Auteur: Si on prenait le temps

Titre: Si on prenait le temps

Disclaimer : Les personnages et le cadre de Poudlard appartiennent à J.K.R, je ne les utilise que pour inventer mes propres histoires, sans en tirer profit

Rating: M pour des relations explicites entre deux hommes

Pairing + Warning: HP/DM, mon couple préféré. Homophobes, s'abstenir.

Note: Bonjour tout le monde, je publie ce nouveau chapitre pour vous mettre vraiment dans l'histoire et dans l'action. La suite sera publiée samedi prochain.

Bonne lecture.


Chapitre 2 : Visite surprise

Il attrapa son tee-shirt, mais vit apparaître deux silhouettes avant d'avoir pu l'enfiler. Qu'elle ne fut pas sa surprise quand il constata que les deux intrus n'étaient autres que la Directrice McGonogall et son pire ennemi, Draco Malfoy.

McGonogall avait l'air étonné de le trouver dans cette tenue de si bonne heure, par contre Malfoy détaillait son torse sans aucune honte ce qui fit rougir Harry jusqu'à la racine des cheveux et lui fit accélérer l'enfilage du tee-shirt.

- Monsieur Potter, je suis désolée, je suis bien consciente que vous ne nous attendiez pas à notre visite, commença la nouvelle Directrice, cependant, je dois m'entretenir avec vous d'un sujet particulièrement épineux. Sur ce, elle coula un regard dans la direction de Malfoy qui n'avait pas bougé d'un pouce depuis son apparition et qui comme à son habitude, ne laissait transparaître aucune émotion.

- Je suppose que Malfoy n'est pas étranger à ce problème « épineux », fit remarquer Harry.

- En effet, pourrions-nous nous entretenir dans un endroit plus discret ? demanda McGonogall.

- Bien sûr, suivez-moi dans le salon.

Harry fit signe à la Directrice de s'asseoir puis prit un siège à son tour. Malfoy préféra apparemment rester debout et se tourna vers la fenêtre pour regarder dans le jardin qu'ils venaient de quitter.

- Monsieur Potter, je suis venue ici avec Monsieur Malfoy pour vous demander un service.

Harry pu entendre Malfoy renifler de dédain.

- Vous n'êtes pas sans savoir que Monsieur Malfoy est devenu espion pour l'Ordre après la perte du Professeur Dumbledore. Elle attendit un assentiment qui ne vint pas puis continua. Il est donc assez mal vu parmi ses anciens camarades de Serpentard. En fait, plusieurs attaques ont été perpétrées contre lui depuis la fin de la guerre. Je pense que Monsieur Malfoy n'est plus en sécurité dans la maison dans laquelle il a été répartit lors de sa première année.

A ce stade de la discussion, Harry s'attendait au pire et c'est ce qu'y lui tomba dessus.

- J'ai donc décidé de le changer de maison et de l'inclure à Gryffondor. Il fera sa huitième année avec vous et j'aimerai vous demander un service personnel. Nous ne pouvons pas faire arrêter les élèves de Serpentard qui s'en prennent à lui car nous n'avons pas de preuves. Je voudrais donc que vous vous chargiez de sa protection.

- QUOI, vous plaisantez, je ne vais pas servir de garde du corps à ce…ce…

- Je vous prierai de rester poli, Monsieur Potter, cette situation est déjà assez difficile comme ça pour tous.

A ce moment Malfoy se retourna et Harry entraperçu une expression furtive sur son visage, comme de la douleur. Il remit cependant son masque d'indifférence tellement rapidement que Harry se demanda si il n'avait pas rêvé.

- Je vous le demande comme une faveur personnelle, je voudrais que Monsieur Malfoy reste avec vous jusqu'à demain, jour de la rentrée. Molly m'a dit que vous alliez faire des courses au chemin de traverse, Monsieur Malfoy en profitera pour faire ses achats personnels. Est-ce que je peux compter sur vous Monsieur Potter ?

- Apparemment, je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas ?

- Je vous remercie Monsieur Potter. Peut-être pourriez-vous montrer sa chambre à Monsieur Malfoy ? Je vous attendrais ici pendant qu'il s'installera.

Ne voyant rien à ajouter, Harry se retourna vers Malfoy qui s'avança vers lui et attendit de voir la direction à prendre. Il n'avait pas encore ouvert la bouche depuis son arrivée. Harry, quant à lui, ne savait pas où mettre Malfoy, il ne voulait pas faire partager sa chambre à Georges qui avait du mal à se remettre de la mort de son frère. La seule autre solution était la chambre qu'il partageait avec Ron, il lui suffirait de métamorphoser un autre lit. Il espérait juste que Ron et Hermione ne s'étaient pas réfugiés dans cette chambre pour se « passer de l'onguent sur le corps ».

En arrivant devant la porte de la chambre, il frappa plusieurs fois. N'ayant pas de réponse, il se décida à entrer en jetant un coup d'œil derrière la porte. La voie était libre. S'avançant dans la chambre, il avisa sa propre table de chevet et la métamorphosa en lit. Puis il le déplaça un peu plus loin, histoire de le décoller de son lit. « J'aimerai bien voir la tête de Ron quand il va entrer dans la chambre et tomber sur Malfoy ».

Pendant ce temps, Malfoy repensait à tout ce qui s'était passé dans sa misérable existence lors de ces derniers mois. Si il n'avait pas été un Malfoy, il se serait déjà écroulé et aurait sombré dans la dépression. Mais il voulait garder le contrôle de sa vie. Il ne voulait pas se laisser aller. Il allait passer à travers toutes ces humiliations, finir Poudlard et s'exiler dans un pays lointain et surtout très loin de Potter et de son torse bronzé et musclé. Malfoy se morigéna fermement pour avoir eu ce genre de pensées en se secouant violemment pour faire sortir ces idées bizarres de sa tête.

- Je te laisse t'installer, Malfoy, je crois que McGonogall à encore deux, trois mots à me dire à ton sujet.

Malfoy rattrapa Harry sur le palier avant que celui-ci ne redescende et lui prit le poignet.

- Merci Potter. Dit-il avec une sorte de reconnaissance dans la voix.

Harry n'en cru pas ses yeux. Malfoy venait de la remercier. Il avait du rêver.

- Ce n'est pas comme si j'avais eu le choix, Malfoy. Répondit-il pour faire bonne figure.

Cependant il le regretta immédiatement quand le masque de Malfoy se reforma ne laissant plus la moindre once de sentiment dans ses yeux gris nuageux. Si il n'était pas aussi blindé, Malfoy aurait laissé échapper une expression douloureuse de rejet.

Il redescendit dans le salon et ne se rendit pas tout de suite compte que Molly avait rejoint le professeur McGonogall. Elles discutaient des dernières dispositions prises pour la journée sur le chemin de traverse quand Harry entra.

- J'ai installé Malfoy dans notre chambre à Ron et à Moi, je ne savais pas où le mettre.

- Bien, Monsieur Potter. Je voudrais vous remercier pour l'accueil de Monsieur Malfoy, je sais que vos griefs réciproques sont durs à supporter, mais, Monsieur Malfoy a vécu de la chose horrible et continue de vivre dans la souffrance. Je ne vous fais pas un cadeau en mettant sa sécurité entre vos mains. Ses ennemis sont très remontés.

Harry savait que Malfoy avait été recueillit par Rogue après le fiasco de la mort de Dumbledore. Il avait eu du mal à leur pardonner la mort de son mentor mais il s'était rendu compte que Dumbledore savait très bien ce qu'il faisait. Il n'avait pas voulu mettre en jeu la vie de son espion et ami le plus cher en lui faisant renoncer à son engagement envers Narcissa. Par contre, Harry ne s'était pas attendu à ce que Malfoy retourne sur le champ de bataille mais cette fois-ci du côté du bien. C'est là que tout avait basculé dans la vie du blond. Il avait dû se battre contre ses parents. Un Malfoy se doit de suivre le Seigneur des Ténèbres. Qu'il fut leur fils ou pas, cela n'avait plus d'importance. Il était un obstacle à la montée au pouvoir de leur Lord. Il devait être tué. C'est ainsi que Malfoy avait tué de ses propres mains (ou plutôt par sa baguette) son père alors que Rogue achevait Narcissa afin de protéger son filleul contre l'impardonnable que lui jetait sa mère.

Harry n'avait plus eu de nouvelles de Malfoy depuis la fin de la bataille. Il ne l'avait plus revu. Il se doutait que Rogue prenait toujours soin de lui, mais alors que faisait Malfoy ici ?

- Vous vous demandez certainement pourquoi le Professeur Rogue n'a pas gardé Monsieur Malfoy sous sa protection jusqu'à demain ? En fait, les professeurs font leur rentrée aujourd'hui et nous devons prendre certaines dispositions étant donné que cette année, huit promotions se partageront les bancs de l'école. De plus, il est important que vous et Monsieur Malfoy enterriez la hache de guerre le plus tôt possible. Vous allez devoir passer le plus clair de votre temps ensemble. Il serait dommage que vous vous entre-tuiez… Répondit McGonogall à la question informulée de Harry.

- Vous pensez vraiment que des élèves vont attenter à la vie de Malfoy au sein même de l'école ? Demanda Molly.

Cela semblait une hérésie, d'autant que les enfants de Mangemorts étaient connus. On pouvait les surveiller.

- Il s'est produit un incident il y a deux jours qui nous a fait réfléchir, le professeur Rogue et moi-même.

La directrice semblait soucieuse et se retourna vers Molly.

- Il semblerait que les Mangemorts encore en fuite veuillent se venger. Après tout, nous nous y attendions. Par contre, nous ne pensions pas qu'ils voudraient s'en prendre d'abords à Monsieur Malfoy. Ils ont mené une attaque contre lui chez le Professeur Rogue. Malgré les protections, la maison du professeur a brûlée. Quand ils se sont retrouvés dans la rue, le professeur Rogue et Monsieur Malfoy ont entendu dire un Mangemort « Je n'arrive pas à croire que la prophétie puisse dire vrai, ce ne peut pas être lui qui détient autant de pouvoir sur Potter», ou quelque chose dans ce goût là. Ils ont ensuite transplané.

La directrice marqua une pause, et le cerveau de Harry tournait en rond « Malfoy aurait un pouvoir sur moi ?... Encore une prophétie, je suis maudit… ».

- Je ne comprends pas, commença Molly. Si il peut avoir un pouvoir sur Harry, ne vaudrait-il pas mieux les tenir éloignés l'un de l'autre pour les protéger tous les deux. Ils pourraient se servir de Draco pour les faire souffrir tous les deux.

- C'est ce que j'ai pensé au début, mais le fait de citer une prophétie, veut dire que quelque chose qui nous dépasse se profile. Avec le Professeur Rogue nous faisons des recherches pour retrouver cette prophétie. En attendant, Monsieur Potter est le sorcier ayant le plus de pouvoir au sein de la communauté magique depuis qu'il a vaincu le Seigneur des Ténèbres. Il sera la plus à même de se protéger, ainsi que Monsieur Malfoy.

- Professeur, vous savez que je ne contrôle pas encore mes pouvoirs, il serait dangereux que j'aie à les utiliser pour me défendre, je ne sais pas ce qui pourrait arriver.

Harry se souvenait de la fois où Ron avait sauté sur son lit alors qu'il commençait tout juste à s'endormir. Il avait sursauté, ayant eu un réflexe de défense, puis était apparu un bouclier recouvrant pratiquement toute la chambre et Ron avait été projeté par la porte à plusieurs mètres de là. Il avait eu les deux bras cassés. Heureusement, une potion avait réglé la situation en trois jours, mais Harry se demandait ce qui aurait bien pu se passer lors d'une véritable attaque. Il avait peur que sa magie ne se protège d'elle-même, quitte à tuer…

- Je le sais, mais votre instinct à toujours bien fait les choses, votre magie saura réagir proportionnellement à l'attaque. Conclu la Directrice d'un ton docte.

Sur ce elle adressa un sourire à Molly et rappela à Harry qu'ils se verraient le lendemain à Poudlard.

Molly ne savait plus quoi penser, alors, comme toujours dans ces cas là, elle se rabattit sur la seule occupation qu'elle maîtrisait parfaitement : l'organisation de la vie de sa famille.

- Harry, va dire à Draco que nous partons pour le chemin de traverse dans une demi-heure, qu'il n'oublie pas sa liste de courses. Puis tu iras avertir les autres de sa présence. Je compte sur toi pour faire bonne figure. Je sais que Ron se fiera à ton jugement.

Elle laissa Harry sur le palier de l'escalier alors qu'il s'étonnait encore d'entendre Molly prononcer le nom de « Draco ».

En rentrant dans sa chambre, Harry ne vit pas Malfoy, il entendit par contre le bruit de la douche. Malfoy en prenait bien à ses aises… Il se mit donc à chercher sa propre liste de courses dans son sac. Il ne remarqua pas que le bruit de la douche avait cessé. Ce n'est que quand il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir qu'il leva les yeux. Malfoy resta immobile pendant quelques secondes avant de se justifier.

- Je n'avais pas pris de douche depuis deux jours, je me suis permis d'utiliser la salle de bain, j'espère que ça ne te dérange pas ?

« Je rêve ou Malfoy vient de s'excuser d'avoir fait comme chez lui et en plus, il semble sincère. Il aurait pu emmener ses affaires avec lui dans la salle de bain, ça m'aurait évité de le voir vêtu uniquement d'une serviette… Est-ce qu'il est possible de se retrouver soudainement paralysé à 18 ans, parce qu'il se produit un phénomène magique qui m'empêche de détourner le regard du torse de Malfoy, sûrement un charme, une incantation… » Harry se secoua mentalement, baissa les yeux vers son sac en faisant mine de continuer à farfouiller dedans et répondit à Malfoy.

- Non, tu as bien fait, Autant te mettre à l'aise…

« Enfin, pas plus que ça, parce que plus à l'aise que lui tu meurs. Il a l'air tout à fait confortable de se balader devant son meilleur ennemi presque à poil… » Malfoy se dirigea vers son lit pour agrandir ses affaires qui apparemment étaient restées miniaturisées dans la poche de sa cape. Il fouilla dedans pendant que Harry relavait les yeux.

Il se dit qu'il n'avait jamais vu un corps aussi parfait que celui qui lui faisant dos. « En toute objectivité bien sûr » tenta-t-il de se rassurer. Chaque geste qu'effectuait Malfoy faisait bouger les muscles fin et saillants de son dos dans une chorégraphie hypnotisante. Ses yeux descendirent encore la long du dos de Malfoy pour se retrouvés accrochés par deux fossettes au creux de ses reins, fuste au-dessus de la serviette, qui semblait cacher « la traîtresse » les fesses les plus magnifiques qu'il ai été donné de voir à Harry. Puis sous la serviette s'allongeaient des jambes fuselées recouvertes d'un duvet blond encore ruisselant d'eau.

« Il fait chaud, non, j'ai chaud là maintenant, il faut que je sorte de cette chambre le plus dignement possible, merci Merlin, cette cape cache parfaitement l'état dans lequel m'a mit le corps de mon meilleur ennemi BORDEL… ».

Harry rapprocha les pans de sa cape et se précipita hors de la chambre en murmurant que Malfoy devrait les retrouver d'ici une vingtaine de minutes pour aller au chemin de traverse. Puis il referma la porte de la chambre et se mit à courir jusqu'aux toilettes les plus proches.

Il s'y enferma et s'approcha du lavabo. En se penchant au-dessus pour s'asperger le visage, il se regarda dans le miroir. Il avait les joues rouges, le souffle court et était très, mais alors très, excité par la vision qui s'égarait encore dans les recoins de son subconscient. Jamais il ne lui était arrivé de bander devant le corps d'un homme. Finalement, il n'aurait peut-être pas à mettre en pratique les conseils d'Hermione, il semblait clair qu'il avait un penchant pour les hommes, blonds, de préférence, et avec un corps d'athlète. Pas de soucis, ça courrait les rues…

« Je suis maudit… Tiens, je crois que je l'ai déjà dit aujourd'hui ça… ». Malgré ses efforts de concentration pour penser à autre chose, l'excitation le tenaillait toujours. Il dû s'asperger le bas du corps avec de l'eau glaciale puis se jeter un sort de séchage pour pouvoir retrouver une tenue descente.

Il descendit à la recherche de ses amis pour leur annoncer la « bonne nouvelle » de l'arrivée de Malfoy. Il les trouva autour du petit déjeuner. Avec tout ça, il ne se rappelait plus qu'il n'avait pas encore mangé. Son estomac se rappela à lui rapidement et il se jeta devant sa tasse de chocolat.

- Bonjour Ginny, dit-il d'une voix timide, attendant sa réaction.

- Harry…

« Bon, au moins pas d'insultes… » Il tourna son regard vers Hermione, qui lui fit un sourire encourageant puis vers Ron qui semblait tout à fait perdu.

- Si j'ai bien compris, tu as quitté ma sœur, on peut savoir pour quelle raison ?

- Ron, cela ne te concerne pas du tout, lui répliqua une Hermione embarrassée.

- Hermione à raison, c'est entre Harry et Moi, tu n'as pas ton mot à dire.

Ginny semblait sereine, peut-être avait-elle eu une conversation avec Hermione, « Ou peut-être qu'elle attend de me voir seul à seul pour me lancer le maléfice de chauffe-furie » pensa Harry. Ron n'insista pas et se replongea dans son orgie de pain au chocolat.

- Malfoy est ici.

Harry se félicita d'avoir aussi bien réussit à détourner la conversation. Les réactions auraient pu le faire rire si il n'avait pas eu un léger problème à la mention de son ennemi. Son image lui réapparu devant les yeux et il s'empressa de continuer.

- C'est un Gryffondor maintenant…

Ron faillit s'étouffer et renversa son bol qui se répandit sur les genoux de sa sœur. Elle se releva brusquement, trempée mais pas brûlée. En effet, Ron mangeait tellement le matin, que le temps d'engloutir toute la nourriture, son café avait le temps de refroidir. Quand à Hermione, elle resta bouche bée. Harry n'était pas peu fier de son petit effet, il avait réussi à leur en boucher un coin…

Il expliqua alors tout ce qui s'était passé depuis ce matin. L'arrivée de McGonogall et de Malfoy, la demande de protection, le changement de maison, et il termina par la prophétie.

- Si c'est encore Trelawney qui a fait cette prophétie, elle va passer un sale quart d'heure. Fit-il pour conclure son histoire.

Pendant son récit, les yeux de ses camarades s'étaient peu à peu élargis de surprise. Hermione avait lancé un sort de séchage et de nettoyage à Ginny et Ron était devenu de plus en plus pâle. Ce qui était un exploit, étant donné que la potion après solaire n'avait pas pu faire diminuer tant que ça sa couleur écrevisse.

L'arrivée de Molly les fit sursauter tous les trois. A la vue de son fils et de son air d'ahuri, elle conclu :

- Je vois que tu les as mis au courant de l'arrivée de Draco. Tu a été lui dire que nous partions bientôt ? demanda-t-elle en commençant à débarrasser la table.

- Hum… Oui, j'y suis allé, répondit Harry en rougissant jusqu'à atteindre la teinte exacte du visage de son meilleur ami.

Hermione lui jeta un regard interrogateur et Harry lui chuchota qu'il lui expliquera plus tard.

- Je n'arrive pas à y croire…

Ce fut les mots de Ron quand il vit Malfoy descendre les escaliers pour les rejoindre. Harry ne put s'empêcher de constater que Malfoy ne les descendait pas de son pas de conquérant habituel, il avait l'air réservé. « Mais que lui était-il arrivé pour que son masque d'indifférence tombe aussi souvent ? » Se demanda le Survivant, ou plutôt « celui qui a vaincu » comme les journaux l'appelaient maintenant. Par contre il ne put pas s'empêcher de penser non plus qu'il émanait de lui une certaine grâce. Sur cette constatation, il se gifla mentalement et prit la destination de la cheminée. Tous le suivirent, ainsi que Molly qui prit la direction des opérations.

- Les temps sont beaucoup plus sûrs maintenant, mais je ne veux pas que vous vous promeniez tous seuls dans les rues pour autant. Draco, bien sûr, tu resteras avec Harry (mine déconfite de Ron). Hermione, Ron, je ne veux pas que vous vous sépariez de Ginny, compris ? (mine déconfite de Ginny qui n'avait pas envie de tenir la chandelle).

Tous acquiescèrent et passèrent par la cheminée en criant le nom du chemin de traverse. Harry n'avait plus de problème avec ce moyen de transport. Par contre il détestait toujours autant transplaner. Il se tourna vers Malfoy.

- Tu dois acheter quoi ?

- Des livres et des plumes. Et toi ?

- Pareil, mais je dois aussi acheter des ingrédients de potion, pas toi ?

- Severus me les a déjà acheté.

Décidément Harry ne se ferait pas à l'utilisation du prénom de son professeur de potion… Ils se dirigèrent tous vers Fleury et Boots pour acheter leurs livres. Harry était en tête et Hermione le rejoignit alors que Malfoy fermait la marche.

- C'était quoi cette figure embarrassée quand Molly a demandé si tu avais été voir Malfoy ?

- J'étais certain que tu ne laisserais pas passer l'occasion de me rappeler que ma vie va devenir un enfer.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Je veux dire que j'ai été voir Malfoy et que je l'ai « vu »… Répondit-il en baissant la voix.

Hermione le regardait toujours sans comprendre.

- Il sortait de la salle de bain, à moitié nu. Tu te rappelles de notre conversation de ce matin sur le fait que mon corps ne réagissait pas à la vue des hommes dans le vestiaire de Quidditch ? Et bien, maintenant, il le fait…

- Tu veux dire que tu trouves Malfoy séduisant.

- Pas du tout, Hermione, je veux dire que je trouve Malfoy bandant. Déclara Harry. Ce n'est pas du tout pareil.

- Ah bon ? Visiblement, elle n'était pas convaincue.

- Bien sûr, ça veut juste dire que j'ai un faible pour les hommes blonds et bien faits de leur personne. Pas pour Malfoy en particulier.

- J'ai l'impression que tu essais de te convaincre toi-même…

- C'est de ta faute, commença-t-il à s'emporter. Si tu ne m'avais pas fourré des idées débiles dans la tête, comme le fait que mon corps ne régirait qu'à une seule personne...

- Harry, tu ne peux pas faire contre la nature. Tu t'en serais rendu compte tôt ou tard. Il vaut mieux que ce soit maintenant. Tu as le temps de te faire à l'idée. Au moins, tu as la preuve, maintenant, que tes impressions étaient justifiées. Tu es attiré par les hommes.

Harry hocha la tête. Il était au moins soulagé de savoir que son corps pouvait réagir et être excité. Comme tout le monde. Bon, il devra se faire à l'idée que Malfoy ne le laisse pas indifférent, c'est tout… « Je suis maudit… ».

Ils ne se séparèrent qu'une fois à l'intérieur de la boutique, chacun vaquant à ses occupations. Quand ils eurent fini, ils allèrent acheter des plumes, des ingrédients de potion et se rendirent jusqu'aux « Farces pour sorciers facétieux ». Georges avait continué à faire tourner la boutique en l'honneur de son frère. Il trouvait encore des nouveautés toutes les semaines. Il disait que c'était Fred qui lui donnait des idées pendant qu'il dormait. Tous espéraient que Georges puisse s'en sortit sans la partie de lui-même qui était morte avec son frère.

Dans la boutique l'humeur était comme toujours joyeuse et contagieuse. Encore une fois, ils se séparèrent pour faire leurs emplettes. Harry remarqua que Malfoy se tenait à l'entrée du magasin sans oser avancer. Il se dirigea alors vers lui.

- Un problème avec les gadgets Weasley, Malfoy ? Demanda-t-il parce qu'il était persuadé qu'il avait un problème avec le fait de faire des achats dans cette boutique.

- Non, non, je me demandais comment allait Georges Weasley. Répondit-il l'air sincèrement préoccupé.

Harry se rappela alors du jour de la bataille où il avait vu Fred tomber sous le coup d'un sort de Narcissa Malfoy.

- Malfoy, ici personne ne t'en veut pour les erreurs et les crimes de tes parents. Georges essai de continuer sans son frère, alors tu ferrais mieux de dépenser un peu d'argent dans ses affaires pour lui montrer que les « Farces pour sorciers facetieux » ne sont pas condamnés à disparaître avec lui. Répondit Harry avec un sourire d'encouragement.

Malfoy lui rendit un sourire soulagé de reconnaissance, ce qui fit frissonner Harry. Pas de froid, non, mais de chaud, de très chaud même. Puis le vit s'en aller remplir un panier de tout ce qu'il trouvait sur son chemin.

« Non seulement, il se préoccupe de se que les autres pensent de lui mais aussi du malheur des Weasley, et encore plus fort, il écoute ce que je lui dit… Quelque chose ne tourne plus rond. Comment je vais faire pour mettre de la distance entre nous si il ne fait rien pour se faire détester comme avant ? Je suis maudit » Se répéta-t-il pour la quatrième fois de la journée.

Une main posée sur son épaule le fit sursauter.

- Ron, tu m'as fait peur.

- Non, Harry c'est moi qui ai eu peur en écoutant ta conversation avec Malfoy.

En effet, Ron avait l'air profondément choqué. Lui aussi devrait revoir son comportement vis-à-vis de Malfoy.

- Ce n'est pas bien d'écouter aux portes, ricana Harry.

- Tu crois que quelqu'un comme Malfoy est capable de changer comme ça du tout au tout ? Demanda Ron, l'air visiblement incrédule.

- Je pense que quand tu te retrouves tout seul dans ta tête alors que jusqu'à présent quelqu'un pensait pour toi, ce doit être un sacré traumatisme. Répondit sincèrement Harry, les yeux fixés sur Malfoy qui continuait de remplir son panier.

- Ne crois pas que je fais diversion parce que cette conversation me met mal à l'aise… commença Ron d'un air faussement contrit, mais je voudrais bien savoir ce qui s'est passé avec Ginny.

- Hermione ne te l'a pas dit ? Demanda Harry étonné.

- Elle m'a dit que tu t'étais rendu compte que tu l'aimais comme une sœur et pas comme une petite amie. Il t'a fallut tout ce temps pour t'en apercevoir ?

- Disons que j'ai eu une révélation. Crois moi, tu n'as pas envi que je te raconte comment je me suis rendu compte que ta sœur ne m'attirait pas comme ça.

Ron rougit puis hocha la tête.

- Tu sais que tu sera toujours mon frère, même si je pensais que tu finirais pas devenir mon beau-frère.

- Je sais, Ron, tu ne peux pas savoir comme je suis soulagé que tu le prennes comme ça. Répondit sincèrement Harry.

- On ne va pas laisser des histoires de filles se mettre entre nous.

« Et des histoires de mecs ? » Se demanda Harry, un peu anxieux de devoir aborder ce sujet avec son meilleur ami. Il faudrait pourtant qu'il lui en parle. Mais avant, il demandera à Hermione de tâter le terrain.

Après encore une demi-heure à errer dans le magasin et à acheter des farces et attrapes, Harry et les autres reprirent le chemin du Chaudron Baveur pour retourner au 12 square Grimaud.

Harry sentit, plus qu'il ne vit, Malfoy se tendre à son côté. Il ne s'était pas rendu compte qu'ils étaient aussi proches, mais quand il le senti ralentir ; il tourna les yeux vers lui. Malfoy fixait quelque chose plus loin devant eux. Harry suivit son regard et découvrit Pansy Parkinson et les deux lourdeaux de Crabbe et Goyle qui s'avançaient vers eux, l'air mauvais. Parkinson avait un sourire en coin alors que les deux autres la suivaient sans rien dire.

Harry s'arrêta, Hermione, Ron et Ginny avaient vu également les serpentards approcher et se regroupèrent autour de Harry et Malfoy. C'est Parkinson qui enclencha les hostilités.

- Alors Draco, tu t'es fait de nouveaux amis ? Décidément, tes relations se dégradent. Tu n'aurais pas pu tomber sur pire. Une Sang de Bourbe, deux traîtres à leur sang et « Celui qui a vaincu ». Je crois que tu as besoin qu'on te remette les idées en place, fini-t-elle d'un ton menaçant.

- On m'a déjà remis les idées en place, je me suis enfin réveillé, et tu sais quoi, j'en suis presque soulagé. On m'a fait ouvrir les yeux, et… le cœur, mais c'est quelque chose que vous ne pouvez pas comprendre. Laissez-moi tranquille, je n'ai plus rien à faire avec vous. Répondit Malfoy devant le regard atterré de Harry qui le trouvait encore plus beau parce qu'il laissait paraître ses sentiments.

Malfoy avait l'air fier de lui, pas de façon arrogante, mais plutôt comme quelqu'un qui a accomplit un grand pas vers sa libération et sa rédemption. Harry ne put que l'admirer et se redressa afin de donner le signe du départ.

- Allons-nous en, je pense que tu n'a plus rien à leur dire Malfoy ?

- Non, on peut rentrer, merci. Répondit ce dernier avec un regard reconnaissant.

- Ne crois pas que tout est terminé Draco, tes anciens amis ne pardonnent pas facilement, décréta Parkinson avant de tourner les talons, suivie par les deux gorilles qui n'avaient pas pipé mot.

Harry repris la parole quand les trois serpentards n'étaient plus en vue.

- McGonogall avait raison de dire que tu n'étais plus en sécurité à Serpentard.

- Mais ils n'ont pas attaqué, constata Hermione, il y avait trop de témoins.

- Je sais, les Mangemorts peuvent être patients quand ils le veulent. Fit remarquer Malfoy, la mine sinistre. Ils attendront leur heure…

- Mais nous aussi, Malfoy, nous aussi, nous attendrons notre heure pour les confondre et leur infliger le châtiment qu'ils méritent. Nous les enverrons à Azkaban. Conclu Harry, définitivement déterminé à ne pas faire courir le moindre risque à Malfoy. « Personne ne lui fera du mal, il a déjà assez souffert comme ça ».

Malfoy lui adressa un regard chargé de reconnaissance. Un de plus, décidément, Harry pourrait s'habituer à ne pas voir que de la haine dans les yeux gris de son plus ancien rival. « Plus si rival que ça maintenant, nous sommes dans le même camp, je doit le protéger » Se dit-il possessivement.


- Fin du chapitre 2 –

Dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre, la suite samedi prochain !