Hao arriva chez lui avec Jeanne, inconsciente, dans ses bras. Il se dirigea dans une chambre vide et la déposa délicatement sur le lit. Il sortit après avoir fermé la porte à clé et appela Marion.
Hao: Tu iras lui donner de nouveaux vêtements et à manger lorsqu'elle se réveillera. Tu devrais faire la même taille qu'elle, une de tes robes conviendra parfaitement. Tiens, voilà la clé, tu feras attention à toujours vérouiller la porte lorsque tu quittes cette chambre.
Marion: À vos ordres, Hao-sama.
Il s'en alla se reposer.
Deux ou trois heures plus tard, Jeanne se réveilla en sursaut dans sa chambre et fut étonnée de voir Marion à ses côtés.
Marion: Tu es réveillée ... Tiens, met ça, normalement cette robe devrait t'aller. Et voilà ton dîner.
Jeanne: Je n'ai pas faim.
Marion: Hao-sama veut que tu manges.
Jeanne: Je n'en ai pas envie. Je ne touche pas à la nourriture du Diable.
Marion: Hao-sama ne va pas être content ...
Jeanne: Et bien tant pis. Au fait, où sommes-nous ?
Marion: Dans une chambre de la maison de Hao-sama.
Jeanne: Comment cela se fait-il ? ... Ah oui, la Porte de Babylon n'a pas pu s'ouvrir ... Et des anges sont morts en vain.
Marion: Quelques uns sont encore en vie.
Jeanne: Tant mieux ...
Jeanne tourna la tête vers la robe blanche avec de la dentelle.
Jeanne: Elle est à toi ?
Marion: Oui, Hao-sama m'a dit de te la donner. Je dois m'en aller, mange au moins un peu.
Jeanne ne répondit pas et Marion s'en alla sans oublier de vérouiller la porte.
La jeune fille enfila la robe qui lui arrivait en dessous des genoux, une longueur assez convenable même si elle aurait volontiers voulu plus long. Elle ne toucha pas à son repas. Elle s'assit sur le lit et versa des larmes pour les anges morts au combat, puis elle récita quelques prières. Marion était revenue et avait ramassé le dîner auquel Jeanne ne voulait décidément pas toucher, et était repartie silencieusement. La jeune vierge se demanda pourquoi Hao l'avait emmenée ici. Mais elle ne trouva pas de réponse valable à ses yeux. Elle finit par s'endormir.
Le lendemain, elle n'eut aucune nouvelle de ses compagnons. Marion revenait pour lui servir ses repas et repartait toujours avec des assiettes pleines sans rien dire. Une semaine s'écoula ainsi.
Le matin du huitième jour, Hao demanda des nouvelles de sa prisonnière à Marion.
Marion: Elle ne veut décidément rien manger. Son visage se fait de plus en plus fin. Elle maigrit à vue d'oeil. Si elle ne mange pas bientôt, je doute qu'elle survive.
Hao: Je lui apporterai son repas à midi.
Marion: Bien Hao-sama.
En partant rejoindre les Hanagumi, Marion ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour Jeanne, elle se demandait ce qu'allait lui faire son maître.
L'heure du déjeuner arriva et Hao entra dans la chambre de Jeanne, il la découvrit dos à lui, devant la fenêtre. Elle ne se retourna pas.
Jeanne: Tu peux repartir, je ne mangerai pas Marion.
Hao: Tu es de plus en plus faible, tu n'as même pas ressenti mon furyoku arriver.
Jeanne: Hao !
Elle se retourna brusquement et le fixa méchament. Il lui sourit, posa le plateau de nourriture sur la table et s'approcha d'elle.
Hao: Je ne t'ai pas emmenée jusqu'ici pour que tu meures aussi bêtement, non ?
Jeanne: Vas-t-en !
Hao: Regarde-toi, tu es beaucoup trop faible et ton joli teint blanc s'éteint. Tiens, mange.
Jeanne: Je ne veux pas.
Hao: Tu vas mourir si tu ne manges pas.
Jeanne: Et bien, je mourrai, je n'ai rien à faire ici.
Hao: Tu ne crois quand même pas que je t'ai ramenée chez moi pour rien ?
Jeanne: Je n'y vois aucun sens. Que veux-tu ?
Hao: Toi.
Jeanne: Moi ?!
Hao: Tu es mon trophée. Toi et les X-Laws m'avaient beaucoup dérangé, je peux bien avoir une récompense pour ma victoire, non ? Maintenant mange un peu. J'ai quand même épargné quatre de tes chers anges.
Jeanne: Jamais !
Hao: Ne m'oblige pas à employer la manière forte.
Jeanne: Vas-y, je n'attend que ça !
Hao: Tu es très courageuse pour ton âge. Mais ça ne sert à rien, je ne veux pas te faire de mal.
Elle se retourna face au mur. Il se mit à rire. Hao l'attrapa par le bras, la retourna et la plaqua contre le mur.
Hao: Je te l'ai dit, je ne veux pas te faire mal.
Jeanne: Même si tu m'en fais, je ne sentirais rien, je résiste parfaitement à la souffrance physique.
Hao: Qui parle de souffrance physique ?
Jeanne: Tu as déjà tué la plupart des X. Je n'ai pas peur.
Hao: Alors, je ramènerai les X restants et je les brûlerai devant tes yeux.
Jeanne: Ne fais pas ça ! Je te l'interdis !
Hao: Alors mange. Tu sais très bien que j'en suis capable.
Jeanne: ...
Il la lâcha et se dirigea vers la sortie.
Hao: Bien, je reviendrai tout à l'heure. Attention à tes anges si je vois ton assiette pleine.
Il sortit en riant.
Jeanne se mit à table et dévora son repas après quelques minutes d'hésitation. Hao revint à l'heure du dîner, ramenant un plateau de nourriture avec lui. Il regarda l'assiette vide, satisfait.
Hao: Tu vois ? Tu avais vraiment faim.
Jeanne: Manger le repas du Diable ...
Hao: Ne sois pas inquiète, il n'est pas empoisonné.
Il sourit ironiquement. Il vint s'asseoir sur le lit où Jeanne était allongée, et lui caressa le visage.
Hao: Tu as sommeil ?
Jeanne: J'aimerais m'endormir pour toujours.
Hao: Ce sera impossible ici, tu es mon précieux trophée, ne l'oublie pas.
Jeanne: J'ai hâte de te voir te faire anéantir par Yoh et ses amis.
Hao: Oh, tu es du côté de Yoh maintenant ?
Jeanne: J'ai échoué, mes espoirs se fondent sur Yoh et ses amis à présent.
Hao: Personne ne me battra, ne t'inquiète pas, tu n'auras pas à me voir mourir.
Jeanne: C'est justement ça qui m'inquiète. Ne pas te voir mourir.
Hao: Hahaha ! Tant pis alors.
Jeanne: J'aimerais dormir.
Hao: J'ai compris, je te laisse, moi aussi, j'ai besoin de sommeil de toute façon. Bonne nuit petite Maiden.
Il partit laissant Jeanne méditer sur le sentiment qu'elle venait de ressentir en la présence de son pire ennemi.
