2. Ernie

Ernie Macmillan parcourut le couloir du Poudlard Express, nerveux et inquiet. Il ouvrit brusquement la porte d'un compartiment, et se retrouva face à Luna, Ginny et Neville ; ces deux derniers s'éloignèrent brusquement l'un de l'autre, comme s'ils venaient de partager un secret.

Ce qui n'est pas très malin, devant Loufoca Lovegood, pensa Ernie.

- Salut, dit-il d'une voix tendue. Vous auriez vu Justin ?

- Tu attends quelle réponse, Macmillan ? , demanda calmement Ginny.

Ernie la regarda quelques instants, puis il jeta un coup d'œil dans le couloir, d'un côté, de l'autre, puis répondit à voix basse :

- Je l'ai prévenu cet été. Pour la Commission. Par courrier express. Alors devine ce que j'attends, comme réponse ?

- On ne l'a pas vu, répondit Ginny.

Ernie poussa un soupir de soulagement. Si eux non plus ne l'avaient pas vu, il y avait plus de chances que Justin soit resté chez lui.

- Désolée d'avoir eu l'air…, commença Ginny.

- Agressive ? , l'interrompit Ernie. Oui, forcément, étant préfet, j'aurais peut-être voulu soutenir le régime en place. Merci, Ginevra.

Neville et Ginny échangèrent un regard, mais ne répondirent pas.

Pour la deuxième fois, Ernie vérifia les alentours, et cette fois, Malefoy venait à sa rencontre, affublé de ses deux gorilles. Il avait l'air moins fier que d'habitude, mais il l'était encore trop au goût d'Ernie, quand on prêtait foi aux rumeurs qui circulaient sur son absence à la fin de l'année dernière. Malefoy, un Mangemort…

A son passage, celui-ci lui lança un regard assassin ; Ernie ne répondit qu'avec un haussement de sourcils. Une fois qu'il fut assez éloigné, Ernie retourna son attention sur les occupants du compartiment. Neville avait les poings serrés, Ginny tapait nerveusement des pieds sur le sol, tandis que Luna sortait un magazine de son sac.

- Appelez-moi, quand vous-savez-quoi redémarrera. Je suis très proche de mon argent, ces derniers temps.

Il les regarda une dernière fois, puis claqua la porte d'un geste brusque.


Tous étaient revenus au premier appel de Neville, Ginny et Luna. Tous sauf Smith.

- Ca va nous poser quelques problèmes, dit Ginny d'un air songeur.

- On peut s'arranger pour que son Gallion ne transmette plus les messages, suggéra Anthony.

- Ou on peut tout simplement le lui voler, proposa Ernie en se massant la nuque. Comme ça, on est certains qu'il n'y aura aucun souci.

- Il n'y a pas seulement ça, reprit Ginny en glissant de la commode sur laquelle elle s'était assise. Smith est le seul encore présent à Poudlard à savoir qui faisait partie de l'AD il y a deux ans. Il pourrait nous dénoncer.

- Il risque de lui arriver la même chose qu'à Edgecombe, répondit Ernie. Je le connais, il passe trois heures dans la salle de bains du dortoir tous les matins. Le moindre bouton le met de mauvais poil, alors avoir les pustules de cette traîtresse…

Il y eut quelques rires.

- Il doit y penser aussi. Je pense qu'il se tiendra à carreaux, reprit-il. Mais si vous le voulez, on peut l'intimider, ou lui voler le Gallion.

Neville et Ginny échangèrent un regard, puis Neville articula lentement :

- Contente-toi de lui voler sa pièce. Aucune intimidation.


- Ecoutez-le, ce donneur de leçons ! , s'exclama Seamus. Toujours là, toujours de bons conseils !

- Je dis juste que quitter le cours de Carrow comme ça, ça n'était pas très intelligent, essaya de tempérer Ernie en se frottant les yeux d'un geste las.

- Mais forcément, quand on a le sang pur depuis neuf générations, c'est pas un problème, de suivre des cours où on dit constamment que les Moldus ne valent rien ! C'est facile de garder son sang-froid. Ca ne te touche pas !

Michael n'eut pas le temps de s'interposer. Ernie s'était jeté sur Seamus, et lui envoya son poing droit dans la mâchoire. Seamus tomba à terre, et Neville et Michael retinrent Ernie. Celui-ci ne pensait plus qu'à une chose, faire ravaler ces mots à ce type, qui croyait comprendre, qui croyait qu'il était le seul à souffrir de cette situation.

- Justin a disparu ! Aucune nouvelle ! Il est sur la liste du Ministère ! C'était mon meilleur pote ! C'EST mon meilleur pote ! Je t'interdis de dire que ça ne me concerne pas !

- Ernie, Seamus ne voulait pas…, commença Neville.

- Si ! Si, il voulait ! , l'interrompit Ernie en se débattant. Vous pensez tous la même chose !

Ernie se débattit plus vigoureusement, et les fit lâcher prise, mais il laissa Seamus où il était, à terre, où il se massait la mâchoire, tandis que Lavande fusillait Ernie du regard.

- Vous pensez que ce n'est pas ma guerre, que je suis tranquille ! Que depuis que mon père est revenu avec le certificat du ministère, je me balade les mains dans les poches ! Que mon principal souci, c'est de ne pas avoir été nommé préfet-en-chef, et tout ça au profit de Zabini, qui n'était même pas préfet !

Padma baissa les yeux, et Parvati lui passa aussitôt un bras autour des épaules.

- Pourquoi vous m'en voulez à moi ? Hein ? Il y en a d'autres, des Sangs-pur, dans cette salle. Ginny, Neville, Luna, Lavande, les jumelles, on leur dit rien, à eux ! Pourquoi ? Je fais partie de l'AD, tout comme vous. J'ai signé cette liste qu'Hermione a fait circuler ! Je ne nous ai pas trahi à Ombrage, il y a deux ans.

Il reprit sa respiration, puis se tourna vers Seamus et reprit d'une voix sourde :

- Ce n'est pas moi qui ai soutenu le ministère, il y a deux ans. Ce n'est pas moi qui ai traité Potter de menteur et Dumbledore de gâteux.

Seamus tenta de se relever, mais Lavande le retint par l'épaule.

- Ça suffit ! , s'exclama Ginny en se mettant entre eux. Ça n'avance à rien, arrêtez ça. Vous êtes dans la même galère, on est tous dans la même galère ! Seamus, Ernie, vos meilleurs amis sont là-bas, dehors. Vous n'avez pas de nouvelles. Ca devrait vous rapprocher, pas vous éloigner. Ça devrait tous nous rapprocher, dit-elle d'une voix plus forte. Les ennemis, ce sont les Carrow, Rogue, le ministère, et le chef des Mangemorts. Si déjà on est si peu nombreux à leur résister, on n'a pas le droit d'être désunis. Ils nous manquent, tous. Alors battons-nous pour lu… pour eux.

Les mots de Ginny furent accueillis avec un silence songeur. Elle baissa les yeux, puis s'éclaircit la gorge et dit dans un murmure :

- On devrait tous aller se coucher. On n'arrivera plus à rien ce soir. Bonne nuit tout le monde.

Elle quitta rapidement la pièce, suivie de Neville. Peu à peu, les autres les suivirent. Seamus s'approcha d'Ernie, et murmura :

- Ecoute… Ginny a raison. Suis désolé.

Il lui tendit la main. Ernie la saisit sans hésitation et la lui serra.

- C'est moi.


- Je suis désolée, Mr Macmillan, mais vous ne pourrez pas faire sans. Alors arrêtez de bouger. Deux minutes !

- Allez, Ernie, insista Hannah. Laisse-la faire.

Ernie fit la grimace et laissa Madame Pomfresh lui remonter sa manche. Elle découvrit une longue entaille, qui courrait du poignet au coude, manifestement causée par un sortilège. Pomfresh ne montra aucune réaction, mais il sut ce qu'elle pensait. Tout le monde savait qu'elle, McGonagall et Chourave faisaient toujours le maximum pour épargner les élèves, à l'instar des autres professeurs ; toutes trois étaient simplement plus ouvertement en colère.

L'infirmière sortit sa baguette, prit un flacon transparent sur la table et versa un peu du liquide sur la plaie. Celle-ci se mit à fumer, et Ernie grimaça encore plus. Hannah elle-même eut l'air un peu dégoûtée.

Pomfresh s'apprêta à refermer l'entaille, mais un bruit soudain à l'autre bout de l'infirmerie l'arrêta. Alecto venait d'entrer en trombe, un sourire mauvais aux lèvres. Ernie poussa Hannah derrière un paravent ; Carrow ne devait pas la voir, elle ne s'était pas encore fait prendre.

- Poppy, dit Carrow d'une voix mielleuse.

- Carrow, répondit Pomfresh, glaciale.

- Je te demanderai d'arrêter ça. Ce gosse a cherché ce qui lui est arrivé.

- Je vous demande pardon ?

- Si mon frère a jugé nécessaire de punir Macmillan, c'est qu'il y avait une bonne raison. Cette blessure, pas si profonde que ça, fait partie de sa punition.

- A quoi ressemblait le reste de la punition ? Une séance de torture ? Les chaînes ? , demanda l'infirmière, qui commençait à trembler de fureur.

- Oh, je t'en prie. Tu sais très bien que je ne me limite plus à ça. Macmillan, sors immédiatement.

Ernie ne chercha pas à argumenter. Il aurait fini avec une autre blessure. Il se releva, et quitta rapidement la pièce, mais pas assez vite pour ne pas entendre Carrow murmurer :

- Essaye encore une fois de guérir un membre de l'AD, et tu le regretteras. D'ailleurs, à partir de maintenant, t'auras plus le droit de soigner les égratignures des délinquants. Mais je veux bien que tu signales les autres types de blessures. Comme ça, je saurais qui j'aurais touché, pendant ses poursuites dans les couloirs.

Ernie fut parcouru d'un frisson, puis partit rejoindre la salle commune, où il attendit Hannah, fébrile. Elle revint quelques minutes plus tard, l'air déterminé.

- Ernie, tu es toujours doué en potions ?

- Euh… Oui.

- Tu serais capable de refaire celles-ci ? , demanda-t-elle en lui tendant un livre.

Ernie regarda la couverture de « Potions du guérisseur », puis l'ouvrit et jeta un coup d'œil aux recettes.

- C'est faisable.

- Super. Tu deviendras le préparateur officiel de l'AD.

- Et toi la guérisseuse ? , ajouta Ernie avec un sourire.

- Bien vu. Et je vais commencer tout de suite, dit-elle en sortant un petit flacon en verre de sa poche intérieure. Remonte ta manche.

- C'est quoi ? , demanda Ernie en s'exécutant.

- De l'essence de dictane. Chourave nous fournira les plantes fraîches, elle en fait pousser dans la serre n°1. Tu devras la faire toi-même, quand j'aurais fini celle-ci.

- Quelque chose me dit que tu en auras besoin rapidement. Compte sur moi.

- Merci, Ernie.


- C'était toi !

Seamus sortit en trombe de la salle de cours d'Alecto Carrow, qui se mit à le poursuivre dans le couloir. Ses jambes courtaudes avaient du mal à suivre le rythme de Seamus, qui éclata de rire en la voyant souffler, déjà hors d'haleine. Mais elle était encore capable de jeter des sortilèges redoutables ; elle n'avait aucune conscience, après tout.

- Endolo…

- Expelliarmus !

La baguette d'Alecto vola à travers le couloir ; elle changea de direction pour la reprendre, mais celle-ci s'échappa une nouvelle fois et dévala les escaliers en sautillant ; Carrow s'engagea alors à sa poursuite, oubliant Seamus au passage.

Celui-ci se mordit les lèvres pour ne pas éclater de rire, puis passa l'angle de mur et revint sur ses pas.

- Brillant ! , murmura-t-il.

Ernie rangea sa baguette dans sa manche et sortit de derrière une armure.

- Tu avais prévu que quelqu'un te sauverait la mise ? , répondit-il en remettant son sac.

- Évidemment, répliqua Seamus en souriant. On peut toujours compter sur un préfet. Et je savais que tu te baladais dans le couloir, à ce moment précis.

Hannah arriva en courant :

- Seamus ! C'était… C'était…

- Magnifique ? Fantastique ? Absolument intelligent ?

- Totalement irresponsable !

Puis elle sourit et ajouta :

- Mais c'est pour ça que tu es indispensable.


- Miss Brown, je vous en prie…

Lavande soupira et agita à nouveau sa baguette en direction de son hérisson, qui se tortillait pour se débarrasser des épingles qu'elle avait fait apparaître.

- Je vous ai demandé un coussin à épingles, Miss Brown…

Soudain, le professeur McGonagall se tourna vers la porte qui venait de s'ouvrir avec fracas, laissant apparaître les Carrow ; depuis sa chaise, Ernie les vit parcourir la salle de classe du regard, et sentit instinctivement qu'ils étaient là pour lui.

- Macmillan ! , s'exclama Amycus Carrow en le fusillant du regard. Ici !

Ernie jeta un coup d'œil à McGonagall, et se releva sans un mot, déjà prêt à s'avancer malgré la peur qui le prenait au ventre. Le professeur s'interposa entre lui et les Carrow, et elle retint son jeune élève par l'épaule.

- Puis-je savoir pour quelle raison avez-vous interrompu mon cours ?

- Ca te regarde pas, mémé, répliqua Amycus.

Ernie serra le poing devant ce manque de respect, mais ne dit rien.

- Mr Macmillan est sous ma responsabilité jusqu'à 16h30. J'ai parfaitement le droit de savoir.

- Et que Londubat manque, ça te dérange pas, non ?

- Il a certainement une excellente raison.

Vraisemblablement, Amycus trouvait que la conversation s'éternisait ; il s'avança brusquement vers le professeur McGonagall et la poussa violemment, l'écartant d'Ernie. Steven se précipita, reçut le professeur dans les bras et la remit d'aplomb, jetant un regard noir aux Carrow, qui saisirent Ernie chacun par une épaule et le firent énergiquement sortir de la salle de cours.

Ainsi escorté, Ernie n'osa pas broncher, même si sa baguette, cachée dans sa manche de robe de sorcier, le démangeait sérieusement. Au détour d'un couloir, il croisa Seamus, qui se cacha avant que les Carrow ne le voient ; Ernie lui fit un imperceptible signe de tête, que Seamus lui rendit. Les Mangemorts avaient arrêté un des membres les plus actifs de l'AD ; Neville serait au courant.


- Alors, Macmillan, tu vas parler ? , s'exclama Carrow pour la énième fois.

Elle agita à nouveau sa baguette, Ernie poussa un nouveau cri de douleur, puis se recroquevilla davantage sur le sol glacial du bureau d'Alecto Carrow.

- Je te répète la question, grogna Amycus en le prenant par les cheveux pour qu'il lui fasse face. Où se cache Londubat ?

- Je ne sais pas, répéta Ernie. Je ne sais vraiment pas.

Amycus relâcha Ernie, qui ferma les yeux. Heureusement que les Carrow ne pratiquaient pas la Legilimencie, ou Neville aurait pu trouver une autre cachette. Et sans baguette, Ernie ne pouvait même pas se défendre. Mais il ne parlerait pas ; il ne trahirait pas celui qu'il considérait comme leur leader, il ferait honneur à sa maison jusqu'au bout.

- Je suis persuadé qu'il est dans cette salle stupide, où ils se réfugient tous tout le temps, grogna Amycus en donnant un coup de botte dans le tibia d'Ernie, qui ne se donna même plus la peine de gémir.

- Je le sais depuis le début, imbécile, siffla Alecto. Mais notre problème, c'est qu'on ne sait pas où est l'entrée de cette salle.

Il y eut un silence, puis Amycus approcha son visage de celui d'Ernie, qui put sentir son haleine pestilentielle et des relents de transpiration.

- Il y a plus simple, hein, Macmillan ? Tu fais partie de cette AD, hein ? Tu es un bon copain de Londubat, hein ? A ton avis, Macmillan, qu'est-ce qu'il serait prêt à faire pour te sauver, s'il apprenait que tu étais retenu ici ?

- Beaucoup de choses ! , s'exclama quelqu'un sur le pas de la porte.

Amycus se retourna brusquement, et Ernie entendit Alecto s'écrier…

- Avada…

- Expelliarmus !

La baguette d'Ernie et celle d'Alecto volèrent dans les airs, et Seamus les rattrapa au vol. Neville immobilisa Amycus quand celui-ci ouvrait à peine la bouche, et quand Alecto tenta de se jeter sur Seamus, Ernie lui fit un croche-pied et lui décocha un coup à l'arrière du genou ; Alecto s'écroula au pied de Seamus, qui l'immobilisa à son tour.

- Ernie, murmura Neville en s'agenouillant à côté de lui, ça va ?

Ernie ne répondit que par un grognement.

- Il faut qu'on le sorte d'ici, Neville, intervint Seamus en cachant Alecto et Amycus derrière la porte. On l'emmène jusqu'à chez nous. Han…

- La ferme ! , aboya Neville. Ils peuvent encore nous entendre.

Il rangea sa baguette dans sa poche, puis tenta de soulever Ernie en le prenant sous les bras.

- Allez, Ernie, l'encouragea-t-il.

Ernie poussa un soupir, puis se mit péniblement debout. Neville passa un de ses bras autour de son cou, et Seamus fit de même de l'autre côté. Ils sortirent lentement du bureau, en prenant soin d'en fermer la porte, puis se dirigèrent vers l'entrée de la Salle sur Demande. Neville laissa Seamus soutenir Ernie le temps d'ouvrir la porte, puis il les fit entrer. Seamus le fit s'asseoir dans un fauteuil confortable, puis il repartit en disant :

- Je ferais mieux d'aller chercher mes affaires rapidement. Si Rogue tombe sur les Carrow, je serais mort encore plus vite. Hannah ramènera tes affaires, Ernie.

Neville referma la porte, puis s'approcha d'Ernie.

- Tu veux un remontant ? , demanda-t-il timidement.

Ernie acquiesça, et quand Neville revint avec un verre de whisky pur-feu, Ernie parvint à articuler :

- C'est la dernière fois que je fais quelque chose pour toi, Londubat. La prochaine fois que je veux voir les Carrow, c'est quand Potter reviendra. Ou à leur procès, ce serait encore mieux.

- Il reviendra, Ernie, répondit Neville d'une voix ferme. Et on assistera tous au procès des Carrow.


- Ernie ! Luna ! , hurla Seamus en courrant. Dehors ! Les Détraqueurs !

Ernie se retourna, saisit Luna par la main et courut à la poursuite de Seamus. Harry, Ron et Hermione étaient encerclés par ces ombres noires.

Dire qu'ils ont survécu jusqu'ici… Ils ne mourront pas. Pas si je suis encore là.

« Potter est vivant. Il est venu nous sortir de ce bourbier. »

Un sanglier argenté surgit brusquement de sa baguette, et chargea les créatures maléfiques, au côté du lièvre de Luna et du renard de Seamus. L'atmosphère se réchauffa aussitôt, et Ernie respira plus facilement… Jusqu'à ce que cet énorme pied tente de s'abattre sur eux.


Ernie se redressa et reprit son souffle. S'occuper des blessés n'était pas aussi gratifiant que de s'occuper des membres de l'AD et de leurs écorchures. Les Mangemorts n'avaient pas hésité à lancer des Sectumsempra dans toutes les directions. Quelque part, Ernie était soulagé de ne pas avoir à s'occuper des cas les plus graves, il n'en aurait pas eu la force. Il était donc chargé des blessés légers et de ceux sous le choc, que seul un somnifère pouvait aider à trouver un peu de paix. Mais il ne pouvait jamais rester longtemps. Il y en avait encore, des blessés, des gémissements…

Il ouvrit le rideau suivant, tourna la page de son calepin, prêt à prendre des notes, et demanda d'un ton qu'il essayait de rendre aussi froid que possible :

- A toi. Qu'est-ce qui te fait le plus souffrir ?

- Une telle indifférence après si longtemps.

Ernie cligna des paupières, interdit. Cette voix… Il releva les yeux, et un murmure s'échappa de ses lèvres :

- Justin…

Il était là, bien vivant, tout sourire, avec juste quelques égratignures.

- Justin !

Ernie lâcha son calepin et étreignit son ami, son frère, qui lui rendit son étreinte en riant.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? , demanda Ernie en s'asseyant sur un tabouret proche du lit de Justin, toute pensée des autres blessés ayant quitté son esprit.

- C'est une très longue histoire, dit Justin, son sourire s'effaçant quelque peu.