Disclaimer: Tous les personnages et l'univers appartiennent à JKR !

Bonjour à tous et toutes ! J'espère que vous allez bien ! On se retrouve pour le second chapitre. Je le poste aujourd'hui car à partir de maintenant, je posterai tous les samedis. J'essaierai de tenir le rythme d'un chapitre par semaine et étant donné que j'en ai quelques uns d'avance, cela devrait suffire !
Merci à ceux qui ont laissé des reviews, ont suivi mon histoire ou l'ont mis dans leur favori, cela me fait très plaisir.
J'espère que ce chapitre vous plaira et comme je l'ai déjà dis, je prends toutes les remarques bonnes ou mauvaises qui me permettraient de m'améliorer !

Bonne lecture !


Chapitre 2

Harry grogna en entendant son réveil sonner à six heure du matin. Même chez les Dursley, il n'avait pas à se réveiller aussi tôt en période de vacance. En général, sa tante tambourinait à la porte de son placard seulement vers dix heures pour qu'il leur serve le déjeuner mais il avait accepté la proposition de la femme et cette dernière lui avait dit que s'il voulait avoir de bonnes bases, ils devraient mettre à profit le peu de temps qu'ils passaient ensemble.

Il tâtonna un moment avant de trouver ses lunettes qu'il mit sur son nez en étouffant un bâillement. La discussion de la veille lui revient en tête et il se redressa soudainement dans son lit. Il allait apprendre la magie ! Enfin, pas la magie à proprement parler mais la théorie ! Il s'habilla rapidement avant de descendre, surpris de sentir l'odeur du petit-déjeuner, et quel petit-déjeuner ! Arabella semblait s'être donné à cœur joie de lui faire un festin.

« Bonjour Harry ! Tu es à l'heure c'est bien.

- Mais… Vous en avez fait beaucoup trop !

- Cela fait des années que je n'ai pas eu l'occasion de cuisiner pour quelqu'un d'autre que moi, tu peux bien laisser ce plaisir à une vieille dame, non ? »

Harry acquiesça en se mettant en table alors que la dame s'installait en face de lui, mangeant en silence. Il allait débarrasser quand Arabella lui fit signe que ce n'était pas la peine, l'emmenant à l'étage. Elle le fit entrer dans une pièce qu'il ne connaissait pas. Le reste de la maison était en état correct sans être non plus véritablement un endroit chaleureux mais cette pièce était vraiment belle. Elle était plus grande que toutes les autres de la maison mais ce n'était pas forcément difficile étant donné la taille de celle-ci. Il aimait l'ambiance qu'il y retrouvait. Il balaya la pièce aux nuances rouges pourpre des yeux. Il pouvait apercevoir une bibliothèque qui sans être énorme comportait facilement une centaine d'ouvrage. La pièce était chauffée par une large cheminée qu'il détailla un moment jusqu'à reposer son regard sur le canapé dans lequel s'était installée son hôte avec un des livres qu'il avait regardé la veille. Il eut juste le temps de remarquer qu'elle lui avait sorti de quoi prendre des notes avant qu'elle ne prenne la parole.

« Installe-toi, Harry. Nous allons commencer par le commencement, c'est-à-dire l'Histoire de la Magie. Il est primordial que tu la connaisses sur le bout des doigts pour comprendre le monde dans lequel tu vas être projeté. »

Un peu impressionné, le garçon s'installa et commença à prendre quelques notes. Il avait eu peur mais le cours s'était révélé réellement agréable. Arabella prenait le temps de lui expliquer et creuser parfois même un peu plus le sujet lorsqu'il semblait intéressé par un point en particulier. C'était réapprendre toute l'histoire d'un monde et cela le fascina. Il remarqua aussi que la femme semblait être plus détendue que la veille. Peut-être avait-elle appréhendé sa réaction ? En tout cas, elle semblait prendre un réel plaisir à l'instruire.

Ils passèrent le reste de la matinée ainsi quand il entendit un des chats de la dame miauler et se frotter contre les jambes de sa propriétaire. Arabella lança un coup d'œil à la vieille horloge qu'il n'avait pas noté en arrivant dans la pièce la première fois et il remarqua qu'il était déjà l'heure du déjeuner.

« Le temps passe si vite ! Tu veux manger ici ou en bas ?

- J'aime bien cet endroit pour être honnête.

- Figg ! » Appela la dame.

Harry fronça les sourcils. Pourquoi appelait-elle son propre nom de famille ? Il sursauta violemment quand un petit être difforme apparut soudainement face à eux, lui faisant froncer les sourcils.

« Qu'est-ce que c'est ? ! Ou qui c'est ?

- Il s'agit de Figg, mon elfe de maison. Figg, prépare le repas pour deux, nous le prendrons ici.

- Bien, maîtresse. Fit l'étrange créature en s'inclinant avant de disparaître.

- Un elfe de maison se lie magiquement à un sorcier ou une famille de sorcier qu'il jure de servir.

- Mais vous n'êtes pas une sorcière, vous me l'avez dit vous-même !

- Effectivement, mais j'appartenais à une famille sorcière avant de me faire reniée et ils m'ont laissé simplement cette elfe. J'ai pris son nom pour mon identité moldu par la suite.

- Renié ? Pourquoi on vous a renié ?

- Ah ça mon bonhomme, c'est une histoire pour un autre jour. »

Harry lui lança un regard presque suppliant. Il aurait réellement voulu connaître le fin mot de l'histoire mais la douleur qu'il perçut dans les yeux d'Arabella lui fit ravaler son insistance. Il se jurait d'apprendre ce que lui cachait la dame tôt ou tard, mais il ne voulait pas importuner la femme qui prenait le temps de lui enseigner une infinité de chose qu'il pensait ne même pas exister. Dans tous les cas, cela tranchait un débat intérieur qu'il avait. La magie existait. Sinon comment une telle créature aurait pu exister ? Et surtout, comment serait-elle apparue en plein milieu de la pièce ? Il s'était déjà résolu à y croire mais là il y avait réellement une preuve des plus matérielles. Il venait de le voir juste sous ses yeux !

La journée reprit après le repas et le lendemain fut semblable. Il était apparent que sa voisine qu'il avait prit l'habitude d'appeler par son prénom n'avait pas de réel planning. Un peu comme si l'idée de donner des cours lui était apparu au fil de sa discussion avec Harry sans la moindre préméditation. Malgré leurs discussions autour des cours qui le passionnait, Arabella insistait pour qu'il prenne des notes. Selon elle, cela pourrait l'aider à réviser lorsqu'il serait de retour chez les Dursley. La mémoire fonctionne à répétition. Revoir fréquemment ses cours assurerait de les retenir. Lui avait un peu de mal à voir cela comme des cours tellement cela semblait intéressant. Quand il pensait à des cours, il imaginait plutôt la voix barbante de ses professeurs qui semblaient eux-mêmes ne pas vouloir être présent alors que son hôte semblait passionnée et ravie de transmettre son savoir !

Ils continuèrent de voir l'histoire de la magie pendant encore deux autres jours avant que la vieille dame lui fasse comprendre qu'ils devraient malheureusement passer à autre chose après s'ils voulaient avoir le temps de voir tout ce qui était possible de pratiquer sans magie.

« Aujourd'hui ce sera notre dernière journée sur l'histoire de la magie et comme tu le sais, le livre que je t'ai prêté ne traite pas des derniers événements. J'ai sorti celui-là pour compléter. »

Elle plaça en face de lui « Histoire de la Magie Contemporaine » et alors que le cours se faisait sur la situation actuelle du monde magique, Harry en fut de plus en plus horrifié. Il n'était plus aussi sûr de vouloir si vite aller au monde magique même si cela resterait certainement tout de même beaucoup mieux que de vivre toute sa vie chez les Dursley. En plus, il en connaissait tellement sur le monde sorcier maintenant qu'il était primordial pour lui qu'il y aille. Il avait envie de faire parti de ce monde, réellement, même s'il avait peur. Il se devait de surpasser cela.

« Nous sommes en pleine période de guerre. Je vais te dire ce que je sais mais que l'on ne trouve pas forcément dans les livres ou tout du moins, pas encore. Tout est trop récent. Tu-sais-qui avec ses mangemorts et Albus Dumbledore avec l'Ordre du Phénix se livre bataille. Pour le moment c'est une sorte de guerre froide. Il y a onze ans a eu lieu une terrible bataille, c'est à ce moment-là que tes parents ont perdu la vie...

- Mais on m'a toujours dit qu'ils étaient morts dans un accident de voiture !

- Oh Harry… Ne crois pas ce que t'on dit ces affreux moldus. Tes parents sont morts sur le champs de bataille pour défendre leurs convictions. Je ne connais pas les détails mais c'est un miracle que tu aies survécu.

- Et qui pourra me les dire ces détails alors ?! Fit Harry sèchement avant de se reprendre. Excuse-moi… Je suis un peu… déboussolé.

- Ce n'est pas grave, je peux comprendre. Tu devras chercher tes propres réponses, Dumbledore doit le savoir. »

Elle semblait vouloir ajouter quelque chose mais se ravisa, aiguisant un peu plus la curiosité d'Harry qui ne lui posa pas de question. Il commençait à la connaître. Elle n'était pas vraiment du genre à révéler ses secrets même en insistant. Il s'était rapproché d'elle, et ce n'était pas la première fois qu'elle s'interrompait sans finir sa phrase, le laissant dans le flou. Il n'appréciait pas réellement cela mais il comprenait que la femme attendait réellement de lui qu'il cherche ses propres réponses comme elle l'avait dit. En un sens cela le stressait autant que cela l'enchantait. Il se sentait presque considéré comme un adulte en devenir qui avait la capacité de ne pas se laisser mener par le bout du nez et même s'il ne se rendait pas encore compte d'à quel point ça allait lui être utile, il appréciait cette sensation.

« Et maintenant ? La guerre fait toujours rage ?

- Oui et non. Il y a eu de lourdes pertes de chaque côté donc l'on a une sorte de statut quo actuellement. Tu-sais-qui fait encore quelques raids, mais il s'agit surtout d'attaquer les moldus et l'Ordre du Phénix tente de limiter les dégâts mais il n'y a pas vraiment de bataille entre eux directement si tu vois ce que je veux dire.

- Donc… Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est en position de force ?

- On peut dire ça étant donné que l'Ordre de Phénix n'est pas assez puissant pour mener une guerre de front. Disons que leur situation leur va à tous les deux.

- Mais ce n'est pas normal ! Ils ne devraient pas laisser passer cela ! Dumbledore est censé être le gentil dans l'histoire, non ? Alors pourquoi il ne tente pas de mettre fin à ça ?

- Tu as deux réponses à cela. La première est que ce n'est pas si simple. La seconde est que tu dois chercher les tiennes par toi-même. »

Harry avait envie de crier de frustration. Oui, il aimait l'idée que c'était à lui de comprendre les enjeux actuels pour choisir comment mener sa barque mais bon sang, il aurait aimé avoir un minimum d'information. Il n'en avait cure d'être mauvaise langue étant donné que justement, Arabella lui donnait ce minimum mais il aurait aimé tout comprendre directement. Il sentait que dès l'année prochaine, il aurait énormément de boulot pour intégrer une quantité importante de données. Mais d'un autre côté, cela lui plaisait. Il avait toujours aimé apprendre et explorer des choses par lui-même. C'est un peu la raison pour laquelle malgré ses professeurs soporifiques, il arrivait toujours à s'en tirer avec de bonnes notes… Enfin jusqu'à ce qu'il doive saboter ses propres résultats pour ne pas se faire enguirlander par sa tante Pétunia qui prenait terriblement mal qu'il soit plus doué que son fils. Vu ses parents en même temps.

Au fil des quelques jours passés ensemble, Harry s'était beaucoup attaché à la dame. Cela pouvait sembler rapide mais il n'avait jamais réellement eu d'ami, les autres enfants ayant trop peur des représailles de Dudley et au niveau de la famille, on était loin de pouvoir parler d'affection. Au final Arabella se rapprochait plus ou moins de l'idée qu'il se faisait d'une grand-mère.

A partir de ce soir-là, Arabella insista pour lui faire faire de la cuisine. Cela était difficile pour Harry, il ne s'agissait pas de faire cuire des pâtes ou du bacon comme lui demandait les Dursley. Non, la femme s'amusait à prendre des recettes difficiles ou un moindre faux-pas pouvait réduire à néant tout ses efforts précédents. En plus, sa professeure était derrière lui et le faisait recommencer à la moindre erreur. Au bout de deux jours, Harry en eut un peu marre, même s'ils avaient malgré ça de délicieux repas grâce à cette étrange lubie.

« Mais enfin ! Je comprends pas à quoi ça sert ! On perd des heures de cours pour la cuisine ! Si Figg ne veut plus cuisiner, on peut faire des trucs plus simples, non ?

- Je me demandais combien de temps tu tiens tiendrais avant de me poser une question. Apprend la patience, Harry, cela te sera beaucoup plus utile que tu ne le crois.

- Mais j'ai été patient ! Deux jours à faire cela sans raison !

- Sans raison apparente, nuance. En fait je t'initie à ma manière à l'art délicat des potions, Harry. On ne peut la pratiquer parce qu'il faut de la magie et des ingrédients rares et chers. Apprendre à cuisiner des choses au gramme près t'apprend la précision dont tu auras besoin pour cela.

- Oh. »

Harry ne savait pas vraiment quoi dire de plus et cela semblait amuser grandement Arabella. Il était au courant qu'il y devrait étudier les potions, il avait posé pleins de questions à sa professeure sur Poudlard, terriblement curieux de savoir là où il allait mettre les pieds. Cette dernière en savait un peu sur la théorie mais n'y avait jamais mis les pieds à cause de son statut de cracmolle. Tout ce qu'elle lui disait dessus venait de ses frères et sa sœur qui avait vécu leur scolarité là-bas. Il voyait souvent son expression s'assombrir lorsqu'elle évoquait ces derniers mais il n'avait jamais réellement osé lui poser la moindre question sur le sujet.

« Enfin, maintenant on va passer à l'étude des créatures magiques. C'est une option à Poudlard mais qui s'appelle Soin aux créatures magiques. Je préfère l'appeler étude. On va t'apprendre les différentes créatures magiques, en particulier celles que tu risque de rencontrer en Angleterre mais tu pourras toujours faire davantage de recherches. Le but sera à la fois d'apprendre comment se défendre contre eux d'un aspect théorique mais aussi de retenir quelques ingrédients pour potion issus de ces dernières. »

Les yeux du garçon s'était écarquillé. Il lui était bien sûr venu à l'idée qu'il existe des créatures spécifiques au monde sorcier mais il n'avait pas vraiment eu l'occasion de se pencher sur la question. Il avait eu tellement de questions à poser à Arabella quand il n'était pas en cours qu'il lui semblait impossible de tout savoir dans les temps ! Tant de questions lui passait par la tête qu'il avait des difficultés à s'endormir parfois, heureusement contrebalancé par la fatigue accumulée durant les cours et à cause de son réveil matinal.

Ils passèrent donc les journées suivantes à étudier les créatures magiques, le fait qu'il s'était améliorer en précision leur laissant à présent davantage le temps d'étudier. Surtout qu'Arabella avait eu l'idée de se pencher en parallèle sur la botanique. Elle trouvait que c'était une bonne idée de voir en même temps les animaux, leur alimentation et leur environnement et l'usage qu'on pouvait faire de ceux-ci dans les potions. Ainsi il notait consciencieusement chaque région de l'Angleterre, notant pour chaque la faune et la flore ainsi que leur utilité. Il aimait beaucoup cette idée qu'avait eu la vieille femme de permettre d'étudier les trois matières à la fois. C'était beaucoup plus utile que le faire séparément. Grâce à cela, il arrivait à faire des liens et il trouvait cela bien plus facile à mémoriser. C'est aussi ainsi qu'il apprit que les étranges chats de la cracmolle se trouvait être un croisement entre les chats habituels et une créature sorcière appelée fléreur. Et aussi vite que cela, il ne leur restait plus que trois jours avant que sa famille revienne. Il en était presque choqué. Il trouvait que le temps était passé extrêmement vite mais aussi qu'il connaissait la sorcière depuis plusieurs années. Enfin, dans la théorie c'était le cas, mais il avait l'impression qu'ils avaient toujours étaient aussi proche alors qu'en vérité, c'était loin d'être le cas !

Ce soir-là, Arabella aborda une expression plus sérieuse pour lui parler du prochain cours qu'ils allaient faire. Harry savait bien qu'ils n'avaient fait que survoler les matières mais il avait promis à sa professeure de continuer d'étudier chez les Dursley. Elle avait accepté de lui prêter plusieurs livres, notamment sur les runes. Cela intéressait réellement le jeune garçon qui était curieux de tout mais étant donné que c'était une option, Arabella n'avait pas pris le temps de les lui enseigner.

« Ce que je vais t'enseigner maintenant n'est pas au programme, mais il est important que tu le saches. Fondamental, même. Je n'irai pas jusqu'à dire que cela pourrait te sauver la vie mais en tout, cela te la facilitera.

- Pourquoi tout ce suspense, Arabella ?

- Pour que tu m'écoutes, sale garnement, ne m'interromps pas ! Je vais t'inculquer un peu de manière ! Tu te rappelles l'Histoire que l'on a vu. Tu sais que par ton père, tu as le statut de Lord Potter et qu'il s'agit d'une ancienne famille alors il n'y a pas intérêt à ce que tu fasses honte à ce titre !

- Ah bah c'est gentil ça… Marmonna le garnement en question.

- C'est important, Harry. Tu risques de rencontrer d'autres Lord et tu côtoieras des héritiers à Poudlard. Il faut qu'ils voient que tu es conscient de ton titre et que tu sais comment te comporter en tant que tel.

- Mais pourquoi faire ?

- A ton âge, les autres héritiers sont déjà terriblement conscients de leur place dans la société. Il ne faut pas qu'ils te voient comme une quantité négligeable. Si cela arrive, tu n'arriveras jamais à t'imposer, on te prendra pour un pantin et tu risques de le devenir. Je veux simplement te donner les armes pour que tu puisses te placer sur l'immense échiquier qu'est le monde sorcier autrement qu'en tant que simple pion et puisse te battre à armes égales. Je ne veux pas que tu sois lesté.

- Mais comment vous pouvez connaître tout ça en tant que cracmolle déjà ?

- Je me doutais que je ne pourrais pas y échapper. Je vais te raconter la vérité en ce cas, sur mes origines. Enfin, c'était une bonne question, tu ne perds pas le nord et tu dois cultiver cette qualité.

- Ne noyez pas le strangulot. »

Arabella eut un éclat de rire à la réponse du garçon avec un petit sourire en coin. Son petit protégé commençait déjà à faire attention aux choses, combien de fois avait-elle ainsi noyé le poisson, ou le strangulot, comme disaient les sorciers sans même qu'il ne s'en rende compte franchement ? Il lui lança un regard insistant pour lui enjoindre de raconter son histoire et elle prit une gorgée de son thé comme pour se donner du courage.

« Tu sais déjà que j'ai une elfe de maison et que c'est généralement les sang-purs qui en possède. Je sais que tu l'as remarqué lorsqu'on l'a évoqué mais… Disons que tu n'avais pas encore l'habitude de détecter quand je faisais exprès de t'embrouiller pour t'empêcher de poser des questions.

- Comme maintenant en somme ? Fit l'enfant avec un sourire taquin.

- Exactement ! Mon nom est Arabella Figg… Née Black. Pas la peine de faire une telle tête enfin. Tu connais la devise de cette maison, je te l'ai apprise.

- « Toujours pur. » Souffla Harry. Bon sang tu trouves vraiment le moyen de me faire réviser en permanence !

- Il faut bien que ça te rentre en tête après tout. Enfin, mon oncle était cracmol et on ne pensait pas que le cas se représente avant des décennies voire des siècles. C'est tellement rare comme tu le sais. Personne ne s'est réellement penché sur le cas pour savoir comment cela arrivait mais normal le critère d'hérédité n'est pas à prendre en compte.

- Pourquoi n'avons-nous jamais évoqué ton oncle ?

- Un cracmol n'a pas sa place dans la société sorcière. Il a été renié très vite. C'est une aberration pour la devise de ma famille qu'elle puisse avoir des héritiers cracmols et tout est fait pour qu'on oublie jusqu'à leur existence. C'est depuis son cas que les Black vérifient à la naissance la puissance magique de leurs enfants. Cela évite le travail de les mettre sur la tapisserie familiale pour les effacer ensuite. Fit-elle amèrement.

- Ils ne t'ont jamais inclus dans la famille à cause de cela ?! C'est n'importe quoi !

- Pour toi. Pour ma famille, c'est très logique au contraire. Mes frères et sœurs étaient gentils avec moi mais plus ils grandissaient, plus ils mettaient de la distance entre nous.

- Mais tu n'as plus de contact avec maintenant alors ?

- Je suis la dernière d'entre eux. J'ai repris contact avec mon frère quand il s'est détaché de la famille mais il est décédé à présent.

- Et leurs enfants ? Tu n'as pas de contact avec eux ?

- Ils ne connaissent même pas mon existence. J'ai été chassé de la maison à ma majorité avec un peu d'argent et l'elfe de maison qui s'était occupé de moi, rien de plus. Parfois j'aimerai reprendre contact avec mais je ne vois pas comment m'y prendre.

- Ils sont nombreux ?

- Cinq en tout. Tu seras sûrement amené à les rencontrer d'ailleurs. Promets-moi de ne pas leur parler de moi, Harry, d'accord ?

- Mais pourquoi ? Je croyais que tu voulais reprendre contact avec ! Protesta-t-il vigoureusement.

- Je le veux effectivement. Mais je doute qu'ils soient prêts à apprendre du jour au lendemain qu'ils ont une tante dont ils ne connaissent même pas l'existence. J'ai réussi à avoir des nouvelles de Sirius par mon frère Alphard mais pour les autres, ce n'est que par des tiers que j'apprends ce qu'ils deviennent et encore. Ils se déchirent entre eux.

- Comment cela ?

- Andromeda est la seule qui a réussi à éviter la guerre en se mariant avec un né-moldu apparemment. Sirius est du côté de Dumbledore, Bellatrix du côté de Tu-Sais-Qui et les autres, je n'ai pas de nouvelles. Je doute qu'ils aient de belles et grandes réunions de famille tu t'en doutes. »

Harry baissa les yeux. Il se sentait heureux que la femme qu'il considérait de plus en plus comme une mamie exigeante mais voulant le mieux pour lui, se confie à lui et lui parle de sa vie. Mais d'un autre côté, il était tellement triste pour elle. Elle n'avait aucune nouvelle de la seule famille qui lui restait, ces derniers ignoraient jusqu'à son existence et le peu de nouvelles qu'elle avait était qu'ils se battaient les uns contre les autres. Il n'y avait jamais eu réellement de grande preuve d'affection entre eux même s'ils s'étaient énormément rapprochés mais il vint se lever pour enlacer la vieille dame, lui prodiguant tout le réconfort qu'il était capable de donner du haut de ses dix ans.

« Tu es un bon garçon, Harry. Fais attention à toi, et surtout n'oublie pas que peu importe ce qui arrive, je te soutiendrai. Le plus important est que tu suives tes propres convictions. » Murmura Arabella d'une voix tremblante.

Ces mots pleins de bonté semblaient receler un sens caché que le garçon était incapable de comprendre pour le moment. Pourtant, il n'oublia jamais cette phrase dite avec tant d'émotion par Arabella, sans savoir qu'elle l'aiderait dans les moments durs.