Auteur : Séléné
Disclaimer : Rien n'est à moi, sauf Aramante et les armures divines de Merlin et Nanna.
Réponses aux reviews :
Thealie : Merci pour ta review. J'espère que ce second chapitre te plaira tout autant. Bonne lecture.
Julie : Merci Maître Jedi pour ton commentaire. J'avoue, je suis comme toi, j'ai du mal à lire des fics qui sont écrites dans un français bourré de fautes. Oui, je connais Samurai Deeper Kyo, et j'adore (si tu veux, j'écris aussi des OS sur SDK). Oui, le passage sur le hurlement du loup était un clin d'œil à SDK. Je suis contente que mon premier chapitre te plaise. J'espère qu'il en sera de même pour le second. Bonne lecture.
Rulae : Salut ! Merci pour ta review si… longue mdr. Je suis contente que tu ais aimé mon premier chapitre, et que l'intervention de la mythologie celte te plaise. Je cherchais à varier un peu les références mythologiques, et j'ai dû avoir un éclair de génie quand je cherchais le lieu d'où serait originaire Aramante. J'ai pensé à la forêt de Brocéliande, et le nom de Merlin m'est venu tout de suite. La sœur spirituelle de Masque de Mort ? Peut-être bien mdr.
J'avoue, Milo est aussi l'un de mes chevaliers préférés. Oui, Aphrodite a le rôle principal masculin. Je l'aime bien, même si il aurait fallu que je visse et/ou lusse les Chevaliers du Zodiaque, car je crois qu'il est un peu OOC, "hors du personnage" si tu vois ce que je veux dire. Ah oui, Tu-Sais-Qui. Non ce n'est pas tonton Voldy ptdr. Tu sauras qui il est plus tard.
Je suis ravie que tu ais apprécié le passage sur les plantes médicinales (j'ai cherché sur un site de phyto-médication). Non, ce n'est pas ma première fiction, par contre dans la catégorie Saint Seiya, si. Ah, les critiques constructives ! C'est vrai, les descriptions ne sont pas mon fort. Peut-être parce que je vois les scènes se dérouler dans ma tête, alors je ne pense pas forcément à bien les décrire. Mais je vais tenter de remédier à ces lacunes.
Oui, le Grand Pope qui manque de se faire assassiner, c'est invraisemblable. Mais pour ma défense, je dirais que c'est la faute de l'assassin, parce qu'il a bien caché son cosmos, alors Shion (qui dormait profondément en ronflant légèrement ;)) ne l'a pas senti arriver. Si le meurtrier ne s'était pas montré, Aramante aurait se serait cachée encore quelques temps, mais aurait fini par se montrer, car elle est venue au Sanctuaire pour avoir des nouvelles de son jeune frère.
Qui est ce fameux "maître" ? Le super méchant de la fic mdr. Tu connaîtras son identité dans le 3ème ou 4ème chapitre, je ne sais pas encore. Que va devenir Aramante ? Je pense que tu auras une idée de cela dans ce chapitre. Aphrodite va-t-il succomber au charme de la Française ? Ah ah, je ne vendrais pas la mèche ! Et oui nous reverrons Merlin, quant à savoir si une guerre se prépare, la réponse vient ci-dessous (sauf si je me suis plantée dans l'écriture et que mes idées ne sont pas claires).
Encore merci pour tout tes encouragements, et bonne lecture. Bisoux.
Patthy : Wouah tout ces compliments ! Je suis contente que mon début de fic te plaise, ça me fait très plaisir. Mais en diras-tu autant de ce second chapitre ? Je l'espère en tout cas. Bonne lecture et à bientôt j'espère.
Licorne Ailée : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a fait très plaisir ! Je suis contente que mon humour te plaise. J'espère que tu aimeras tout autant le deuxième chapitre. Bonne lecture et à bientôt peut-être.
Note : Voici le second chapitre de "La Sixième Sentinelle".
Petites précisions :
Merlin : dans la mythologie celte, c'est le plus célèbre des enchanteurs. Né d'une vierge et du diable, Merlin parle dès sa naissance afin d'éviter d'être sacrifié. Il a le don de lire dans les pensées, de se métamorphoser en tout et n'importe quoi, ainsi que de prédire l'avenir.
Nanna : dans la mythologie mésopotamienne, c'est le Dieu-Lune que les Babyloniens nommaient Sin.
Camulos: Dieu celte de la guerre.
Cythraul: personnification du Mal chez les Celtes.
Voilà, j'espère que ce second chapitre vous plaira. Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser une review.
Chapitre 2
Trois semaines passèrent. Semaines pendant lesquelles Aramante s'entraîna d'arrache-pied avec les chevaliers d'or. Pour renforcer son esprit, elle s'entraînait avec Mu du Bélier et Shaka de la Vierge. Pour augmenter sa force physique, Aramante faisait des exercices sous l'œil attentif d'Aldebaran du Taureau. Pour reconnaître et combattre des illusions, Kanon et Saga des Gémeaux étaient ses maîtres.
Et régulièrement, Aramante combattait Aphrodite, Dohko, Aiolia, Aioros ou Milo pour mettre en pratique ses connaissances, anciennes et nouvelles. Pendant ses temps de repos, la jeune femme passait la majorité de son temps à la bibliothèque du Sanctuaire ou à discuter avec Camus de la France.
Ce jour-là, Dohko de la Balance lui avait donné une lance et ils s'étaient longuement affrontés sous les regards attentifs du Taureau, du Verseau, du Scorpion et des Gémeaux. Aramante avait perdu de peu, et, une fois les explications données par Dohko, elle avait filé au temple des Poissons prendre une douche.
Elle était en train de finir de s'habiller d'un t-shirt bleu ciel et d'un pantalon large vert sombre, quand elle ressentit un cosmos agressif phénoménal. En soupirant, Aramante se téléporta devant la source du cosmos, au pied du temple du Bélier. La totalité des chevaliers d'or était rassemblée devant le temple de Mu, face à un géant en armure rouge. C'était de lui qu'émanait le cosmos agressif qu'Aramante ressentait. Décidant d'alléger l'atmosphère plus que tendue qui régnait sur les chevaliers, Aramante se glissa entre eux et le géant, et dit :
- Alors Milo, pas de blagues pourries aujourd'hui ?
Le silence pesant qui répondit à la jeune femme fut éloquent.
- Ok, soupira Aramante. Puisque vous le prenez comme ça bande de rabat-joie…
Elle avança vers le géant, ne s'arrêtant qu'à quelques mètres de lui.
- Tu ne passeras pas étranger, dit la jeune femme. Retourne d'où tu viens !
- Je dois voir Athéna, lui répliqua une voix caverneuse.
- Enlève ton casque et montre-nous ton visage, ordonna Aramante. Peut-être qu'après tu pourras passer.
Dans le rang des chevaliers d'or, Kanon voulut dire à Aramante de s'écarter, mais Camus le retint.
- Elle sait ce qu'elle fait Kanon, dit le Verseau.
L'ancien Marina se tut alors et regarda la jeune femme se dresser entre eux et l'inconnu.
- Alors, étranger ? fit Aramante. Montre ton visage et tu pourras passer.
- Tu n'es pas digne de connaître mon identité, femelle ! rétorqua la voix caverneuse. Et je passerai, avec ou sans ton accord.
Alertée par cette dernière phrase, Aramante se concentra sur les yeux verts qui brillaient à travers la visière du casque du géant. Des images de guerriers en armures rouges, ainsi que des paroles envahirent son esprit. Quand elle en eut vu et entendu assez, la jeune femme s'adressa aux chevaliers, le regard toujours fixé sur le géant :
- Mu, préviens le Pope. Qu'il mette en alerte tous les chevaliers. Saga, Shaka, Aioros et Aphrodite, à vos temples ! Des Berserkers vont attaquer.
- Comment le sais-tu ? demanda Milo, perplexe et un poil méfiant.
Mais au même moment, le géant rouge bondit sur Aramante, le poing auréolé d'un cosmos rouge sang. La jeune femme évita le coup mortel et cria :
- Je l'ai lu ! A moi, Merlin !
Au nom de Merlin, le géant se figea, et un éclair d'argent tomba sur Aramante, soulevant un nuage de poussière. Lorsque le nuage fut retombé, chevaliers d'or et géant virent avec stupéfaction qu'Aramante était recouverte d'une armure d'or blanc sur laquelle brillaient des rubis et des saphirs. L'armure représentait un homme, et possédait deux paires d'ailes en diamant dans le dos.
Les chevaliers d'or et le géant ne bougeaient plus, l'esprit envahi de questions. Qui est cette fille ? Comment peut-elle être en possession d'une armure divine forgée par Héphaïstos lui-même, d'après l'enclume gravée sur le casque ? Aphrodite reprit le premier ses esprits, et, attrapant Saga et Aioros par un bras, il se mit à courir vers les Maisons du Zodiaque, criant au Bélier :
- Contacte le Grand Pope, Mu. Vite !
Le charme était rompu. Les chevaliers se mirent en mouvement. Le géant en armure rouge fit augmenter son cosmos pendant qu'Aramante se mettait en position de combat. Brusquement, le cosmos rouge de l'intrus explosa, et il attaqua Aramante. Lorsqu'il fut sur elle, le géant frappa le vide de son poing : Aramante avait disparu. Un cosmos argenté explosa derrière le guerrier ennemi, et celui-ci se jeta sur le côté pour éviter le coup qui lui était destiné.
- Tsss… Ce n'est pas en faisant ça que tu me toucheras, fillette, ricana le géant.
- Tu crois ça ? rétorqua Aramante, faisant face au guerrier rouge. Alors pourquoi saignes-tu ? dit-elle en montrant sa propre joue.
Le géant porta la main à son visage et la sentit se couvrir d'un liquide poisseux. Et avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce soit, son casque se brisa et tomba au sol, libérant une masse de cheveux noirs.
- Phobos. J'aurais dû m'en douter, siffla Aramante. Arès ne fait jamais le sale boulot lui-même. Il laisse ça à son chien de fils !
- Silence Humaine ! gronda le demi-dieu. Qui es-tu ? Ton armure me rappelle vaguement quelque chose.
- Tu m'as oubliée, Phobos ? demanda la jeune femme, rageuse. Alors je vais te rafraîchir la mémoire à coups de poings et de cosmos !
Aussitôt sa phrase finie, Aramante alluma son cosmos et bondit sur le Berserker. Ses poings fouettèrent l'air mais n'atteignirent pas son ennemi. Changeant de tactique, le chevalier de Merlin se baissa soudainement, et d'un coup de pied, faucha les jambes de Phobos. Puis, vivement, Aramante prit appuie avec ses pieds sur le sol, et se jeta sur le Berserker, enclenchant une série de coups de poings rapides qui enfoncèrent l'armure de son adversaire, avant que l'homme ne touche le sol.
Mais Phobos avait allumé son cosmos au moment où le premier coup de son ennemie l'atteignait, atténuant ainsi l'impact des coups suivants. Les deux belligérants étaient maintenant face à face, à bonne distance l'un de l'autre.
- Je me souviens de cet enchaînement de coups, dit alors le demi-dieu. C'était il y a dix ans, à…
- Brocéliande ! cracha Aramante. Tu voulais voler les armures divines de Merlin et de Nanna. Mais je t'en ai empêché.
- Non ! Tu ne peux pas être cette enfant ! lança Phobos, incrédule. Je l'ai tuée !
- Il faut croire que non ! répliqua la jeune femme, rageuse. Tu m'as laissé pour morte après que j'ai tué ton subordonné. J'ai mis un an pour guérir, et mon armure divine de Merlin était en morceaux.
- Ainsi tu as survécu, siffla le Berserker. Rassure-toi, je ne ferais pas la même erreur deux fois. Cette fois-ci, je te trancherai la tête !
Et sur ces mots, Phobos chargea.
xoxoxo
Quand ils avaient vu Aramante revêtu d'une armure divine créée par Héphaïstos lui-même, les chevaliers d'or avaient senti leurs mâchoires se décrocher. Même Aphrodite, lui qui n'avait jamais vu l'armure. Mais ils avaient été ramenés sur terre par le chevalier des Poissons. Celui-ci, Saga, Shaka et Aioros se ruèrent vers les temples, tandis que Mu contactait le Grand Pope par télépathie.
Le Bélier envoya ensuite Kanon auprès d'Athéna pour la protéger. Seulement, au moment où l'ex-Marina allait partir, le casque du géant en armure rouge tomba, et tous purent voir un visage cruel à la crinière noire et aux yeux verts menaçants.
- Phobos.
Ce nom fit frémir les chevaliers qui suivirent pourtant les paroles et les coups échangés par le Berserker et Aramante. Elle avait tué un Berserker ? "Il y a dix ans, elle en avait dix" pensa Camus du Verseau. "Est-elle si forte ?" Elle avait survécu à l'attaque du demi-dieu ? Mais comment est-ce possible ?
Toutes les questions que se posaient les chevaliers d'or disparurent quand Phobos parla de couper la tête de leur amie. Lorsque le Berserker attaqua Aramante, Kanon fila vers le palais d'Athéna, tandis qu'une débauche de cosmos belliqueux se faisait ressentir du côté de la plage.
- Shura, Milo, Aldebaran et Angelo, vous allez vous occuper des ennemis se trouvant sur la plage, ordonna Dohko. Mu, Aiolia, Camus et moi allons rester ici. Je crois que Phobos ne sera pas seul longtemps.
Le Capricorne, le Scorpion, le Taureau et le Cancer s'exécutèrent, tandis que huit Berserkers débarquaient devant le temple du Bélier. Les quatre chevaliers d'or restant héritèrent de deux adversaires chacun.
xoxoxo
Aramante avait du mal à blesser gravement Phobos. Le demi-dieu réussissait toujours à atténuer la puissance de ses coups, et ça la rendait folle de rage. Son cosmos argenté avait englouti sa silhouette depuis quelques temps, et sa chevelure brune ainsi que ses mains crépitaient d'éclairs rouges et ors.
"Je dois tuer Phobos. Sans leur chef, les autres Berserkers seront déboussolés, si ce n'est désorganisés. Alors les chevaliers pourront prendre l'avantage." Aramante réfléchissait à un plan, tout en esquivant les coups de Phobos et en contre-attaquant. Elle avait trouvé une solution, quand elle glissa sur une plaque de glace, résultat d'une attaque de Camus. Son adversaire profita de son déséquilibre pour lancer une attaque :
- L'Ombre du Serpent !
Un serpent de cosmos rouge sang s'enroula autour d'Aramante, et resserra ses anneaux. Le chevalier divin de Merlin avait entre temps réussi à se remettre d'aplomb, et, alors que les anneaux du serpent commençaient à faire craquer ses os, Aramante fit brusquement augmenter son cosmos.
L'aura argentée de la jeune femme enfla, luttant contre le serpent de cosmos rouge. Mais le reptile était trop fort, et le cosmos d'Aramante régressa. "Je ne dois pas mourir maintenant !" pensa la Française. "J'ai déjà vaincu un Berserker, alors un demi-dieu, ce n'est pas la mer à boire !" Malgré l'ironie, la jeune femme sentit son bras gauche se briser.
Sous le coup de la douleur, et la haine aidant, Aramante fit exploser son cosmos. Le serpent rouge de Phobos se désintégra, vaincu par le chevalier de Merlin. Celle-ci profita de la stupeur créée par sa petite victoire pour faire augmenter encore et encore son cosmos. Pendant que sa cosmo énergie devenait phénoménal, entourant son corps d'une sphère argentée, Aramante appela le Bélier en pensée.
"Mu… Mu… MU !" "Je suis là. Je t'entends Rama" répondit la voix douce du chevalier. "Mu, dis à Camus, Dohko et Aiolia de se boucher les oreilles" ordonna mentalement la jeune femme, se promettant d'éclaircir ce surnom de "Rama" plus tard. "Qu'est-ce que tu…" "Plus tard les questions, Mu !" cingla Aramante, la pensée rendue âpre par l'effort qu'elle fournissait pour faire augmenter son cosmos.
La jeune femme sentit Mu quitter son esprit, et quand elle vit ses alliés mettre leurs mains sur leurs oreilles, elle passa à l'attaque.
- Siren's Song !
Un chant s'éleva sur le champ de bataille. Fascinés, les neuf Berserkers écoutèrent attentivement les paroles venues d'un autre âge. Ils étaient pris au piège. Hypnotisés par le chant, les neuf ennemis ne bougeaient plus. Aramante prépara sa prochaine attaque tout en chantant, car elle savait que dès qu'elle s'arrêterait, il ne faudrait que trente secondes avant que l'emprise du chant ne cesse.
Aussi, quand son cosmos argenté se mit à crépiter d'éclairs rouges et ors, Aramante concentra son aura dans ses mains et lui fit prendre la forme d'une faux. Se lançant à la vitesse du son sur Phobos, la Française se tut, leva son arme d'énergie, et, au moment où le demi-dieu reprenait conscience, elle abattit sa faux sur lui.
La tête de Phobos roula au sol, les yeux écarquillés d'étonnement, comme s'il ne comprenait pas comment il avait pu se faire tuer. Lorsque le corps sans tête du demi-dieu s'effondra, tout les Berserkers présents au Sanctuaire ressentirent l'extinction du cosmos de leur chef et eurent un moment de panique. Les chevaliers d'Athéna saisirent cette chance pour repousser l'attaque ennemie, dont seule une demi-douzaine de guerriers d'Arès réchappa.
xoxoxo
Les Berserkers boutés hors du Sanctuaire, les chevaliers d'or éparpillés sur le domaine d'Athéna retournèrent devant le temple du Bélier en quatrième vitesse, pour voir Aramante dans les bras de Mu, l'armure divine de Merlin disparu.
- Elle s'est écroulée après avoir tué Phobos, expliqua Camus aux nouveaux arrivants.
- Son armure est repartie quand elle s'est effondrée, ajouta Dohko, devançant la question de Shura.
Dans les bras de Mu, Aramante ouvrit les yeux et murmura :
- J'ai le bras gauche en morceaux. Avec ton pouvoir de télékinésie, il faut que tu me remettes les os en place, sinon je ne pourrais pas me guérir.
- Ca va être extrêmement douloureux, prévint le Bélier, soucieux.
D'un geste de la tête, Aramante signifia que ce n'était pas grave. Alors Mu ferma les yeux et se concentra. Par la pensée, il fit bouger les os brisés du bras de la jeune femme, les remettant en place lentement. Lorsque son humérus cassé en deux se remit droit, Aramante ne put retenir un hurlement de douleur. Sachant que la suite serait encore plus douloureuse, la jeune femme planta ses dents dans le col de son t-shirt pour étouffer ses cris.
Mu continua sa besogne, la mort dans l'âme. Dans un sursaut de souffrance au moment où le dernier os se remettait droit, Aramante crispa sa main valide sur le bras du Bélier, faisant crisser ses ongles sur l'or de l'armure du jeune homme.
- Voilà, c'est fini, soupira Mu, Aramante se détendant entre ses bras.
- Merci Mu, murmura la jeune femme, tendant sa main valide vers sa chevelure.
Devant les regards curieux des chevaliers d'or, Aramante s'arracha un cheveu et l'enroula autour de son bras blessé, puis elle prit une poignée de terre qu'elle saupoudra sur son bras. Enfin, elle puisa dans ses dernières réserves de cosmos pour se soigner.
Son aura argentée auréola son bras inerte, et lorsque le cheveu et la terre eurent disparu de son membre brisé, celui-ci était guéri. Avec un soupire de soulagement, Aramante sombra dans l'inconscience.
- Et une reine de Cœur, une ! clama amèrement Aphrodite.
- Reine de Cœur ? demanda Milo, perplexe.
- C'est sûrement le nom de sa méthode de guérison, répondit Mu, tout en se relevant, Aramante dans les bras, toujours évanouie.
"Perspicace le mouton" pensa Aphrodite en soupirant.
- Emmène-la dans mon temple Mu, dit le Poisson. Il faut qu'elle se repose.
- Tu ne l'y emmènes pas toi-même ? demanda le Bélier, surpris.
- Non, je vais donner un coup de mains aux blessés, répondit abruptement Aphrodite.
Mu n'insista pas. L'attitude de son ami des Poissons le surprenait, mais il n'y fit pas plus attention, et se dépêcha d'emmener Aramante chez elle, au temple des Poissons.
xoxoxo
Lorsqu'elle reprit connaissance, Aramante vit que Saga était assis dans un fauteuil près de son lit, un épais livre entre les mains.
- On veille sur la faible femme, Saga ? demanda Aramante, amusée et se redressant.
Le chevalier des Gémeaux sursauta violemment, faisant tomber son livre.
- Aramante ! s'exclama-t-il en ramassant l'épais volume. Après trois jours, tu te réveilles enfin, espèce de feignasse !
Le grand sourire qu'affichait l'homme démentait les paroles moqueuses, mais la jeune femme ne put s'empêcher de répliquer, une lueur amusée brillant dans ses yeux grenat :
- Tue un demi-dieu, et on verra si tu ne dors pas pendant trois jours après.
Saga sourit et s'étonna du fait qu'elle ne le confondait jamais avec Kanon, son jumeau.
- Ton aura est sage et douce, répondit Aramante. Celle de Kanon est plus brute et plus sauvage.
Un silence agréable s'installa entre les deux amis. Le chevalier sembla ensuite hésiter, puis se lança :
- Alors comme ça, tu es le chevalier divin de Merlin.
- Oui.
La jeune femme avait perdu son sourire.
- Pendant que tu dormais, Athéna et Aphrodite nous ont tout dit.
Aramante garda le silence, et se rejeta sur son oreiller en soupirant.
- Je comprends mieux le pourquoi de tes entraînements, dit Saga, une note triste dans la voix.
- Ne t'en fais pas pour moi, Saga, dit doucement la jeune femme. Je vaincrai.
- Je n'en doute pas, sourit le chevalier. Mais à quel prix ? murmura-t-il, triste et inquiet.
Aramante n'entendit pas ces derniers mots.
xoxoxo
Quelques jours plus tard, Aramante se promenait dans les jardins du Sanctuaire avec Camus, lorsqu'ils croisèrent la déesse Athéna. Les deux chevaliers et la déesse discutèrent quelques minutes, jusqu'à ce qu'Athéna pose sa main sur l'épaule d'Aramante. Celle-ci plongea aussitôt dans une autre réalité où elle ne faisait que voir et entendre.
Elle n'avait pas de corps, elle n'était que sons et images. Elle voyait une femme en transe. Elle n'entendait qu'un murmure incompréhensible venir de la femme. Elle voyait un temple sur le portique duquel un homme, dont la tête était surmontée d'un soleil, et qui combattait un énorme serpent, était gravé. Elle vit la femme lui faire signe, puis elle entendit une voix l'appeler.
- Je t'attends Aramante. Au matin du mois d'après-guerre, tu viendras à moi.
Les sons et les images s'éteignirent, et tout devint noir. Une autre voix lui parvint alors. Une voix inquiète, grave et troublée. Aramante ouvrit brusquement les yeux en entendant cette voix. Elle était toujours debout, droite et figée, la main de la déesse restée sur son épaule. C'est Camus qui parlait. Lui, le maître des glaces, l'homme froid et calme, s'inquiétait pour celle qui, en peu de temps, était devenue une amie chère.
- Aramante, ça va ?
- Oui, répondit la jeune femme. J'ai eu une vision, Camus.
- Que disait-elle ? demanda le Verseau, de plus en plus inquiet.
- J'ai vu un temple. Quelqu'un m'y attend. Ne t'en fait pas Camus, ce n'est pas dangereux, sourit Aramante.
Se tournant vers Athéna restée muette, Aramante lui dit :
- Veuillez me pardonner, Majesté, mais je dois aller à la bibliothèque.
- Va, Chevalier de Merlin, sourit la déesse, une lueur gentiment moqueuse dans les yeux.
Aramante rit et prit congé d'Athéna, Camus sur les talons. Le chevalier d'or sourit en écoutant son amie réfléchir à haute voix, quelques instants plus tard.
- Le matin du mois d'après-guerre… Après-guerre… Guerre… Le dieu de la guerre, c'est Arès, Mars chez les Romain… Mars ! Mais bien sûr ! Le mois d'après-guerre, c'est Avril ! Donc logiquement le matin d'Avril, c'est…
Aramante stoppa net ses réflexions, en même temps que sa marche.
- Qu'y a-t-il ? demanda Camus, perplexe.
- J'ai des visions qui ont de l'humour, répondit la jeune femme, choquée.
Le Verseau leva un sourcil interrogateur.
- Le matin du mois d'après-guerre, expliqua Aramante, c'est le 1er Avril.
Le jeune homme eut un sourire ironique et reprit sa marche, suivant son amie, celle-ci continuant ses réflexions à voix haute.
- Un homme qui combat un serpent… Le soleil au-dessus de la tête… Bon sang ! C'est Apollon ! Apollon qui terrasse le Python, un serpent ! En toute logique, la femme que j'ai vu, c'est la Pythie. Il faut donc que j'aille à Delphes !
- Tu y vas seule, demain ? demanda aussitôt Camus.
- Comment ça, demain ? lança Aramante, stupéfaite.
- Mais… Demain, c'est le 1er Avril, répondit le Verseau.
- Et mer…credi ! lâcha la jeune femme.
Un silence à la fois contrarié et amusé s'installa entre les deux chevaliers, jusqu'à ce que le chevalier d'Athéna dise :
- Plus besoin d'aller à la bibliothèque maintenant. Et tu n'as toujours pas répondu à ma question : tu vas seule à Delphes ?
- Non. Je pense que je vais sortir Kanon. Il m'a l'air un peu triste ces derniers temps.
Camus acquiesça. Les deux jeunes gens changèrent d'itinéraire, et ils prirent le chemin des Maisons du Zodiaque, direction le temple des Gémeaux. Lorsqu'ils atteignirent la demeure des jumeaux, Camus et Aramante entrèrent dans le temple.
Ils virent que Saga était assis dans un fauteuil qui faisait face à un canapé de la même couleur bleu océan, un livre sur les genoux, tandis que Kanon était dos à eux, debout devant une table. Aramante prit alors son élan, et se mit à courir avant de bondir sur le dos de l'ex-Marina.
- Kanon ! claironna-t-elle en s'accrochant à lui comme une sangsue. Demain, toi et moi allons nous promener !
- Lâche-moi, sale gosse ! lança le jumeau en souriant légèrement. Tu m'étouffes !
L'ex-Marina se secoua dans tout les sens pour essayer de décrocher de son dos, l'arapède qu'était devenue Aramante. En vain. La jeune femme se cramponnait aux épaules du second Gémeau, ses jambes passées autour de la taille de l'homme pour ne pas tomber.
De son côté, Saga riait à gorge déployée en voyant son frère se démener comme un diable pour se libérer, tandis que Camus souriait, amusé, tout en s'appuyant sur une colonne du temple.
Au bout de dix minutes de lutte acharnée, Kanon s'avoua vaincu, et se laissa tomber sur le canapé. Pour ne pas mourir étouffée, Aramante lâcha Kanon, mais celui-ci la rattrapa avant qu'elle ne se soit éloignée.
- Oh non, tu ne fileras pas, sale gamine !
- Lâche-moi Kan…arg !
Aramante expira bruyamment en s'étranglant à moitié lorsque l'ex-Marina lui tomba dessus. Coincée entre le canapé et le Gémeau, la jeune femme ne pouvait pas se relever. Kanon n'ayant visiblement pas l'intention de bouger, Aramante tenta une chose qui marchait bien sur son traître de frère. La jeune femme leva les mains et les passa sur les flancs de l'homme.
Aussitôt, Kanon se trémoussa en essayant de chasser les mains qui le torturaient. Trop hilare pour réussir, l'ex-Marina se tourna vers son tortionnaire et réussi à dire, entre deux éclats de rire :
- Pas… ça ! Je suis… très… chatouilleux !
- Je n'avais pas remarqué ! sourit Aramante, continuant néanmoins sa torture.
Quelques instants plus tard, Kanon, en ayant sûrement assez de se faire martyriser, arriva enfin à se saisir des mains du chevalier de Merlin.
- Ca suffit maintenant, dit-il, riant encore. Saga et Camus sont en train de mourir de rire à cause de nous, et…
- Tu veux dire qu'ils se foutent carrément de toi, Kanon ! le coupa Aramante, en bougeant discrètement ses jambes sous son ami.
- Tu ne te moquerai pas de moi, par hasard ? demanda Kanon, faussement menaçant.
- Non, tu crois ?
Avec un sourire candide, Aramante appuya vivement ses jambes sur le bassin de l'homme et le fit basculer du canapé. Se sentant tomber, l'ex-Marina agrippa la jeune femme par la taille, l'entraînant dans sa chute. Aramante tomba lourdement sur Kanon, et celui-ci inversa rapidement leurs rôles. L'homme se retrouva au-dessus de son amie, l'empêchant de bouger jambes et mains.
- Tu as l'air contente de toi, Rama, sourit Kanon.
- Normal, tu viens de rire, répliqua la jeune femme. Tu sembles aller mieux.
L'ex-Marina soupira doucement et se releva, aidant ensuite Aramante à faire de même.
- Tu es une vraie mère poule, Rama. Tu le sais ça ? fit Kanon, mi-amusé, mi-exaspéré.
- Voui fiston ! ricana la Française.
Saga et son jumeau éclatèrent de rire, tandis qu'Aramante remarquait l'absence de Camus.
- Il devait retourner à son temple, lui expliqua Saga.
- Tu veux dire qu'il a fui avant que ce ne soit son tour d'être chatouillé, grimaça comiquement Kanon.
Aramante lui envoya son coude dans les côtes, faisant taire l'ex-Marina.
- Wouh, Rama sort ses griffes ! s'exclama quelques secondes plus tard Kanon.
Avant qu'Aramante n'étripe son jumeau, Saga détourna subtilement la conversation :
- Tu t'es habituée à ton nouveau surnom, Aramante ?
- Moui, répondit la jeune femme, s'affalant peu gracieusement dans le canapé.
En effet, deux jours après s'être éveillée de son sommeil réparateur, dû à une forte utilisation de sa cosmo énergie, Aramante avait eu la surprise de voir Mu lui rendre visite. Elle en avait profité pour lui demander d'où venait le nom de "Rama".
Le Bélier avait répondu que ce nom était plus court à prononcer qu'Aramante, et qu'il lui allait bien. La jeune femme avait attendu la suite des explications, mais Mu n'avait plus rien dit à ce sujet. Depuis, ses amis l'appelaient Rama. Aramante ne s'en formalisait plus.
- Et puis je dois avouer que ce surnom me plaît bien, ajouta-t-elle en souriant.
Saga, Kanon et Aramante discutèrent ainsi jusqu'à la tombée de la nuit.
- Messieurs, cette soirée en votre compagnie fut fort agréable, et c'est avec regret que je me vois dans l'obligation de rejoindre mes pénates, dit alors Aramante, se levant.
- Tu as raison. Rentre vite avant que la morue ne te fasse une crise de jalousie, ricana Kanon, toujours assis sur le canapé.
La claque que l'ex-Marina se prit à l'arrière du crâne, et le "crétin !" retentissant qui l'accompagna, dissuada Kanon d'en rajouter.
- Bien, sourit Aramante, satisfaite du silence de son ami. Je passerai te chercher demain, après le déjeuner, Kanon. Saga, je compte sur toi pour que ton jumeau Gémeau ne se fasse pas la malle.
- A tes ordres, chef, rit Saga.
- Merci. Sur ce, que la nuit vous soit douce, mes amis.
Et sur ces mots, Aramante se téléporta devant le temple des Poissons, où elle trouva son occupant assis sur les marches du parvis.
- J'ai croisé Camus en revenant de chez Milo, commença Aphrodite. Il m'a dit que tu as eu une vision quand Athéna t'a touchée.
Un court silence passa. Silence durant lequel Aramante comprit que le chevalier des Poissons connaissait toute l'histoire.
- Tu emmènes Kanon à Delphes, c'est ça ?
- Oui, répondit la jeune femme. Il est tristounet en ce moment, et je veux lui changer les idées.
- Je vois, sourit Aphrodite. Tu deviens une vraie mère poule !
Aramante protesta pour la forme, puis les deux jeunes gens dînèrent rapidement et allèrent se coucher.
xoxoxo
Se levant avec le soleil, Aramante s'habilla d'un pantalon de jogging gris et d'un large t-shirt vert. Elle attacha ses longs cheveux bruns en queue de cheval, puis rejoignit Aphrodite devant le temple des Poissons. Les deux chevaliers se rendirent ensuite à l'arène où ils s'entraînèrent toute la matinée avec les autres chevaliers d'or. Vers midi, Aramante revint au temple des Poissons, accompagnée du maître des lieux.
Pendant qu'Aphrodite préparait le repas, la jeune femme prit une douche rapide et retourna dans la cuisine vêtue d'une longue jupe bleue marine, et d'une chemise de coton rouge sombre.
- Comment, une femme chez moi ?! s'exclama Aphrodite en voyant son hôte. Je me demandais si tu en étais vraiment une, parce que tu es toujours à t'habiller comme un homme, et les cheveux attachés.
- Ca veut dire que tu préfères que je m'habille en femme ? demanda malicieusement Aramante, s'asseyant devant son assiette.
- L'homme est faible, répondit seulement Aphrodite, tout en les servant copieusement.
Le déjeuner se passa sur le ton de la plaisanterie, jusqu'à ce qu'Aramante débarrasse la table et lance :
- Je vais chercher Kanon et je vais à Delphes. Je rentrerai dans la soirée. Bonne journée !
Le chevalier des Poissons n'eut pas le temps de répondre que son amie était déjà partie.
xoxoxo
Kanon et Saga venaient de finir de déjeuner lorsqu'une tornade brune s'abattit sur le dos de l'ex-Marina.
- Coucou Kanon ! claironna la nouvelle venue.
- Rama ! Descend de là, grogna le Gémeau agressé.
- Voui papa, obtempéra sagement la jeune femme.
Quand l'ex-Marina se retourna pour voir son amie, il eut un mouvement de recul.
- Tu ne peux pas être Rama ! Elle ne s'habille pas aussi bien, et ses cheveux sont toujours attachés et mal peignés !
Aramante balança un coup de poing dans l'épaule de Kanon, et quand celui-ci massa son bras endolori, elle dit :
- Là, ça va ? Tu es sûr que c'est bien moi maintenant.
- Une brute pareille, c'est la Rama que je connais ! grimaça l'homme.
De son côté, Saga laissa son regard glisser sur la chevelure brune laissée libre, sur la chemise rouge et la jupe bleu, terminant son voyage sur le poignet droit de la jeune femme où un bracelet d'argent soulignait la pâleur de la peau.
- Tu es très jolie comme ça, Aramante, sourit Saga.
- Merci, rougit Aramante, peu habituée aux compliments.
- Ne le remercie pas, ricana Kanon. Ca veut dire que tu n'es pas jolie le reste du temps.
Aramante fronça les sourcils et frappa de nouveau Kanon à l'épaule.
- Vilain garnement ! lança-t-elle. Tu devrais être plus gentil avec moi. Prend exemple sur ton frère !
- Gnagnagna et gnagnagna, singea l'ex-Marina. Arrête de dire des bêtises et allons-y, ajouta-t-il en attrapant la jeune femme par les épaules.
- Pff, petit rigolo. A ce soir Saga, sourit Aramante.
Et dans un nuage d'argent, Aramante et Kanon disparurent.
xoxoxo
Aramante et Kanon apparurent devant le porche du temple d'Apollon, à Delphes.
- La compagnie vous remercie d'avoir prit Air Rama. Nous espérons que vous avez fait bon voyage, dit la jeune femme, imitant la voix d'une hôtesse de l'air.
- Rama, soupira Kanon en se passant une main sur le visage. Au lieu de dire n'importe quoi, entrons.
La jeune femme ne répondit pas mais gravit les marches du temple et y pénétra, Kanon sur les talons. L'intérieur du temple était plongé dans la pénombre, et une légère odeur de soufre flottait dans l'air. Le plafond était haut, et les murs étaient recouverts de fresques à peine visibles.
Arrivés au centre du temple, Kanon et Aramante virent une femme se balancer d'avant en arrière, éclairée par un brasero.
- Je t'attendais, Aramante de Merlin, dit la femme.
Les deux chevaliers frémirent, car la voix de la Pythie n'était pas celle d'une femme, mais celle d'un homme, grave et rauque.
- Toi qui n'es soumise à aucun dieu, écoute-moi. A l'aube du mois de guerre, l'Ombre que la Louve redoute arrivera, et mettra la Terre Sacrée à feu et à sang. Mais n'ayez crainte, car si la Louve retrouve les Six Sentinelles, elle aura bon espoir d'emporter la victoire.
La Pythie fit une courte pause, ses yeux roulant dans leurs orbites derrière les paupières fermées, puis elle reprit :
- Louve, les Sentinelles sont là, tout près de toi. La première est au-dessus de la Terre, parmi les fleurs. La seconde est au centre de la Terre, sous les Triangles. La troisième est aux pieds du Géant. La quatrième se trouve près du Chasseur Lunaire. La cinquième voit le monde de Pharos. Quant à la Sixième Sentinelle, elle veille les morts au Mausolée.
La voix d'Apollon se tut. La Pythie cessa de se balancer d'avant en arrière et ouvrit les yeux. Aramante et Kanon furent à moitié surpris de se trouver en face d'une aveugle.
- Le dieu s'est retiré. J'ai transmis son message. Vous pouvez partir, dit l'oracle.
Rama et l'ex-Marina s'exécutèrent, réfléchissant à la prophétie d'Apollon. "L'Ombre arrivera" pensa la jeune femme. "Il va revenir et voudra asservir le monde. Je vais devoir l'arrêter." Aramante frissonna. Kanon le remarqua, et, sachant que ce frisson n'était pas dû au froid, il passa un bras rassurant autour des épaules de son amie et lui dit :
- Ne pense plus à la prophétie. On va visiter Delphes, et ce soir nous dînerons tranquillement avant de rentrer.
- Mais je dois réfléchir à… tenta de protester Aramante, brutalement coupée par Kanon.
- La prophétie ne se réalisera pas aujourd'hui ! Alors oublie pour quelques heures que le monde est en danger, et amuse-toi !
Et sans laisser à la jeune femme le temps de répliquer, le chevalier l'entraîna vers la ville, le temple d'Apollon se trouvant à l'extérieur de Delphes. Kanon et Aramante passèrent l'après-midi à se promener dans la ville. Ils visitèrent quelques musées, puis montèrent au sommet d'une colline d'où ils purent voir le Mont Parnasse.
Le soir venu, le chevalier d'Athéna invita son amie au restaurant, puis, une fois rassasiés, Aramante les téléporta dans le temple des Gémeaux. Une voix grave les fit se retourner.
- Alors, c'était comment Delphes ? demanda Saga, assis dans un fauteuil, un gros livre dans les mains.
- Une Pythie détraquée, la fin du monde annoncée, et un dîner succulent, répondit vaguement Kanon. La routine habituelle quoi, ironisa-t-il.
- Saga, ton jumeau te parlera de la prophétie. Pour ma part, je vais voir Mu. J'ai besoin de ses lumières, sourit un peu tristement Aramante. A demain.
Les deux frères dirent au revoir à leur amie, et la regardèrent se diriger vers le temple du Taureau en silence. Quand la jeune femme eut disparu de leur vue, Saga fronça les sourcils et se tourna vers son jumeau.
- Elle est triste et abattue. Ca a un lien avec la prophétie, n'est-ce pas ?
Kanon soupira, alla s'asseoir, et raconta tout à son frère.
xoxoxo
Passant par le temple du Taureau avant d'arriver à celui du Bélier, Aramante s'arrêta quelques minutes pour discuter avec Aldebaran. Rapidement, la jeune femme prit congé, promettant au Brésilien de s'entraîner avec lui le lendemain. Aramante ne mit pas longtemps avant d'atteindre la demeure de Mu, et ce fut Kiki qu'elle croisa en premier.
- Tu es venue voir Maître Mu, Aramante ? demanda joyeusement l'apprenti Bélier.
- Oui, sourit la jeune femme, passant une main dans les cheveux couleur de feu du jeune garçon. Comment se passe ton entraînement ?
- Très bien ! s'écria Kiki. Maître Mu est sévère et les exercices sont très durs, mais je n'abandonne pas !
- C'est bien, dit doucement Aramante. Un bon chevalier ne s'avoue jamais vaincu et obéit bien à son maître, ajouta-t-elle.
La voix douce du chevalier du Bélier s'éleva alors derrière le jeune apprenti.
- Tu devrais déjà être au lit, Kiki. Tu as une rude journée qui t'attend demain.
- J'y vais tout de suite, Maître, s'exclama le jeune garçon. Au revoir Aramante !
- Bonne nuit, Kiki, sourit la jeune femme, faisant un signe de la main à l'enfant.
Une fois Kiki parti, le Bélier tourna son attention vers Aramante, dont le sourire doux s'était effacé.
- Quelque chose te tracasse, Rama. Tu veux en parler ?
Le tact et la délicatesse de Mu touchèrent la jeune femme qui hocha la tête en signe d'assentiment.
- J'ai besoin de ton aide, Mu, dit-elle.
- Allons nous asseoir, proposa le chevalier.
Une fois installés, dans un fauteuil pour lui, par terre sur un tapis pour elle, Aramante raconta tout à son ami, de la vision qu'elle avait eu en touchant Athéna, jusqu'à l'énoncé de la prophétie. Le récit terminé, Mu demanda :
- L'Ombre que tu dois combattre, est-elle puissante ?
- Beaucoup plus puissante que Zeus, acquiesça Aramante. Mais ce qui me préoccupe le plus, ce sont les Sentinelles. Il faut que je les trouve avant le mois de mars de l'année prochaine.
- Tu as un peu moins d'un an, dit Mu, les engrenages de son cerveau marchant à plein régime.
- Onze mois pour être exacte.
- Soyons logique, reprit Mu. Au début du mois de mars prochain, il faudra que tu ais trouvé les Six Sentinelles pour pouvoir vaincre l'Ombre. Alors réfléchissons. Selon la prophétie, la première Sentinelle est au-dessus de la Terre, parmi les fleurs.
- Je pensais aux Sept Merveilles du monde, intervint alors Aramante.
Devant le regard perplexe et interrogateur du Bélier, la jeune femme s'expliqua :
- Réfléchis Mu. "Au-dessus de la Terre parmi les fleurs". Cela peut être les Jardins suspendus de Babylone. "Au centre de la Terre sous les Triangles" : les pyramides de Guizeh. "Aux pieds du Géant" : la troisième Sentinelle serait sous le Colosse de Rhodes. "Près du Chasseur Lunaire"…
- La quatrième Sentinelle serait dans le temple d'Artémis à Ephèse, continua Mu, suivant le raisonnement d'Aramante. "La cinquième voit le monde de Pharos"… Ce serait le Phare d'Alexandrie ?
- Et la dernière Sentinelle "veille les morts au Mausolée". C'est le Mausolée d'Halicarnasse dont parle la prophétie, répondit la jeune femme, en hochant la tête pour confirmer la question du chevalier.
Mu réfléchit quelques minutes, et finit par dire :
- Ton raisonnement est logique, et je pense que tu as raison. Je ne connais pas d'autres lieux qui correspondraient aux descriptions de la prophétie, mais il faudrait tout de même vérifier ta théorie.
- Je m'en occuperais demain, soupira Aramante, lasse.
- Tu es fatiguée, Rama. Tu devrais aller te coucher, dit le chevalier.
- J'y vais tout de suite, Maître Mu, sourit la jeune femme en se relevant. Bonne nuit mon ami, et pardonne-moi de t'avoir dérangé.
- Bonne nuit, Rama. Ne t'excuse pas, et sache que mon temple te sera toujours ouvert.
Sur un dernier sourire de remerciement, Aramante fit un signe d'au revoir au Bélier et se téléporta devant le temple des Poissons. Elle gravit la volée de marches qui menaient à l'entrée, pénétra silencieusement dans la dernière Maison du Zodiaque, et fila vers sa chambre. La jeune femme n'avait pas vu Aphrodite. Il devait déjà être couché.
