'est pas le problème de Claudius Hadley.

A vrai dire, rien de ce qui se passe à Poudlard n'est son problème, en théorie, tant qu'il continue à baisser la tête et ne pas faire de vagues.

Le Destin a d'autres idées en tête.

Si les circonstances avaient été différentes, Claudius aurait passé toute l'année avec la tête rentrée dans les épaules. Mais voilà, elles ne le sont pas.

Claudius n'assiste pas directement à l'incident, mais il en voit les conséquences.

Il faut tout d'abord savoir qu'Amycus Carrow est… spécial. Même parmi les Mangemorts. Il n'aime pas les enfants, et les voit comme des poids à traîner. Et surtout, il a des idées très arrêtées sur ce que doit être un bon sorcier. Outre le Sang-Pur, un sorcier doit se servir de sa baguette de la main droite. Etre gaucher est une abomination à ses yeux.

Clara Carr a onze ans. C'est sa première année. Sa mère est Née-Moldue (et en fuite, si elle est chanceuse, avec tout ce qui se passe dehors). Elle est gauchère.

Amycus finit par le remarquer. Et prend le parti de « l'encourager » à utiliser la main droite. A coup de Doloris, dont plusieurs sont assénés par des Septième Année (dont plusieurs donnent l'impression de vouloir être ailleurs).

Clara fait des efforts pour corriger son 'défaut', à défaut de pouvoir corriger l'impureté de son Sang.

Pas assez vite. Pas assez bien.

Mi-octobre, Amycus perd la tête, quand une fois encore, la petite Clara prend sa baguette de la main gauche.

Quel sort a-t-il utilisé ? Claudius ne sait pas. Les petits qui ont assisté au cours sont trop terrifiés pour dire quoique ce soit.

Clara n'a plus que quatre doigts à la main gauche. Amycus en a coupé un, avec de la Magie Noire. Mme Pomfrey ne peut rien faire pour le faire repousser. Clara Carr a été mutilée à vie… A cause des notions préconçues d'un fou furieux qui n'a pas sa place dans une école.

Et dans l'air, plane la menace d'en perdre plus si Clara « ne se met pas à se conduire comme une vrai sorcière ».

C'est un drame. Clara ne sait plus tenir sa baguette correctement, ni d'une main, ni de l'autre. Elle tremble sans arrêt. Elle ne peut plus accomplir le moindre sort correctement, peut à peine préparer des potions ou prendre soin des plantes en Botanique.

Claudius ne dit rien, pendant que ses camarades se pressent autour de la petite fille qui continue de sangloter et d'appeler ses parents et cherchent à la consoler. Mais s'il reste muet, ses poings se serrent à en devenir blanc.

Claudius en a trop vu pour ne pas agir, à sa façon.

C'est comme ça que né le Carnet.

Officiellement, ce n'est qu'un amas de parchemins hâtivement reliés entre eux par des attaches et des sorts de Glu. Claudius l'emporte partout avec lui. Ca n'a rien de surprenant : le jeune Hadley prend toujours des quantités incroyables de notes durant les cours, et s'il n'écrit pas, il dessine et griffonne des balais volants et des animaux fantastiques.

Claudius suit le cours d'Arithmancie, et le cours d'Etude des Runes. Que certaines pages de son fatras de notes soient garnies de chiffres, et d'autres de symboles, n'a rien de surprenant en soi. Tant que personne ne regarde de trop près, ce ne sont que des notes de cours.

Si on lit entre les lignes, ce sont des dates. Des noms abrégés, des Maisons signalées par symbole, des âges, et des punitions infligées.

C'est un travail dur, éreintant, de rassembler toutes ces informations. Il est rendu plus difficile encore par les moyens détournés et les ruses de Sphinx qu'il lui faut déployer pour se renseigner sans en avoir l'air.

Claudius s'estime toutefois chanceux que l'un des Préfets de Poufsouffle soit son cousin germain. Et que l'un de ceux de Serpentard soit son frère aîné. Leur aide lui est acquise, car eux non plus n'aiment pas ce qu'ils voient, et ils ne sont pas prêts à prendre les armes. Pas encore. Ils préfèrent attendre leur heure en rassemblant des preuves. Leurs demandes semblent plus naturelles : n'est-il pas nécessaire pour un Préfet de s'assurer que les élèves se rendent bien en détention et en reviennent à l'heure dite ?

Claudius monte secrètement son petit réseau, pendant que les Carrow sont occupés à chasser 'L'Armée de Dumbledore'.

En silence, il rassemble des preuves, des témoignages. Il note ce que font les Carrow. Il note tout ce que font les élèves à partir de la Cinquième Année, ceux que les Carrow apprécient et citent en exemple de « vrais sorciers ». Ils ne valent pas chers, ceux-là…

Quand viendra le temps d'abattre les Carrow – et Claudius Hadley est certain que ce temps viendra, d'une façon ou d'une autre – l'acte d'accusation comportera tous les actes atroces et injustifiés qu'ils ont commis à Poudlard.

Et ce jour-là, le jeune Poufsouffle aux ascendants Serpentard sera enfin heureux.